Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

50 000 Palestiniens Illégaux en Israël : La Bombe à Retardement du 7 Octobre 2.0

50 000 Palestiniens Illégaux en Israël : La Bombe à Retardement du 7 Octobre 2.0

Des Milliers d’Infiltrés Recherchés-Terroristes : Le Scénario de Tsahal pour un 7/10 en Judée-Samarie – Et la Conception du Gouvernement.

50 000 Palestiniens vivent illégalement en Israël, traversant chaque jour les brèches de la barrière pour travailler, mais aussi pour s’installer durablement. Parmi eux, des ouvriers ordinaires… et des profils recherchés, prêts à basculer dans la violence.

Tsahal et le gouvernement le savent : cette situation, tolérée au nom de l’économie, porte en elle les graines d’un cauchemar. Une seule étincelle, et des dizaines de milliers pourraient se transformer en marée humaine armée – comme dans les simulations les plus sombres de l’armée.

Cette politique, tacitement approuvée par le gouvernement et mise en œuvre par Tsahal, vise à acheter une paix relative au prix d’un risque croissant.
Mais à quel coût humain ? Explorons cette conception qui, loin d’être un échec fortuit, est une stratégie délibérée, avec ses implications pour les familles israéliennes et la stabilité régionale.

Fermer les Yeux

Même en ce moment précis, alors que les déclarations officielles parlent de fermeture hermétique et de siège total sur Qabatiya – cette localité du nord de la Samarie d’où émergent régulièrement des cellules terroristes –, la réalité sur le terrain raconte une tout autre histoire.
Suite à l’attentat meurtrier près de Beit She’an, qui a coûté la vie à deux Israéliens,  Shimshon Mordechai et Aviv Maor, Tsahal a lancé une opération d’envergure.
Des mortiers ont été tirés vers des zones ouvertes, des hélicoptères Apache ont survolé bas pour dissuader, et pourtant, des véhicules palestiniens circulaient librement dans la ville, comme si de rien n’était.

Cette opération, menée à peine dix jours après une précédente incursion majeure, n’avait pas pour seul but d’élucider l’attentat – le terroriste, Ahmed Abu al-Rub, âgé de 34 ans, a été neutralisé sur place. Non, il s’agissait d’envoyer un message dissuasif, d’interroger les proches pour sonder d’éventuelles complicités, et d’arrêter des suspects potentiels prêts à imiter cet acte odieux. Mais au-delà de cette réponse immédiate, se cache un problème bien plus profond : une politique gouvernementale qui, depuis la fin de la Seconde Intifada il y a une vingtaine d’années, choisit de fermer les yeux sur ces infiltrations.

Imaginez : des commandants de brigades territoriales, des chefs de la Division Judée-Samarie, des généraux du Commandement central, et même des chefs d’état-major, tous impliqués dans cette approche.
L’objectif ? Permettre à des dizaines de milliers de Palestiniens sans permis de travail de gagner leur vie en Israël, où leurs salaires peuvent être multipliés par six ou sept par rapport à ceux de l’Autorité palestinienne.
De temps à autre, lors de vagues d’attentats, Tsahal mène des opérations spéciales pour traquer ces « recherchés », majoritairement des ouvriers en quête de subsistance. C’est un calcul froid : préserver la quiétude industrielle et soutenir l’économie israélienne, qui dépend de cette main-d’œuvre bon marché.

Et puis, il y a cette équation tacite, que nul n’avoue publiquement : tant que ces infiltrations ne causent « que » cinq à dix victimes israéliennes par an, ce prix semble acceptable face à l’alternative d’une explosion généralisée en Judée-Samarie. Une pensée qui glace le sang, quand on songe aux familles endeuillées, aux vies brisées par ces actes de violence sporadique mais persistante.

520 Kilomètres de Frontière

La barrière de séparation, longue de 520 kilomètres du checkpoint de Baqa au nord jusqu’au mont Chol au sud du désert de Judée, incarne cette ambivalence.
Près de 145 kilomètres entourent Jérusalem, et pourtant, environ 60 kilomètres à l’est – derrière la montagne et dans la vallée du Jourdain – restent intentionnellement ouverts. Des raisons environnementales, topographiques, mais surtout politiques et budgétaires expliquent ce choix. Fermer 40 kilomètres supplémentaires coûterait 400 millions de shekels aux contribuables, une somme reléguée au bas des priorités.

Depuis 2022, des améliorations ont été apportées : 90 kilomètres ont été renforcés face à la plaine du Sharon et au mont Hébron, avec des murs, des technologies de détection et des instructions de tir assouplies – permettant aux soldats de viser les jambes des passeurs, même non armés. Tsahal rapporte que des dizaines de tentatives sont déjouées chaque semaine par des embuscades et patrouilles. Pourtant, des milliers franchissent encore les brèches chaque semaine, selon les estimations.

Avec la fermeture imposée aux 100 000 travailleurs légaux pendant les fêtes de Souccot en 2023, prolongée après le 7 octobre, le gouvernement a tenté un pilote pour renforcer les contrôles aux passages.
Mais rien n’a avancé, et sous le couvert de la guerre à Gaza, les infiltrations illégales ont explosé.
Aujourd’hui, on parle de 50 000 Palestiniens résidant illégalement en Israël, certains y restant des mois pour éviter les trajets risqués. Une situation qui non seulement alimente l’économie, mais sème les graines d’une vulnérabilité accrue, touchant au cœur de la vie quotidienne des Israéliens.

Le Scénario Cauchemar

Au sein de Tsahal, un scénario hantise occupe de plus en plus les esprits : une éruption violente et simultanée de dizaines de milliers de terroristes en Judée-Samarie, un phénomène inédit depuis un quart de siècle.
Dans les exercices récents, les commandants simulent un remake du 7 octobre : d’abord, des cellules armées infiltrant des localités ou mitraillant des véhicules israéliens de part et d’autre de la Ligne verte ; puis, une foule enragée de dizaines de milliers de Palestiniens, armés de couteaux ou de bâtons, déferlant par les mêmes brèches utilisées par les travailleurs.

