Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

La fin du baby-boom haredi ? Taux de fécondité ultra-orthodoxes au plus bas en 2025

La fin du baby-boom haredi ? Taux de fécondité ultra-orthodoxes au plus bas en 2025

Plus bas niveau de fertilité depuis plus de 40 ans dans la société haredi

La population haredi continue de croître, mais pas comme prévu : selon un rapport de l'Institut pour la stratégie et la politique haredi pour 2025, la fertilité s'établit à 6,2 enfants en moyenne, le chiffre le plus bas depuis des décennies.
« Ce déclin s'inscrit dans un processus d'adaptation aux pressions économiques croissantes et à la hausse de la proportion d'universitaires haredi », explique le Dr Ethan Regav.
Ces tendances s'accompagnent d'une augmentation de l'âge du mariage dans le secteur haredi.

Le baby-boom haredi ralentit : un plus bas niveau de natalité depuis plus de 40 ans

La société ultra-orthodoxe (haredi) reste championne de la natalité en Israël, mais la tendance s’inverse. Selon le rapport 2025 de l’Institut pour la stratégie et la politique haredi, le taux de fécondité moyen s’établit désormais à  6,2 enfants par femme – le niveau le plus bas enregistré depuis plus de quatre décennies.

 Un pic historique, puis un reflux discret mais réel

Jusqu’en 2003, la fécondité haredi grimpait régulièrement : de 4,8 enfants par femme en 1955 à un sommet de 7,3 en 2003. Depuis, la courbe s’inverse. Stabilisé à 6,2 depuis 2020, ce chiffre reflète une baisse modérée mais continue, confirmée par les registres de naissances.

Les projections les plus récentes du Centre Taub (fin 2025) vont plus loin : si la tendance se poursuit, le taux pourrait tomber à 4,3 enfants d’ici 2040 chez les femmes haredies.

 Pourquoi ce tournant ?

Le Dr Ethan Regav, qui dirige la recherche à l’Institut, pointe plusieurs facteurs convergents :

- Pression économique : flambée des prix immobiliers, hausse des taux d’intérêt, coût de la vie qui rend les familles très nombreuses plus difficiles à assumer.
- Évolution des femmes : intégration croissante dans le monde du travail (souvent dans des métiers qualifiés), sensibilité accrue au bien-être physique et psychologique, et montée du nombre d’étudiantes universitaires haredies – un groupe qui a en moyenne **un enfant de moins** que les autres.
- Sorties du milieu : environ 13-14 % des jeunes quittent la communauté, un phénomène non négligeable.

Résultat : les prévisions les plus alarmistes s’effondrent. Les haredim ne représenteront pas un tiers de la population israélienne en 2065, mais environ 20-22 %, selon les scénarios les plus actualisés.

Une population toujours très jeune

En 2025, les haredim comptent environ 1,31 million de personnes (12,9 % de la population totale, 16 % des Juifs israéliens). Plus de la moitié ont moins de 19 ans, contre seulement 30 % chez les autres Juifs.

Les mariages restent précoces – 36 % des 18-24 ans sont déjà mariés –, mais ce taux chute (46 % en 2014). La taille moyenne des ménages diminue lentement : de 5,25 personnes en 2020 à 5,08en 2024.

Différences internes marquées

Le courant hassidique affiche toujours le taux le plus élevé (7 enfants par femme), suivi des Lituaniens (6,6) et des Séfarades (5,3. Géographiquement, les extrêmes vont de 7,6 enfants à Ofra ou Arad jusqu’à 3,4 seulement à Tel-Aviv.

 Un défi démographique pour tout Israël

Alors que la croissance démographique nationale tombe sous 1 % en 2025 pour la première fois depuis la création de l’État, la baisse – même modérée – de la fécondité haredi accélère ce ralentissement historique.

Moins de bébés, plus de pression sur le logement, l’emploi et les services publics : le modèle traditionnel de la grande famille haredi s’adapte, doucement mais sûrement, aux réalités du XXIe siècle israélien.

Israël : À l’aéroport Ben Gourion, chaque passager est un suspect potentiel

Israël : À l’aéroport Ben Gourion, chaque passager est un suspect potentiel

À L’AÉROPORT BEN GOURION, LA CHASSE SILENCIEUSE AUX PASSEURS D’ARMES

Ils ressemblent à des voyageurs ordinaires, rentrant de vacances ou d’un court séjour en Europe. Mais dans les halls feutrés de l’aéroport Ben Gourion, les enquêteurs de l’unité 747 de la police israélienne scrutent chaque geste. Leur mission : intercepter les passeurs d’armes, de drogue et d’or avant que ces marchandises ne disparaissent dans la nature. « Les gens courent après l’argent facile. Quand ils se font attraper, ce sont des familles entières qui explosent », résume un officier.

UN VOL ANODIN, UN COMPORTEMENT QUI ALERTE

Mercredi soir. Le vol QS1284 en provenance de Prague se pose à Tel-Aviv. Près de 200 passagers descendent de l’avion, se dirigent vers le contrôle des passeports, puis vers le tapis à bagages. Parmi eux, un homme d’une quarantaine d’années, habitant de Be’er Yaakov. Aucun antécédent judiciaire. Rien, en apparence, ne le distingue des autres.

Mais dès la sortie de l’appareil, des policiers en civil de l’unité 747, mêlés aux passagers, repèrent chez lui « des gestes nerveux et une attitude qui éveillent immédiatement les soupçons ». Ils le suivent à distance, sans attirer l’attention.

