Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Sept cents euros d'amende pour avoir adressé un courrier raciste

COLMAR, Haut-Rhin  - Emmanuel Rist, mis en examen pour la profanation d'un cimetière juif et pour une tentative de meurtre contre un ouvrier marocain, a été condamné lundi à 700 euros d'amende pour avoir adressé un courrier raciste à des membres de la communauté juive du Haut-Rhin.

"C'était imbécile, il n'y avait aucun message", a expliqué devant le tribunal de police de Colmar l'ancien agent de sécurité, à propos des lettres où figuraient une étoile de David et le dessin d'une boîte métallique sur laquelle était inscrit "Juif égal Zyklon B", le gaz utilisé dans les camps de la mort nazis.

Même explication pour la citation d'Adolf Eichmann, ordonnateur de la solution finale au sein du régime hitlérien, qui accompagnait le dessin. "C'est un texte que j'ai simplement reproduit", affirme ce grand barbu un peu chauve.

C'est une "succession d'imbécillités" qui "ne provoquent à rien", a estimé son avocat Me Renaud Bettcher.

Pour le vice-procureur de la République, Laurent Guy, qui a demandé 750 euros d'amende, "l'atteinte à la mémoire des personnes victimes d'un crime contre l'humanité", tout comme l'incitation à la haine raciale, sont au contraire avérées.

Les courriers avaient été adressés le 31 décembre 2005 au Consistoire israélite du Haut-Rhin, aux deux journaux régionaux et à deux personnalités de la communautés juive, dont le président de l'association des bienfaiteurs du cimetière israélite de Herrlisheim.

Le mois suivant, Emmanuel Rist était mis en examen pour la profanation de ce cimetière dont 127 tombes avaient été maculées de croix gammées et de slogans antisémites et nazis dans la nuit du 29 au 30 avril 2004.

Des faits que ce bon connaisseur de la littérature nazie, selon le parquet de Colmar, a reconnus, comme l'installation de la bombe artisanale, dans un jardin de Rouffach (Haut-Rhin), qui a blessé un Marocain le 8 septembre 2005.

Ces deux affaires vaudront à Emmanuel Rist d'être prochainement jugé aux assises et en correctionnelle.

Simon Konianski,un film deMicha Wald

simon_konianski1.jpgSortie le 29 juillet 2009

Avec  Jonathan Zaccaï, Popeck, Abraham Leber, Irène Herz, Nassim Ben Abdelmoumen, Marta Domingo, Ivan Fox
Production  Versus production, Haut et Court, Forum Films
Belgique-France-Canada - Couleurs - 1 h 40 - visa 121 280 - Scope - Dolby SRD

Dans la famille Konianski, il y a Simon, 35 ans, éternel adolescent, fraîchement quitté par la femme de sa vie, une danseuse goy.

Il y a Ernest, son père, contraint de l'héberger provisoirement, qui lui rend très vite la vie insupportable.

Il y a Hadrien, le fils de Simon, un petit garçon passionné par les terribles souvenirs de sonsimon_konianski2.jpg grand-père, ancien déporté.

Mais il y a aussi Maurice, le vieil oncle paranoïaque, et Tante Mala qui n'a pas sa langue dans sa poche. Lorsqu'Ernest disparaît, tout ce petit monde s'embarque pour une expédition qui ne manquera pas de piquant.

Crédit photos © Versus production – Laurent Thurin Nal

Rive gauche

rivegauche.jpg« J’essaie d’arriver à réaliser tous les êtres qui sont autour de moi, à réaliser la beauté dans le respect du corps que j’habille, pour que toutes ces femmes, même les moins belles, soient encore les plus belles. Il y a toujours en moi cet amour. Et cette impossibilité de les aimer » affirmait Yves Saint Laurent.

Un an après sa mort, les 11, 12 et 13 juin, un hommage cinématographique sera rendu à ce grand artiste qui a habillé le cinéma tout au long de sa carrière, avec deux films documentaires et les films réalisés par François Truffaut, Alain Resnais, Luc Besson, Alain Cavalier et Luis Buñuel pour lesquels Yves Saint Laurent a réalisé les costumes. Cet hommage marque la dimension universelle du personnage, du couturier, de l’artiste (1er août 1936 - 1er juin 2008).