Publié initialement le 28 décembre 2025

La reconnaissance israélienne de la Somaliland : un coup stratégique contre l’axe turco-qatari

La reconnaissance israélienne de la Somaliland : un coup stratégique contre l’axe turco-qatari

La reconnaissance israélienne de la Somaliland : un coup stratégique contre l’axe turco-qatari

Un pas qui dépasse la simple diplomatie

La reconnaissance par Israël de la Somaliland, État non reconnu par la communauté internationale, n’est pas un geste isolé. Elle s’inscrit dans un vaste projet géopolitique piloté par les États-Unis, visant à redessiner le Moyen-Orient sous l’égide d’un « Pax Americana 2 ». Au cœur de cette stratégie : la création d’un bloc d’États modérés, sous leadership américain, capable de faire contrepoids à l’axe radical incarné par la Turquie et le Qatar.

Une chaîne d’alliances de l’Azerbaïdjan à la mer Rouge

Cette alliance s’étend du nord – avec l’Azerbaïdjan – jusqu’au sud de la mer Rouge, où la Somaliland occupe une position stratégique décisive. L’Inde y voit une voie maritime sûre vers l’Europe via le corridor IMEC, tandis que l’Éthiopie gagne enfin un accès à la mer. En reliant ces points, le projet contourne délibérément la Turquie, privant Ankara de son rôle de pivot régional.

La Somaliland et la question gazaouie : une contrepartie sur la table

Le lieutenant-colonel (rés.) Amit Yagur, analyste des affaires internationales, a levé le voile sur l’une des dimensions les plus sensibles de l’accord :
« La demande de la Somaliland d’accueillir des Gazaouis en échange de la reconnaissance israélienne était sur la table. »
Cette exigence s’aligne parfaitement avec le « Project Sunrise », un plan américain avancé qui prévoit un « relogement volontaire » des habitants de Gaza vers un pays tiers, assorti d’incitations économiques substantielles.
L’objectif : offrir une réponse humanitaire et stratégique à la reconstruction post-conflit, tout en soulageant la pression démographique sur Israël.

Israël, le partenaire qui sort les marrons du feu

Israël joue ici un rôle de premier plan : « Nous sommes ceux qui sortons les marrons du feu pour les États-Unis », souligne Yagur. En reconnaissant la Somaliland en premier, Jérusalem prépare le terrain pour une reconnaissance américaine officielle et assume les risques diplomatiques. Cette posture renforce la position d’Israël comme allié le plus fiable et le plus précieux de Washington, face à une Turquie dont les liens avec l’axe radical (Qatar inclus) sont de plus en plus problématiques.

La fureur turque confirme la portée du coup

La réaction virulente d’Ankara ne laisse aucun doute : la Turquie a parfaitement compris qu’il s’agit d’un mouvement coordonné pour la marginaliser. Malgré les sourires publics entre Trump et Erdogan, les États-Unis ont choisi de bâtir un axe alternatif avec Israël, l’Inde et d’autres partenaires modérés.

Vers un renforcement des liens avec l’Inde

Les prochains mois devraient voir un approfondissement des relations israélo-indiennes, avec des rencontres au plus haut niveau. Israël arrive à la table des négociations avec une valeur stratégique démontrée : sécurité maritime en mer Rouge, contournement de la Turquie, et solutions créatives pour le dossier gazaoui. Une preuve supplémentaire que, dans un Moyen-Orient en recomposition, Israël demeure un atout irremplaçable pour les intérêts occidentaux.

Projet Sunrise exposé : Gaza inhabitable, des millions relogés en Somaliland avec Israël

Projet Sunrise exposé : Gaza inhabitable, des millions relogés en Somaliland avec Israël

La bombe stratégique cachée dans la reconnaissance de la Somaliland : le « Projet Sunrise » et l’avenir de Gaza

Un deal qui dépasse la simple reconnaissance diplomatique

La reconnaissance israélienne de la Somaliland n’est pas seulement un geste symbolique. Elle ouvre la porte à un plan beaucoup plus audacieux et controversé : le Projet Sunrise, un projet américain avancé visant à « reloger volontairement » une partie substantielle de la population de Gaza.

Amit Yagur lève le voile sur l’inimaginable

Le lieutenant-colonel (rés.) Amit Yagur, analyste des affaires internationales, confirme sans détour : « La demande de la Somaliland d’accueillir des Gazaouis en échange de la reconnaissance israélienne était sur la table. »

Cette proposition s’inscrit dans le cadre du Projet Sunrise, qui part d’un constat clair : la destruction massive de Gaza rend la bande de Gaza largement inhabitable à court et moyen terme. Une « évacuation volontaire » massive devient donc, selon les concepteurs du plan, une étape incontournable avant toute reconstruction.

Les contours du « Projet Sunrise »

Principe : offrir à des dizaines, voire des centaines de milliers de Gazaouis une sortie
« volontaire » vers des pays tiers, avec des incitations économiques lourdes (subventions, emplois, logements).

Objectif : soulager la pression démographique, permettre une reconstruction sécurisée et durable de Gaza sous contrôle international ou israélien, et réduire le potentiel de radicalisation.

Partenaires : Somaliland comme destination principale, en échange de sa reconnaissance par Israël et les États-Unis.

Yagur précise que ce plan est déjà « avancé » et que les États-Unis le considèrent comme une solution réaliste et humanitaire à long terme.

Israël en première ligne pour le « sale boulot »

Israël assume ici le rôle de pionnier : en reconnaissant la Somaliland en premier, Jérusalem prend les risques diplomatiques et politiques pour préparer le terrain à une reconnaissance américaine officielle.
« Nous sortons les marrons du feu pour les États-Unis », résume Yagur.
En échange, Israël consolide son statut d’allié stratégique irremplaçable et contribue à marginaliser l’axe turco-qatari, qui s’oppose farouchement à toute solution impliquant un déplacement de population.

La fureur turque et qatarie : la preuve que le plan touche au cœur

La réaction immédiate et violente d’Ankara et de Doha montre que le message a été parfaitement reçu. En contournant la Turquie dans les routes maritimes et en proposant une solution démographique alternative pour Gaza, les États-Unis et Israël redessinent la carte du Moyen-Orient et affaiblissent l’influence des parrains du Hamas.

Un avenir pour Gaza qui passe par la Somaliland ?

Cette initiative n’est pas anodine : elle pose la question de l’avenir de deux millions de personnes. Pour ses promoteurs, c’est une opportunité de paix durable. Pour ses détracteurs, c’est une forme de transfert de population déguisé. Une chose est sûre : la reconnaissance de la Somaliland n’est pas qu’un acte diplomatique isolé. C’est le premier domino d’un projet qui pourrait redéfinir l’avenir de Gaza – et du Moyen-Orient entier.