UNE VALISE, HUIT PISTOLETS

Lorsque l’homme récupère sa valise, les policiers passent à l’action. « C’est à ce moment-là que nous nous sommes collés à lui », explique le surintendant Amit Barzilai, commandant de l’unité. Les agents s’identifient discrètement et l’escortent vers une salle d’inspection.

À l’ouverture de la valise, la stupeur est totale : huit pistolets soigneusement dissimulés à l’intérieur. L’homme, lui, reste impassible. Il affirme être arrivé d’Allemagne via Prague et soutient avoir acheté des « pistolets lance-fusées pour son usage personnel et pour les offrir à des amis ».

DES ARMES CONSIDÉRÉES COMME DES ARMES À FEU

Aux yeux de la police israélienne, ce type d’arme n’a rien d’anodin. Capables de tirer des fusées éclairantes ou des gaz lacrymogènes, ces pistolets sont juridiquement considérés comme des armes à feu à part entière. L’importation illégale d’une arme de poing est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison.

En avril 2024, la loi israélienne sur les armes à feu a été durcie. Un amendement prévoit désormais jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour l’importation d’une « arme factice », comme un pistolet de départ utilisé lors de compétitions sportives. Une précision lourde de sens : ces objets peuvent être transformés, par une simple manipulation mécanique, en armes létales, « pas moins dangereuses que n’importe quel pistolet vendu légalement », selon les forces de l’ordre.

UNE GUERRE DISCRÈTE CONTRE LES FILIÈRES

Ce type d’arrestation illustre le travail de fond mené quotidiennement par l’unité 747, spécialisée dans la lutte contre la contrebande aux frontières aériennes. À Ben Gourion, chaque valise suspecte peut contenir bien plus qu’un souvenir de voyage : elle peut alimenter des réseaux criminels, des violences armées et des drames familiaux durables. Ici, rien n’est laissé au hasard, et chaque regard compte.

Comment un escroc de Ramallah a siphonné des millions de shekels à des vendeurs israéliens

Comment un escroc de Ramallah a siphonné des millions de shekels à des vendeurs israéliens

Arresté en plein Ramallah, il aurait escroqué près d’un million de dollars à des Israéliens via Yad2

Une opération nocturne au cœur de Ramallah, un suspect quinquagénaire, et une mécanique d’arnaque froide, répétée, quasi industrielle : pendant plus d’un an, des vendeurs israéliens auraient remis leurs biens après réception de “preuves” de virement… truquées. Quand la réalité bancaire rattrapait la fiction, les objets étaient déjà passés la ligne verte. 

Une arrestation à 3 heures du matin, et une détention prolongée jusqu’au 14 janvier 2026

La police israélienne annonce l’arrestation, la semaine dernière, d’un homme originaire de Ramallah, âgé d’une cinquantaine d’années, soupçonné d’avoir floué environ 100 Israéliens pour un préjudice total évalué à plus de 3 millions de shekels, soit autour de 950 000 dollars. L’interpellation a eu lieu lors d’un raid mené de nuit, à Ramallah, par une unité d’élite (Yamam / “Special Operations Unit” selon les versions), et sa détention a été prolongée jusqu’au mercredi 14 janvier 2026. 

La méthode : une fausse identité, un faux virement, un vrai taxi

Le scénario décrit par l’enquête est d’une simplicité redoutable. Le suspect aurait approché des vendeurs ayant publié des annonces sur des plateformes de seconde main, principalement Yad2, mais aussi via les réseaux sociaux.

Il se présentait comme un acheteur israélien vivant dans le nord du pays, allant jusqu’à emprunter des identités et des noms israéliens ; une source indique qu’il se faisait même passer pour un Druze du nord. Puis venait l’étape clé : l’envoi d’une “confirmation” de virement bancaire falsifiée, suffisamment crédible pour pousser la victime à remettre le bien. 

Une logistique de transfert pensée pour éviter toute rencontre

Le suspect n’aurait généralement pas récupéré les objets en personne.
D’après les éléments rapportés par la presse israélienne, un taxi venait collecter le produit au domicile du vendeur en Israël, puis la marchandise était transférée à un second véhicule côté Samarie, avant d’être acheminée vers Ramallah.
Plusieurs récits situent un point de bascule près de Beit Aryeh, zone utilisée comme relais.
Ce détail dit tout : il ne s’agit pas d’un “coup” opportuniste, mais d’un circuit de récupération et d’acheminement, répété, optimisé, discret. 

Des biens “à forte valeur”, et un préjudice cumulé sur 2024–2025

L'homme aurait notamment obtenu des appareils d’épilation laser et du matériel photographique. Les plaintes, elles, se seraient accumulées sur la période 2024–2025 ; une autre source précise un arc temporel allant de mai 2024 à décembre 2025, pour une fraude étalée sur environ un an et demi. Chaque victime découvre la supercherie trop tard : au moment où la banque confirme que le virement n’existe pas, l’objet a disparu. 

Ce que cette affaire révèle, au-delà du fait divers

L’histoire est moins “cyber” qu’elle n’en a l’air : tout repose sur un réflexe humain — croire un justificatif, accélérer la vente, faire confiance à l’apparence administrative. Le point faible, ce n’est pas la plateforme ; c’est le moment où l’on remet l’objet avant d’avoir vu l’argent effectivement crédité. Et le volume — une centaine de plaintes — montre à quelle vitesse une même combine peut se multiplier quand elle est industrialisée. 

