Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Élection à la tête du département politique du Hamas
Selon des sources proches de la direction du mouvement terroriste Hamas, l’organisation terroristea entamé les préparatifs pour organiser des élections internes visant à choisir le prochain chef de son département politique au sein du Conseil de la Choura général, composé d’environ 50 membres représentant trois zones : la bande de Gaza, la Cisjordanie et la diaspora.
Organisation du scrutin et candidats
Les sources interrogées ont déclaré que le Hamas a décidé de choisir un nouveau chef pour son département politique et de renouveler sa structure dirigeante, conformément aux lignes directrices du Conseil de la direction établi après l’élimination de Yehia Sinwar en octobre de l’année dernière.
Les mêmes sources ont précisé que les élections sont prévues dans les prochains jours ou peut-être dans quelques semaines.
Selon le reportage, il y a deux principaux candidats : Khalil al-Kahya, considéré comme le chef du département politique de l’organisation à Gaza malgré sa résidence à Doha, et Khaled Meshaal, l’ancien dirigeant politique du mouvement.
Les sources ont souligné qu’al-Kahya devrait l’emporter en raison de son soutien étendu, y compris au-delà de la bande de Gaza, notamment en Cisjordanie, où figure en bonne place Zaher Jabarin, responsable du dossier cisjordanien au sein du mouvement.
Orientation politique future du Hamas
Selon ces mêmes sources :
« Les résultats des élections façonneront l’orientation politique future du Hamas. Al-Kahya poursuivra l’approche actuelle, fondée sur un affrontement armé avec Israël dans la bande de Gaza – jusqu’à la fin de la guerre et le retrait complet de l’armée israélienne de la bande. »
Toujours d’après les sources, Meshaal, pour sa part, adopterait une ligne différente : « recherche de compromis dans des négociations pour mettre fin à l’occupation dans la bande de Gaza », « tentative d’éloigner le mouvement de l’influence de l’Iran » et « rapprochement avec des États arabes modérés ».
Ils se présentaient comme des militants engagés, des collecteurs solidaires, des visages familiers du militantisme pro-palestinien en Italie. En réalité, selon les enquêteurs, plusieurs d’entre eux faisaient transiter depuis des années des sommes considérables vers une organisation classée terroriste. Neuf arrestations, des millions d’euros et une enquête européenne dévoilent un système de financement bien rodé, dissimulé derrière l’humanitaire.
Enquête internationale dévoile un mécanisme sophistiqué de transferts de fonds
La justice italienne a mis un terme à un réseau suspecté d’avoir levé des millions d’euros au profit du Hamas, organisation classée terroriste par l’Union européenne, en arrêtant neuf personnes impliquées dans ce qui est présenté comme un système de collecte et de transfert de fonds parfaitement structuré.
L’opération, coordonnée par les forces de police italiennes avec des partenaires européens, a été déclenchée après l’identification d’opérations financières suspectes. L
es enquêteurs ont travaillé en liaison avec les autorités de plusieurs pays de l’Union européenne pour suivre l’acheminement des sommes récoltées.
Selon les premiers éléments de l’enquête, environ sept millions d’euros auraient été collectés sous couvert d’initiatives caritatives et finalement redirigés vers des entités liées au Hamas à Gaza, dans les territoires palestiniens ou en Israël.
Ces fonds provenaient de dons supposés destinés à des causes humanitaires, mais une partie importante a été employée pour des circuits financiers à l’étranger, via des transferts bancaires internationaux ou des organisations basées hors d’Italie vers des associations interdites pour leurs liens avec le mouvement islamiste.
Parmi les personnes arrêtées figure Mohammad Hannoun, identifié comme président de l’« association des Palestiniens en Italie » et décrit par les procureurs comme le « chef de la cellule italienne de l’organisation terroriste ».
L’enquête met en lumière l’existence d’un réseau complexe qui, selon les autorités, n’a pas simplement levé des fonds, mais aurait aussi servi à soutenir financièrement des proches de personnes « impliquées dans des attentats terroristes ».
Trois associations, officiellement présentées comme des organisations de solidarité en faveur du peuple palestinien, sont également visées par l’enquête pour leur rôle dans la collecte et la redistribution des dons.