A l’image de la robe rouge de Catherine Deneuve dans Belle de Jour, ses costumes incarnent de manière absolue, la force d’un tempérament et l’esprit d’un homme bien décidé à ne jamais déguiser, à ne jamais trahir, pour sublimer une apparence, pour révéler, avec la force de son métier, toutes les nuances de l’émotion.
Laurence Benaim, rédactrice en chef du magazine Stiletto et auteure de la 1ère biographie sur Yves Saint Laurent évoquera avec le public l’œuvre de ce grand couturier. Tous les films sont sous-titrés en hébreu.

Hommage à Yves Saint Laurent
Jeudi 11 juin – 19h00 – Cinémathèque de Jérusalem
Vendredi 12 juin – 14h00 - Cinémathèque de Tel-Aviv
En ouverture, projection du film
« Yves Saint Laurent, tout terriblement »
(1994, 45 minutes) de Jérôme de Missolz.
Informations : 03-7968000

Vol AF447: le pilote automatique déconnecté après les relevés de vitesse "incohérents"

L'Airbus A330-200 d'Air France qui a disparu lundi au-dessus de l'Atlantique a émis 24 messages d'anomalie dans les dernières minutes de vol connues, dont un signalait la perte du pilote automatique, qui a été désengagé en raison d'"incohérences" dans les relevés de vitesse, a annoncé samedi le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA) de l'Aviation civile.

Dans ces messages ACARS, dont le dernier a été émis à 2h14 GMT, "nous avons différents systèmes qui s'annoncent en panne, dont le pilote automatique", a souligné Paul-Louis Arslanian, directeur du BEA lors d'un point presse au Bourget (Seine-Saint-Denis).

Les enquêteurs ont confirmé avoir relevé des "incohérences de vitesse" entre les trois sondes mesurant la vitesse. Le calculateur, relevant ces incohérences, s'est alors déclaré en panne, entraînant "la perte du pilote automatique", c'est-à-dire "l'arrêt, volontaire ou non", selon M. Arslanian. Quant à savoir si le pilote automatique a été remis en fonction après ces messages, "nous n'en savons rien", a-t-il prudemment affirmé, se refusant à toute spéculation ou extrapolation.

L'exploitation des 24 messages ACARS, et notamment des 14 passés dans la première minute d'envoi, entre 2h10 et 2h11 GMT, "fait apparaître l'incohérence des vitesses mesurées", avec un écart, à un moment donné, de plus de 30 noeuds (environ 50km/h) entre les relevés des différentes sondes, a pour sa part indiqué Alain Bouillard, responsable de l'enquête technique du BEA.

Selon le quotidien brésilien "Folha de S. Paulo", le premier des 24 messages ACARS a informé la maintenance de l'arrêt du système contrôlant la gouverne. "Le message fait état d'une avarie CTL RUD TRV LIM", ce qui, selon deux pilotes d'Airbus interrogés par le journal, signifie que la gouverne s'est brisée. "Ceci pourrait avoir causé l'accident", avance le quotidien.

Interrogé sur la campagne de modification des pitots (détecteurs de vitesse), qui est menée depuis plusieurs mois par Airbus, le patron du BEA a révélé que ces sondes n'avaient "pas été remplacées" sur l'avion accidenté, bien que des dysfonctionnements concernant ces pièces aient déjà été signalés sur l'A330.

"Tous les avions peuvent avoir des problèmes avec leur système anémométrique. Sur l'A330, il a été constaté un certain nombre de pannes de ce type", a-t-il affirmé tout en assurant que les avions restent pilotables "avec des systèmes dégradés".

A la question de savoir si ce dérèglement des sondes de vitesse aurait pu entraîner le drame, il a répondu qu'il n'était pas possible "à ce stade" de répondre à cette interrogation.

Sur le plan météorologique, la disparition de l'Airbus s'est produite dans la zone de convergence intertropicale, aussi appelée "pot au noir" par les navigateurs, alors que les conditions étaient "conformes à la climatologie", a expliqué Alain Ratier, directeur adjoint de Météo France.

