Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Israël : Netanyahu confie la réforme des médias à Galit Distel… la garantie du fiasco

Israël : Netanyahu confie la réforme des médias à Galit Distel… la garantie du fiasco

La réforme des médias confiée à une commission spéciale dirigée par Galit Distel

Le choix de Netanyahu : une commission d’exception pour une loi explosive

Le Premier ministre a tranché. La réforme des médias ne passera pas par la commission de l’Économie présidée par David Bitan, mais par une commission spéciale dirigée par la députée Galit Distel. Cette commission comptera 11 membres, dont 6 issus de la coalition et 5 de l’opposition. Les députés du Likoud qui y siégeront sont Tali Gottlieb, Osher Shekalim et Tzaga Malko.

Le Premier ministre a également confirmé que la réforme des médias portée par le ministre des Communications, Shlomo Kerei, serait discutée exclusivement dans ce cadre spécial.
« La loi de réforme des médias du ministre des Communications sera examinée par une commission spéciale présidée par la députée Galit Distel », a confirmé son entourage.

Une manœuvre destinée à contourner Bitan et ses blocages répétés

Les tensions entre David Bitan, président de la commission de l’Économie, et le ministre des Communications, Shlomo Karei, sont anciennes.
Le projet de loi de M. Karei a déjà passé la première lecture à la Knesset et doit, selon la procédure, être transmis à une commission. Traditionnellement, il aurait dû être examiné par la commission de l’Économie, mais les relations exécrables entre Bitan et Karei rendent ce passage impraticable.

Les conseillers du ministre Karei s’attendaient à ce que Bitan tente une nouvelle fois de bloquer le processus. Pour éviter cet énième affrontement, Karei a cherché une alternative permettant d’amener son texte en deuxième puis en troisième lecture sans entrave.
Avant même la décision du Premier ministre, Karei et le député Ohad Tal avaient tenté de transférer la loi sur la radiodiffusion à la Commission des entreprises publiques, présidée par Tal lui-même.

Les précédents échecs et les tentatives avortées de contourner l’impasse

L’idée de contourner Bitan ne date pas d’hier. Netanyahu et Karei avaient déjà examiné plusieurs options pour écarter l’obstacle. Le conseiller juridique de la Knesset s’était cependant opposé à la création d’une commission non permanente, enterrant l’idée d’une nouvelle commission dédiée aux communications.

Une autre hypothèse avait même circulé : la destitution pure et simple de David Bitan de la présidence de la commission de l’Économie. Elle n’a finalement jamais été mise à exécution.

L’ironie d’un choix confié à Galit Distel, malgré son bilan chaotique dans la communication sur Israël

Le choix de Galit Distel pour présider cette commission spéciale fait déjà grincer des dents. Son passage à la tête de la communication gouvernementale sur Israël avait révélé une série de négligences dont le chaos interne de l’époque garde la trace.
Son site officiel, laissé sans mise à jour pendant des semaines, avait servi d’exemple emblématique de son incapacité à gérer un portefeuille stratégique pourtant central dans une période critique.
Plusieurs responsables de la communication avaient dénoncé sa gestion désordonnée, qualifiant son action de « défaillante » et de « dangereusement amateur ».

Ce passé n’a manifestement pas pesé dans la décision du Premier ministre, déterminé à contourner Bitan coûte que coûte. Distel hérite désormais d’un dossier explosif, alors même que ses performances antérieures soulèvent toujours des interrogations sur sa capacité à mener à bien une mission aussi sensible.

 Un processus relancé, mais sous surveillance

Cette commission spéciale s’annonce comme la véritable chambre d’accélération législative voulue par Netanyahu et Karei. Elle devra examiner la réforme des médias, en dépit des oppositions internes, des tensions politiques et des doutes persistants sur la compétence de sa présidente.

Aurore Berger dénonce LFI : “Le nouvel antisémitisme en France”

Aurore Berger dénonce LFI : “Le nouvel antisémitisme en France”

Accuser la gauche sans trembler : les mots inattendus de la ministre française face à l’antisémitisme

Une parole rare dans une France à cran

Dire ce que d’autres taisent : Aurore Berger, ministre de l’Égalité sociale et responsable de la lutte contre l’antisémitisme, a choisi d’affronter frontalement un phénomène qui explose en France et en Europe.
Ses déclarations ont déclenché une vague de menaces, de harcèlement et, en parallèle, des messages de soutien chaleureux de la communauté juive qui voit en elle une voix lucide dans un paysage politique tendu.

Alors que le nombre d’incidents antisémites demeure très élevé, la présence de quelques figures qui refusent la réécriture des faits devient, pour beaucoup, un point d’appui. Dans une France décrite comme « problématique, pour ne pas dire critique », la ministre se distingue, sans détour et sans excuses.