La police a souligné que « sous couvert d’initiatives en faveur des populations palestiniennes, une partie importante, plus de 71 %, a été destinée au financement direct du Hamas », indiquant l’ampleur du détournement par rapport à l’objectif affiché des collectes.
Le mécanisme de financement et les réactions officielles
Les investigations ont montré que les sommes récoltées ont circulé via des organisations à l’étranger, dont certaines ont ensuite transféré l’argent à des associations actives à Gaza qui ont été déclarées illégales en raison de leurs liens avec le Hamas, « appartenant, contrôlées ou liées à Hamas » selon la police italienne.
Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a réagi sur les réseaux sociaux, soulignant la gravité des faits mis au jour. « Nous avons levé le voile sur des comportements et des activités qui, prétendant être des initiatives en faveur de la population palestinienne, cachaient un soutien et une participation à des organisations terroristes », a-t-il déclaré.
« C’est une opération très importante », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que ces actions représentaient un danger pour lequel le gouvernement accorde la plus grande attention. »
Les autorités italiennes ont également identifié des mandats d’arrêt internationaux visant deux autres personnes suspectées d’être liées à ce réseau et qui se trouvent à l’étranger, accentuant l’ampleur transnationale de l’affaire.
L’arrestation de ces individus s’inscrit dans une série de mesures prises par les États membres de l’Union européenne pour lutter contre les financements illicites en faveur d’organisations terroristes. L’UE a étendu ses sanctions à des personnes et entités impliquées dans le soutien financier de groupes tels que le Hamas et le Jihad islamique palestinien, renforçant ainsi le cadre juridique de lutte contre ce type de circuits financiers.
L’enquête se poursuit pour déterminer l’ensemble des flux financiers, l’identité de tous les acteurs impliqués et les éventuelles ramifications au-delà de l’Italie.
Qatargate. L’entretien qui fait exploser la version officielle.
Eli Feldstein accuse, décrit, et affirme avoir servi de fusible.
La nuit de l’arrestation : « On m’a arrêté comme un terroriste »
Eli Feldstein raconte la nuit où tout bascule.
Dans la nuit du 26 octobre, peu avant minuit, il est réveillé par des coups violents à la porte. Pas des coups, dit-il, « des explosions ». Des cris. La police. Des hommes cagoulés, armés, qui envahissent l’appartement par plusieurs entrées. Il est plaqué au sol à moitié nu, menotté, privé de téléphone, de tout contact extérieur.
Il insiste sur un point : personne ne lui explique officiellement pourquoi il est là. On lui dit seulement « tu sais pourquoi on est venus ». Très vite, il comprend que cela concerne la fuite vers le journal allemandBild du document dit « Sinwar ».
Il demande un avocat. On lui refuse.
On lui confisque ordinateurs et téléphones. Il est extrait de chez lui sous escorte lourde, les jambes entravées, dans un quartier entièrement bouclé.
Le Shin Bet. Isolement total. Pression constante
Il est conduit dans un centre d’interrogatoire du Shin Bet.
Cellule minuscule, sans air, sans lumière naturelle. Pas de montre. Pas de nouvelles du monde extérieur. Pendant près de dix jours, aucun contact avec un avocat. L’eau est brûlante, inutilisable. Le sommeil est haché. L’isolement est complet.
Feldstein dit comprendre très vite que l’enquête vise officiellement la fuite du document, mais qu’en réalité, « on cherche le Premier ministre ».
La ligne qu’il choisit : tout prendre sur lui
Dès les premières auditions, Feldstein adopte une stratégie qu’il reconnaît aujourd’hui comme volontaire :
il affirme avoir agi seul.
À plusieurs reprises, les procès-verbaux de police cités dans l’entretien confirment qu’il nie toute implication du bureau du Premier ministre, de ses conseillers, ou du Premier ministre lui-même.
Il explique pourquoi :
il est convaincu que quelqu’un viendra rapidement dire la vérité, le défendre, reconnaître qu’il agissait dans le cadre de son travail.
Il refuse d’être « celui qui sort d’une salle d’interrogatoire comme un délateur ».
Jonathan Urich. « Je l’ai protégé parce que je l’aimais »
Lorsqu’il est interrogé sur Jonathan Urich, Feldstein admet avoir menti par omission.
