Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Un des profanateurs du cimetière juif d'Herrlisheim avoue un meurtre jusque-là inexpliqué

COLMAR, le 30/08/07 - Emmanuel Rist, un agent de sécurité de 38 ans qui sera jugé le mois prochain pour la profanation du cimetière d'Herrlisheim (Haut-Rhin) en 2004, a avoué aux gendarmes de la section de recherches de Strasbourg, mercredi, avoir commis un meurtre resté jusqu'alors inexpliqué, a-t-on appris de source judiciaire.
Le meurtre de Mohamed Madsini, un marchand de tapis de 47 ans habitant Nanterre (Hauts-de-Seine), s'était déroulé à Gundolsheim (Haut-Rhin) le 22 mai 2001. La victime, sans histoire, avait été mortellement atteinte par une balle dans la tête dans le centre de la commune.

Les enquêteurs ont fait un rapprochement avec la destruction par explosif d'une cabane de jardin à Rouffach, tout prêt de là, qui était déjà reprochée à Emmanuel Rist, soupçonné de tentative de meurtre sur le propriétaire de cette cabane, un retraité marocain.

Considéré comme un "idéologue" néo-nazi par les enquêteurs, arrêté en janvier 2006, il a reconnu la profanation du cimetière d'Herrlisheim (Haut-Rhin) pour laquelle il doit être jugé le 10 septembre avec deux autres acolytes, Laurent Boulanger et Laurent Peterschmitt. Lionel Lezeau, présenté d'abord comme l'un des profanateurs, a bénéficié d'un non-lieu au mois de juin. Il est totalement étranger à cette affaire.

Emmanuel Rist a été condamné en octobre dernier à 700 euros d'amende par le tribunal d'instance de Colmar pour avoir écrit au consistoire israélite du Haut-Rhin: "Juif égale Ziklon B".

Profanation du cimetière juif de Herrlisheim: début du procès à Colmar

COLMAR, le 10/09/07 - Le procès des trois auteurs présumés de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim (Haut-Rhin), où 117 tombes avaient été souillées en avril 2004 par des inscriptions néonazies et antisémites, s'ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Colmar.
Le 30 avril 2004, des croix gammées et celtiques ainsi que des slogans antisémites avaient été découverts sur 117 des 400 pierres tombales du cimetière israélite de Herrlisheim, près de Colmar.

Point de départ d'une sinistre série d'exactions similaires en Alsace, l'affaire avait suscité une vague d'indignation dans toute la France et plusieurs membres du gouvernement ainsi que le président du parlement israélien Reuven Rivlin s'étaient rendus sur place.

En janvier 2006, près de deux ans après les faits, Emmanuel Rist, 37 ans, Laurent Boulanger, 27 ans et Laurent Peterschmitt, 28 ans, sont finalement mis en examen et écroués. Ce dernier a été libéré et placé sous contrôle judiciaire en mai 2006. Rist --par ailleurs sous le coup de deux mises en examen pour tentative de meurtre et assassinat-- ainsi que Boulanger seront également jugés pour la dégradation en octobre 2004 de l'unique stèle musulmane du cimetière militaire de Wattwiller (Haut-Rhin).

Les prévenus, qui ont tous reconnu les faits, sont poursuivis pour "profanation de sépultures aggravée" et "dégradation de biens" ainsi que pour "provocation à la haine raciale et à la discrimination raciale ou religieuse". Ils encourent des peines allant de deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende pour Peterschmitt à 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende pour Boulanger et Rist.

Présenté par les enquêteurs comme un "idéologue" néonazi et considéré comme le "cerveau" présumé des profanations, ce dernier avait expliqué lors de son interpellation avoir choisi Herrlisheim en raison de la lettre H --référence à Hitler-- et célébrer ainsi la mort du Führer, le 30 avril 1945. Personnage clé du dossier, sa personnalité pour le moins paradoxale suscite bien des interrogations: tandis que des proches décrivent un homme "discret", "courtois" voire "attachant", d'autres soulignent son "racisme" et sa fascination pour le IIIe Reich.