Un discours qui brise les codes

Aurore Berger est intervenue lors de la Conférence des maires contre l’antisémitisme organisée par le Mouvement de lutte contre l’antisémitisme à Paris. Au milieu des cérémonies officielles, ses propos ont marqué : « Plus de 1 200 personnes ont été assassinées le 7 octobre, dont 51 Français. »

Elle a poursuivi : « Ce qui a commencé ce jour-là s’est poursuivi jusqu’au 8 octobre et les jours suivants. Une nouvelle vague d’antisémitisme a déferlé sur la France, se dissimulant parfois derrière une haine abyssale d’Israël. Des mots justifient, nient, minimisent l’ampleur de ce massacre et blâment ses victimes. Dans l’Europe d’aujourd’hui, des enfants juifs ont peur de sortir dans la rue, leurs parents se terrent chez eux et changent de nom, d’identité. »

La mise en cause directe de LFI

La ministre a ensuite franchi un seuil rarement atteint par un membre du gouvernement. Elle a publiquement désigné l’extrême gauche française, en particulier La France insoumise : « En France, le nouvel antisémitisme se résume à trois lettres : L, F, I. C’est un parti antisémite. »

Cette accusation, répétée dans un message en ligne et à l’Assemblée nationale, a enflammé les dirigeants du parti de Jean-Luc Mélenchon. Le parti réfute la légitimité de l’État d’Israël sous sa forme actuelle. Sa députée européenne, Rima Hassan, est connue pour son soutien déclaré au Hamas et pour avoir salué les exécutions perpétrées dans la bande de Gaza. D’autres membres ont refusé de condamner l’assassinat de deux diplomates israéliens à Washington un an plus tôt.

Une ministre qui s’accroche aux faits

Aurore Berger a insisté : « Je tiens à être clair, nous ne combattons pas l’antisémitisme en le minimisant ou en attribuant son existence aux Juifs ou à Israël, mais uniquement par des actions et des actes. »

Cette position contraste avec les déclarations passées d’un haut représentant français : l’ambassadeur de France en Israël, Frédéric Journes, avait établi un lien entre l’épidémie d’antisémitisme en France et les actions du gouvernement israélien à Gaza. Les propos de la ministre s’écartent aussi des réflexes habituels du gouvernement français, dont plusieurs membres préfèrent accuser l’Union nationale, parti de droite.

Les chiffres, eux, ne baissent pas vraiment

Au premier semestre 2025, au moins 646 incidents antisémites ont été enregistrés en France. Une très légère diminution, par rapport aux chiffres de 2024 et du second semestre 2023. Une baisse qui ne rassure personne, tant le climat demeure explosif.

Israël : Reprise des manœuvres à Gaza dans quelques semaines

Israël : Reprise des manœuvres à Gaza dans quelques semaines

Reprise des manœuvres à Gaza dans quelques semaines

Le décalage entre la résolution de l’ONU et la réalité du terrain

La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a transféré la gestion de la bande de Gaza au « Conseil de paix » présidé par le président Trump, a consolidé la mise en place de la force internationale de stabilisation et ouvert « la voie à la création d’un État palestinien ».

Adoptée il y a environ une semaine, elle n’a toutefois rien changé au constat établi en Israël : l’armée israélienne paraît bien plus proche d’une reprise des manœuvres à Gaza que de voir le Hamas, organisation terroriste meurtrière, accepter un désarmement volontaire.

Selon l’évaluation israélienne, les trois derniers ravisseurs d’otages que le Hamas détient encore devraient revenir dans les semaines à venir, et Israël prévoit de leur accorder une « dernière chance ».

L’évaluation militaire : aucun partenaire réel dans la bande de Gaza

Notre commentateur militaire et de sécurité, Noam Amir, a présenté hier soir dans l’édition principale de « News 14 » les constats des services de sécurité :
« Au vu de l’état actuel des services de sécurité et de tout ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza, il est clair qu’à l’heure actuelle, personne de l’autre côté n’est en mesure de collaborer avec eux. »

Selon lui, les signaux reçus convergent : le Hamas n’a aucune intention de quitter la bande de Gaza. C’est également le message transmis aux autorités politiques. Noam Amir a précisé qu’un dialogue très explicite se poursuit avec les États-Unis, qui peinent à trouver un pays disposé à envoyer des forces pour intervenir dans la bande de Gaza et procéder au désarmement du Hamas.

Il a toutefois souligné que les Américains « ne baissent toujours pas les bras et ne disent pas qu’ils sont désespérés, et laissent un délai de quelques semaines », délai pendant lequel le retour des trois derniers otages-martyrs détenus par le Hamas pourrait se produire : Dror Or, le lieutenant-colonel Ran Gueili et le défunt citoyen étranger Suttisak Rintlak.

L’annonce du Jihad islamique et les zones d’ombre

Hier soir, le Jihad islamique a affirmé avoir retrouvé  le corps otage dans la région de Nussirat, au centre de la bande de Gaza. Dans un communiqué, l’organisation a déclaré :
« Aujourd’hui, nous avons retrouvé le corps d’un prisonnier ennemi (l’otage) lors d’opérations de recherche et d’excavation dans des zones contrôlées par l’armée, dans le centre de la bande de Gaza. »

Ni Israël ni la Croix-Rouge n’ont confirmé la remise de cet otage.

L’armée israélienne se prépare : une option considérée comme la plus probable

Selon Noam Amir, si aucun signe de désarmement volontaire n’émerge et si le Hamas ne déclare pas publiquement son intention de se retirer de la bande de Gaza, l’alternative sera évidente : une nouvelle intervention terrestre.
« L’armée israélienne se prépare déjà à cette éventualité, et les autorités politiques comprennent également qu’il s’agit probablement de l’option la plus prometteuse actuellement. L’objectif est de gagner au moins deux ou trois semaines, de donner une dernière chance », a-t-il ajouté.