"Siège de développement de cumulo-nimbus puissants et d'amas orageux", les conditions générales dans la zone étaient "normales pour un mois de juin", a-t-il poursuivi. De fait, d'après cet expert, l'analyse des images satellitaires au moment du drame "ne permet pas de conclure au caractère exceptionnel de l'activité orageuse dans la zone de l'accident".

Alors que les équipes de recherche françaises et brésiliennes poursuivent leurs longues recherches en mer, M. Arslanian a précisé qu'outre le navire de l'IFREMER, le "Pourquoi pas", et le sous-marin nucléaire "Emeraude" attendu sur zone, les Etats-Unis ont prêté à la France des systèmes acoustiques en cours d'acheminement à bord de deux navires.

M. Arslanian a noté que, pour les différents bâtiments engagés, français mais aussi brésiliens, "le travail consiste actuellement à rétrécir une zone de recherches de plusieurs milliers de kilomètres carrés". Une fois cette étape atteinte, "d'autres moyens seront mis en oeuvre", a-t-il dit.

Selon Laurent Kerleguer, ingénieur en chef de l'armement et spécialiste de l'environnement marin, la zone des recherches se situe "à 100 milles nautiques à l'est de la dorsale médio-océanique", secteur où la profondeur du plancher sous-marin varie de 864m à 4.606m.

Dans ces conditions, a-t-il expliqué, les services hydrographiques et océanographiques de la Marine s'emploient à calculer "le rayon dans lequel un bâtiment doit évoluer pour avoir une chance d'entendre une balise posée à 4.000m de fond", étant donné que l'engin acoustique a un niveau d'émission de 160dB et une fréquence de 37,55kHz.

Evoquant les boîtes noires de l'appareil, l'enregistreur de conversation dans le cockpit (CVR) et l'enregistreur de données de vol (DFR), M. Arslanian a rappelé que les balises liées à ces enregistreurs sont "pour l'instant notre atout le plus fort". Il a toutefois ajouté qu'il n'y avait "absolument pas de garanties qu'elles soient encore attachées aux enregistreurs".

Les biopics : The Doors, W. l'Improbable Président et Coluche, l'Histoire d'un Mec

DOORSDVD.jpgLes biopics (films biographiques) sont très tendance à l'heure actuelle. Alors que prochainement sur les écrans sortiront l'amour entre Coco Chanel et Igor Stravinsky et les débuts de l'homme à la tête de choux selon Y. Sfar, trois biopics sont à l'honneur ce mois ci aux rayons DVD.

On commence avec un grand habitué de ce genre, Oliver Stone avec la sortie de The Doors (chez Columbia Tristar) dans une édition suprême, digne de la grandeur de son film. C'est un véritable hommage rendu au groupe psychédélique de ces années 1967-71, et bien sûr à leur musique si envoutante. Certains diront que le film aura plutôt mit l'accent sur la vie de Jim Morrison, que sur les Doors eux même.

Côté casting, le réalisateur de Platoon a déniché une perle, Val Kilmer (dont la réputation était loin d'être considérable), qui réussira à nous faire ressusciter, le temps d'un film, le chanteur de The End ou de Light my Fire, la femme de Jim , Pamela Courson, est interprétée par une Meg Ryan, loin de ses rôles habituels à l'eau de rose, Kyle Mac Lachlan est fort convaincant en Ray Manzarek. Bref, tout amateur des Doors ne peut passer à côté de ce sublime film de 1991 qui, pour l'époque, passait pour un film quasi expérimental, et du coup annonçait les délires visuels et sonores de Natural born killers ou encore U-Turn.  

Loin de ce trip, Oliver Stone réalisera dix sept ans plus tard, un biopic toujours sulfureux maisWDVD.jpg beaucoup plus calme visuellement parlant avec W. l'Improbable Président (chez Metropolitan Vidéo) ou le portrait du 43ème président des Etats Unis, George W. Bush. Le côté sulfureux du film réside dans le fait que le réalisateur ose. Ile ose raconter la vie d'un président au pouvoir, avant même son départ officiel de la Maison Blanche. Le film fait des allers retours entre trois périodes clés de la vie de Bush Jr: dans la première, George a 21ans et rencontre sa femme Laura, alors qu'il picole comme un trou et se rebelle sans cesse contre l'austère figure de son papou.