Ancien agent de sécurité modèle, ex-délégué FO, père de famille, Emmanuel Rist a également travaillé occasionnellement en tant que dessinateur pour la presse locale ainsi que pour l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International. Condamné en novembre 2006 pour des courriers antisémites, il est également mis en examen pour la tentative de meurtre d'un Marocain en septembre 2005 à Rouffach (Haut-Rhin) ainsi que pour l'assassinat en pleine rue d'un marchand de tapis, également d'origine marocaine, en mai 2001 à Gundolsheim (Haut-Rhin).
Emmanuel Rist "est dans un état d'esprit relativement serein, même s'il n'attend pas grand chose de son procès", a indiqué son avocat, Me Renaud Bettcher, soulignant "l'attentisme" de son client qui "regarde les choses se passer".

Youssouf Fofana reconnaît son implication dans l'enlèvement

Article paru dans "Le Monde",le 19/02/08

Les enquêteurs, vendredi 24 février, commençaient à mieux connaître les circonstances de la mort d'Ilan Halimi. Et ce, même si l'audition de Youssouf Fofana par les policiers ivoiriens, à Abidjan, en présence de deux fonctionnaires de la brigade criminelle parisienne, n'a pas permis de préciser les détails du scénario dans lequel la victime a été abandonnée, nue et menottée, près d'une gare à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), le 13 février. La version du suspect - qui avait quitté la France le 15 février avant d'être arrêté dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 - ne concorde pas totalement avec celle d'autres membres du groupe, chacun essayant de minimiser sa propre responsabilité.

Deux nouvelles arrestations vendredi

Une jeune femme et un homme ont été interpellés et placés en garde à vue vendredi à Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement et l'assassinat d'Ilan Halimi, a-t-on appris de source policière. Parmi sept personnes qui étaient gardées à vue vendredi, l'une a été déférée devant la justice et une autre exclue du dossier, mais elle sera inquiétée pour infraction à la législation sur les étrangers.

Les enquêteurs disent actuellement tenter de cerner le "second cercle" autour du cerveau présumé de l'affaire, Youssouf Fofana. Ils parlent d'un "réseau" et de "bras droits" qui pourraient être aussi importants que les 13 personnes du "premier cercle" mises en examen.

Selon des sources policières françaises, Youssouf Fofana a reconnu sa participation dans le plan d'enlèvement d'Ilan Halimi, repéré dans la boutique de téléphonie parisienne où il travaillait. Celui qui s'autoproclamait "cerveau des barbares" a confirmé le stratagème de l'appât, avec l'aide de jeunes femmes, et le piège tendu contre Ilan Halimi, enlevé à Bagneux. Selon Youssouf Fofana, le groupe avait choisi sa victime en estimant qu'un juif avait forcément de l'argent.

PAYS D'ORIGINE DE SES PARENTS
Youssouf Fofana aurait aussi reconnu que, au vu de l'impasse dans les négociations pour la remise de rançon, il avait fini par ordonner à ses geôliers de torturer Ilan Halimi. Ce dernier aurait été ensuite transporté dans une première, puis une seconde voiture, avant d'être abandonné, inconscient.

Le rapport d'autopsie a confirmé que des coups répétés - aucun n'ayant été mortel - ont été portés contre Ilan Halimi avec un objet contondant, sur l'ensemble du corps, notamment la nuque. Par ailleurs, la victime a été brûlée à 80 % avec un liquide qui pourrait être un produit détachant ou un acide. Les détails de cette autopsie seront confrontés par les enquêteurs aux déclarations des gardés à vue, pour traquer les incohérences.

Le chef du groupe a décidé de quitter le territoire, le 15 février, lorsqu'il a découvert sa photo dans la presse. Il avait déjà effectué le trajet Paris-Abidjan à deux reprises, ces dernières semaines, en janvier puis début février. C'est d'Abidjan qu'il avait contacté par téléphone à plusieurs reprises la famille d'Ilan Halimi. Se croyant en sécurité dans le pays d'origine de ses parents, Youssouf Fofana n'a guère fait preuve de discrétion dans ses déplacements et ses communications.