Le feu vert politique : l’anticipation d’une nouvelle manœuvre

À la suite de ces éléments, notre commentateur politique Yaakov Bardugo a annoncé dans l’édition principale de « News 14 » : « Israël a déjà donné son feu vert et se prépare à une opération militaire, y compris une manœuvre à Gaza. »

Il explique qu’« aux États-Unis comme en Israël, on commence à comprendre qu’aucune instance ne se chargera d’éliminer le Hamas. Sans élimination du Hamas, il n’y a pas de plan Trump, et par conséquent, le feu vert peut être donné à la manœuvre, qui, selon mes estimations, sera mise en œuvre d’ici quelques semaines. Israël est en avance sur cette manœuvre ; l’élimination du Hamas est plus proche que jamais. »

Série Jaguar sur Netflix: l’histoire occultée des Séfarades persécutés par les nazis -vidéo-

Série Jaguar sur Netflix: l’histoire occultée des Séfarades persécutés par les nazis

Jaguar : quand la fiction exhume le destin oublié des Séfarades broyés par les nazis et abandonnés par l’Espagne

Ils étaient les héritiers d’une Espagne qui les avait chassés, les enfants de Sefarad dispersés depuis 1492, et pourtant ce sont eux que les nazis ont déportés tandis que Franco offrait refuge aux bourreaux. La mini-série Jaguar remet à nu ce pan oublié de l’Histoire européenne : la destruction des Séfarades et l’impunité des criminels nazis cachés en Espagne. Une mémoire étouffée que la fiction révèle enfin.

Une série qui remet en jeu une vérité que l’Europe a préférée taire

La mini-série Jaguar ne prétend pas raconter une histoire vraie, mais elle rouvre une porte restée trop longtemps close. Derrière la fiction, une vérité plus âpre surgit : les Juifs séfarades, héritiers directs de l’Espagne de 1492, ont été déportés par les nazis, parfois même porteurs de papiers espagnols, tandis que le régime de Franco offrait refuge aux bourreaux à Madrid.
Cette collision entre mémoire, abandon et impunité constitue l’un des pans les plus occultés de l’histoire européenne du XXe siècle.
La série emprunte les codes du thriller pour dire ce que les manuels ont effacé : la tragédie séfarade n’a pas seulement traversé les rives orientales de la Méditerranée, elle s’est aussi fracassée sur la passivité d’un pays qui avait expulsé leurs ancêtres quatre siècles plus tôt.

Les Séfarades : des enfants d’Espagne déportés loin de l’Espagne

Contrairement à une idée répandue, les Juifs séfarades déportés n’étaient pas des Juifs vivant en Espagne.
Aucun ne pouvait y vivre, puisque la communauté juive avait été éradiquée du territoire en 1492 et tenue à distance pendant des siècles.
Ils vivaient à Salonique, à Istanbul, dans les Balkans ou en Europe occidentale, mais ils portaient encore la langue judéo-espagnole, les chants hérités de Tolède et les prénoms venus de Castille.

Ils étaient l’Espagne en exil. Beaucoup possédaient des documents espagnols, obtenus tardivement lorsque le royaume tenta de renouer symboliquement avec les descendants des expulsés.
Ces papiers n’ont rien changé à leur sort.
Lorsque les nazis ont envahi la Grèce et la France, ces Séfarades n’ont bénéficié d’aucune protection. Les convois pour Auschwitz ont englouti leur mémoire comme si l’expulsion de 1492 devait se conclure quatre siècles plus tard dans les fumées du camp.

L’Espagne de Franco, sanctuaire des bourreaux

L’une des vérités les plus dérangeantes que Jaguar ose effleurer est la présence massive de nazis en Espagne après 1945.
Le régime franquiste, farouchement anticommuniste, a ouvert ses portes à des officiers du Reich qui y ont trouvé une tranquillité qu’ils n’auraient obtenue nulle part ailleurs en Europe. Madrid et la côte espagnole ont abrité des hommes dont les noms apparaissent dans les archives du SD, de la Gestapo ou de la Waffen-SS.
Ils ont vécu, travaillé, investi, parfois fondé de nouvelles sociétés, sous la bienveillance d’un État qui refusait de collaborer aux procédures internationales.
Ce décor est authentique. La série ne l’invente pas. Elle le transpose dans une dramaturgie où les survivants viennent réclamer justice sur une terre qui n’a jamais jugé leurs assassins.

Une vengeance imaginaire plantée dans un sol historiquement coupable

La cellule clandestine de survivants juifs décrite dans Jaguar n’a jamais existé.
Aucun réseau séfarade n’a traqué les nazis en Espagne.
Les groupes réels, comme la Brigade des Vengeurs, ont mené leurs opérations en Europe centrale. Le Mossad, pour sa part, a poursuivi des criminels nazis en Amérique latine plutôt qu’en Europe occidentale.
Mais la série capte une vérité morale que l’Histoire officielle n’a jamais formulée. Si une vengeance devait naître quelque part, c’est précisément en Espagne qu’elle trouverait sa cohérence. Car c’est en Espagne que les bourreaux ont trouvé refuge et tranquillité. Et c’est en Espagne que l’absence de réaction face à la déportation des Séfarades se lit comme une indifférence prolongée depuis 1492.