Qatargate : Feldstein bouc émissaire, Netanyahu accusé de trahison

Qatargate : Feldstein bouc émissaire, Netanyahu accusé de trahison

Rappel de l’affaire : le scandale des documents classifiés publiés dans Bild et l’accusation contre Eli Feldstein

Le cœur du scandale : la fuite de documents ultra-sensibles

En mai 2024, le journal allemand Bild a publié des documents classifiés de l’armée israélienne (Tsahal) contenant des détails opérationnels hautement sensibles sur la guerre à Gaza,
les mouvements de troupes et des informations stratégiques.
Ces fuites, considérées comme une grave atteinte à la sécurité nationale, ont été attribuées à une source interne israélienne.

Le gouvernement israélien a immédiatement accusé Eli Feldstein, alors porte-parole international de Tsahal, d’avoir été à l’origine de la transmission de ces documents à des journalistes étrangers, dont un correspondant de Bild..

Un gouvernement qui laisse faire, puis accuse

Le scandale est double :

D’abord, l’autorisation implicite de laisser publier des documents aussi sensibles dans un média étranger sans réaction immédiate et ferme de la censure militaire israélienne (Hatzensor).

Ensuite, l’utilisation d’Eli Feldstein comme bouc émissaire pour détourner l’attention des dysfonctionnements plus profonds au sommet de l’État : une communication militaire devenue politisée, des fuites multiples et une gestion laxiste de la sécurité de l’information pendant une guerre existentielle.

Des dizaines de milliers sous la pluie battante

Malgré un déluge implacable, des milliers d’Israéliens ont envahi la place Habima à Tel Aviv et le carrefour Horov à Haïfa, ce samedi soir, pour exiger justice et responsabilité.
Deux ans après l’horreur du 7 octobre 2023, ces manifestations ne sont pas un simple cri de désespoir : elles sont un appel solennel à protéger l’État d’Israël contre les trahisons internes et les influences étrangères qui ont permis au Hamas de s’armer et de frapper.

Une trahison qui alimente la colère populaire

Deux ans après le 7 octobre, ces révélations renforcent la conviction de nombreux Israéliens que le gouvernement Netanyahu privilégie les calculs politiques à la protection de l’État.
Laisser des documents classifiés se retrouver dans Bild, puis désigner un porte-parole comme seul responsable, est perçu comme une tentative de blanchiment et de diversion.
Les manifestations de ce samedi soir, sous la pluie, expriment cette rage : assez de mensonges, assez de boucs émissaires – la vérité et la responsabilité doivent être assumées jusqu’au plus haut niveau.

Roni Alshich pointe le sommet de l’État

L’ancien commissaire de police (rés.) Roni Alshich, voix respectée de la sécurité nationale, a fustigé les ministres du cabinet : « Ni Feldstein ni Alshich – c’est le Premier ministre qui porte la responsabilité première. »
Il a dénoncé l’affaire Qatar-Gate, ce scandale où des fonds qataris, destinés à financer le Hamas, ont été légitimés au plus haut niveau politique.
« Vous portez une responsabilité légale, même s’il ne vous informe pas. Comment osez-vous siéger au cabinet, manger des boreks et ne poser aucune question difficile au Premier ministre ? » Alshich a prédit qu’une future commission d’enquête nationale ne laissera personne indemne.

Mirav Savirsky : le prix personnel de la trahison

Fille d’Orit et Rafi, assassinés au kibboutz Be’eri, et sœur d’Itai, enlevé et exécuté après 99 jours de captivité, Mirav Savirsky a ouvert son cœur :
« L’infiltration des intérêts qataris dans le bureau du Premier ministre a coûté la vie de mes parents et de mon frère. » Elle a réclamé le retour immédiat de Ran Gvili, dernier soldat encore détenu à Gaza, et accusé :
« Netanyahu ne veille ni à la sécurité de l’État, ni au retour des otages, ni au sort des survivants et des évacués. Il ne veille qu’à lui-même. » Chaque jour passé au pouvoir par ce gouvernement, a-t-elle martelé, représente une menace pour Israël.

Shiral Chugag : une maladie auto-immune qui ronge l’État

Résident d’Ofakim, cofondateur du mouvement « Kumu », dont la sœur et d’autres proches ont été grièvement blessés le 7 octobre, Shiral a comparé le gouvernement à une maladie auto-immune : « Il détruit l’État de l’intérieur. » Il a dénoncé une « machine de dissimulation et de falsification » qui manipule quotidiennement l’opinion publique, tout en affirmant la résilience du peuple : « Je connais mon peuple : c’est un peuple qui ne se soumettra pas au chaos. »

Yotam Rotfeld : la police devenue bras politique

Employé de l’Association pour les droits civiques, Yotam Rotfeld a lié les incidents récents au stade Bloomfield à un mal plus profond : une police politisée, tombée sous l’influence d’un ministre extrémiste, qui agit comme un bras exécutif pour imposer un agenda nationaliste-messianique. Au lieu de combattre la violence et la criminalité, elle censure et étouffe la critique. « Dans la lutte pour la démocratie, il n’y a pas de raccourcis : nous devons nous battre ensemble pour les droits humains de tous. »

Ayala Metzger : 46 otages abandonnés à la mort

Petite-fille de Yoram Metzger, assassiné en captivité par le Hamas après l’enlèvement de Nir Oz, Ayala Metzger a décrit le 7 octobre comme l’effondrement d’un monde : « L’État et l’armée étaient absents. 46 otages ont été abandonnés à la mort, dont mon grand-père. » Deux ans plus tard, elle accuse un « gouvernement de sang » qui néglige les citoyens, la société arabe, les routes, les implantations évacuées et les réservistes. Elle s’oppose fermement à toute tentative de créer une commission de « blanchiment » destinée à effacer les traces du massacre et de la guerre des « Épées de fer », la plus longue de l’histoire d’Israël, qui a isolé le pays sur la scène internationale et provoqué une crise morale profonde.

Un peuple qui refuse de se taire

Ces voix, portées par la douleur et la détermination, rappellent une vérité essentielle : Israël ne peut survivre que s’il protège ses citoyens, refuse les compromissions avec des régimes qui financent le terrorisme et exige une responsabilité totale de ses dirigeants. Sous la pluie, ce samedi soir, ce ne sont pas seulement des manifestants qui ont crié. C’est l’âme d’un pays qui refuse l’abandon.