Les procès verbaux de ses auditions, conduites à Abidjan, seront versés au dossier en France. Mais Youssouf Fofana devrait être réentendu dès son retour. "Le principe du rapatriement en France est acquis, c'est une affaire de jours ou d'heures", a indiqué, jeudi 23 février, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, le président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé avoir "donné de fermes instructions" afin de rendre Youssouf Fofana à la France, "pays dont il détient la nationalité". Un mandat d'arrêt international devait être délivré après avis du parquet de Paris, vendredi 24 février.

Par ailleurs, la dimension du groupe s'élargit aux yeux des enquêteurs. Une quinzaine de personnes sont concernées pour l'heure. Mais la brigade criminelle recherche encore certaines jeunes femmes qui auraient pu servir d'appât, ainsi que les hommes ayant organisé l'enlèvement d'Ilan Halimi, les geôliers étant déjà écroués. Les parents de la jeune femme qui s'était spontanément présentée au commissariat de Montrouge (Hauts-de-Seine) après avoir été utilisée comme appât par Youssouf Fofana, ont été récemment menacés au téléphone.

«J'ai commencé par peindre des croix gammées...»

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Article paru dans "Libération"le 10/09/07, Le procès des trois auteurs présumés de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim, où 117 tombes avaient été souillées en 2004 par des inscriptions néonazies, s'est ouvert ce lundi matin à Colmar.
« J’ai commencé par peindre des croix gammées et après les autres m’ont dit de faire des croix celtiques… », raconte Laurent Peterschmitt, 28 ans, à la barre du tribunal correctionnel de Colmar (Haut-Rhin). Il est le premier à s’exprimer parmi les trois prévenus jugés depuis lundi matin pour la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, dans la nuit du 29 au 30 avril 2004. Cent dix-sept tombes avaient été recouvertes de symboles nazis et d’inscriptions du même tonneau : « Juden raus », « Sieg für unser Führer »…

Emmanuel Rist, 37 ans, est considéré comme le «cerveau » de cette profanation. Ce père de famille aux épaules musculeuses et aux cheveux ras, ancien agent de maîtrise dans une entreprise de gardiennage, est par ailleurs mis en examen pour une tentative de meurtre et un assassinat commis à l’encontre de ressortissants marocains.

A son domicile, des témoins ont vu un tableau représentant Adolf Hitler. C’est pour commémorer sa mort, le 30 avril 1945, qu’Emmanuel Rist s’en serait pris à des sépultures juives. « Rist était quelqu’un de très intéressant, il était cultivé, lui», soutient Laurent Peterschmitt, qui n’a pas de diplôme.

Les deux hommes, ainsi que le troisième prévenu, Laurent Boulanger, 27 ans, se sont rencontrés dans le cadre du travail. «Au début, Emmanuel Rist sortait des blagues racistes, et puis petit à petit, ça a empiré», témoigne Laurent Peterschmitt. Le prévenu exprime ses regrets et enfile le costume du suiveur : « Je ne connais rien au IIIe Reich. Quand je travaillais avec Rist, il me bassinait tout le temps avec ces histoires-là, ça durait des heures. J’étais faux-cul, j’ai été con de pas lui dire que je me foutais de ça… » Après avoir profané les tombes, il a été « perturbé », puis « dégoûté » quand les premières images ont été diffusées par les médias.

« Etes-vous raciste ? », questionne la présidente. « Je ne suis pas raciste, mais je n’aime pas la racaille, les gens qui ne travaillent pas, qui ne s’intègrent pas, qui caillassent les pompiers, qui foutent le bordel », répond le prévenu.

L’avocat d’Emmanuel Rist, Me Renaud Bettcher, saisit l’occasion de dénoncer un « procès expiatoire »: « Si je vous dis : «Je vais vous débarrasser de cette racaille», ça vous dit quoi ? », demande-t-il dans une allusion à la fameuse phrase de Nicolas Sarkozy. « Ben, il faut remettre de l’ordre », souffle Laurent Peterschmitt. « L’exemple vient d’en haut… », commente l’avocat.