Pourquoi ce silence a-t-il été si long

La mémoire européenne a privilégié le récit ashkénaze de la Shoah, avec ses ghettos, ses pogroms et ses camps.
Les Séfarades, dispersés d’un bout à l’autre de la Méditerranée, n’ont pas trouvé leur place dans cette narration.
Leur déportation depuis Salonique ou Paris a été traitée comme un événement périphérique, presque exotique, alors qu’elle constitue l’un des effondrements les plus brutaux d’une civilisation juive plusieurs fois centenaire.
L’Espagne, de son côté, n’a jamais assumé son silence. Admettre aujourd’hui que des détenteurs de papiers espagnols ont été déportés par les nazis reviendrait à reconnaître que le régime franquiste n’a rien tenté pour les sauver. Ce vide politique a nourri un vide mémoriel.

Le véritable choc de Jaguar

Ce qui dérange dans la série n’est pas la vengeance imaginaire, mais l’écho historique qu’elle provoque. Le spectateur découvre que des Juifs d’origine espagnole, dépossédés de leur pays depuis le XVe siècle, broyés par l’Allemagne nazie au XXe, auraient symboliquement pu revenir sur cette terre pour y juger ceux que l’Espagne avait choisis de protéger. La fiction ouvre un espace que l’Histoire n’a jamais voulu ouvrir. Elle ne raconte pas ce qui a eu lieu, mais ce que la mémoire séfarade aurait été en droit de réclamer.

Les Séfarades, une mémoire à réinscrire dans l’Histoire

L’importance de la série dépasse le simple divertissement. Elle redonne visage à une communauté souvent enfermée dans l’image romantique des exilés de 1492, alors qu’elle a été décimée en 1943 à Auschwitz et dans les camps allemands.
Elle rappelle que la Shoah a traversé le monde séfarade avec autant de violence que le monde ashkénaze. Elle rappelle surtout que le drame des Séfarades n’appartient pas seulement au passé, mais à l’Europe contemporaine qui ne l’a jamais pleinement intégré.

Sans prétendre rétablir la réalité, Jaguar accomplit un acte de réparation mémorielle. Elle réveille ce que l’Histoire a laissé dormir : des enfants d’Espagne déportés hors d’Espagne, des bourreaux protégés par l’Espagne, et un silence qui dure encore.

Sur les six millions de Juifs assassinés, les historiens estiment que des dizaines de milliers de Séfarades  probablement de l’ordre de 80 000 à 100 000 personnes  ont été déportés et massacrés, principalement en Grèce et dans les Balkans, mais aussi en Europe occidentale et en Afrique du Nord dont en Tunisie.

Cérémonie de la rafle des juifs de Tunis à Yad Vashem à Jérusalem le 9 décembre 2025 à midi

Des familles endeuillées du 7 octobre vont déposer plainte contre des généraux de Tsahal

Des familles endeuillées du 7 octobre s’apprêtent à déposer plainte contre des généraux de Tsahal

Il ne nous reste que la vérité » : des familles de victimes s’apprêtent à déposer plainte contre des généraux de Tsahal

Lors de l’émission « Hamesh » sur la chaîne Channel 14, l’ancien commandant de la radio de l’armée israélienne, Shimon Elkabitz, qui a perdu un fils lors des événements du 7 octobre, a annoncé que des familles endeuillées préparent une « action civile » contre des officiers supérieurs de Tsahal.
“Nous déposerons une plainte contre des généraux… nous, les familles endeuillées, nous présenterons une plainte contre l’armée et lui demanderons de nous dévoiler ce que nous avons droit de savoir. La seule chose qui nous reste, c’est juste d’obtenir la vérité, de savoir ce qui est arrivé à notre armée, ce qu’elle a fait le 7 octobre ou plutôt : ce qu’elle n’a pas fait.” a-t-il déclaré. 

Les faits

Le général d’armée Eyal Zamir, chef d’état-major de Tsahal, avait convoqué hier des officiers ayant servi lors du massacre du 7 octobre. Quelques-uns ont reçu des reprimandes ; seul le commandant de la 89ᵉ division blindée avec zone d’opération à Gaza a été limogé. Ces mesures interviennent environ deux semaines après la publication du « rapport Turgeman », qui a mis au jour de graves manquements des hauts responsables de l’armée israélienne durant cette journée tragique. 

Lors de l’émission, Shimon Elkabitz a parlé de la démarche des familles :
“C’est un procès difficile que je prononce, je ne voulais pas arriver à ce moment-là, mais nous sommes proches du dépôt d’une action civile”, a-t-il expliqué.  Il a ajouté que les familles veulent que l’armée leur « dévoile ce qui nous est dû ». 

Le rapport Turgeman avait révélé des failles majeures dans la chaîne de commandement et la préparation des forces israéliennes le 7 octobre. 

La convocation des officiers et les sanctions limitées interviennent dans un climat de profonde insatisfaction parmi les familles de victimes. Après la publication du rapport, le chef d’état-major a affirmé qu’il ne comptait “pas conduire Tsahal avec des bâtons dans les roues”. 

L’initiative des familles endeuillées marque une étape potentiellement déterminante dans l’examen du rôle de la hiérarchie militaire israélienne lors de l’attaque du 7 octobre.