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Violences sexuelles à Gaza : les survivants brisent le silence – la vérité ne peut plus être ignorée

Violences sexuelles à Gaza : les survivants brisent le silence – la vérité ne peut plus être ignorée

Le matériau le plus fort de la nature s’appelle Romi
Ils ont survécu à l’enfer de Gaza. Aujourd’hui, ils témoignent sans détour : violences sexuelles, humiliations, contrôle total sur leur corps. Leur courage oblige le monde à regarder en face une vérité longtemps tue et à exiger des comptes.

Une force qui dépasse l’imaginable

Romi Gonen incarne ce que la nature produit de plus résistant. Elle n’est pas seule : avec elle, Amit, Rom, Alon, Eli, Ilana, Mia, Moran, Gai, Keith, Aviva, Chen, Agam, Hana (paix à sa mémoire), Gadi et tant d’autres forment un réseau de survivants et survivantes revenus de l’enfer de Gaza. Leur force n’est pas physique. Elle réside dans leur capacité à affronter l’abîme, à soutenir le regard des caméras, à témoigner sans détour face à un monde qui préfère parfois détourner les yeux.

Des témoignages qui brisent le silence

Ces dernières semaines et mois, les rescapés ont livré des récits déchirants : violences sexuelles, humiliations, contrôle absolu sur leur corps et leur esprit. Ces paroles ne sont plus des rumeurs. Elles sortent de bouches tremblantes mais déterminées, portées par ceux qui ont choisi de ne pas se taire. Pour une victime de violences, surtout sexuelles, se révéler publiquement est un combat supplémentaire : scepticisme, regards intrusifs, réactions blessantes. Pourtant, ils ont choisi la vérité. C’est un acte de courage rare.

Une certitude qui s’impose depuis novembre 2023

Dès novembre 2023, lors d’une discussion à l’ONU, une évaluation unanime appelait à reconnaître ces violences et à exiger la libération immédiate. Depuis, les preuves s’accumulent : témoignages directs, informations croisées, récits de ceux qui reviennent. Ce qui était une évaluation est devenu une évidence : ces violences ont eu lieu, elles sont documentées, systématiques. Ce n’est pas une erreur isolée. C’est une politique.

La direction savait, en temps réel

Il faut le dire sans détour : la direction savait, minute par minute, que les otages n’étaient pas de simples cartes de négociation. Ils étaient des êtres humains exposés à la torture, à l’humiliation, à la violence genrée et à la destruction psychologique permanente.

« Au moment où le témoignage est donné publiquement, il cesse d’être une affaire personnelle et devient une responsabilité publique – pour nous tous. »

Le débat sur la commission d’enquête ne peut se limiter aux événements d’octobre. Il doit englober la conduite de la guerre et la gestion des négociations : les décisions prises, les évaluations, les risques ignorés, les voix étouffées, qui était à la table et qui en était exclu.

Un échec moral qui exige la vérité

C’est un échec politique et opérationnel, mais surtout moral. Une connaissance claire d’une horreur humaine, d’une souffrance continue, n’a pas été traduite en action urgente et prioritaire. Des soupçons lourds pèsent : des considérations politiques ont souvent primé sur le devoir de protéger les civils enlevés. Cet échec demande une enquête courageuse, non pour punir, mais pour poser des limites morales claires à l’avenir.

Ils sont rentrés, blessés mais debout

Malgré tout, ils sont là. Blessés dans leur chair et leur âme, ils ont choisi de parler. Leur voix nous engage tous : croire, reconnaître, exiger que le système défaillant soit examiné sans complaisance.

Le matériau le plus fort de la nature ne sort pas indemne des crises. Il résiste, il se fissure sans se briser. Il se souvient – et nous oblige à nous souvenir, à ne pas nous taire.

Ayalet Razin Beit-Or, experte en égalité des genres et lutte contre les violences sexuelles, ancienne directrice générale de l’Autorité pour l’avancement de la condition féminine.

Sous-marin israélien : erreur fatale, diabète fulgurant – victoire choc en justice

Sous-marin israélien : erreur fatale, diabète fulgurant – victoire choc en justice

Erreur de navigation fatale : un officier de la flottille des sous-marins frappé de diabète

Un incident rarissime aux conséquences dramatiques

Un officier de la flottille des sous-marins israéliens, âgé de 44 ans, a commis une erreur de navigation d’une gravité exceptionnelle : il a dévié le sous-marin de la zone d’opérations strictement définie. Deux mois seulement après cet épisode, il a été diagnostiqué comme atteint d’un diabète de type 1 et hospitalisé.
Le ministère de la Défense a d’abord rejeté sa demande de reconnaissance en tant qu’invalide militaire, niant tout lien entre l’événement et la maladie. Le tribunal de paix de Haïfa a récemment infirmé cette décision et contraint l’État à reconnaître officiellement le handicap du militaire.

 Le récit d’une faute aux conséquences inouïes

« J’étais l’officier supérieur de quart, responsable de la sécurité de la navigation et de la conduite du sous-marin. J’ai commis une erreur dans la manœuvre et j’ai dirigé le bâtiment hors de la zone autorisée. Nous avancions à grande vitesse dans un secteur interdit, jusqu’au moment où le commandant a surgi derrière moi, m’a arraché les commandes avec vigueur et a ramené le sous-marin dans la zone de sécurité », confie l’officier dans l’affidavit déposé auprès du ministère.

Il précise la portée de cette faute : « Un tel incident est extrêmement rare dans le monde des sous-marins. Il recèle un potentiel de dommages humains et financiers colossaux. La détection d’un autre sous-marin n’est possible qu’à très courte portée, souvent trop tard. Sortir de la zone définie constitue une erreur majeure, aux conséquences potentiellement catastrophiques. »

Une humiliation et un choc psychologique profonds

Heureusement, le commandant a pu redresser la situation. Mais l’officier, alors au grade de lieutenant-colonel, a été submergé par la honte. « En un instant, j’ai pris la mesure de l’ampleur de ma faute et de sa gravité. J’ai ressenti que j’avais trahi la responsabilité immense qui reposait sur mes épaules. Une vague de honte m’a envahi, accompagnée de palpitations, de vertiges, d’une peur intense, d’une sensation d’évanouissement imminent. Le stress psychologique m’a littéralement frappé de plein fouet. »

Dans les heures qui ont suivi, il n’a plus été en mesure d’assurer ses fonctions. Le commandant a pris en charge le retour au port. « Je suis rentré chez moi bouleversé, profondément ébranlé », ajoute-t-il.