Il dit avoir sciemment répondu « je ne me souviens pas » à des questions dont il connaissait la réponse.
Il reconnaît que c’est un mensonge.
Il assume.
Pourquoi ?
Parce qu’il dit aimer Jonathan Urich. Parce qu’il savait que son épouse était enceinte. Parce qu’il s’imaginait encore assister à la naissance de sa fille.
Il affirme qu’à ce moment-là, protéger Urich lui semblait plus important que se protéger lui-même.
La prise de conscience : « J’étais seul »
Le tournant intervient lorsqu’il rencontre enfin son avocat, après plus d’une semaine.
Son avocat, Oded Saburai, lui montre des coupures de presse.
La version officielle du bureau du Premier ministre est alors limpide :
« Aucun employé du bureau du Premier ministre n’a été arrêté. »
Feldstein comprend immédiatement ce que cela signifie.
S’il est arrêté, c’est donc qu’il n’existe plus aux yeux du bureau.
Il décrit ce moment comme celui où il réalise qu’il est devenu sacrifiable.
Netanyahou. Le retournement tardif
Quelques semaines plus tard, alors qu’un acte d’accusation est déposé uniquement contre lui, le ton change.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu publie une vidéo puis déclare publiquement :
« Je connais Eli Feldstein. C’est un patriote israélien. Un sioniste. Un officier. »
Feldstein y voit une manœuvre tardive.
Selon lui, le soutien n’apparaît que lorsqu’il devient clair qu’il portera seul la responsabilité pénale.
La peur. Les menaces. La rupture
Dans les procès-verbaux cités, Feldstein dit craindre des atteintes physiques contre lui et sa famille.
Il parle de « ligne rouge » franchie, de gens « extrêmement puissants ».
Il explique que ce qui maintient les gens autour du Premier ministre, ce sont deux choses : la confiance et la peur.
La confiance ayant disparu, il ne reste que la peur.
Les dossiers sur Yoav Gallant
L’un des passages les plus explosifs concerne l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Feldstein affirme que des éléments compromettants, y compris une vidéo, auraient été conservés au bureau du Premier ministre concernant un incident violent impliquant Gallant et des agents de sécurité, survenu lorsqu’il s’était vu refuser l’accès au bureau du Premier ministre.
Interrogé sur le fait que Netanyahou en ait eu connaissance, Feldstein refuse de répondre directement.
Il affirme cependant que Gallant savait que ces éléments existaient et que cela expliquerait, selon lui, son silence ultérieur.
L’effondrement psychologique
Les comptes rendus de police cités décrivent Feldstein en pleurs, agité, implorant de l’aide, parlant de sa vie « terminée ».
Il est placé sous surveillance renforcée pour risque suicidaire.
Des objets inquiétants sont retrouvés dans sa cellule.
Il reconnaît avoir écrit une lettre, tout en niant toute tentative de passage à l’acte.
Ce que révèle cet entretien
Feldstein affirme aujourd’hui avoir compris qu’il avait servi de fusible parfait.
Assez proche pour agir.
Assez isolé pour être sacrifié.
Assez loyal pour se taire longtemps.
Il nie avoir été un agent du Qatar.
Il nie avoir agi pour un État étranger.
Il affirme avoir agi dans un contexte professionnel, idéologique et politique, avant d’être abandonné lorsque le coût est devenu trop élevé.
C’est à ce moment-là, dit-il, qu’il a décidé de parler.
Sans filtre.
Sans protection.
Et sans plus rien à perdre.
Qatargate. Ce que dit Eli Feldstein quand il ne raconte plus son arrestation
Après le récit de la nuit de l’arrestation, de l’isolement, de la cellule, des interrogatoires et de l’effondrement psychologique, Eli Feldstein déplace le centre de gravité de son témoignage.
Il ne parle plus seulement de ce qu’on lui a fait.
Il parle de ce qu’il a compris.
Et ce qu’il dit alors est autrement plus dérangeant.
Feldstein ne se présente jamais comme un idéologue solitaire, ni comme un agent incontrôlé. Il répète au contraire qu’il a toujours agi en pensant être dans le cadre implicite de ce qui se faisait, dans un environnement où l’on n’attend pas des ordres écrits mais où l’on comprend très vite ce qui est attendu.