Train Israël–Émirats : le chantier clandestin qui renforce la puissance géopolitique d’Israël

Train Israël–Émirats : le chantier clandestin qui renforce la puissance géopolitique d’Israël

Le train Israël–Émirats : le chantier secret qui a survécu à la guerre

 Un projet stratégique qui n’a jamais cessé, même sous les missiles

C’est l’un des dossiers les plus sensibles du Proche-Orient contemporain, un projet que la guerre aurait dû enterrer, mais qui a poursuivi sa route dans un silence absolu.
Le corridor ferroviaire devant relier Abou Dhabi à Haïfa, pensé pour transformer Israël en carrefour indispensable entre l’Inde, les pays du Golfe et l’Europe, a continué d’être préparé, négocié et développé dans l’ombre alors que le pays faisait face aux attaques et aux fronts simultanés.

Selon des sources israéliennes informées du dossier, les travaux d’infrastructures en Jordanie, aux Émirats et dans le Golfe n’ont jamais été interrompus, tandis que les équipes israéliennes avançaient discrètement sur les phases techniques permettant de reconnecter Haïfa au réseau régional. L’objectif annoncé est clair : faire d’Israël l’axe incontournable du commerce terrestre entre l’Est et l’Ouest, en contournant les zones maritimes instables.

Une délégation israélienne secrète à Abou Dhabi

Au cœur de cette avancée silencieuse, un épisode resté invisible du grand public : une délégation israélienne conduite par la ministre des Transports, Miri Regev, s’est rendue discrètement à Abou Dhabi il y a quelques jours.

Aucun communiqué officiel, aucune photo, aucune annonce publique. Le voyage a été organisé volontairement dans la plus grande discrétion, alors que les tensions régionales restaient élevées et que plusieurs acteurs tentaient d’évincer Israël du corridor.

Durant cette visite tenue hors caméras, la ministre a rencontré les dirigeants d’Etihad Rail, l’autorité ferroviaire des Émirats. Selon une source présente à la réunion, les Émirats ont confirmé que « le projet n’a jamais été interrompu » et que leur volonté est de « voir le corridor se réaliser avec Israël comme point de passage vers la Méditerranée ».
Les discussions ont porté sur les tronçons en Jordanie, l’interconnexion future vers la vallée du Jourdain et la synchronisation des infrastructures côté israélien.

La bataille diplomatique pour empêcher le contournement d’Israël

Si Israël a dû agir en secret ces derniers mois, c’est aussi en raison d’une offensive diplomatique menée par deux puissances désireuses de capter les flux commerciaux à sa place : la Turquie et la France. Les deux pays poussent pour que le corridor soit redirigé vers la Syrie et le Liban, afin d’atteindre la Méditerranée sans passer par Haïfa.

Des diplomates européens ont même présenté une alternative visant à faire du Liban une
« porte d’entrée méditerranéenne » du projet, au détriment d’Israël.
Une proposition immédiatement combattue par les Émirats et par l’Inde, qui craignent d’exposer un corridor stratégique à la fragilité chronique du Liban et à l’instabilité syrienne.

Un haut responsable israélien, impliqué dans les discussions, résume la situation en une phrase : « Ce projet ne peut fonctionner qu’avec Israël. Sans Israël, il n’y a plus de corridor, seulement une illusion. »

Les tronçons déjà prêts et les zones encore en construction

Du côté des Émirats, plusieurs segments ferroviaires destinés au corridor sont déjà opérationnels : liaisons internes entre les ports, axes logistiques rapides, plateformes de fret modernes. En Jordanie, un accord de plusieurs milliards a été signé pour la construction d’une ligne dédiée au fret, conçue pour s’intégrer précisément dans le futur réseau reliant le Golfe à la Méditerranée.

En Israël, la partie la plus avancée reste la ligne Haïfa–Beit Shéan.
Les plans, validés depuis plusieurs années, prévoient son extension jusqu’au passage frontalier avec la Jordanie. Les ingénieurs du ministère des Transports ont continué à travailler sur le tracé malgré la guerre, afin que le pays soit prêt dès que les travaux côté jordanien atteindront la frontière.

« Le corridor avance par étapes, mais il avance », affirme un responsable du projet. « Et Israël a l’intention de rester un maillon essentiel. »

Un corridor né pour contourner l’instabilité régionale

L’urgence stratégique de ce réseau s’est renforcée ces derniers mois. Les attaques contre le trafic maritime en mer Rouge, les menaces constantes contre les porte-conteneurs et les risques pour les routes pétrolières ont convaincu l’Inde, les Émirats et l’Arabie saoudite de diversifier massivement leurs voies d’exportation.

Le corridor terrestre via Israël offre une solution directe : raccourcir les délais, réduire la dépendance au détroit de Bab el-Mandeb et sécuriser les flux commerciaux vers l’Europe.
Les Émirats voient ce projet comme un élément central de leur vision logistique, tandis qu’Israël y trouve une manière de renforcer sa place géostratégique au moment où plusieurs acteurs tentent de contester sa légitimité régionale.

Une avancée déterminante pour Israël malgré la guerre

Malgré les fronts ouverts, les missiles, les mobilisations et les crises successives, Israël a réussi à maintenir son rôle dans l’un des projets géoéconomiques les plus ambitieux du siècle. Le voyage secret de Miri Regev, confirmé par plusieurs sources proches du dossier, marque un tournant : les Émirats considèrent toujours Israël comme partenaire stratégique incontournable, et le corridor n’est pas abandonné.