Les profanateurs de Herrlisheim n'aimaient pas la "racaille"

cimneo.jpgCOLMAR, Haut-Rhin, le 10/09/07- Deux des trois hommes jugés pour la profanation du cimetière juif de Herrlisheim-près-Colmar (Haut-Rhin) en 2004 ont expliqué lundi qu'ils n'aimaient pas la "racaille" mais ont nié toute motivation raciste à leur acte.
La racaille ? "Ce sont des gens qui ne travaillent pas, qui ne s'intègrent pas, qui foutent le bordel", a expliqué Laurent Peterschmitt, 28 ans, en réponse à une question de la présidente du tribunal correctionnel de Colmar, Elisabeth Mehl.

"Et les gens qui profanent les cimetières, vous en pensez quoi ?", poursuit cette dernière. "C'est contradictoire, ce que je pense et ce que j'ai fait. Je me demande comment j'ai été aussi con pour faire une chose pareille", répond le jeune homme.

Dans la nuit du 29 au 30 avril 2004, date anniversaire de la mort d'Adolf Hitler, 117 tombes et plusieurs monuments du cimetière de Herrlisheim avaient été souillés de croix gammées, de sigles "SS" et d'inscriptions antisémites ou faisant l'apologie du nazisme.

Laurent Peterschmitt pense aujourd'hui avoir été "utilisé" par Emmanuel Rist, le plus âgé des trois, celui qui fait figure d'idéologue du groupe et était à l'époque son supérieur hiérarchique au sein d'une entreprise de sécurité.

Laurent Boulanger, 27 ans, travaillait aussi sous les ordres d'Emmanuel Rist et se revendique d'Astérix plutôt que du IIIe Reich. La "racaille", c'était pour le jeune bagarreur qu'il était, ceux qui venaient perturber la tranquillité de son "village de Gaulois".

Lui non plus n'a "pas réalisé" ce qu'il faisait à Herrlisheim et se dit prêt à "assumer" ses actes. Hitler ne "représente rien" pour lui. "Je n'ai jamais été fort en histoire", explique-t-il.

Il se réfugie derrière la même excuse pour répondre à Me Alain Jakubowicz, avocat du Consistoire central, Union des communautés juives de France, qu'il n'a jamais entendu parler des camps d'extermination.

"Vous ignorez l'extermination des juifs pendant la Deuxième guerre mondiale et vous savez comment dessiner une croix gammée ? ", fait mine de s'étonner l'avocat.
Emmanuel Rist, l'air souvent exaspéré pendant l'audition de ses acolytes, devait être entendu dans l'après-midi. Le procès s'achèvera mercredi.

Un édile belge noir victime de racisme organise une cérémonie de mariage géante, symbole de l'anti-racisme

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SAINT-NICOLAS,le 23/03/07 - Wouter Van Bellingen a le nom, le jargon, les vêtements et l'éducation du conseiller municipal flamand typique.
Une chose cependant le distingue: Van Bellingen est noir dans une ville à majorité blanche. Trop noir pour trois couples qui ont récemment refusé de le laisser célébrer leur cérémonie de mariage à la mairie, revendiquant un mariage tout blanc.

"Il s'agit de la forme de racisme la plus primitive. Seulement à cause de ma couleur de peau", a déclaré Van Bellingen. Adopté par une famille flamande à sa naissance, il n'a jamais connu ses parents rwandais.

Habitué aux manifestations de racisme à son égard, Van Bellingen a décidé de transformer cette mésaventure en expérience positive: au lieu de porter plainte pour discrimination, il a donc organisé une célébration de la diversité.

Mercredi soir, il a supervisé une cérémonie de masse: près de 700 couples se sont promis l'amour éternel ou ont renouvelé leur voeux ou encore se sont fiancés, envoyant au monde un message d'antiracisme.

"Oui", ont-ils crié lorsque Van Bellingen leur a demandé, dans l'obscurité du parc extérieur de la mairie, s'ils étaient prêts à sceller leurs destins.

"Je vous déclare tous unis par les liens du mariage", a-t-il déclaré sous les acclamations de la foule. Après les effusions, les embrassades, la photo de groupe et "un buffet de desserts multiculturels", le bal de noce a pu commencer.

Cette initiative est dans la droite ligne de l'action que mène Van Bellingen au quotidien pour lutter contre les abus racistes.