Il ne dit pas que le Premier ministre lui a donné une instruction formelle.
Il dit que personne ne lui a jamais dit d’arrêter.
La fuite vers Bild : “personne ne s’en est étonné”
Lorsqu’il évoque la transmission du document au journal allemand Bild, Feldstein insiste sur un point précis.
Selon lui, cette initiative n’était pas perçue comme une transgression majeure, mais comme une opération médiatique parmi d’autres, destinée à influer sur la perception internationale de la guerre et de ses responsabilités.
Il affirme qu’il lui semblait inconcevable qu’un document de cette nature soit utilisé sans s’inscrire dans une logique connue et tolérée par l’entourage politique.
Il ne dit pas que quelqu’un a validé explicitement.
Il dit que le silence valait validation.
Ce qui le frappe, rétrospectivement, ce n’est pas d’avoir agi, mais d’avoir été le seul à en payer le prix.
Le basculement : de collaborateur à problème
Feldstein situe un moment précis où tout change.
Ce moment n’est ni une audition, ni une accusation formelle.
C’est lorsqu’il découvre, par l’intermédiaire de son avocat, que le bureau du Premier ministre affirme publiquement qu’aucun collaborateur n’a été arrêté.
À cet instant, il comprend qu’il n’est plus un rouage, mais un fardeau.
Il n’est plus “l’affaire”.
Il est devenu le problème.
C’est là, dit-il, qu’il commence à comprendre que la loyauté ne protège pas lorsque le coût politique devient trop élevé.
Ce qu’il dit de Netanyahu, sans l’accuser frontalement
Feldstein se garde soigneusement d’accuser directement Benjamin Netanyahu d’avoir ordonné quoi que ce soit.
Mais il rapporte une phrase, entendue de la bouche d’un proche conseiller du Premier ministre, qu’il dit ne jamais avoir oubliée :
« À Netanyahu, n’importe qui importe moins que Netanyahu. »
Il ne présente pas cette phrase comme une critique morale.
Il la décrit comme une clé de lecture.
Si quelqu’un qui travaille avec lui depuis plus de dix ans pense ainsi, alors, dit Feldstein, il n’y a pas de place pour l’illusion.
Chacun est remplaçable.
Et chacun peut être sacrifié.
La peur, plus forte que la loyauté
L’un des passages les plus lourds de son témoignage concerne ce qu’il appelle le véritable ciment du système.
Selon Feldstein, ce n’est ni l’idéologie ni la confiance qui maintiennent les gens autour du pouvoir, mais la peur.
Peur d’être discrédité.
Peur de perdre sa place.
Peur de ce qui peut être ressorti contre vous.
Il affirme que lorsque la confiance disparaît, il ne reste que la peur, et que c’est à ce moment-là que le système devient dangereux pour ceux qui y travaillent.
Yoav Gallant : “des éléments existent”
Feldstein va plus loin encore lorsqu’il évoque l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Il affirme que des éléments compromettants existent à son sujet, liés à un incident survenu au bureau du Premier ministre, et que Gallant savait que ces éléments existaient.
Il ne dit pas qu’ils ont été utilisés.
Il ne dit pas qu’ils constituent un chantage actif.
Il dit que leur simple existence suffit à expliquer certains silences.
Il refuse, en revanche, de répondre clairement à la question de savoir si le Premier ministre était informé de la collecte de ces éléments.
Pourquoi il parle maintenant
Feldstein affirme qu’il ne parle ni par vengeance ni par idéologie.
Il parle parce qu’il a compris que se taire ne le sauverait pas.
Il dit avoir accepté d’être un bouclier, pensant que quelqu’un viendrait, à un moment ou à un autre, assumer la responsabilité politique.
Ce moment n’est jamais venu.
Quand il réalise qu’il est seul face :
au Shin Bet,
à la police,
au parquet,
et à ceux qu’il a protégés,
il décide de raconter ce qu’il sait, avec ses mots, et sans prétendre détenir la vérité absolue.