Un corps qui craque sous la pression

L’officier a tenté d’enfouir l’incident au plus profond de lui-même, craignant que sa carrière en soit affectée. Il n’a consulté aucun professionnel de santé mentale et n’a partagé son tourment avec personne. Deux mois plus tard, son corps a dit stop : fatigue extrême, faiblesse, douleurs musculaires, soif intense. Direction l’hôpital : diagnostic de diabète de type 1. Il a été hospitalisé trois jours pour stabiliser sa glycémie et reçoit depuis un traitement à l’insuline.

 Le combat pour la reconnaissance

L’officier a alors saisi le ministère de la Défense pour être reconnu comme invalide militaire. La demande a été rejetée : selon l’expert médical de l’État, aucun lien ne pouvait être établi entre le stress vécu et l’apparition du diabète.

Il a porté l’affaire devant le tribunal de paix de Haïfa, représenté par l’avocat Yaakov Amir. Il a produit une expertise médicale privée affirmant que l’événement traumatique avait directement contribué au déclenchement de la maladie, ainsi que des témoignages du commandant du sous-marin et de son épouse, qui ont décrit son état de choc dans les semaines suivantes.

Le ministère a tenté de minimiser l’incident, le qualifiant de risque ordinaire inhérent au poste. Une posture qui a suscité la stupeur de la juge présidente de la commission d’appel, Kamila Jad’on : « J’avoue ma profonde surprise face à une telle argumentation, qui aurait mieux fait de ne pas être formulée. Il s’agit d’un événement exceptionnel parmi les exceptionnels, chargé d’un stress et d’une pression psychologique extrêmes. Il n’est nul besoin d’imagination démesurée pour comprendre qu’il s’agit d’un épisode de détresse aiguë et grave, dont les effets se sont manifestés sur cet officier. »

Une victoire judiciaire et humaine

Le tribunal a finalement donné raison à l’officier. Le ministère de la Défense est contraint de reconnaître son invalidité, de rembourser les frais d’expertise et de verser des honoraires d’avocat. L’officier bénéficiera désormais de tous les droits afférents : prise en charge médicale, réadaptation et pension à vie.

« Ce dossier m’a été confié après un premier refus, raconte l’avocat Yaakov Amir. J’ai construit l’appel autour des témoignages du commandant et de l’épouse, qui ont produit un effet très fort. Leur crédibilité, alliée aux arguments médicaux, a convaincu le tribunal que ce stress hors norme est bien la cause directe de la maladie. Cette reconnaissance va changer sa vie. »

L’avocat, l’or vert d’Israël : le fruit capricieux qui a conquis l’Europe

L’avocat, l’or vert d’Israël : le fruit capricieux qui a conquis l’Europe

L’or vert d’Israël : l’avocat

Le fruit qui a pris son temps

« Il a fallu du temps pour que l’avocat s’impose, mais une fois adopté, les Israéliens sont devenus des leaders mondiaux de la consommation par habitant : agriculteurs, exportateurs et marchés ont pleinement embrassé ce fruit, le transformant en nouvel agrume emblématique d’Israël et en miroir de l’impatience, de la capacité d’adaptation et de l’ambition humaines. »

Longtemps marginal, parfois regardé avec méfiance, il est devenu en quelques décennies un produit central de l’agriculture et de l’alimentation en Israël.

Les Israéliens figurent aujourd’hui parmi les plus grands consommateurs d’avocats par habitant au monde, tandis que les producteurs, les exportateurs et les marchés ont fait de ce fruit le nouvel équivalent des agrumes, symbole d’une agriculture tournée vers l’adaptation rapide et la conquête de nouveaux marchés.

L’avocat n’est plus seulement un fruit. Il est devenu un marqueur culturel, économique et presque psychologique, reflet d’une société pressée, exigeante, et prête à remodeler ses pratiques agricoles pour répondre à une demande toujours plus forte.

En 2025, l’industrie israélienne de l’avocat prévoit des exportations stables d’environ 132 000 tonnes vers les marchés internationaux, dont une large part est destinée à l’Europe.

Un fruit au « caractère »

Si l’avocat était une personne, on pourrait dire, dans une formule volontairement ambiguë, qu’il a du “caractère”. Un tempérament. Juteux mais capricieux, délicieux et pourtant souvent insupportable.

On ne sait jamais vraiment comment il se réveillera le matin, dans quel état il arrivera du supermarché, ni comment il s’étalera sur le pain. Le moment où il cédera, celui où il résistera, quand il sera exactement ce qu’il vous faut et quand, au contraire, il vous rebutera. Et puis, au fond, que sont toutes ces taches noires, et ces petites fibres ? »

 Il séduit autant qu’il irrite. Trop dur, trop mûr, parfait puis soudain inutilisable. Cette imprévisibilité nourrit une véritable mythologie populaire autour du fruit, faite de gestes, de croyances et de frustrations partagées.

L’obsession de la maturité parfaite

Les plaisanteries à son sujet sont sans fin. Pas mûr, pas mûr, pas mûr… pourri.
Les experts se comptent par milliers, ou plutôt ceux qui s’autoproclament tels, affirmant savoir exactement quand acheter et quand couper, tels des sorciers du timing parfait.
Il existe des conseils, des astuces et tout un univers de contenus consacrés à l’avocat.
Mais l’avocat, lui, s’en moque. Mûr ou pas, il reste fidèle à lui-même.

L’avocat a généré sa propre culture de l’expertise. Chacun pense savoir reconnaître le moment idéa. Cette obsession de la maturité parfaite a envahi les cuisines, les réseaux sociaux et les étals, sans jamais dompter totalement le fruit.

Derrière le fruit, une pression agricole constante

Derrière l’expérience du consommateur se cache une réalité agricole bien plus dure. La demande israélienne, soutenue par l’exportation vers l’Europe, exerce une pression constante sur les producteurs. Certains cultivars exigent des fenêtres de récolte extrêmement précises pour arriver sur les marchés au bon moment.

La variété Galil, symbole des limites du système

« Certaines variétés exigent des périodes de récolte d’une précision extrême pour arriver sur le marché au moment idéal, mais la demande accélère tout. La variété Galil, par exemple, est particulièrement sensible ; pourtant, on la retrouve sur les étals en été, lorsqu’il n’existe aucune alternative et que l’appétit du public doit être satisfait.