"Je n'ai pas peur. D'un côté, ça a été enrichissant", a-t-il déclaré à l'Associated Press. Vous créez un mécanisme pour mettre les choses en perspective. Je fais la même chose avec humour."

Le mois dernier, on appel à une cérémonie de mariage non officielle a vite rencontré un soutien massif, bien plus important que ce à quoi il s'attendait.

Laurent De Keersmaecker, 84 ans, agitait une photo de sa femme Wivina en sanglotant discrètement dans un coin de la tente où se trouvaient les registres matrimoniaux. Il serait marié depuis 60 ans si son épouse n'était pas décédée brutalement il y a deux ans. "Je voulais juste renouveler mes voeux", a-t-il murmuré.

"C'est scandaleux ce que ces trois couples ont fait. Blanc, jaune ou noir, qu'est-ce que ça change?", s'est-il exclamé.

Van Bellingen est devenu le premier conseiller municipal noir élu en Flandres, région du nord de la Belgique. Il représente un parti nationaliste modéré.

Il voit dans son élection le symbole de l'opposition croissante au racisme dans une ville où le Vlaams Belang, parti xénophobe, a pourtant recueilli 26% des voix aux élections l'année dernière, confortant sa position de principale force politique en Belgique du Nord.

Il y a un an, un adolescent lié aux milieux d'extrême-droite s'était déchaîné avec un fusil à Anvers, non loin, cherchant d'apparence étrangère. Il avait tué une Africaine et la fillette blanche qu'elle gardait, et grièvement blessé une femme turque.

Le 18/01/07, Je suis instituteur, j'étais dans mon rôle, se rappelle un Juste de France

PARIS, le 18/01/07 - Avec une "immense curiosité", et tout de même une "certaine fierté", Maurice Lagarde, 85 ans, viendra de Limoges pour assister jeudi à Paris à l'hommage aux Justes de France au Panthéon. Pendant l'Occupation, alors jeune instituteur à Saint-Laurent-sur-Gorre (Haute-Vienne), il est entré dans la Résistance et a protégé un médecin juif et sa famille.

En septembre 1942, Maurice Lagarde, âgé de 21 ans, se marie. Entre la mairie et l'église, le maigre cortège croise le Dr Paul Marx, un médecin-ophtalmologue juif. "Nous nous sommes souri", a raconté M. Lagarde dans un entretien à l'Associated Press.

"Je savais sa situation, je savais qu'il était en résidence surveillée" et les lois anti-juives, "ces lois racistes me paraissaient iniques", explique Maurice Lagarde. C'est le point de départ d'une "amitié profonde".

Le Dr Marx, établi à Saint-Amand-Montrond, était arrivé un soir de janvier 1942 "entre deux gendarmes" à Saint-Laurent-sur-Gorre, placé en résidence surveillée par le sous-préfet. "Je dois dire que ce fut son salut", remarque Maurice Lagarde, rappelant que des dizaines de juifs de Saint-Amand-Montrond furent jetés vivants dans un puits et massacrés en juillet 1944.

En 1942, Maurice Lagarde entre dans un réseau de Résistance. Avec la complicité des gendarmes qui ferment les yeux, il permet au Dr Marx de rendre visite en Isère à son beau-frère, en lui procurant de faux papiers. Il rend visite au maire d'une localité voisine et pendant que ce dernier, restaurateur, part à la cave chercher une bouteille, fait main basse sur le tampon et des cartes d'identité vierges qui serviront à plusieurs reprises.

Par la suite, le Dr Marx, qui remplace clandestinement le médecin local surchargé, est régulièrement caché en cas de danger. Maurice Lagarde souligne d'ailleurs qu'il n'est "pas le seul Juste de Saint-Laurent-sur-Gorre": "il y en a d'autres, et c'est chez eux qu'il a trouvé refuge".

D'un emploi de secrétaire de mairie, Maurice Lagarde avait gardé des contacts avec les gendarmes qui donnent parfois l'alerte. Notamment en 1944. Le village martyr d'Oradour-sur-Glane "n'est pas si loin et il y avait des détachements" de soldats allemands "qui ont parcouru la campagne", se rappelle-t-il. "Prévenus par les gendarmes, nous avons trouvé une maison isolée où la famille Marx a trouvé refuge. Il était temps, parce que c'est là qu'est né le second enfant de la famille".