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« Il nous a assassinés, nous sommes des morts-vivants »
Le terrible secret des neuf enfants et de l’oncle « héros » devenu monstre
Pendant des années, Aviad Grossi était admiré dans sa famille comme un « l’homme à qui tout réussit » : combattant dans une unité de combat, figure respectée et un oncle chéri. Personne ne soupçonnait qu’en coulisses, sous cette apparence de héros, se cachait un prédateur.
R’, alors âgée de 11 ans, se souvient de l’événement inaugural avec un détail glaçant, comme si le temps s’était figé. « Je suis revenue avec mon frère de l’école et j’étais assise dans le salon de ma grand-mère », raconte-t-elle dans sa première interview à mako depuis que son oncle, Aviad Grossi, a été condamné à 22 ans de prison. « Aviad, mon oncle, était assis à côté de moi sur le canapé. Soudain, il a relevé ma jupe et m’a touchée. Je me suis figée. Je n’ai pas pu articuler un mot. Comprends-moi, c’était mon oncle adoré, un combattant, la fierté de la famille, le frère de ma mère ».
Ce premier acte n’était que le prélude à une série d’abus qui se sont étendus sur trois ans. R’ affirme que Grossi profitait de toute occasion : lorsque les parents n’étaient pas là, quand il était appelé pour faire du baby-sitting, ou encore lors de réunions familiales. « En huitième année, il a essayé de me violer dans la baignoire. Je l’ai repoussé, je sanglotais », raconte-t-elle. En plus des actes physiques, les menaces se multipliaient : « Il m’a fait peur en me disant que si je le racontais aux parents, quelque chose de terrible m’arriverait. J’étais une enfant, je le craignais qu'il me tue ».
Le silence brisé : « J’ai découvert qu’il avait agressé tout le monde »
La tournure dramatique s’est produite il y a environ deux ans. R’, alors fiancée et à quelques jours de son mariage, a décidé qu’elle ne pouvait plus supporter ce secret et a tout confié à sa mère. La révélation a ouvert une boîte de Pandore : R’ n’était pas la seule victime. Huit de ses frères et sœurs avaient eux aussi été agressés par leur oncle au fil des années, chacun gardant le silence, craignant de ne pas être cru ou sous la pression des menaces de Grossi.
« Ce qui est fou dans cette affaire, c’est que chacun d’entre nous a gardé cela enfoui en lui », dit-elle. « Nous avions peur d’en parler ».
Quand la famille a cherché conseil auprès de rabbins, la réponse a été consternante. « Ils ont dit qu’il ne fallait pas déposer plainte à la police. Ils ont proposé qu’Aviad paie une compensation de 10 000 shekels et que l’affaire soit close », affirme R’. « Nous étions sous le choc. Nous avons décidé, avec nos parents, qu’il était impossible de balayer cela sous le tapis. Nous devions sauver d’autres enfants, même au prix lourd que nous allions payer ».
La décision de porter plainte à la station de police de Holon a provoqué une rupture brutale avec l’entourage. Toute la famille élargie s’est rangée du côté de l’agresseur. « Ma grand-mère et tous les membres de la famille nous ont reniés. Ils disaient que nous inventions cela pour de l’argent, même s’il avait avoué ces actes au tribunal », raconte R’, la voix chargée de douleur.
Sur le plan personnel, l’impact a été dévastateur. Son fiancé, informé des abus deux mois avant le mariage, a annulé leurs fiançailles. « C’était un coup terrible. Tout s’est effondré comme un château de cartes. J’ai beaucoup pleuré, mais je suis restée forte. Je savais que nous avions fait ce qu’il fallait ».
« Il a tué toute notre famille »
Au tribunal, les parents ont décrit une famille fracassée. La mère a parlé de semaines de tremblements et de bégaiement, et le père a déclaré que depuis la révélation, il était incapable de travailler : « Il a tué mes enfants, ma femme et moi aussi. Il mérite des centaines d’années de prison ».
Dans le cadre d’un accord de plaider coupable, Grossi a reconnu les faits. L’accusation, représentée par l’avocate Daya Ben Assa Zigelman, avait requis 25 ans de réclusion, tandis que la défense ne demandait que dix ans pour des raisons de réhabilitation. Finalement, le tribunal a condamné Grossi à 22 ans de prison ferme et à verser un quart de million de shekels de compensation aux victimes.