La deuxième partie le dépeint à vingt ans plus tard, et sa rédemption en born again christian. Enfin, la troisième période couvre son premier mandat de 2001 et la guerre en Irak en 2003. Josh Brolin (No Country for Old Men, American Gangster…) est magistral dans le role titre. Le film met aussi en vedette le trop rare Richard Dreyfuss dans le rôle de D.Chenay, Ioan Gruffudd dans la peau du premier ministre T.Blair, Thandie Newton, dans celui de C. Rice et Jeffrey Right dans le rôle de C.Powell. Seul regret éventuel serait la durée, 2h10, pour un film de cette ampleur, on reste un peu sur notre faim.

coluchedvd.jpgMême et unique reproche pour le film d'Antoine de Caunes, Coluche, l'Histoire d'un Mec (chez Pathé), qui sort lui aussi en DVD. Il prouve qu'il n'y a pas que les anglo-saxons pour réaliser des biopics: on s'en été déjà rendu compte avec les performances de Marion Cotillard en Piaf ou encore Sylvie Testud en Sagan. C'est au tour de François Xavier Demaison de "rendre hommage" à cette personnalité hors norme, qui nous manque: Coluche.

Il ne s'agit pas d'un biopic académique puisque le réalisateur s'attarde sur un moment précis. En effet, il a choisit sans faire de parti prit de dessiner le reflet d'une époque, celle de 1980/81. C'est-à-dire, les dernières années de la Droite Giscardienne, une rude période pour les français qui songeaient à un monde meilleur. C'était vraiment un moment où l'on cherchait une personne non engagé politiquement. Et Coluche était là pour ça!

Aussi, ne s'est il pas présenté aux élections présidentielles, tout en ayant des sondages très favorables, et ainsi devenir une pierre noire pour certains. Aucun suspense, évidemment, on connait tous sa triste fin: le film aurait pu s'appeler Coluche, l'espoir d'un mec. 
Laurent Bartoleschi

The Women

thewomen.jpgDate de sortie :  03 Juin 2009  
Réalisé par Diane English
Avec Meg Ryan, Candice Bergen, Annette Bening  
Film américain.
Genre : Comédie
Durée : 1h 53min.
Année de production : 2008
Remake de Femmes
Distribué par TFM Distribution

  

Directement inspiré du film éponyme de George Cukor de 1939 et de la pièce de Clara Booth Luce, The Women, est transposé au gout du jour par le premier film de Diane English (créatrice de la série Murphy Brown). Le film s'intéresse de (très)  à de femmes certes mais pas n'importe lesquelles. Des femmes indépendantes qui ont du caractère.

Et quel caractère! Mary Haines semble être la femme la plus comblée du monde: elle est mariée à un riche homme d'affaire vraisemblablement reconnu, mère d'une gentille fillette, et surtout entourée d'une belle brochette d'amies. Satisfaite de sa vie?

Pas si sûr finalement, lorsqu'elle apprendra, bien en aval de ses adorables copines pipelettes, quethewo2.jpg son cher et tendre époux entretient une liaison avec une vendeuse de parfum au sein d'un grand magasin. The women est surprenant dans le fait qu'il est construit sur le principe qu'aucun homme n'apparait à l'écran, ni même entendu (sauf peut être à la toute fin).

Aussi, s'ils sont absents, tout le film repose sur leur existence, puisqu'ils sont la raison d'être et d'agir des femmes; ensuite, il est amusant d'observer comment la suppression du sexe masculin influe sur l'univers du film : on croirait presque la présence du machisme version femina.Le milieu décrit est peuplé aussi bien de commères que de garces.