Les prix sont élevés, certains producteurs cèdent à la tentation, l’agriculture est un univers soumis à une pression économique implacable, ou bien ils manquent simplement la fenêtre exacte et récoltent trop tôt ou trop tard. »

L’avocat, nouveau miroir d’Israël agricole

L’avocat est devenu le reflet d’une agriculture israélienne performante mais sous contrainte, innovante mais exposée, capable de conquérir des marchés mondiaux tout en affrontant des limites biologiques impossibles à contourner.

Hamas "Réalisations": le livret de la honte qualifie le massacre du 7 octobre « d’action nécessaire »

Hamas "Réalisations": le livret de la honte qualifie le massacre du 7 octobre « d’action nécessaire »

Présenté comme un document historique, le livret « Réalisations » du Hamas est une opération de propagande méthodique.

En s’appuyant sur des chiffres soigneusement sélectionnés, en qualifiant le massacre du 7 octobre d’« action nécessaire », en niant les crimes commis et en transformant la destruction de Gaza en succès stratégique, l’organisation tente d’imposer un récit où la mort devient un outil politique.

Cette brochure ne raconte pas la guerre : elle la justifie, l’édulcore et la revendique, au mépris des victimes israéliennes comme de la population palestinienne.

Jusqu’à susciter une dénonciation rare et frontale venue du camp palestinien lui-même, accusant le Hamas de vendre un suicide collectif comme une victoire nationale.

Structure et nature du livret « Réalisations »

Le livret publié par le Hamas est conçu comme un document structuré, divisé en chapitres, visant à établir une version cohérente et unifiée de la guerre déclenchée après l’attaque du 7 octobre. Il se présente comme un texte de référence destiné à être diffusé largement, aussi bien auprès du public palestinien que des relais internationaux, afin de fixer durablement le cadre narratif du conflit et d’en imposer les termes.

Le document adopte une construction chronologique et thématique, alternant rappels historiques, justification politique de l’attaque, dénégation des crimes reprochés au Hamas et mise en avant de ce que l’organisation qualifie de « réalisations » stratégiques et symboliques.

Une opération présentée comme l’aboutissement d’un récit historique

Le livret inscrit l’attaque du 7 octobre dans une continuité historique longue. Le Hamas y présente l’opération comme l’aboutissement logique d’un processus commencé à l’époque du mandat britannique, poursuivi par la création de l’État d’Israël, la défaite arabe, l’échec du processus d’Oslo et le maintien d’un contrôle israélien présenté comme total sur la vie palestinienne.

Dans ce cadre, le massacre du 7 octobre est décrit comme une action nécessaire, imposée par l’absence d’alternative politique, diplomatique ou internationale, et non comme un acte isolé ou extrême.

Effacement volontaire du registre religieux et idéologique

Le livret se distingue par l’absence quasi totale de références religieuses ou doctrinales pourtant centrales dans l’idéologie historique du Hamas. Le texte ne fait pas référence à la charte fondatrice du mouvement ni à son ancrage islamiste, et ne mobilise pas de justification théologique explicite.

Cette orientation vise à présenter l’organisation avant tout comme un acteur politique et national, engagé dans une lutte contre un projet étatique présenté comme colonial, et non dans un affrontement religieux. Cette omission marque un choix stratégique destiné à élargir l’audience internationale du document.

Une stratégie assumée de renversement du récit des crimes

Le livret développe une ligne constante de contestation des accusations portées contre le Hamas après le 7 octobre. Il nie toute intention de cibler des civils et rejette les accusations de violences sexuelles et de massacres de masse, affirmant que ces éléments relèveraient d’une construction médiatique destinée à délégitimer la « résistance ».

Le texte ne se contente pas de nier les faits mais cherche à les reformuler, en les intégrant dans un récit de confrontation militaire présentée comme inévitable et défensive.

Une offensive présentée comme une victoire politique et symbolique

Le Hamas affirme que l’attaque du 7 octobre a permis de modifier les équilibres régionaux et internationaux. Le livret soutient que l’opération a replacé la question palestinienne au centre de l’agenda mondial et a mis fin à une période de marginalisation politique.

Le document présente également l’offensive comme un moyen de restaurer, selon ses termes, le statut des Palestiniens en tant qu’acteurs initiateurs et non plus comme population passive ou victime permanente.

Guerre cognitive et appel à la mobilisation internationale

Le livret s’inscrit explicitement dans une stratégie de communication globale. Il appelle à une mobilisation politique, juridique et médiatique contre Israël, en réclamant des enquêtes internationales sur la conduite de la guerre et en accusant Israël de mener une guerre de destruction systématique.

Le texte vise à influencer l’opinion publique internationale, les organisations internationales et les mouvements politiques étrangers, en présentant le conflit comme une lutte anticoloniale et en cherchant à délégitimer l’État d’Israël sur la scène mondiale.

Silences et absences dans le document

Le livret ne traite pas de la question de l’avenir de la bande de Gaza après la guerre. Il n’aborde ni la gouvernance du territoire, ni les modalités de reconstruction, ni la responsabilité du Hamas dans les conséquences humaines et matérielles du conflit.

Le document ne contient pas non plus d’évaluation interne des décisions prises par l’organisation ni de réflexion sur le coût payé par la population de Gaza, se concentrant exclusivement sur la justification de l’attaque et la valorisation de ses effets politiques.

Chiffres revendiqués, morts passés sous silence et “réalisations” revendiquées

Le livret s’appuie explicitement sur des données chiffrées présentées comme des preuves de légitimité. Il affirme que 71 à 72 % des Palestiniens soutenaient l’attaque du 7 octobre, selon des sondages menés après le massacre, tandis que seuls 11 % se déclaraient satisfaits de l’Autorité palestinienne avant l’offensive.

Ces chiffres sont utilisés pour présenter l’attaque comme l’expression d’une volonté populaire et non comme une décision imposée par une organisation armée.

Le document revendique également comme « réalisations » le fait d’avoir replacé la question palestinienne au centre de l’agenda international, d’avoir provoqué une crise politique et militaire majeure en Israël et d’avoir entraîné une confrontation régionale de grande ampleur. E

En revanche, le livret ne mentionne pas explicitement le nombre de civils israéliens assassinés, ni le détail des massacres commis le 7 octobre, ni les violences sexuelles documentées, ni le sort des enfants et des familles décimées.

Du côté palestinien, le texte évoque la guerre sans chiffrer précisément le nombre de morts à Gaza, sans distinguer civils et combattants, et sans établir de responsabilité directe du Hamas dans l’effondrement humanitaire du territoire.