Dans un contexte où certains pays travaillent ouvertement à écarter Israël des grandes routes commerciales, cette avancée est tout sauf anecdotique. Elle signifie qu’au cœur de la tourmente, Israël continue de bâtir, de négocier, d’exister et surtout d’ouvrir des routes que personne ne pourra lui enlever.

Rabbin Fruman : l’homme qui osait parler au Hamas au nom de Dieu

Rabbin Fruman : l’homme qui osait parler au Hamas au nom de Dieu

Le rabbin Menaḥem Fruman : une figure mouvante entre dialogue religieux et polémique

Une vie hors normes

Né dans la localité de Kfar Chassidim où ses parents, issus du mouvement hassidique Gur, s’étaient éloignés de leur milieu d’origine,
Menaḥem Fruman grandit hors des sentiers battus.
Il fréquenta l’école Ré’al de Haïfa, fut animateur du mouvement de jeunesse HaNoar HaOved VeHaLomed puis servit comme soldat dans la Nahal parachutiste pendant les guerres de 1967 et 1973.
La mort d’un de ses camarades durant un combat le frappa profondément, déclenchant un tournant personnel.
Par la suite, il retourna à la religion et devint l’un des élèves du rabbin Zvi Yehuda Kook. Pourtant, lorsque la yeshiva de son maître refusa qu’il s’y installe en tant qu’étudiant résident  au motif qu’il ne se consacrait pas exclusivement à l’étude il dormira pendant six mois chez Zvi Yehuda Kook lui-même.

Un engagement pour le dialogue religieux et le « réel »

Fruman œuvra pour instaurer un pont entre judaïsme orthodoxe et islam politique, notamment avec le mouvement Hamas mais sans illusion sur ses intentions.
Pour lui, l’idée était simple : dialoguer dans une langue religieuse partagée.
Comme l’explique le Dr Mordi Miller, qui a consacré un ouvrage à la vie de Fruman :
« le rabbin Fruman croyait que les religieux, dans le judaïsme comme dans l’islam, ont un vaste fond commun, ancré dans la tradition, qui peut mener à la royauté divine dans le monde. »

Fruman lui-même déclara, à propos de l’un de ses entretiens avec le cheikh Ahmed Yassin :
« Dieu te mettra dans les flammes de l’enfer et te brûlera parce que tu tues des femmes et des enfants. » Yassin répondait qu’il « ne tue pas mais défend sa tradition », alors que Fruman répliquait que tuer des femmes et des enfants était « un acte répréhensible selon le Coran ».

Pour lui, la paix ne relevait pas d’un accord purement politique mais d’une reconnaissance mutuelle à un niveau religieux. Il ambitionnait une « hudna » : suspension de la violence par consentement religieux, non par renoncement complet au projet utopique.
« Les laïcs cherchent une paix définitive, un engagement pour toujours, mais cela ne peut fonctionner ; dans une perspective religieuse il y a aussi un futur messianique. »

Des choix contestés, des combats internes

Malgré sa volonté de dialogue, Fruman refusait les solutions qu’il considérait comme artificielles. Il s’opposa fermement à l’échange de prisonniers qui conduisit à la libération de Gilad Shalit, avertissant qu’en cas de mise en œuvre des accords « des centaines de Juifs seront tués ». Il défia l’idée selon laquelle la mort de portée stratégique pouvait être justifiée.

Sur le plan communautaire, Fruman ne se fondait pas dans le moule de l’establishment : il remettait en cause le statut-quo religieux, « la religion bourgeoise, ordonnée, esthétique ». Chez lui, on récitait le verset : « Même s’il y aura tout le peuple religieux, moi et ma maison nous servirons l’Éternel », en paraphrase du livre de Josué.
Il laissait tomber sa kippa ou celle de ses élèves sur le sol afin de provoquer, d’interpeller le confort spirituel.
On comparait certains de ses rythmes à une « folie de village » : il en était conscient et jouait de cette image. Le Dr Miller note : « Il y avait un type de ‘fou du village’, et il en faisait usage conscient. Le ‘délire’ faisait partie de sa liberté et des éléments de jeu, de paradoxe, de rituel qui caractérisaient sa pensée. »

Une tension fut évidente entre lui et le rabbin Zvi Israel Tao : ce dernier, guidé par une idéologie structurée de la Torah de la Rédemption, dénonçait les cris de Fruman pendant la prière, qui perturbaient selon lui l’étude. Fruman incarnait une conscience du désordre, de la rupture, du inattendu, à rebours de la stabilité théorique prônée par Tao.

Un héritage d’engagement et de complexité

Selon la recherche de Mordi Miller, Fruman voyait dans l’épisode de ‎Moïse face à ‎Pharaon un modèle de confrontation : « Moïse ‘entra’ chez Pharaon, dans ses pensées, ses croyances. Il se tenait face à lui dans une connaissance intime, profonde. » Fruman estimait que c’était la voie pour affronter le Hamas : aller vers eux, dans leur monde.

Le Dr Miller précise que si certains élèves ou proches évoquent une admiration sans réserve, son travail a montré que beaucoup « connaissent sa complexité ».
À ses funérailles, on vit des applaudissements mêlés à la tristesse : celui qui passa par la Nahal parachutiste, qui défia les conventions religieuses, qui prôna la rencontre audacieuse… S’en est allé en 2013.