Du 7 octobre à la potence : vote choc pour juger et exécuter les commandos du Hamas

Du 7 octobre à la potence : vote choc pour juger et exécuter les commandos du Hamas

La loi pour la mise en jugement des terroristes de Nukhba approuvée en première lecture

La plénière de la Knesset a approuvé en première lecture une loi pour juger les terroristes du Hamas, incluant la peine de mort, une instance judiciaire spéciale et une diffusion publique • Levin : "Un travail d'état-major sans précédent" • Rothman : "Le message est clair et net" • Malinovsky : "Le sablier des Nukhba s'épuise".

 La loi prévoit l'interdiction de libération dans des accords futurs et la création d'un comité de pilotage gouvernemental pour définir la politique

La plénière de la Knesset a approuvé dans la nuit de lundi à mardi, en première lecture et par un vote de 19 députés sans opposition, la proposition de loi pour la mise en jugement des participants au massacre du 7 octobre. Cette loi encadre les procédures judiciaires contre les terroristes du Hamas et leurs complices impliqués dans ces actes.

Selon la loi, une instance judiciaire spéciale sera établie, présidée par un juge de district à la retraite, pour conduire les procédures contre les terroristes, distincte des instances judiciaires existantes.
Ce tribunal aura compétence pour juger des infractions, y compris celles relevant de la loi sur le génocide, l'atteinte à la souveraineté de l'État, l'aide à l'ennemi en temps de guerre et les actes de terrorisme. Complétant le texte, des sources gouvernementales précisent que ce tribunal adoptera un format militaire dédié, comme rapporté par Ynet et le Jerusalem Post, pour traiter les crimes de guerre et contre l'humanité commis lors des attaques.

Il sera possible de déroger aux règles de procédure et de preuve habituelles afin d'établir la vérité, tout en préservant l'équité du procès.
Les audiences seront publiques par principe, diffusées sur un site internet dédié et archivées pour l'État.
La proposition autorise l'imposition de la peine de mort aux meurtriers. Des informations supplémentaires de Haaretz indiquent que cette mesure s'inscrit dans un ensemble législatif plus large, incluant des débats sur une commission d'enquête politisée sur le 7 octobre et une loi distincte sur la peine de mort, soutenue par le ministre Ben-Gvir mais rejetée par Netanyahu pour ne pas fusionner avec ce tribunal spécial.

Vers la peine de mort : Les terroristes de Nukhba du massacre du 7.10 seront jugés par un tribunal militaire

Selon la loi, les terroristes condamnés seront exclus de toute libération dans des accords futurs. Un comité de pilotage sera formé, présidé par le Premier ministre et incluant les ministres de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères, pour définir la politique de mise en jugement. Des détails vérifiés de Ynet révèlent des tensions au cabinet : lors d'une discussion en décembre 2025, le ministre de la Justice Yariv Levin a critiqué le manque de coordination sur cette législation, menant à un échange houleux avec Itamar Ben-Gvir, interrompu par Netanyahu.

L'un des initiateurs de la loi, le ministre de la Justice Yariv Levin, a déclaré :
"Depuis le massacre du 7 octobre, un travail d'état-major sans précédent a été mené sous ma direction concernant les terroristes de Nukhba. Une enquête approfondie a été réalisée, des preuves collectées et des dossiers préparés. Des ébauches d'actes d'accusation ont été rédigées contre les terroristes."

Le président de la commission constitutionnelle, le député Simcha Rothman, également initiateur, a affirmé : "Un pas supplémentaire vers le rétablissement de la justice et le jugement de tous les terroristes de Nukhba. Israël les jugera pour les crimes les plus graves, passibles de la mort. Le procès sera diffusé mondialement, avec un message clair : quiconque massacre des Juifs et participe à un génocide ne s'en tirera pas !"

La députée Yulia Malinovsky d'Israël Beytenou, co-initiatrice : "Le sablier des Nukhba continue de s'écouler à rebours. C'est une étape supplémentaire vers l'ouverture des procès du 7 octobre, diffusés au monde entier, qui enverront les terroristes à l'échafaud. Israël réglera ses comptes avec tous les participants au massacre."

Iran : la rumeur d’une fuite des dirigeants, entre fantasme politique et signaux faibles

Iran : la rumeur d’une fuite des dirigeants, entre fantasme politique et signaux faibles

Iran : la rumeur d’une fuite des dirigeants, entre fantasme politique et signaux faibles

Depuis plusieurs semaines, l’Iran est secoué par une vague de manifestations d’une ampleur inédite depuis la révolution islamique de 1979. Crise économique profonde, effondrement du rial, colère sociale, rejet du clergé au pouvoir : le régime affronte une contestation multiforme et durable. Dans ce climat explosif, une rumeur persiste et circule avec insistance dans les médias et sur les réseaux : les dirigeants iraniens se prépareraient à fuir le pays. Mais que disent réellement les faits ?

Une crise historique sous blackout total

Les manifestations ont éclaté fin décembre 2025 et se sont rapidement étendues à l’ensemble du territoire iranien. Pour la première fois depuis des décennies, les slogans ne visent plus seulement la situation économique mais directement le régime islamique et le Guide suprême Ali Khamenei. En réponse, le pouvoir a déclenché une répression massive, accompagnée d’un blackout quasi total d’Internet et des télécommunications.

Ce verrouillage de l’information rend toute vérification extrêmement difficile. Les chiffres de victimes varient selon les sources, mais les ONG et plusieurs médias internationaux évoquent des centaines, voire des milliers de morts, et des arrestations par dizaines de milliers. Dans ce contexte opaque, la rumeur devient un outil politique à part entière.