Après la guerre, Maurice Lagarde et le Dr Marx, devenu chef de service d'ophtalmologie à l'hôpital de Rouen, resteront en contact. Maurice Lagarde évoque avec admiration la mémoire du médecin, décédé en 2003, qui lui a "beaucoup appris".

Le Dr Marx enverra son témoignage au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem et en 1995, Maurice Lagarde recevra la médaille de Juste parmi les Nations. "C'est certainement la décoration qui m'a le plus ému", dit pudiquement ce chevalier de la Légion d'honneur.

Lui et sa femme ne sont "pas des héros, nous n'avons fait que notre devoir", assure-t-il. Le couple ne s'est pas posé de question, malgré les risques. Simplement, "on rendait service à quelqu'un qui était dans la peine". Pour lui, "beaucoup de gens très simples ont fait ça parce qu'ils s'en sont fait un devoir, un point c'est tout".

De la cérémonie du Panthéon, Maurice Lagarde pense qu'elle "participe d'une certaine éducation civique", souhaitant "cela ait un certain retentissement auprès de la jeunesse". "Car en un temps où le racisme se développe (...) où l'on a besoin d'être vigilant là-dessus, je crois que c'est une bonne chose".

COCO bientôt en DVD et Blu-Ray

CODVD.jpgArticle paru dans "dvdrama"
Vous avez aimé Coco ? Vous en voulez encore ? Vous serez bientôt servis ! Trois millions d'entrées au box-office, cela nous fait un très joli succès français. En même temps que vous découvrirez les sympathiques comédies estivales annoncées (Le Coach, Tellement proches) vous pourrez retrouver Coco, papa juif mégalo, en DVD et Blu-Ray dès le 21 juillet prochain.

Le DVD sera au format 2.35 en 16/9ème compatible 4/3. La piste audio française sera présentée en 5.1 et 2.0 avec des sous-titres pour sourds et malentendants.
Un bon petit programme de suppléments avec un making-of de 30 minutes, des scènes coupées, un documentaire sur le tour de France de Coco, une embarquée dans les coulisses duCOCDVDBLUE.jpg film et un documentaire sur l'enfance de Gad Elmaleh. Enfin, Laurent Weil vous fera partager une rencontre de 20 minutes avec l'acteur.

Pour le Blu-Ray, le film sera présenté au format 2.35 en haute définition 1080p ; la piste audio française sera en 5.1 DTS HD Master audio avec des sous-titres pour sourds et malentendants. Les suppléments seront les mêmes que ceux du DVD avec en plus une possibilité de lecture interactive du film avec les coulisses du tournage, "la compil de Coco" et les filmographies.

Sortie le 21 juillet.

Sept cents euros d'amende pour avoir adressé un courrier raciste

COLMAR, Haut-Rhin  - Emmanuel Rist, mis en examen pour la profanation d'un cimetière juif et pour une tentative de meurtre contre un ouvrier marocain, a été condamné lundi à 700 euros d'amende pour avoir adressé un courrier raciste à des membres de la communauté juive du Haut-Rhin.

"C'était imbécile, il n'y avait aucun message", a expliqué devant le tribunal de police de Colmar l'ancien agent de sécurité, à propos des lettres où figuraient une étoile de David et le dessin d'une boîte métallique sur laquelle était inscrit "Juif égal Zyklon B", le gaz utilisé dans les camps de la mort nazis.

Même explication pour la citation d'Adolf Eichmann, ordonnateur de la solution finale au sein du régime hitlérien, qui accompagnait le dessin. "C'est un texte que j'ai simplement reproduit", affirme ce grand barbu un peu chauve.

C'est une "succession d'imbécillités" qui "ne provoquent à rien", a estimé son avocat Me Renaud Bettcher.

Pour le vice-procureur de la République, Laurent Guy, qui a demandé 750 euros d'amende, "l'atteinte à la mémoire des personnes victimes d'un crime contre l'humanité", tout comme l'incitation à la haine raciale, sont au contraire avérées.