Cependant, l'ensemble reste classique et est axé largement dans de la guimauve bien rose. Reste néanmoins, une collection de numéros d'actrices, toutes épatantes (d'Annette Bening à Debra Messing en passant par Bette Midler sans oublier la sublime Eva Mendes), où tous les rapports sont vécus sur le mode de la rivalité. Notez que les actrices Meg Ryan et Candice Bergen ont notamment joué ensemble dans le dernier film de George Cukor, en 1981 où elles interprétaient déjà à l'époque des rôles de mère/fille.    

Laurent Bartoleschi

Interview d'Olivier nakache et Eric Toledano pour

naktoled11.jpgVoir article sur le film avec Vincent Elbaz et François-Xavier Demaison, sortie prévue le 17 juin 2009

Après une belle leçon sur l'amitié avec Je Préfère qu'on Reste Amis, et des souvenirs de colo. avec Nos Jours Heureux, cette comédie surprise de l'année 2006, le duo incontournable Eric Toledano et Olivier Nakache nous présente leur troisième film drôle, cynique, émouvant accompagné comme d'habitude d'un casting explosif.
 
Laurent Bartoleschi: Expliquez nous qui sont les différents personnages de votre nouveau telle.jpgfilm, Tellement Proches, et notamment le rôle de Vincent Elbaz?

Eric Toledano: L'histoire serait celle d'un ancien animateur du club méd', Alain Marciano, alias Pipo, qui a été une vedette locale dans certains villages connus, et qui est rentré par amour pour Nathalie, interprétée par Isabelle Carré. Tout ceci est supposé, puisque le film démarre sur sa vie de couple accompagné de ses deux enfants. En épousant cette femme, il ne savait pas qu'il allait en même temps hériter de tout un système familial. Lui, qui venait d'une famille plutôt fracturée, avec un père un peu immature et d'une absence totale de la  mère. Comment, avec ses petites armes, peut-il s'intégrer dans ce genre de famille? Tout ceci va se redéfinir…

Olivier Nakache: On commence le film par un diner où l'on présente cette famille et surtout où le spectateur y est convié, comme un invité surprise. Cette soirée aura une issue dont on ne dévoilera rien et permettra de développer ainsi des destins croisés de ses trois couples différents mais finalement liés: Isabelle Carré et Vincent Elbaz, Audrey Dana (Welcome) et François Xavier Demaison (Coluche, l'Histoire d'un Mec), Isabelle de Meaux et Omar Sy (Nos Jours Heureux).

E.T.: Ils sont liés par des liens de frères et sœurs, le socle commun serait les "pièces rapportées".

L.B.: Votre troisième film traite avant tout de la famille, que pensez-vous de cette citation "une famille qui crie est une famille unie"?

E.T.: La famille est un lieu paradoxal où il se passe plein de choses. Dans la famille, la notion de conflit est intense.

O.N.: Tout conflit au sein d'une famille ne donne pas lieu à ce que cela donnerait dans la vie: c'est-à-dire qu'un conflit en général, peut s'augmenter, dégénérer, il peut même y avoir des rancunes. Alors que dans une famille, le conflit peut s'effacer dès le lendemain: par exemple, on peut se quereller avec sa sœur, son frère, sa mère, son père…, sans qu'il y ait d'incidence; cela ne va pas briser le lien très fort. C'est aussi une des raisons pour lesquelles on peut se le permettre.

tell3.jpgE.T.: Pour revenir à cette citation juste, je crois que crier ne veut pas forcement dire que l'on est hystérique, mais plutôt exprimer les choses telles qu'on les pense. Toutes verbalisations des choses, libère; alors que toute absence de dialogue peut créer de la violence, et la famille est l'endroit où l'on peut gérer ses névroses. En tout cas chez moi ça criait pas mal, pourtant aujourd'hui on est toujours unis.

O.N.: Dans les familles juives, on exprime des choses directes et donc qui font mal: pour cela, on a le don d'attendre le vendredi soir pour se réunir et ramener chacun ses problèmes  et s'insulter. (Rires)

L.B.: Dans votre film, la comédie féroce est à l'honneur. Cela proviendrait de votre affection pour la comédie italienne?

O.N.: Ca peut venir effectivement de films comme le Fanfaron, Affreux, Sales et Méchants ou encore la Vengeance aux Deux Visages. C'est vrai que les italiens avaient cette façon d'être très "métal" dans leur sujet et d'avoir aucune barrière sur l'humour.