La thèse d’une fuite des élites : aucune preuve matérielle

L’idée d’une fuite imminente des dirigeants iraniens s’est imposée dans le débat public après des déclarations attribuées à Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, aujourd’hui figure de l’opposition en exil. Celui-ci affirme recevoir des informations de l’intérieur du pays évoquant des réunions secrètes au sommet de l’État et des préparatifs de départ de certains responsables.

Ces propos ont été relayés, notamment par CBS News, mais sans qu’aucune preuve indépendante ne vienne les corroborer. À ce jour, aucun média de référence comme Reuters, AP, AFP ou Politico n’a confirmé l’existence de dirigeants chargeant des avions ou organisant une fuite collective du régime. Politico, en particulier, n’a publié aucune enquête attestant d’un tel scénario.

Les observateurs les plus sérieux sont unanimes : aucun mouvement massif ou coordonné d’exfiltration de la direction iranienne n’a été documenté.

Reza Pahlavi : discours politique ou renseignement réel ?

Reza Pahlavi occupe une place centrale dans le récit de l’effondrement imminent du régime.
Ses prises de parole récentes appellent ouvertement à la mobilisation populaire et à la défection des forces de sécurité. Il évoque un pouvoir fragilisé, fissuré de l’intérieur, et encourage les Iraniens à croire à une bascule possible.

Mais il faut être clair : ses déclarations relèvent du discours politique, non d’un renseignement vérifié. Aucune information précise, aucun document, aucune image satellite, aucun témoignage croisé ne permet aujourd’hui d’affirmer que les cercles dirigeants se préparent concrètement à l’exil.

L’histoire récente montre que les régimes autoritaires, même extrêmement affaiblis, fuient rarement de manière visible avant un effondrement total. Jusqu’à présent, l’appareil sécuritaire iranien reste en place et opérationnel.

Pourquoi ces rumeurs prospèrent

La persistance de ces rumeurs s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, le blackout informationnel crée un vide que comblent spéculations et récits partisans. Ensuite, la pression internationale, notamment américaine, renforce l’idée d’un régime acculé. Donald Trump a publiquement évoqué des « options très dures » contre Téhéran tout en laissant ouverts des canaux diplomatiques indirects.

Enfin, l’histoire iranienne elle-même nourrit l’imaginaire collectif : en 1979, le Shah avait quitté le pays avant l’effondrement final du régime. Cette mémoire alimente aujourd’hui l’espoir d’un scénario similaire, même si les contextes sont profondément différents.

Ce que disent les faits aujourd’hui

À ce stade, une seule chose est établie : le régime iranien traverse une crise majeure, politique, économique et sociale. En revanche, aucune fuite organisée des dirigeants n’est attestée. Les scénarios les plus réalistes évoqués par les analystes parlent plutôt de plans de repli individuels, hypothétiques, que toute élite au pouvoir anticipe en cas de chaos, sans que cela signifie un départ imminent.

Le pouvoir iranien conserve encore ses leviers essentiels : armée, Gardiens de la Révolution, police, justice et médias d’État. Tant que ces structures tiennent, une fuite généralisée reste hautement improbable.

La rumeur d’une fuite des dirigeants iraniens est aujourd’hui un récit politique plus qu’un fait établi. Elle traduit l’espoir d’un changement radical, porté notamment par l’opposition en exil, mais elle ne repose sur aucune confirmation indépendante solide. Dans un Iran muselé, sous répression et coupé du monde, la prudence s’impose plus que jamais.

L’histoire iranienne n’est pas écrite. Mais pour l’heure, le régime vacille sans s’effondrer, et la fuite de ses dirigeants relève encore du fantasme plus que de la réalité.

Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

Au cœur de la crise qui secoue l'Iran depuis fin décembre 2025, les signaux diplomatiques se multiplient entre Washington et Téhéran. Alors que les protestations antigouvernementales font rage et que le bilan humain s'alourdit (au moins 544 à 646 morts selon les activistes), Donald Trump affirme que l'Iran a initié un contact pour négocier, tandis que Téhéran maintient des canaux de communication ouverts sans céder sur ses lignes rouges.

Trump annonce un contact direct initié par Téhéran

Dimanche 11 janvier, à bord d'Air Force One, le président américain a déclaré que « les dirigeants iraniens » l'avaient contacté et « veulent négocier ». Il a précisé qu'« une rencontre est en préparation », tout en ajoutant un avertissement clair : « Nous pourrions devoir agir avant la réunion en raison de ce qui se passe. » Trump lie explicitement ces pourparlers potentiels à la répression des manifestations, affirmant que l'Iran est « fatigué d'être battu par les États-Unis ».

Ces déclarations interviennent après ses menaces répétées d'options « très fortes », y compris militaires, pour stopper la violence contre les manifestants. Il a aussi imposé, lundi soir, un tarif douanier de 25 % sur tout pays commerçant avec l'Iran souhaitant accéder au marché américain – une mesure de pression économique immédiate.

Téhéran : « Prêts à la guerre, mais aussi au dialogue équitable »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répondu lundi en affirmant que l'Iran est « prêt à la guerre » si Washington choisit l'option militaire, mais « espère que Washington optera pour l'option sage » du dialogue. Il insiste sur des négociations « justes, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel », sans menaces ni diktats unilatéraux.

Le porte-parole du ministère, Esmail Baghaei, a confirmé que des canaux de communication restent ouverts via l'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et des intermédiaires traditionnels (Suisse, Oman). Téhéran nie toutefois avoir « quitté la table des négociations », tout en rejetant toute discussion « unilatérale ou basée sur la dictée ».

