Entre l’hostilité publique et la coopération discrète avec Tsahal : le double jeu du Maroc

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Entre l’hostilité publique et la coopération discrète avec Tsahal : le double jeu du Maroc

Entre l’hostilité publique et la coopération discrète avec Tsahal : le double jeu du Maroc

Un tweet publié par l’armée israélienne a mis en lumière une contradiction saisissante : alors que la rue marocaine manifeste une colère intense contre Israël, le volet sécuritaire des relations entre Rabat et Tel-Aviv continue de fonctionner dans l’ombre.

Depuis le début de la guerre, des milliers de manifestants au Maroc ont brûlé des drapeaux et exprimé leur rejet de toute « normalisation » avec l’État juif. Mais derrière cette rhétorique agressive affichée dans l’espace public, des canaux de coopération stratégique persistent entre les deux pays.

Une révélation publique qui dérange

Le point de bascule a été un message diffusé récemment par le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, sur sa page en arabe. Ce tweet n’a pas seulement informé sur un sujet militaire : il a exposé l’existence continue d’une coopération bilatérale active, mettant en évidence un décalage frappant entre le discours anti-israélien affiché au Maroc et les actions menées en coulisses.

Selon la communication militaire, une troisième réunion de la commission militaire conjointe entre Israël et le Maroc s’est tenue à Tel-Aviv.
Une feuille de route sur le travail commun pour 2026 y a été approuvée. La délégation marocaine a également participé à des sessions techniques au sein de l’armée israélienne, visité des unités opérationnelles et des installations de l’industrie de la défense.

Les réactions reflètent le fossé entre opinion publique et intérêts stratégiques

Ce message, pourtant factuel, a provoqué des réactions contrastées sur les réseaux sociaux. Aux côtés de soutiens, notamment émanant de cercles favorables aux Accords d’Abraham, de nombreux commentaires exprimaient une indignation profonde. Certains internautes y ont vu une « trahison » du Maroc vis-à-vis de la cause palestinienne et ont appelé à rompre tout lien avec Israël.

Pour beaucoup, il est difficile de concilier ces annonces avec l’image d’un Maroc affichant un ton particulièrement dure envers l’intervention israélienne à Gaza. Le contraste entre ce que perçoit l’opinion publique et ce qui se déroule dans les arcanes diplomatiques et militaires est devenu manifeste.

Des relations anciennes, stratégiquement ancrées

Cependant, ce partenariat n’est pas né d’hier. Des sources diplomatiques et militaires rappellent que le Maroc et Israël entretiennent depuis des années des liens sécuritaires et de renseignement, souvent dissimulés à la lumière du jour. Avant même les Accords d’Abraham, ces liens existaient déjà, notamment dans la lutte contre le terrorisme, sans que les gouvernements ne les rendent publics.

Cet historique, explique-t-on, permet aux deux pays de poursuivre des objectifs définis de longue date. La récente publication par Tsahal pourrait ainsi être interprétée non seulement comme un partage d’information, mais aussi comme un message adressé à différents publics : l’international, qui suit avec attention l’évolution des alliances au Moyen-Orient, mais aussi interne, en direction des populations arabophones.

L’équilibre délicat de Rabat

Pour le Maroc, la situation est complexe. D’un côté, la classe politique et les médias publics adoptent fréquemment un discours critique envers Israël, particulièrement depuis le déclenchement du conflit. Ce positionnement répond à des dynamiques internes fortes et à une sensibilité populaire pro-palestinienne très présente.

De l’autre, les intérêts stratégiques à long terme – sécurité régionale, renseignement, stabilité – poussent Rabat à entretenir des canaux de coopération avec l’État hébreu. L’équation est délicate : affirmer son engagement envers la cause palestinienne tout en protégeant des intérêts étatiques concrets, parfois en coordination avec Israël.

Cette dualité — visible aujourd’hui dans les réseaux sociaux et dans les arrières-plans diplomatiques — illustre la complexité des relations entre pays arabes et Israël dans une région en pleine mutation.

 

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