Son œuvre laisse derrière elle un message contradictoire mais important : croire qu’un échange religieux même avec un ennemi déclaré demeure possible, tout en se garder de l’angélisme quant à sa nature violente.

Gaza : les concessions secrètes du Hamas dévoilées

Gaza : les concessions secrètes du Hamas dévoilées

Les accords secrets autour du plan Trump pour Gaza

Les engagements pris par le Hamas

Dans les cercles de sécurité israéliens, l’hypothèse domine que des accords ont été conclus entre le Hamas, les médiateurs et les États Unis, entraînant l’engagement du 3 octobre de libérer tous les otages puis d’entrer dans les discussions autour des vingt articles du plan présenté par le président Donald Trump.

Selon ces soupçons, les médiateurs turcs, qataris et égyptiens auraient présenté au Hamas une offre impossible à refuser. Il leur aurait été garanti que, s’ils libéraient les otages dans un délai de soixante douze heures et acceptaient d’aborder les points du plan, les membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien resteraient dans la bande de Gaza en tant que civils, sans exil imposé par Israël.

Le démantèlement des infrastructures militaires du Hamas, initialement programmé comme une contrainte, pourrait même être réalisé par consentement, selon des paramètres négociés entre l’organisation et les médiateurs. La force internationale de stabilisation recevrait un mandat limité, sans recours à la force.

La question du désarmement

Dans cette configuration, le Hamas pourrait choisir de remettre uniquement les armes considérées comme offensives, telles que roquettes, drones ou charges destinées à percer les barrières, tout en conservant des armes dites défensives, comme les fusils, mitrailleuses, lance-roquettes ou explosifs, afin de maintenir ce qu’il qualifie de « résistance » contre Israël.

Une proposition évoquée consistait à confier ces armes à l’Autorité palestinienne, chargée de les conserver jusqu’à un usage futur qualifié de légitime. L’Autorité palestinienne a déjà rejeté cette option, mais le Hamas et le Jihad islamique cherchent à obtenir un accord qui laisserait ouverte la possibilité d’une guérilla contre Tsahal dans Gaza, voire d’attaques contre des civils.

La remise en cause des objectifs israéliens

Du point de vue israélien, même si l’un des objectifs fixés par le gouvernement, la récupération de la majorité des otages vivants ou défunts, pourrait être en voie d’accomplissement, un autre objectif crucial se trouve menacé : la chute totale du régime militaire et civil du Hamas. Tant que l’organisation conserve une présence opérationnelle, la répétition des événements du 7 octobre reste redoutée.

L’évaluation conduite depuis la base américaine installée à Kiryat Gat décrit une situation sans calendrier clair pour le démantèlement du Hamas ou le désarmement complet de Gaza.

La division en deux zones

Le plan américain prévoit une séparation durable de Gaza en deux zones. La zone rouge, sous contrôle du Hamas, représente quarante trois pour cent du territoire et accueille environ deux millions d’habitants. La zone verte, sous contrôle israélien, regrouperait deux cent mille à trois cent mille Gazaouis.

Le rôle du commandement américain consiste à assurer un flux massif d’aide humanitaire vers la zone rouge et à maintenir une surveillance aérienne. Aucun plan n’a encore été établi pour la reconstruction, la gestion des ruines, le désarmement ou la démilitarisation.

Dans la zone verte, les États Unis projettent l’installation de communautés temporaires destinées aux Palestiniens déplacés depuis la zone rouge, avec distribution d’eau, d’électricité, de soins, d’éducation et de travail. La transformation progressive de ces installations en villes permanentes nécessiterait des investissements estimés à des dizaines de milliards.

L’objectif américain est de pousser plus d’un million et demi de Gazaouis à quitter la zone rouge pour rejoindre la zone verte, laissant le Hamas face au choix de se maintenir parmi les ruines ou de se rendre pour un désarmement négocié.

Le rôle de la force internationale

La force internationale de stabilisation agirait d’abord comme barrière entre les combattants du Hamas et Tsahal le long de la ligne de séparation. Elle accompagnerait ensuite le retrait israélien et superviserait un corps de police palestinien dirigé par un comité local. Son mandat comprendrait l’accompagnement du désarmement du Hamas sans affrontement direct.

Les limites du projet américain

Même si l’Autorité palestinienne demeure pour Israël l’acteur le plus raisonnable, l’issue du plan reste incertaine. Les habitants de Gaza sont connus pour leur attachement à leurs terres, même dévastées.

Si le Hamas continue à contrôler une part significative du territoire et de la population, Israël se retrouvera face à un dilemme : occuper directement la zone rouge ou établir une administration palestinienne indépendante de l’influence du Hamas. L’Autorité palestinienne apparaît, malgré ses difficultés, comme l’option la plus probable.

UE : 92 millions accordés à l’Autorité palestinienne contre un programme de réformes

UE : 92 millions accordés à l’Autorité palestinienne contre un programme de réformes

Les États européens annoncent 92 millions de dollars pour l’Autorité palestinienne

Engagement financier et conditions

Lors d’une réunion des pays donateurs à Bruxelles, plusieurs États membres de l’Union européenne ont annoncé une aide supplémentaire de 80 millions d’euros, soit environ 92 millions de dollars, destinée à l’Autorité palestinienne.
La commissaire européenne chargée du dossier méditerranéen a déclaré que « notre soutien financier est lié au programme de réformes de l’Autorité palestinienne, auquel elle s’est engagée ».

