La semaine dernière, le Néguev a basculé : le maire de Beer-Sheva alerte le gouvernement

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La semaine dernière, le Néguev a basculé : le maire de Beer-Sheva alerte le gouvernement

La semaine dernière, le Néguev a basculé.

Une opération policière d’ampleur contre un clan bédouin soupçonné d’actes criminels répétés a dégénéré dans la localité de Tarabin : affrontements violents, tensions extrêmes et mort d’un homme lors de son arrestation. Ces événements, sur fond de règlements de comptes, d’armes illégales et de défiance ouverte envers l’État, ont mis en lumière une réalité explosive que les autorités peinent à contenir. C’est dans ce contexte que le maire de Beer-Sheva a lancé un avertissement brutal : le sud d’Israël est en train de lui échapper.

Le maire de Beer-Sheva lance un cri d’alarme : « L’État reste inerte »

Nouvelles tensions dans le Néguev

Au cœur de l’escalade de violence qui affecte le Néguev ces dernières semaines, et après une opération policière controversée dans la localité bédouine de Tarabin, Rubik Danilovitch, maire de Beer-Sheva, s’est exprimé avec force sur le plateau d’une émission d’information matinale. Face à la presse, il a dénoncé l’absence d’une stratégie étatique cohérente pour faire face à la montée de la criminalité et aux défis sécuritaires dans le sud d’Israël. 

Une situation explosive selon la police

Lundi dernier, un résident de Tarabin a été tué par les forces de l’ordre lors d’une arrestation. La police affirme que l’homme représentait une menace pour les agents intervenus dans un contexte d’affrontements violents. Cette opération s’inscrit dans une série de descentes menées par des centaines de policiers dans la communauté bédouine au cours de la semaine précédente. 

Des attaques répétées et des réactions citoyennes

L’intervention policière fait suite à des incidents graves, notamment une attaque contre la localité de Givʿot Bar, attribuée à des suspects issus de la diaspora bédouine. Selon des témoins, cette attaque a provoqué des dégâts considérables, avec des véhicules vandalisés et des biens détruits. Parallèlement, des parents ont exprimé leur indignation après avoir appris que leurs enfants devaient désormais emprunter un itinéraire scolaire cinq fois plus long, s’étendant jusqu’à une heure et demie de trajet, en raison des difficultés à assurer leur sécurité. 

Un État « sourd et immobile », selon Danilovitch

Interrogé sur l’absence de réponse politique et sécuritaire, Danilovitch a fustigé la lenteur de l’État : « Cela fait des années que je suis inquiet, mais cet État est figé dans une sorte de transe. Je dis bien ‘État’, car toutes les institutions étaient présentes, et notre erreur est de blâmer tel ou tel ministre. Nous faisons face à un problème structurel que l’État ne traite pas. » 

Il a ajouté que la problématique dépasse les simples actes criminels : « Tous les Bédouins ne sont pas des criminels, mais nous faisons face à des violences tant nationalistes qu’économiques, à la polygamie avec des femmes de Gaza et à une jeunesse qui, malgré une carte d’identité bleue, ne reconnaît pas l’État d’Israël et développe une hostilité profonde. » 

Propositions et urgences sécuritaires

Face à l’intensification des incendies criminels à Mishmar HaNegev, Lahavim et Givʿot Bar, Danilovitch appelle à des réponses immédiates : « Nous, responsables locaux, présentons des pistes de solutions dès la semaine prochaine, mais sommes laissés pour compte. » Selon lui, il faut une stratégie intégrée qui combine application de la loi, réforme législative et système judiciaire efficace pour enrayer la prolifération des armes illégales, omniprésentes selon ses dires. 

Un changement démographique alarmant

Le maire a également souligné une évolution démographique préoccupante dans le Néguev : lors de son entrée en fonction comme adjoint en 1996, 75 % de la population de la région était juive ; aujourd’hui ce taux serait tombé à 59 %. « Si nous n’inverserons pas cette tendance dans les quinze prochaines années, la majorité pourrait ne plus être juive », a-t-il averti, en évoquant des analogies avec des évolutions observées dans le Galilée. 

Une demande de responsabilités partagées

S’adressant aux critiques qui l’accusent de ne pas être suffisamment présent dans la région, Danilovitch a répondu que son rôle, bien qu’actif, ne lui donne pas d’autorité sur des structures comme la police, le Shin Bet ou le ministère de l’Éducation, en raison du centralisme décisionnel de l’État. « Des citoyens et des entrepreneurs reconnaissent l’opportunité du développement dans le Néguev. J’attends du Premier ministre qu’il saisisse l’ampleur de la situation et adresse enfin la criminalité et la prolifération des armes illégales. » 

Un projet national, pas seulement régional

Danilovitch conclut en soulignant que la résolution de ces défis dépasse la sphère locale : « Ce n’est pas l’affaire d’un ministre en particulier. Il s’agit d’un projet national, plus vaste encore que l’État lui-même. » 

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