E.T.: Nous en tout cas, on se met dans le même panier: on peut parler aussi bien de religion, de racisme…, on n'a pas de tabou (cf., la séquence avec A.Dana qui se convertit au judaïsme). Par contre, chez nous, il y a toujours un "retour" dans l'humour méchant, c'est-à-dire que ça n'est pas toujours celui qui croit être drôle qu'il l'est.

L.B.: C'est un film sur la famille et ses contrariétés, mais aussi sur les difficultés de la tell4.jpgcommunication entre les gens, n'est ce pas?

O.N.: Effectivement, au début du film, on a mis une scène où des parents apprennent à déceler les sons de leur bébé à travers des bruits et gestes très incompréhensibles; du coup, ils deviennent à leur tour surprenant aux yeux de l'enfant.

E.T.: Tout le monde parait étrange vis-à-vis de l'autre: je pense que dans la tête de V.Elbaz, F.X.Demaison est bizarre, à vouloir lui montrer les différents exploits de sa fille et vice versa V.E lbaz est étrange pour F.X.D. puisqu'il ne veut pas se décider à se ranger socialement.

tel2.jpgO.N.: On a décidé de créer un dialogue entre plusieurs communautés (des pakistanais, des juifs orthodoxes, des petites frappes de banlieue…), qui pourtant sont très éloignées, les unes des autres. Le film ne s'appelle pas Tellement Proches pour rien: c'est certes un peu fantasmé mais en le fantasmant cela donne un écho à une forme de réalité.

L.B.: Vous ouvrez votre film avec un véritable hommage au sketch de Gad Elmaleh sur IKEA, racontez nous?

O.N.: Oui, on a fait lire la scène à Gad (qui est l'un des premiers acteurs à avoir joué dans leur premier court métrage, les petits souliers, NDLR), il était mort de rire!

E.T.: En fait, on avait été voir son spectacle et on lui avait proposé de faire un film sur Le Blond. Il nous avait répondu de manière directe:" Faîtes le!"  IKEA, c'est vrai, Gad l'a dit avant nous, c'est compliqué, on en sort tout nerveux, on part acheter une petite chose, on en ressort un caddie entier, il y a du vécu, je le reconnais.

O.N.: Soyez attentif d'ailleurs durant cette scène en arrière plan, un blond fermera son coffre avec aisance, contrairement au couple Carré/Elbaz.

L.B.: Enfin, qu'es ce qui vous met en forme durant toutes ces tournées?

E.T.: Lorsque l'on va présenter le film en province, on se planque dans les salles et on écoute les rires; et ces rires là, sont comme des petites décharges positives, bref des petits encouragements que l'on reçoit, et cela n'a pas de prix.

O.N.: Vous savez le rire ne se force pas, si les gens rient, ils rient!

Laurent Bartoleschi

Le 6ème Festival du film français se tiendra du 8 au 20 Juin en Israël

Rendez- vous à ne pas manquer: Le 6ème Festival du film français se tiendra du 8 au 20 Juin en Israël dans les cinémathèques de Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem.

A cette occasion 15 films ayant fait l’objet d’une sélection officielle seront diffusés parmi lesquels on peut citer : « Comme les autres » avec Lambert Wilson, « Cliente » réalisé par Josiane Balasko et joué par Nathalie Baye, « Le premier jour du reste de ta vie » avec Zabou Breitman ou encore « Coco avant Chanel » réalisé par Anne Fontaine et joué par la délicieuse Audrey Tautou.

Le Festival sera honoré par la présence de prestigieuses personnalités comme Josiane Balasko, Anne Fontaine ou encore le réalisateur Vincent Garanq.

Au programme des festivités, un hommage sera également rendu au créateur Yves Saint-Laurent qui nous a quitté cette année ainsi qu’à la ville de Tel-Aviv qui vient juste de fêter ses 100 ans.