Contexte nucléaire et pressions internes

Les échanges portent implicitement sur le programme nucléaire iranien – sujet central des tensions depuis les frappes américano-israéliennes de juin 2025 sur des sites iraniens. Trump maintient des exigences maximalistes (zéro enrichissement, fin du programme de missiles balistiques, cessation du soutien aux proxies comme le Hezbollah). À Téhéran, le Guide suprême Ali Khamenei et les durs du régime n'ont pas encore donné leur feu vert public à des concessions majeures.

Des sources américaines indiquent que des conseillers, dont le vice-président JD Vance, poussent pour tenter la diplomatie avant toute frappe. Un briefing sur les options (frappes ciblées, cyberattaques, sanctions renforcées, soutien aux opposants en ligne) était prévu mardi 13 janvier au Pentagone.

Perspectives : diplomatie ou escalade ?

À ce stade (13 janvier 2026, 08h45 IST), aucune rencontre n'est confirmée, et la méfiance reste totale : l'Iran accuse Washington et Israël d'attiser les troubles, tandis que Trump brandit la menace militaire comme levier. Les négociations, si elles se matérialisent, pourraient viser un allègement des sanctions contre des concessions nucléaires limitées – mais le sort des manifestants et la survie du régime compliquent tout accord rapide.

La situation reste volatile : les B-52 en position, les tarifs douaniers activés, et les rues iraniennes toujours agitées. La fenêtre diplomatique existe, mais elle est étroite et menacée par la répression en cours.

Iran : Une révolution sans visage entre négociation avec les USA et la menace de frappes

Iran : Une révolution sans visage entre négociation avec les USA et la menace de frappes

Une éphémère rébellion comme on en a vu tant en Iran, ou alors une révolution en règle ?

Absence de leader charismatique

C’est énorme, mais pas encore assez, insisteront d’aucuns.
Car un phénomène aussi exceptionnel qu’une révolution est également tenu de se doter d’une figure de proue. D’un symbole de chair et d’os.
D’un chef capable de rassembler sous son pavillon tous les mécontents : dans le cas de l’Iran, laïcs et islamistes modérés, démocrates et nostalgiques de l’ère impériale ; mais aussi, en sus des Persans de souche formant un peu plus de la moitié de la population, Azéris, Kurdes, Turkmènes et autres minorités ethniques, culturelles et même linguistiques.
À défaut d’un tel leader, il est certes courant de voir une direction collégiale, une junte par exemple, surfer sur les manifestations pour s’emparer du pouvoir ;
cela jusqu’au jour où un officier plus ambitieux et habile que les autres fera le vide autour de lui. Car quand la démocratie manque au tableau, la révolution a vite fait, surtout en Orient, de dévorer ses propres enfants.

Bilan humain vérifié et escalade des protestations

Les protestations, déclenchées fin décembre 2025 par l’effondrement du rial et la corruption systémique, se sont étendues à l’ensemble des 31 provinces iraniennes. Selon des activistes basés aux États-Unis, au moins 544 manifestants ont été tués et plus de 10 600 arrêtés par les forces de sécurité. Téhéran a imposé un blackout internet et téléphonique pour limiter la coordination, avec des tirs sur la foule rapportés dans plusieurs villes.

Dimension internationale et menaces croisées

 Pour indéniablement authentique que soit le présent et héroïque sursaut populaire, la crise déborde largement de son cadre interne.
Elle est même de dimension internationale.
 Donald Trump a menacé d’intervenir, et l’Iran a annoncé qu’il ripostera en ciblant Israël et les bases américaines de la région.

Mais tout doux, une négociation est en préparation entre Washington et Téhéran, comme officiellement annoncé lundi dans les deux capitales.

Car si le bouillant président des États-Unis a demandé au Pentagone de lui présenter des plans d’attaque, il doit se douter que même considérablement affaiblie, la République islamique n’est pas le Venezuela ; on a sans doute dû lui rappeler qu’en 1980, une opération de commandos US tournant au désastre dans le désert iranien a coûté sa réélection à son lointain prédécesseur Jimmy Carter.

Négociations sous conditions américaines

Téhéran, via son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, s’est dit prêt à la guerre mais aussi au dialogue « équitable et respectueux ». Trump a affirmé que l’Iran l’a contacté pour négocier, avec une rencontre en préparation.
Washington pose des conditions strictes : fin de la répression, libération des détenus, remise de 408 kg d’uranium, enrichissement zéro, arrêt du programme de missiles balistiques, cessation du soutien à Hezbollah, Ansar Allah et Hamas.

Déploiement des B-52 : une démonstration de force

Nombre d’experts en déduisent qu’avant de se décider à lancer ses super-bombardiers ou ses marines, rangers et force Delta au prix d’un embrasement régional, l’Amérique va stimuler les activités de ce redoutable instrument de déstabilisation qu’est la CIA, probablement aidée par le Mossad israélien.
Des cyberattaques sont également en chantier pour parer à la coupure d’internet, ce qui permettrait une meilleure coordination entre manifestations urbaines et un décompte plus précis des morts.

Les B-52 Stratofortress, déployés en novembre 2024 pour dissuader l’Iran, ont vu leur activité s’intensifier en janvier 2026. Des vols de B-52 et de ravitailleurs KC-135R ont décollé de la base d’Al Udeid au Qatar, avec des drones de reconnaissance survolant le détroit d’Ormuz. Ces mouvements visent à démontrer une capacité de frappe rapide et à préparer une éventuelle intervention, en réponse aux protestations et aux menaces de Trump.
Sans porte-avions dans la région, les États-Unis s’appuient sur des bases terrestres comme Al Udeid pour projeter leur puissance.

