La manœuvre de la « kippa noire » : le camp d’Eisenkot soupçonne Liberman de lui voler le fauteuil

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La manœuvre de la « kippa noire » : le camp d’Eisenkot soupçonne Liberman de lui voler le fauteuil

Gouvernement rapide avec soutien arabe ou accord préalable avec les haredim : le bloc du changement se divise

Par Claudine Douillet

Gadi Eisenkot a reçu le mandat pour former le gouvernement, mais la méfiance s’est déjà installée dans son propre camp. Son entourage craint qu’Avigdor Liberman n’utilise les partis haredim pour prendre sa place.

Le soupçon

Selon l’analyse de Ben Caspit dans Maariv, des proches d’Eisenkot soupçonnent Liberman de viser lui-même la tête du gouvernement et de vouloir régler ses comptes politiques avec lui. La « kippa noire » désigne ce scénario : un gouvernement du bloc du changement formé avec les partis ultraorthodoxes. Yahadout HaTorah y entrerait d’abord, puis le Shas d’Arié Deri suivrait.

Deux stratégies opposées

Gadi Eisenkot veut aller vite. Il souhaite faire prêter serment à un gouvernement en quelques jours, avec un soutien extérieur des partis arabes, puis élargir sa coalition. Selon Ben Caspit, ce plan pourrait se réaliser dans la semaine.

Avigdor Liberman préfère commencer par un accord avec les partis haredim et former un gouvernement qui repose sur leur soutien. Le risque, souligne l’éditorialiste, est une négociation longue et complexe, qui pourrait s’enliser ou échouer au dernier moment.

Les haredim gardent toutes les portes ouvertes

Les partis ultraorthodoxes ne ferment aucune option. Selon ses proches, Liberman ne se lancerait pas sans s’être assuré que c’est faisable, et il serait convaincu que même le Shas est à portée de main. Les haredim pourraient préférer un accord avec le bloc d’Eisenkot plutôt qu’attendre une issue avec Netanyahou, surtout si de nouvelles élections se profilent. Mais tout accord passerait par une loi sur la conscription qui augmente réellement les enrôlements à court terme, et non par des objectifs repoussés à plus tard.

L’avertissement d’Eisenkot

Gadi Eisenkot a prévenu que quiconque tenterait de saboter la formation du gouvernement pour des raisons personnelles plutôt que de fond en porterait la responsabilité. Ses partenaires, eux, lui accordent au moins un crédit : il tiendra ses promesses.

Un contexte mouvant

Cette tension apparaît le jour même où Arié Deri a annoncé qu’il ne siégerait pas à la 26e Knesset, alors que le Shas envisage de soutenir un gouvernement Eisenkot. Pendant que le bloc du changement se cherche, le Likoud attend un faux pas de ses adversaires.

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