Mandat d’Eisenkot : le bloc du changement se déchire sur le prix des haredim

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Mandat d’Eisenkot : le bloc du changement se déchire sur le prix des haredim

Par Claudine Douillet

Gadi Eisenkot doit recevoir ce dimanche à 17 h, à la résidence présidentielle, le mandat officiel de former le prochain gouvernement d’Israël. Le chef de Yashar dispose de 28 jours, jusqu’au 6 décembre, et le président peut prolonger ce délai de quatorze jours. Pourtant, avant même le coup d’envoi, son camp se divise sur une question centrale : que faut-il céder pour rallier les partis haredim ?
Entre temps une commission d'enquête sur le 7 octobre et l'abrogation des lois sur la réforme judiciaire sont lancées.

Un calendrier serré

Les échéances s’enchaînent. Les députés de la 26e Knesset prêtent serment mardi 10 novembre. Le bloc veut ensuite installer rapidement une commission d’organisation dirigée par Yashar, puis des commissions provisoires des Affaires étrangères, de la Défense et des Finances. Le vote pour remplacer le président de la Knesset, Amir Ohana, doit avoir lieu au plus tard le 17 novembre. Les chefs du bloc se réunissent lundi pour tenter de s’entendre sur un candidat commun. Avigdor Liberman a déjà fait savoir qu’il soutenait Yaïr Lapid. D’après Ynet, le camp d’Eisenkot compte aussi utiliser cette période pour lancer une commission d’enquête d’État sur le 7 octobre et abroger les lois de la réforme judiciaire votées sous la législature précédente.

Le Shass suspendu à Yahadout HaTorah

Sur le fond, l’arithmétique ne suffit pas. Le plan d’Eisenkot prévoit dans un premier temps un gouvernement minoritaire des quatre partis d’opposition, avec l’abstention des partis arabes et de Yahadout HaTorah. Liberman refuse ce schéma, qu’il juge dépendant des voix arabes. Il réclame une coalition de 61 sièges avec les haredim et se dit prêt à transiger sur tout, y compris sur la loi de conscription. Eisenkot et Yaïr Golan défendent au contraire un partage égal du fardeau militaire. Golan prévient qu’aucun partenaire ne recevra de chèque en blanc. Selon Israel Hayom, le Shass ne bougerait qu’après un feu vert donné à Yahadout HaTorah. De son côté, le Shass répète qu’il ne compte pas quitter le bloc de droite pour l’instant.

Un député du bloc du changement résume l’ordre des priorités : Raam est un complément appréciable, mais il faut d’abord faire venir les haredim. Naftali Bennett, lui, ne s’exprime pas.

Ramon accuse Liberman de jouer pour Netanyahou

Sur Walla, l’ancien ministre de la Justice Haïm Ramon donne une lecture beaucoup plus dure. Pour lui, l’opposition de Liberman au plan d’Eisenkot est un calcul cynique qui revient à bloquer tout gouvernement dirigé par l’ancien chef d’état major. Il soupçonne Benjamin Netanyahou de préférer un gouvernement de transition qu’il pourrait faire durer le plus longtemps possible. Liberman ferait ce jeu en multipliant les conditions. Ramon voit dans le gouvernement minoritaire l’option la plus réaliste : Eisenkot négocierait ensuite avec les haredim et les partis arabes, une fois son gouvernement formé. Son objectif est simple : faire sortir Netanyahou du bureau du Premier ministre, avant toute question de composition.

Deux lectures d’une même impasse

La presse proche de la droite insiste sur les fractures du camp adverse et sur le prix exigé par les haredim. Les médias de centre gauche mettent davantage en cause la stratégie de Liberman. Les deux s’accordent sur un point : le chemin vers 61 sièges reste étroit, et Netanyahou, qui n’est pas apparu en public depuis les élections, attend son tour.

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