Forme potentielle d’une attaque américaine

Toujours est-il que Trump ne renonce pas pour autant à son rôle de faiseur et défaiseur de rois (et même de reines, puisqu’il entend arbitrer le duel opposant la présidente intérimaire Rodriguez et l’opposante en exil nobélisée Machado !).

Pour ce qui est de l’Iran, le chef de la Maison-Blanche en est encore à passer en revue ses poulains éventuels. Il se refuse toutefois, pour le moment, à parrainer ou même à rencontrer Reza Pahlavi, fils du chah renversé par la révolution islamique en 1979.

Si d’aventure ce dernier venait à remporter la palme, ce serait là un de ces retours de flamme dont l’histoire a le secret. Car soucieux de s’épargner les représailles des mollahs, l’Oncle Sam avait froidement refusé d’accorder asile à l’allié déchu ; exilé, gravement malade, c’est en Égypte que l’ancien empereur en cavale était allé finir ses jours…

Une attaque américaine, si elle survenait, prendrait la forme de frappes de précision « standoff » sans entrée dans l’espace aérien iranien : missiles Tomahawk Block V (portée 1 600 km) depuis sous-marins Ohio, JASSM-ER furtifs lancés par B-52, ou cyberattaques paralysant les réseaux gouvernementaux.
Les cibles incluraient bases IRGC, sites nucléaires ou balistiques, évitant les infrastructures civiles pour minimiser les pertes. Ces options, s’appuient sur des actifs terrestres au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats, avec un « trou de dissuasion » naval compensé par des bombardiers stratégiques.

Structure militaire iranienne et scénarios internes

Quant aux éventuelles relèves du dedans, elles semblent encore des plus aléatoires, tant le système iranien a su se prémunir contre tout risque de coup d’État.
Strictement assignée à la défense du territoire, l’armée de métier n’a aucune influence politique ; elle est aux ordres du pouvoir exécutif, lui-même à la botte du guide suprême.

Avec moitié moins d’effectifs mais puissamment secondés par la pléthorique milice des bassidjis, les gardiens de la révolution ont, eux, un accès direct à Khamenei.
Vouée à la protection non pas tant de l’État que du régime, cette garde prétorienne contrôle de larges secteurs de l’économie mais aussi les arsenaux de missiles balistiques et de drones, et c’est encore elle qui se charge d’exporter à tout vent l’idéologie maison.

Scénarios spéculatifs et pressions économiques

Trump a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur tout pays commerçant avec l’Iran, effectifs immédiatement, pour isoler économiquement Téhéran. Cette mesure,  vise à accentuer la pression sur le régime, déjà affaibli par les sanctions et les protestations internes.

Politique-fiction enrichie

Par les soins de Trump et des fanatiques de Téhéran, les contes des Mille et Une Nuits viennent de s’enrichir d’un stupéfiant thème de politique-fiction. Aladin a initié un gigantesque et prometteur brasier à l’instant même où il allumait sa lampe merveilleuse ; mais le bon djinn se fait attendre pour en surgir.

L’Iran a renforcé ses défenses aériennes et repositionné des missiles près du Golfe, anticipant une riposte. Khamenei a menacé une « défaite américaine », mais des fuites indiquent que son entourage transfère des actifs à Moscou. Ces développements, soulignent une escalade, avec Israël en alerte maximale et un blackout médiatique imposé par Netanyahu.

D'après un article de Issa GORAIEB, 

Israël défend sa pratique de nourrir le bétail avec leurs excréments, faute de pâturages

Israël défend sa pratique de nourrir le bétail avec leurs excréments, faute de pâturages

Israël défend sa pratique de nourrir le bétail avec des excréments de volaille, faute de pâturages

Une pratique contestée

Israël autorise ses agriculteurs à utiliser les excréments, plumes et restes alimentaires des poulaillers pour nourrir le bétail, malgré l’interdiction en vigueur dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Suisse, au Canada, au Japon, en Namibie, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Volumes autorisés

Chaque année, le ministère de l’Agriculture autorise la distribution aux veaux et aux vaches de 43 000 tonnes de ce qu’il qualifie de fumier de volaille, selon les données obtenues par l’organisation de défense des droits des animaux Animals Now, en vertu de la loi sur la liberté d’accès aux documents administratifs.

Campagne de sensibilisation

Le groupe progressiste Animals Now a lancé dimanche une campagne de sensibilisation contre cette pratique intitulée « Mangez moins de viande, mangez moins de merde », avec des publications sur les réseaux sociaux, des affiches dans les rues de Tel-Aviv et Ramat Gan, ainsi que des centaines de panneaux publicitaires et écrans numériques.

Selon Animals Now, ces 43 000 tonnes représentent plus de 1 400 camions stationnés pare-chocs contre pare-chocs sur les 30 kilomètres séparant Tel-Aviv de Netanya.

Raisons des interdictions

De nombreux pays ont proscrit cette pratique afin d’éviter que des agents pathogènes et des résidus de métaux lourds, de pesticides et d’antibiotiques ne contaminent la viande bovine.

Pratiques dans les élevages

Cependant, dans les fermes industrielles productrices de viande, les aliments des veaux à engraisser sont mélangés quotidiennement à jusqu’à trois kilogrammes d’excréments de volaille. Dans l’industrie laitière, les vaches reçoivent ces excréments durant leurs deux premières années, précise l’organisation.

Ce mélange, traité par marinage ou chauffage thermique avant utilisation, fournit des protéines à bas coût aux bovins.

