«J'ai commencé par peindre des croix gammées...»

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Article paru dans "Libération"le 10/09/07, Le procès des trois auteurs présumés de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim, où 117 tombes avaient été souillées en 2004 par des inscriptions néonazies, s'est ouvert ce lundi matin à Colmar.
« J’ai commencé par peindre des croix gammées et après les autres m’ont dit de faire des croix celtiques… », raconte Laurent Peterschmitt, 28 ans, à la barre du tribunal correctionnel de Colmar (Haut-Rhin). Il est le premier à s’exprimer parmi les trois prévenus jugés depuis lundi matin pour la profanation du cimetière juif d’Herrlisheim, dans la nuit du 29 au 30 avril 2004. Cent dix-sept tombes avaient été recouvertes de symboles nazis et d’inscriptions du même tonneau : « Juden raus », « Sieg für unser Führer »…

Emmanuel Rist, 37 ans, est considéré comme le «cerveau » de cette profanation. Ce père de famille aux épaules musculeuses et aux cheveux ras, ancien agent de maîtrise dans une entreprise de gardiennage, est par ailleurs mis en examen pour une tentative de meurtre et un assassinat commis à l’encontre de ressortissants marocains.

A son domicile, des témoins ont vu un tableau représentant Adolf Hitler. C’est pour commémorer sa mort, le 30 avril 1945, qu’Emmanuel Rist s’en serait pris à des sépultures juives. « Rist était quelqu’un de très intéressant, il était cultivé, lui», soutient Laurent Peterschmitt, qui n’a pas de diplôme.

Les deux hommes, ainsi que le troisième prévenu, Laurent Boulanger, 27 ans, se sont rencontrés dans le cadre du travail. «Au début, Emmanuel Rist sortait des blagues racistes, et puis petit à petit, ça a empiré», témoigne Laurent Peterschmitt. Le prévenu exprime ses regrets et enfile le costume du suiveur : « Je ne connais rien au IIIe Reich. Quand je travaillais avec Rist, il me bassinait tout le temps avec ces histoires-là, ça durait des heures. J’étais faux-cul, j’ai été con de pas lui dire que je me foutais de ça… » Après avoir profané les tombes, il a été « perturbé », puis « dégoûté » quand les premières images ont été diffusées par les médias.

« Etes-vous raciste ? », questionne la présidente. « Je ne suis pas raciste, mais je n’aime pas la racaille, les gens qui ne travaillent pas, qui ne s’intègrent pas, qui caillassent les pompiers, qui foutent le bordel », répond le prévenu.

L’avocat d’Emmanuel Rist, Me Renaud Bettcher, saisit l’occasion de dénoncer un « procès expiatoire »: « Si je vous dis : «Je vais vous débarrasser de cette racaille», ça vous dit quoi ? », demande-t-il dans une allusion à la fameuse phrase de Nicolas Sarkozy. « Ben, il faut remettre de l’ordre », souffle Laurent Peterschmitt. « L’exemple vient d’en haut… », commente l’avocat.

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