300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

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300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

ACCORD AVEC L'IRAN : CE QUE WASHINGTON CACHE À ISRAËL

L'Iran sort de la guerre vainqueur diplomatique, et c'est Trump qui paiera la facture

Pendant que Téhéran continue de qualifier sa défaite militaire de « grande victoire », un document mis en avant par l'agence de presse officielle iranienne Mehr révèle les véritables termes d'un mémorandum d'entente en cours de finalisation avec Washington. Et la lecture de ce texte, point par point, donne le vertige.

Un cessez-le-feu, oui. Mais à quel prix ?

Le texte évoqué par Mehr prévoit la cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban un point que le conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février, suivi d'une trêve entrée en vigueur le 8 avril, a profondément ébranlé la région et l'économie mondiale. Jusqu'ici, rien d'anormal pour un texte de fin de guerre.

Mais la suite est nettement plus problématique pour Israël. Washington s'engagerait à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de la République islamique, à retirer ses forces des zones entourant l'Iran, et à garantir la réouverture du détroit d'Ormuz dans les trente jours une réouverture placée sous autorité iranienne selon plusieurs médias occidentaux qui confirment partiellement la version de Mehr.

Le point qui fait scandale : 300 milliards de dollars pour reconstruire l'Iran

C'est le point le plus explosif du document, et il n'est pas une invention iranienne : plusieurs sources occidentales le confirment. Le projet d'accord prévoirait un plan de reconstruction de plus de 300 milliards de dollars financé par les États-Unis et leurs alliés, en réponse aux dommages considérables subis par les infrastructures iraniennes, qui nécessiteraient selon l'accord des plans de reconstruction que les États-Unis et leurs alliés devront soumettre.

Autrement dit : ce sont les contribuables américains et européens pas les Iraniens, et certainement pas le régime des mollahs qui paieraient la note de la reconstruction du pays qui a tiré des missiles sur Israël pendant des semaines. Pendant ce temps, qui reconstruit les habitations israéliennes détruites par les tirs de missiles iraniens ? Qui indemnise les familles israéliennes endeuillées ? Aucun mécanisme de ce type n'apparaît dans le texte.

Trump lui-même, lors d'une précédente annonce de cessez-le-feu, avait pourtant tenu des propos qui semblent préfigurer cette logique : "Il y aura beaucoup d'action positive ! De l'argent sera gagné. L'Iran peut commencer le processus de reconstruction", avait-il déclaré, ajoutant que cela pourrait être "l'âge d'or du Moyen-Orient". Un âge d'or pour qui, exactement ? 

Les sanctions levées, l'argent iranien débloqué sans contrepartie immédiate

Le mémorandum prévoirait également la suspension des sanctions sur le pétrole et les produits pétrochimiques iraniens, ainsi que la libération de 24 milliards de dollars de fonds gelés la moitié versée avant même le début des négociations finales. Cette information est confirmée par le vice-président américain JD Vance lui-même, qui a tenu à nuancer : "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion"précision qui suggère que cette clause existe bel et bien, et qu'elle inquiète jusqu'à Washington.

Le nucléaire : des promesses, mais pas d'engagement contraignant immédiat

Sur le point le plus sensible pour Israël le programme nucléaire iranien le texte est volontairement flou. L'Iran s'engagerait à ne jamais chercher à acquérir l'arme nucléaire, mais les limites d'enrichissement et l'élimination des stocks seraient renvoyées à la période de négociation de 60 jours, dans une configuration qui rappelle douloureusement le JCPOA de 2015 que Trump avait lui-même dénoncé en 2018.

Le président américain a d'ailleurs reconnu lui-même les limites de son propre texte : l'accord qu'il défend ne traite la question du matériel nucléaire iranien que de manière "conceptuelle", le mémorandum se contentant de poser le cadre de négociations ultérieures sur ce sujet. Il inclura néanmoins un engagement de l'Iran à ne pas se doter de l'arme nucléaire un engagement que Téhéran répète depuis des décennies sans jamais convaincre personne.

Israël, simple spectateur d'un accord qui le concerne au premier chef

Le point le plus révélateur reste celui-ci : Netanyahu a lui-même indiqué qu'Israël n'était pas partie à cet accord émergent annoncé par Trump. Le cabinet du Premier ministre s'est contenté d'exprimer sa « gratitude » pour une promesse verbale de Trump, selon laquelle l'accord final inclura "l'élimination de l'uranium enrichi, le démantèlement des infrastructures d'enrichissement, des limites à la production de missiles, ainsi que la fin du soutien de l'Iran à ses supplétifs terroristes dans la région"

Une promesse. Pas une clause contractuelle. Pas une garantie inscrite dans le mémorandum lui-même, qui selon le document mis en avant par Mehr retire justement et explicitement la question des missiles et du soutien iranien aux groupes de la « résistance » de l'ordre du jour des négociations finales.

Une réaction israélienne déjà inquiète

Le malaise est tel que la presse israélienne elle-même s'interroge sur les conséquences de ce texte pour la sécurité du pays, un article d'opinion du Times of Israël posant directement la question de savoir si cet accord, qui mettrait fin à un cessez-le-feu coûteux pour Trump, ne poserait pas "un sérieux problème à Israël".

En clair

Téhéran sort du conflit avec : la levée des sanctions, le déblocage de milliards de dollars, un plan de reconstruction financé par l'Occident, le retrait des forces américaines de sa périphérie, et six mois de répit diplomatique sans contrainte nucléaire immédiate. Israël, de son côté, obtient... une promesse orale de Donald Trump.

Si le texte iranien diffusé par Mehr se confirme dans ses grandes lignes ce que plusieurs médias occidentaux corroborent déjà sur les points clés (300 milliards, levée des sanctions, retrait américain, réouverture d'Ormuz) alors la question posée par nos lecteurs n'est pas déplacée : qui, dans cette histoire, a réellement gagné la guerre ?

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