La destruction massive, évaluée par des sources internationales à près de 90 % des habitations endommagées ou détruites, est évoquée comme un fait imputable exclusivement à Israël, sans lien avec l’attaque initiale.

Le livret ne fournit aucun chiffre sur les pertes internes du Hamas, ne fait état d’aucune erreur stratégique et ne propose aucune évaluation du coût humain payé par la population de Gaza. Les morts, les destructions et les déplacements de masse sont intégrés dans un récit global présenté comme le prix nécessaire d’une « réussite historique ».

Critique interne palestinienne : “vendre un suicide politique comme un succès national”

Le journaliste et publiciste Akram Attaallah a attaqué la brochure avec virulence, affirmant qu’il s’agit d’une tentative « de vendre un suicide politique comme un succès national ». 

Il ajoute que, malgré le débat en Israël sur la forme que doit prendre l’enquête sur les défaillances du 7 octobre, « pendant qu’Israël met en place des commissions d’enquête et tire des leçons stratégiques, le Hamas présente un récit déconnecté de la destruction à Gaza ». 

Selon lui, « il y a des dizaines de milliers de morts, la destruction d’environ 90 % des maisons, la perte de contrôle sur de larges zones de la bande de Gaza et une population entière qui vit dans des camps de réfugiés ».
Il met en garde contre « une fracture profonde dans la société palestinienne » et conclut : « Celui qui célèbre des réalisations pendant que la réalité s’effondre est déconnecté de la douleur, du sang et de la responsabilité ».

Israël : Deux parcours asiatiques, une cuisine vietnamienne et une adresse culte est née à Holon

Israël : Deux parcours asiatiques, une cuisine vietnamienne et une adresse culte est née à Holon

« Des blogueurs ont parlé d’un endroit qui servait de la cuisine vietnamienne authentique et les gens ont commencé à affluer »

Ils n’étaient pas censés devenir une adresse culte.

À Bat Yam, Ann, fille de réfugiés vietnamiens arrivés en Israël après la guerre grâce aux cartes d’identité délivrées par Begin, et Johnny, immigré philippin arrivé enfant avec sa mère, ont longtemps vécu loin des projecteurs, entre intégration silencieuse et cuisine familiale transmise sans prétention.

Leur histoire est celle d’une double immigration asiatique devenue israélienne, d’un couple formé presque par hasard, et d’une cuisine vietnamienne authentique que personne n’attendait dans le sud de Tel Aviv.

Ouvert sans stratégie, sans relations, sans marketing, leur restaurant a été découvert par hasard, lorsque des blogueurs ont parlé d’un lieu discret servant enfin une vraie cuisine vietnamienne. En quelques publications, l’adresse confidentielle est devenue une destination recherchée.
Derrière le succès, il y a un parcours de survie, d’exil, de travail acharné et une histoire profondément israélienne, racontée ici sans filtres, à travers leurs propres mots.

Question : D’où viennent vos familles respectives ?

Réponse : Ann : « Mes parents sont arrivés en Israël après la guerre du Vietnam, grâce aux cartes d’identité délivrées par Begin. Ils faisaient partie des réfugiés vietnamiens qui ont fui par la mer. Personne ne voulait les accueillir. Israël l’a fait. »

Johnny : « Moi, je suis né aux Philippines. Je suis arrivé en Israël très jeune, à l’âge de sept ans, à cause du travail de ma mère. »

Question : Comment avez-vous vécu votre arrivée et votre enfance en Israël ?

Réponse : Johnny : « Ça a été très dur. Je ne parlais pas l’hébreu, tout était étrange pour moi. Mais avec le temps, je me suis habitué. »

Ann : « J’ai grandi à Jaffa. À la maison, on parlait vietnamien, mais dehors, j’étais israélienne comme les autres. »

Question : Votre première rencontre, vous vous en souvenez précisément ?

Réponse : Ann : « Oui. C’était lors d’un voyage scout. Je n’étais pas vraiment scout, mais des amis m’ont convaincue de venir. Je pleurais tout le temps, je ne comprenais pas pourquoi j’étais là. Et c’est là que je l’ai vu. »

Johnny : « J’étais surpris de voir une autre Asiatique dans le groupe. »

Question : Et ensuite, vous vous êtes perdus de vue ?

Réponse : Ann : « Oui. Puis, des années plus tard, on s’est recroisés par hasard à la gare centrale de Tel Aviv. »

Johnny : « Quand je l’ai revue, je me suis dit : “elle sera mienne”. Je ne l’ai pas laissée s’échapper. Depuis, nous sommes ensemble. »

Question : Aujourd’hui, vous tenez ensemble un restaurant dans le sud de Tel Aviv. Comment est née cette idée ?

Réponse : Ann : « Je voulais montrer le côté vietnamien, parce qu’il n’y avait pas de cuisine vietnamienne authentique en Israël. C’est une cuisine fraîche, avec beaucoup d’herbes aromatiques. »

Johnny : « Nous venons tous les deux du monde de la cuisine. J’ai dû apprendre la cuisine vietnamienne. C’était difficile. Je regardais Ann cuisiner, je l’appelais tout le temps pour lui demander des conseils, et à la fin, j’ai appris. »

Question : Pourquoi ce nom de restaurant, El Mano ?

Réponse : Ann : « C’est une combinaison des prénoms de nos fils. El pour Leon, Mano pour Emmanuel. C’était avant la naissance de Liam. »

Question : Les débuts ont été compliqués ?

Réponse : Ann : « Très. On a ouvert le restaurant deux mois avant le Covid. »

Johnny : « Ann cuisinait ici, et moi je travaillais ailleurs pour qu’on puisse survivre. »

Question : Qui étaient vos premiers clients ?

Réponse : Ann : « Au début, surtout des travailleurs étrangers du quartier. »

Question : Qu’est-ce qui a provoqué le tournant ?

Réponse : Ann : « Des blogueurs sont venus par hasard. Ils ont parlé d’un endroit qui servait de la cuisine vietnamienne authentique dans le sud de Tel Aviv, et les gens ont commencé à affluer. »

Question : Travailler en couple en cuisine, est-ce un défi ?

Réponse : Ann : « C’est le plus grand défi dans notre relation. Les chefs ont un ego. »

Ann : « Johnny me donnait des ordres comme si j’étais son assistante, alors que nous étions sur un pied d’égalité. Nos méthodes étaient différentes, on se disputait beaucoup. »

Johnny : « Mais on a compris que le but était de réussir ensemble. »

Question : Économiquement, est-ce viable aujourd’hui ?