Elle a précisé que les objectifs étaient de « renforcer la gouvernance, bâtir une économie plus résiliente, stabiliser les finances, améliorer les services à la population et créer les conditions d’une future gouvernance efficace sur l’ensemble des territoires ».

Les exigences posées à Ramallah

Le financement est conditionné à plusieurs réformes exigées par les Européens, notamment l’arrêt du versement de fonds aux auteurs d’attentats et à leurs familles, ainsi que l’élimination des contenus antisémites dans les manuels scolaires.

Parallèlement, l’Union européenne fait pression sur Israël pour qu’il transfère plus de deux milliards de dollars de recettes fiscales actuellement retenues.

Le rôle futur envisagé pour l’Autorité palestinienne

Le plan évoqué vise à réunifier la Cisjordanie et la bande de Gaza sous l’autorité de Ramallah. Ce projet inclut la création d’une force internationale de stabilisation et d’un organe chargé du suivi du processus de paix.

Un haut responsable européen a indiqué que l’objectif était de recruter environ trois mille policiers palestiniens parmi les sept mille agents actuellement liés à l’Autorité dans la bande de Gaza.

Position israélienne rappelée

En décembre 2023, le Premier ministre Benjamin Netanyahou avait rejeté l’idée de confier la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne. Il avait déclaré : « La différence entre le Hamas et l’Autorité palestinienne n’est qu’une question de temps : le premier veut nous détruire immédiatement, le second par étapes. »

Interrogé à nouveau en septembre sur l’inclusion possible de Ramallah dans un futur accord politique, il avait répondu : « Je n’y crois pas. Certains penseront que cela se réalisera. Je ne pense pas que cela arrivera. »

Offensive de Netanyahu contre les Frères musulmans : Ra’am active son recours légal

Offensive de Netanyahu contre les Frères musulmans : Ra’am active son recours légal

Le parti « Ra’am » envisage un recours juridique après l’annonce de ­Benjamin Netanyahu de bannir "Les Frères Musulmans"

Une position très claire et un ajustement stratégique

Le 24 novembre 2025, le parti Ra’am a annoncé qu’il « étudiait politiquement et juridiquement la question, et évaluait la situation et les informations dont nous disposons. Après cela, nous définirons notre position », a déclaré son président Mansour Abbas à Ynet. 

Cette déclaration fait suite à l’intervention vidéo dans laquelle Netanyahu a salué la décision du président américain Donald Trump d’inscrire Les frères musulmans sur la liste des organisations terroristes, estimant que « cette organisation met en danger la stabilité au Moyen-Orient et au-delà ». 

Netanyahu a rappelé qu’« l’État d’Israël avait déjà banni une partie de l’organisation, et nous travaillons à compléter cette action bientôt ». 

Des antécédents déterminants

Israël avait déjà interdit en 2015 la branche nord du Mouvement islamique l’une des deux factions liées aux frères musulmans en raison de ses liens avec le Hamas, tandis que la branche sud, légalement représentée à la Knesset par Ra’am, restait autorisée. 

Ra’am avait auparavant apporté son appui à la coalition dirigée par Naftali Bennett et Yair Lapid (2021-2022), marquant la première participation d’un parti arabe indépendant au gouvernement israélien. 

 Accusations internes et virements externes

En 2024, le ministère israélien de la Justice a relevé des preuves selon lesquelles des entités contrôlées par Ra’am « avaient transféré des fonds ou coopéré avec des organisations à l’étranger qui avaient été déclarées comme groupes terroristes ». 

L’enquête de février 2024 indique que « Igatha 48 » (ou « Aid 48 ») a transféré plus de 120 000 dollars à une organisation turque nommée Khir Ummah, qualifiée de vitrine du Hamas, entre 2020 et 2023, et qu’elles ont co-organisé des camps d’été pro-terroristes pour enfants en Turquie. 

Le 8 avril 2024, la Cour de district de Tel-Aviv a rejeté la demande d’Igatha 48 de débloquer ses comptes à la banque israélienne Bank Leumi : lors de la procédure, les avocats de la banque ont qualifié les signaux d’alerte entourant cette organisation de « choquants ». 

 Un contexte politique et stratégique

L’annonce de Netanyahu survient dans un climat de sécurité tendu et de polarisation croissante. Le projet de bannir l’ensemble des frères musulmans pourrait bouleverser les équilibres politiques internes et les relations entre Israël et les communautés arabes israéliennes.

Pour Ra’am, l’enjeu est double : d’une part préserver son existence légale et sa représentation politique, d’autre part répondre à des accusations graves de liens avec des entités qualifiées de terroristes.

Éléments d’affrontement juridique et institutionnel

La menace de bannissement pose à Ra’am de sérieuses interrogations juridiques sur ses droits de représentation et sur les motifs  y compris ceux de sécurité invoqués par l’État israélien. La décision de recourir à une voie légale témoigne d’une stratégie réfléchie, dans un cadre où le droit et la politique se croisent.

Dans cette bataille, le temps joue : Netanyahu affirme vouloir agir « bientôt », laissant peu de marge aux acteurs concernés pour s’organiser. Pour Ra’am, l’heure est à l’analyse et au choix d’une réponse structurée.