Douzième césarienne à Bnei Brak : l'exploit médical mondial qui révèle les risques cachés

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Douzième césarienne à Bnei Brak : l'exploit médical mondial qui révèle les risques cachés des grossesses répétées

Par Claudine Douillet

Une mère de 43 ans vient d'accoucher par césarienne pour la douzième fois au centre médical Maayanei HaYeshoua de Bnei Brak. Les médecins eux-mêmes jugent ce cas exceptionnel. La presse israélienne le présente comme un record mondial, même si aucun organisme indépendant ne l'a homologué pour l'instant. Derrière ce chiffre, il y a une opération très risquée, préparée dans le moindre détail, et une question que posent de nombreuses familles nombreuses : jusqu'où peut-on enchaîner les césariennes ?

Une patiente fidèle, une équipe au complet

La mère a souhaité rester anonyme. Elle a donné naissance à ses onze premiers enfants dans le même hôpital, toujours par césarienne, et elle y est revenue pour le douzième. Elle explique ce choix par la confiance qu'elle a dans l'équipe qui l'a suivie à chaque grossesse. Elle dit avoir vécu l'opération dans un grand calme et remercie les soignants de l'avoir rassurée. La mère et le nourrisson se portent bien et récupèrent en maternité.

L'intervention a été dirigée par la docteure Mira Manevich, chirurgienne senior du service de gynécologie obstétrique, assistée de la docteure Shani Kolef, directrice adjointe de la salle d'accouchement. Le chef du service, le professeur Ariel Meni, rappelle qu'une douzième césarienne sort de l'ordinaire à tous points de vue. Elle a exigé, selon lui, une planification minutieuse et une grande précision chirurgicale.

Pourquoi chaque césarienne complique la suivante

Chaque intervention laisse dans l'abdomen des tissus cicatriciels, appelés adhérences, qui collent entre eux des organes normalement séparés. Après plusieurs opérations, l'accès à l'utérus devient plus difficile, en particulier quand la vessie s'en est rapprochée. Il faut alors décoller ces tissus un à un, ce qui allonge l'opération et augmente le risque de blesser la vessie ou, plus rarement, l'intestin.

Le danger le plus redouté porte un nom : le placenta accreta. Le placenta s'accroche anormalement à la paroi de l'utérus, souvent sur l'ancienne cicatrice, et ne se détache plus après la naissance.
Le risque devient particulièrement élevé quand le placenta recouvre aussi le col de l'utérus chez une femme déjà opérée. Vouloir le décoller peut provoquer une hémorragie massive, qui impose une transfusion et parfois l'ablation de l'utérus. Une étude multicentrique citée par Walla le confirme : plus une femme a eu de césariennes, plus les accretas et les hystérectomies sont fréquents. Ces données décrivent toutefois des groupes de patientes et ne permettent pas de prédire l'issue pour une femme en particulier.

Une préparation qui commence bien avant le bloc

Le nombre d'opérations passées ne suffit pas à évaluer le danger. Les équipes regardent aussi la position du placenta à l'échographie, le déroulement des interventions précédentes et l'état général de la mère. Si un accreta ou une forte hémorragie sont à craindre, elles réservent à l'avance des chirurgiens supplémentaires et des poches de sang. L'hôpital n'a pas précisé si des adhérences ont été constatées pendant cette douzième opération.

Un hôpital déjà habitué aux records

Ce n'est pas la première fois que Maayanei HaYeshoua se distingue de cette façon.
En 2017, la même maternité avait accouché Atara, une Jérusalémite de 43 ans, de son onzième enfant par césarienne, ce qui était alors présenté comme un record israélien. Cette fois là aussi, l'opération avait été programmée plusieurs semaines avant le terme, pour éviter que des contractions ne rompent les anciennes cicatrices. L'établissement accueille une population haredie où les familles nombreuses sont fréquentes. Il a ainsi développé une expertise rare des grossesses à haut risque après de multiples opérations. Le nouveau cas montre que, dans une équipe bien préparée, une limite que l'on croyait infranchissable peut être repoussée. Mais chaque nouvelle grossesse reste un pari médical, que les médecins préparent comme une opération lourde.

(Walla) https://www.walla.co.il/healthy/health-news/383960496 ; (Mako) https://www.mako.co.il/ninemonth-your-body/Article-8efbd432a904c51006.htm

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