Selon Caroline Boneh, directrice d’Eden Cinéma (société de distribution de films en Israël) « Israël semble être devenue une véritable et sérieuse destination pour le cinéma français. D’un point de vue commercial, le cinéma français a réellement sa place en Israël. Si le pays est petit par la taille, il reste néanmoins une destination importante pour des œuvres internationales. »

Halimi : le coup de main de la DGSE pour les mails de Fofana

Article de Laurent Léger paru dans "Rue89"

C'est au cours de l'émission Mots Croisés diffusée le 12 mai sur France 2 qu'un policier a vendu la mèche. Pendant l'enquête sur le « gang des barbares », la bande jugée ces jours-ci pour avoir torturé et assassiné Ilan Halimi, les services secrets avaient collaboré aux investigations… sans pour autant apparaître dans le dossier.

Grâce à un dispositif sophistiqué d'alerte et de surveillance des messageries Internet, la DGSE a en effet donné un coup de main technique aux enquêteurs de la brigade criminelle et permis de suivre en direct les messages adressés par les ravisseurs à partir de cybercafés parisiens.

« Il s'agissait d'intercepter des emails. Rien à voir avec le fait de piéger un ordinateur avec un virus », précise un connaisseur du dispositif.

Le succès n'a pourtant pas été au rendez-vous : Fofana a pu se réfugier en Côte d'Ivoire, où il a été arrêté, et Ilan Halimi a finalement été retrouvé mourant sur une voie de chemin de fer…
Quand les « services » aident les enquêtes policières

Elaboré il y a une poignée d'années, le dispositif en question est baptisé PNCD -pour « Programme national de cryptage et décryptement ». Installé au sein des services secrets, il a vocation à être utilisé par tous les services de police et gendarmerie après que l'Intérieur en a fait la demande -tout à fait officielle- à la Défense.

Après une période de rodage, le système, créé en interne par la direction technique de la DGSE avec l'apport de sociétés privées, est de plus en plus régulièrement utilisé par les services d'enquête classiques.

La police judiciaire parisienne n'a pas souhaité, à cause du procès en cours, commenter les informations de Rue89, mais l'ancien patron de la « Crim », Noël Robin, interrogé le 26 mai à l'audience, a balayé le soupçon d'une enquête menée « hors cadre légal » que les avocats de Youssouf Fofana tentaient de distiller.

Il a ainsi expliqué que la DGSE avait été mobilisée pour mettre à disposition des enquêteurs les « meilleures options techniques » possibles…

DVD : Vicky Cristina Barcelona

VI.jpgAlors que le prochain film de woody allen, Whatever Works débarquera sur nos écrans le 1er juillet (avec le grand retour de son ancienne actrice New York City), Warner Home Video vous donne rendez vous dans les bacs, afin de retrouver son dernier film Vicky Cristina Barcelona.

Ce marivaudage sous forme de chassé-croisé sentimental et passionnel à Barcelone, nous permet de retrouver Woody Allen sous le soleil catalan. Vicky Cristina Barcelona est d'une légèreté et d'une sensualité superbe. Ce mélange d'amour, de sexe, d'art, de mensonges, avec une pointe de folie comme on lui connaît, rend le film savoureux et très agréable, bref, une vraie comédie romantique belle et touchante, pleine d’une tension sensuelle à la limite du sexuelle.

Le choix des acteurs est impeccable, comme toujours, Javier Bardem est réjouissant en séducteur espagnol, Scarlett Johanson (sa dernière égérie) est l'incarnation de la sensualité pure, alors que Penelope Cruz (récompensée aux oscars pour ce rôle) joue magnifiquement bien la femme folle suicidaire, mais avec un charme que l'on ne sera évité.

Vicky Cristina Barcelona est un petit bijou. Vicky Cristina Barcelona est comme on l'a dit une réflexion sur le tourment amoureux, ce qui est le cas, mais l'on peut y voir une ode à la vie d’artiste et un hommage à Barcelone. En effet, dans ce film, Woody Allen nous éloigne un peu de Manhattan et de Londres (ville dans laquelle il a tourné ses trois derniers films) pour nous emmener dans le charme de la Catalogne. Seule déception totale le dvd est complètement dépourvue de bonus, peut être parce que le film est un bonus à part entière!
Laurent Bartoleschi