Les profanateurs de Herrlisheim n'aimaient pas la "racaille"

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cimneo.jpgCOLMAR, Haut-Rhin, le 10/09/07- Deux des trois hommes jugés pour la profanation du cimetière juif de Herrlisheim-près-Colmar (Haut-Rhin) en 2004 ont expliqué lundi qu'ils n'aimaient pas la "racaille" mais ont nié toute motivation raciste à leur acte.
La racaille ? "Ce sont des gens qui ne travaillent pas, qui ne s'intègrent pas, qui foutent le bordel", a expliqué Laurent Peterschmitt, 28 ans, en réponse à une question de la présidente du tribunal correctionnel de Colmar, Elisabeth Mehl.

"Et les gens qui profanent les cimetières, vous en pensez quoi ?", poursuit cette dernière. "C'est contradictoire, ce que je pense et ce que j'ai fait. Je me demande comment j'ai été aussi con pour faire une chose pareille", répond le jeune homme.

Dans la nuit du 29 au 30 avril 2004, date anniversaire de la mort d'Adolf Hitler, 117 tombes et plusieurs monuments du cimetière de Herrlisheim avaient été souillés de croix gammées, de sigles "SS" et d'inscriptions antisémites ou faisant l'apologie du nazisme.

Laurent Peterschmitt pense aujourd'hui avoir été "utilisé" par Emmanuel Rist, le plus âgé des trois, celui qui fait figure d'idéologue du groupe et était à l'époque son supérieur hiérarchique au sein d'une entreprise de sécurité.

Laurent Boulanger, 27 ans, travaillait aussi sous les ordres d'Emmanuel Rist et se revendique d'Astérix plutôt que du IIIe Reich. La "racaille", c'était pour le jeune bagarreur qu'il était, ceux qui venaient perturber la tranquillité de son "village de Gaulois".

Lui non plus n'a "pas réalisé" ce qu'il faisait à Herrlisheim et se dit prêt à "assumer" ses actes. Hitler ne "représente rien" pour lui. "Je n'ai jamais été fort en histoire", explique-t-il.

Il se réfugie derrière la même excuse pour répondre à Me Alain Jakubowicz, avocat du Consistoire central, Union des communautés juives de France, qu'il n'a jamais entendu parler des camps d'extermination.

"Vous ignorez l'extermination des juifs pendant la Deuxième guerre mondiale et vous savez comment dessiner une croix gammée ? ", fait mine de s'étonner l'avocat.
Emmanuel Rist, l'air souvent exaspéré pendant l'audition de ses acolytes, devait être entendu dans l'après-midi. Le procès s'achèvera mercredi.

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