Les courriers avaient été adressés le 31 décembre 2005 au Consistoire israélite du Haut-Rhin, aux deux journaux régionaux et à deux personnalités de la communautés juive, dont le président de l'association des bienfaiteurs du cimetière israélite de Herrlisheim.

Le mois suivant, Emmanuel Rist était mis en examen pour la profanation de ce cimetière dont 127 tombes avaient été maculées de croix gammées et de slogans antisémites et nazis dans la nuit du 29 au 30 avril 2004.

Des faits que ce bon connaisseur de la littérature nazie, selon le parquet de Colmar, a reconnus, comme l'installation de la bombe artisanale, dans un jardin de Rouffach (Haut-Rhin), qui a blessé un Marocain le 8 septembre 2005.

Ces deux affaires vaudront à Emmanuel Rist d'être prochainement jugé aux assises et en correctionnelle.

L'Oréal et Adecco mis en cause pour discrimination raciale

 L'Oréal et Adecco mis en cause pour discrimination à l'embauche
Le procureur de la République de Paris a requis jeudi une peine d'amende de principe à l'encontre des laboratoires Garnier (groupe L'Oréal) en tant que personne morale et de ses responsables et de ceux d'Adecco jugés avoir effectué un tri en fonction de l'origine raciale lors du recrutement de démonstratrices en 2001.

"Tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir dans cette affaire", a ironisé le procureur Jean-Michel Aldebert qui a estimé que les dirigeants ne pouvaient ignorer les pratiques de recrutement des démonstratrices. "La discrimination à l'embauche est inacceptable", a-t-il soutenu.

Le jugement sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense. Les prévenus encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

"L'Oréal est une marque multi-ethnique". Tel a été la ligne de défense soutenue jeudi par les responsables du No1 mondial des cosmétiques devant le tribunal correctionnel de Paris où ils étaient poursuivis par SOS-Racisme.

"Je n'ai jamais donné d'indications sur les origines raciales des candidates. Cela aurait été contre-productif. La diversité est quelque chose de vraiment très importante à Garnier et à l'Oréal", a souligné l'ancien directeur général de Garnier France, Laurent Dubois.

Il est poursuivi aux côtés de Thérèse Coulange, ancienne employée de la société Districom, une filiale d'Adecco chargée de monter des opérations promotionnelles, et Jacques Delsau, ancien directeur des clients nationaux chez Adecco, pour "discrimination à l'embauche". Les trois sociétés sont également mises en examen en tant que personnes morales.

L'affaire a été déclenchée par une plainte de SOS-Racisme. A l'appui, l'association produit un fax du 12 juillet 2000 envoyé par Districom à des agences d'interim.

Elle y détaille le profil des hôtesses recherchées par l'Oréal pour faire la démonstration de ses nouveaux produits de la ligne Fructis Style: 18-22 ans, taille de vêtement 38 à 42, BBR. Ce dernier code signifierait en fait "bleu, blanc, rouge" pour exclure les candidates de couleur.

Un rapport de l'Inspection du travail diligenté par la suite chez l'Oréal a par ailleurs établi que très peu de filles d'origine africaine, maghrébine ou asiatique avaient finalement été retenues pour la campagne de lancement.

La rédactrice du fax a soutenu jeudi que "BBR" n'était qu'un code pour identifier les filles "s'exprimant correctement en français". Une interprétation rejetée par SOS-Racisme et le parquet.

Une ancienne employée de Districom qui avait dénoncé cette pratique a affirmé que Thérèse Coulange n'avait jamais auparavant donné de telles consignes ou retoqué quiconque, attribuant clairement la responsabilité de cette discrimination à l'Oréal et Garnier. Selon ce témoin, la première campagne pour Fructis Style avait fait "un flop" et il fallait rectifier le tir.

Selon un rapport remis en septembre 2005 par l'ex-ministre de l'Industrie Roger Fauroux, les entreprises et les organismes de recrutement utilisent régulièrement des codes comme "BBR" ou "BYB" (blond aux yeux bleus) dans leurs demandes.

Le rapport notait ainsi qu'à CV égal, une Maghrébine recevait trois fois moins de réponses favorables que la moyenne à une demande d'entretien d'embauche et un Maghrébin cinq fois moins.