Risques sanitaires

Des rapports scientifiques et officiels soulignent les dangers sanitaires liés à l’utilisation de la litière de volaille comme aliment pour le bétail en Israël. Parmi les contaminants microbiens, le Clostridium botulinum domine, provoquant des épidémies de botulisme, avec des pertes notables comme 528 vaches en 2013, 27 veaux en janvier 2014 et 14 en octobre 2014.

Des résidus de coccidiostats, tels que la maduramicïne, ont causé des cardiomyopathies létales chez les bovins et des intoxications chez d’autres animaux.

La toxicité au cuivre survient lorsque les teneurs excèdent 20 mg/kg, particulièrement létale pour les ovins.
Les résidus d’antibiotiques accélèrent l’émergence de bactéries résistantes, menaçant la santé publique via la chaîne alimentaire, avec un risque accru de transmission de pathogènes comme la salmonelle ou le campylobactère.

La loi sur la sécurité des aliments pour animaux de 2014, effective en 2017, fixe des limites maximales de résidus, mais des failles dans l’application subsistent.

Réglementation

Les règlements du ministère de l’Agriculture exigent que les fabricants de fumier de volaille analysent trimestriellement le produit transformé et déclarent les antibiotiques administrés à la volaille.

Ni le séchage ni le chauffage thermique ne détruisent le Clostridium botulinum. Les éleveurs doivent donc vacciner le bétail contre cette bactérie toxique, bien que les vaccins n’assurent pas une protection totale.

Les excréments issus de poulaillers contaminés par la grippe aviaire ou d’autres maladies ne sont pas autorisés.

Défense ministérielle

Partisan de cette utilisation, le ministère de l’Agriculture a indiqué dans un communiqué : « Il s’agit d’une pratique courante qui permet d’apporter l’azote nécessaire à la production de protéines dans l’alimentation des bovins à viande. Contrairement aux pays dotés de vastes pâturages naturels fournissant des protéines végétales, Israël évolue dans un environnement désertique aux terres et ressources fourragères limitées. Des solutions alimentaires adaptées s’imposent. »

Cette méthode, employée depuis plusieurs décennies dans la production bovine israélienne, s’inscrit dans un contexte où environ 40 % du bœuf frais consommé provient de sources locales, principalement des veaux issus de l’élevage laitier, tandis que 60 % est importé, notamment des animaux vivants d’Amérique du Sud.

Alerte maximale en Israël face au risque d’une intervention américaine en Iran

Alerte maximale en Israël face au risque d’une intervention américaine en Iran

Alerte maximale en Israël face au risque d’une intervention américaine en Iran

Israël se prépare au pire

Israël a placé ses services de sécurité en alerte maximale tout au long du week-end, dans un climat de tension inédit lié à la crainte d’une intervention militaire américaine contre l’Iran. Cette décision, confirmée par plusieurs sources sécuritaires israéliennes, intervient alors que les signaux diplomatiques et politiques en provenance de Washington sont interprétés à Jérusalem comme les prémices possibles d’un basculement stratégique majeur au Moyen-Orient.

Aucune mesure opérationnelle précise n’a été rendue publique, mais l’élévation du niveau d’alerte traduit une inquiétude réelle : celle d’un engrenage régional dans lequel Israël serait, volontairement ou non, entraîné.

Netanyahu et Marco Rubio, un échange sous haute tension

Dans ce contexte, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. L’échange, confirmé par des responsables israéliens et américains, a porté sur la situation intérieure iranienne et sur les intentions de Washington.

Si le contenu exact de la conversation n’a pas été dévoilé, cet appel n’a rien d’anodin. Il témoigne de la coordination étroite entre Jérusalem et Washington à un moment où chaque décision américaine pourrait avoir des répercussions immédiates sur la sécurité israélienne.

Washington soutient ouvertement les manifestants iraniens

Les États-Unis ont, ces derniers jours, durci leur discours en faveur des manifestants iraniens. Le président Donald Trump a déclaré que « l’Iran regarde vers la liberté, peut-être comme jamais auparavant », ajoutant que les États-Unis étaient « prêts à aider ». Des propos lourds de sens dans une région où le soutien américain à une contestation interne est perçu par Téhéran comme une déclaration de guerre politique.

Marco Rubio a, de son côté, affirmé que Washington soutenait le « courageux peuple iranien », dénonçant la répression exercée par le régime islamique. Ce soutien public marque une rupture avec la prudence diplomatique habituelle et alimente les spéculations sur un possible passage à l’action.

L’Iran secoué par des manifestations d’ampleur exceptionnelle

Depuis fin décembre, l’Iran est confronté à l’une des vagues de contestation les plus importantes depuis des années. Initialement déclenchées par la crise économique, les manifestations ont rapidement pris une dimension politique, visant directement le régime des ayatollahs.

Des organisations de défense des droits humains évoquent des dizaines, voire plus d’une centaine de morts,200 morts dénombrés et 2600 arrestations.
Les autorités iraniennes ont partiellement coupé l’accès à Internet afin de limiter la diffusion d’images et d’informations, signe d’une nervosité extrême au sommet de l’État.

Téhéran menace directement les États-Unis et Israël

La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a averti que toute attaque américaine transformerait les intérêts américains et israéliens en “cibles légitimes”. Une menace explicite, inscrite dans la rhétorique classique de la République islamique, mais qui prend un relief particulier dans le contexte actuel.

Pour Israël, ces déclarations confirment le risque d’un embrasement régional, impliquant non seulement l’Iran, mais aussi ses relais armés au Liban, en Syrie ou à Gaza.