Réponse : Ann : « C’est difficile. On survit, mais on ne met pas d’argent de côté. Tenir un restaurant, c’est très dur. »

Ann : « Heureusement, on travaille surtout à deux. On ne peut pas se permettre de payer un employé. Mais j’adore ça. Je ne pense à rien d’autre. »

Question : Comment vivez-vous votre diversité culturelle et religieuse au quotidien ?

Réponse : Ann : « Je suis bouddhiste, mais nous célébrons aussi Noël, Pessah et Souccot. »

Moran Atias face à la meute : Hollywood, menaces voilées et refus de s’excuser d’être israélienne

Moran Atias face à la meute : Hollywood, menaces voilées et refus de s’excuser d’être israélienne

Actrice israélienne installée à Hollywood, habituée aux plateaux internationaux et aux rôles puissants, Moran Atias ne s’attendait pas à ce qu’un geste culturel devienne un acte de rupture.

En acceptant de présenter un prix du cinéma en Israël, elle a déclenché une tempête : messages WhatsApp glaçants, reproches de collègues, mises à distance feutrées, soupçons idéologiques.
Dans cet entretien sans fard, elle répond point par point, sans posture ni calcul, à ceux qui voudraient transformer la culture en tribunal politique.

Elle parle du prix à payer, de Hollywood qui observe et sanctionne en silence, de l’art sommé de choisir son camp, et de ce refus intime de s’excuser d’être israélienne. Une parole droite, ferme, dérangeante, qui dit moins une polémique qu’un basculement.
Interview accordée au média israélien Mako

« On veut faire de la culture un champ de bataille »

Moran Atias face à la polémique : WhatsApp en feu, Hollywood frileux, Israël sous procès idéologique**

Mako :

Vous êtes au cœur d’une tempête depuis votre décision de présenter le nouveau Prix du cinéma israélien soutenu par le ministère de la Culture. Aviez-vous anticipé une telle violence ?

Moran Atias :

Non. J’avais anticipé des critiques, pas une déflagration émotionnelle et idéologique. Ce que j’ai vécu ces derniers jours sur WhatsApp, dans des échanges privés devenus soudain hostiles, m’a montré à quel point tout geste culturel est aujourd’hui interprété comme une déclaration de guerre politique.

Mako : Parlons de ces messages. Qui vous a écrit ?

Atias : De tout. Des inconnus. Des collègues. Des gens avec qui j’ai travaillé pendant des années. Certains me demandaient comment j’osais. D’autres me disaient que je me “grillais”. Il y avait de la colère, parfois du mépris, parfois une froide déception. Ce n’était pas un débat, c’était un procès.

Mako : Votre tort, selon eux, serait d’avoir accepté un rôle dans un événement associé au ministre de la Culture, Miki Zohar. Que leur répondez-vous ?

Atias : Je leur réponds que la culture n’appartient pas à un ministre, pas plus qu’à un camp politique. Présenter un prix de cinéma, ce n’est pas signer un programme gouvernemental. C’est honorer des créateurs, des scénaristes, des réalisateurs, des acteurs, qui travaillent parfois dans des conditions impossibles.

Mako : Mais le climat est explosif. Beaucoup accusent ce prix d’être une tentative de reprise en main idéologique du cinéma israélien.

Atias : Justement. C’est là que le débat devient malsain. On ne parle plus d’œuvres, on parle de pouvoir. On ne juge plus un film, on juge la légitimité morale de ceux qui montent sur scène. Quand la culture devient un test de pureté politique, elle meurt.

Mako : Vous avez prononcé une phrase très forte : « Quand on transforme la culture en outil d’attaque politique, nous perdons tous. » Qui vise-t-elle ?

Atias : Tout le monde. La droite, la gauche, les artistes, les institutions. Cette logique détruit le dialogue. Elle transforme chaque événement culturel en piège. Soit tu te soumets à une ligne idéologique, soit tu es disqualifié. Ce n’est plus de l’art, c’est un tribunal.

Mako : Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large : depuis le 7 octobre, toute prise de parole israélienne à l’étranger est scrutée, parfois sanctionnée. L’avez-vous ressenti à Hollywood ?

Atias :Oui. Il faut être honnête. Dire publiquement “je soutiens Israël” n’est plus neutre. Ce n’est plus une opinion, c’est un marqueur à risque. Des portes se ferment plus doucement, des conversations changent de ton. Rien d’officiel, rien d’écrit, mais on le sent.

Mako : Avez-vous payé un prix professionnel ?

Atias : Probablement. Mais le vrai prix aurait été de me taire par calcul. Je ne suis pas une militante professionnelle, je suis une actrice israélienne. Je ne vais pas m’excuser d’exister ou de venir d’ici.

Mako : Vous avez aussi réagi à des figures internationales très engagées contre Israël, comme Angelina Jolie. Pourquoi ?

Atias : Parce que parler d’Israël depuis des plateaux occidentaux, sans jamais venir ici, sans rencontrer les gens, c’est facile. J’aimerais que ces voix viennent voir la complexité, la douleur, les contradictions. Le cinéma devrait créer des ponts, pas des slogans.

Mako : Certains vous accusent d’être instrumentalisée par le pouvoir politique israélien.

Atias : C’est une accusation commode. Elle permet de déshumaniser mon choix, de le vider de toute sincérité. Comme si une femme israélienne n’avait pas le droit d’agir par conviction personnelle sans être un pion.

Mako : Que révèle cette affaire, selon vous, sur l’état de la société israélienne et du monde culturel ?

Atias : Une peur immense. Peur d’être catalogué. Peur de perdre sa place. Peur de parler. La culture israélienne est riche, diverse, contradictoire. Si on commence à l’écraser sous des étiquettes politiques, on la trahit.

Mako : Regrettez-vous votre décision ?

Atias : Non. Ce que je regrette, c’est que présenter un prix de cinéma soit devenu un acte courageux. Cela devrait nous alerter tous.

Mako : Un dernier mot pour les artistes qui hésitent aujourd’hui à s’exprimer ?

Atias : Je leur dirais ceci : si nous laissons la peur décider à notre place, alors la culture n’a plus aucune raison d’exister. L’art n’est pas là pour rassurer les foules, mais pour dire la vérité, même quand elle dérange.