Israël entre retenue stratégique et inquiétude existentielle

À ce stade, Israël n’a annoncé aucune intention d’intervention directe en Iran. Mais l’État hébreu reste obsédé par deux lignes rouges : le programme nucléaire iranien et l’arsenal balistique de Téhéran, considérés comme des menaces existentielles.

L’alerte maximale décrétée ce week-end ne relève donc ni de la panique ni de la communication. Elle reflète une lecture froide de la situation : si Washington décide de franchir un seuil, Israël sera immédiatement exposé, qu’il le veuille ou non.

Dans cette région sous tension permanente, une phrase, un tweet ou un appel téléphonique peuvent suffire à faire basculer l’histoire. Et Israël, lucide, se prépare à tous les scénarios.

Jérusalem : Une tombe hébraïque en dessous de leurs pas au cœur de la Cité de David -vidéo-

Jérusalem : Une tombe hébraïque en dessous de leurs pas au cœur de la Cité de David -vidéo-

Découverte inattendue au cœur de Jérusalem antique

JÉRUSALEM – Une équipe d’étudiants effectuant des travaux de terrain sur le site archéologique de la Ville de David (חֲרוּבוֹת עִיר דָּוִד), au sud de la vieille ville de Jérusalem, est à l’origine d’une découverte qui a surpris jusqu’aux archéologues seniors responsables du projet.

Ce matin, alors qu’ils procédaient à des opérations de nettoyage dans une zone de circulation quotidienne, les jeunes participants ont appelé leurs superviseurs :
« Venez voir ce que nous avons trouvé ». Selon Haim Luo, coordinateur du chantier, les étudiants n’en croyaient pas leurs yeux. Dans le sentier même qu’ils arpentaient chaque jour, un vestige funéraire est apparu, visible à la surface du sol.

 

En retirant la terre, l’équipe est tombée sur une tombe ancienne comportant une inscription en caractères hébraïques, un élément suffisamment rare pour susciter une émotion palpable chez les participants. « Nous avons vu une petite stèle portant un nom que nous n’avons pas encore réussi à déchiffrer clairement, et le nom de famille ‘אלנקווה’ (Elankav) », a expliqué Luo. L’identification précise des inscriptions et de l’âge de la sépulture est en cours, mais il s’agit d’un témoignage direct d’une présence humaine ancienne à cet endroit, dans l’une des zones les plus stratifiées de la Jérusalem antique.

Un site au long passé archéologique

La Ville de David est depuis plus d’un siècle un des lieux les plus intensivement étudiés en Israël, considéré comme le noyau historique de l’ancienne Jérusalem, du Bronze ancien jusqu’à la période romaine. Les fouilles ont mis au jour des structures, des tunnels, des couches d’occupation successives et des artefacts datés de plusieurs millénaires, certains suggérant une continuité d’habitation dès le premier millénaire avant notre ère.

La localité est identifiée par de nombreux spécialistes à l’emplacement de l’ancienne cité de Jébus conquise par le roi David, bien que le débat scientifique sur l’interprétation exacte des vestiges se poursuive.

Dans ce contexte lourdement stratifié, la découverte d’un élément anthropologique ou funéraire, visible sans fouille systématique approfondie, est exceptionnelle. D’ordinaire, les sépultures et autres témoignages humains ne sont identifiés que lors de campagnes de fouilles méthodiques, souvent après avoir retiré plusieurs couches de vestiges plus récents ou perturbés.

Une expérience humaine pour les étudiants

Pour les étudiants impliqués dans les travaux, cette découverte a transformé une journée de corvée archéologique en une rencontre directe avec l’histoire humaine. « C’est un souffle qui nous est donné », a commenté l’un des superviseurs. « Nous étions engagés dans un travail difficile de nettoyage – poussière, tri, répétition – et soudain, le matin, ils trouvent des signes tangibles de leur travail : pas seulement de la poussière ou du tri, mais un lien avec la mort et notre histoire ».

La direction du projet prévoit maintenant de documenter, cartographier et analyser ce secteur précis, avec une équipe d’épigraphistes et d’archéologues spécialisés pour déchiffrer l’inscription et dater précisément la sépulture. Cette étape pourrait éclairer non seulement l’identité éventuelle des personnes inhumées, mais aussi la chronologie et les pratiques funéraires de cette portion méconnue du site.

Un site au centre d’enjeux historiques et politiques

Outre son intérêt strictement scientifique, la Ville de David constitue un carrefour de controverses archéologiques et politiques. Situé aujourd’hui au sein du quartier de Silwan (Wadi Hilweh), le site, géré en grande partie par des autorités israéliennes, a été le théâtre de débats intenses entre archéologues, historiens et responsables politiques sur l’interprétation des vestiges et leur signification symbolique pour les différentes communautés qui revendiquent Jérusalem.

La découverte récente par ces étudiants rappelle que, au-delà des polémiques et des lourdes analyses académiques, l’archéologie est aussi une fenêtre ouverte sur des vies humaines concrètes, enfouies depuis des siècles, qui continuent de surgir au hasard des pioches et des pelles pour nous raconter, pierre par pierre, ce que fut la vie à Jérusalem autrefois.

Enquête en cours : l’autorité archéologique israélienne confirme qu’une étude approfondie du vestige, incluant datation scientifique et lecture complète des inscriptions, devrait être publiée dans les prochaines semaines.

(En savoir plus sur l’histoire et les découvertes du site de la Ville de David : renseignements contextuels disponibles.)