Récemment, Grossi a fait appel auprès de la Cour suprême pour contester la sévérité de la peine. Cette démarche provoque un profond sentiment de frustration chez R’. « Aviad est plus qu’un meurtrier terroriste. À cause de lui, nous sommes des morts-vivants », conclut-elle. « Ces cicatrices nous accompagneront toute notre vie.
J’espère seulement que notre cas donnera du courage à d’autres pour ne pas avoir peur et porter plainte, peu importe qui est l’agresseur ».
La sentence, rédigée par la juge Noa Tabor avec les juges Yossi Topf et Yossi Barkahia, détaille la profondeur de la violation au sein du foyer familial. Les magistrats ont souligné que Grossi avait choisi d’exploiter la confiance absolue accordée à un membre de la famille pour nuire à de jeunes enfants, certains trop jeunes pour nommer l’horreur qu’ils subissaient.
Dans son jugement, la juge Tabor a décrit avec des mots saisissants l’ampleur de la destruction du noyau familial : « Neuf victimes. Tous des enfants. Tous frères et sœurs… aucun n’a échappé à l’attaque cruelle de l’accusé ».
Le dossier modifié, dont l’accusé a reconnu et a été condamné, décrit une série d’agressions d’une gravité extrême s’étendant de 2011 à 2020.
« L’accusé est entré dans la cellule familiale sous couvert de tendre la main pour aider à élever les enfants », écrit-il. « Mais sous le masque d’une figure bienveillante, l’accusé a exploité l’opportunité pour dévorer l’innocence des enfants et porter atteinte à leur corps et à leur âme ».
Le jugement note que ces attaques n’étaient pas des actes isolés mais un « outil systématique et impitoyable » de satisfaction de ses désirs, utilisant l’âge tendre des enfants et leur désir de proximité. Les agressions se déroulaient dans des lieux censés être sûrs : « la salle de bains de la synagogue lors de l’“heure de la joie du sabbat”, dans les chambres et dans l’abri renforcé ».
Le dossier évoque aussi une tentative antérieure d’éviter la justice. Un des aspects révoltants de l’acte d’accusation concerne une entrave à l’enquête : il apparaît qu’un sceptique envers Grossi avait déjà tenté de faire témoigner un des enfants de manière mensongère,prolongeant de cinq années supplémentaires sa liberté, pendant lesquelles il a continué à nuire aux enfants de la famille.
Le tribunal a voulu envoyer un message clair : « Que quiconque exploite le pouvoir et la confiance accordés pour nuire au lieu d’aimer, sache qu’en fin de compte il sera condamné à de nombreuses années de prison ».
L’avocate Daya Ben Assa Zigelman a déclaré après l’audience : « La peine sévère est le début d’un processus de réhabilitation pour toute la famille. Nous espérons que le message résonnera dans chaque foyer où un prédateur sexuel s’attaque à ses proches, et encouragera les victimes à signaler et à briser le silence ».
Le pull « moche » de Microsoft en Israël et son message de Noël
Un objet festif devenu instrument social
Chaque année, Microsoft lance à l’approche des fêtes un pull que la marque elle-même qualifie de « moche », une tradition qui a fini par susciter l’intérêt au-delà des cercles technophiles. Cette année, l’initiative a pris une ampleur nouvelle en Israël, au-delà de l’anecdote fashion habituelle : ce pull n’est pas seulement un objet de mode ou une curiosité culturelle, il est devenu le vecteur d’un message social mesurable.
Le vêtement, habituellement associé aux fêtes de fin d’année, combine le kitsch assumé de l’esthétique « ugly sweater » avec une dimension sociale forte portée par Microsoft Israël et une organisation locale.
L’édition de cette année a été conçue par le centre de recherche et développement de Microsoft en Israël comme un hommage à une icône logicielle vieille de plusieurs décennies : le programme de dessin simple qui accompagne Windows depuis le milieu des années 1980. Dans ce contexte, l’esthétique du pull reflète la simplicité et la nostalgie de cet outil populaire, tout en s’inscrivant dans la célébration des fêtes.
Partenariat avec l’association « Album Shakuf »
Cette édition s’écarte nettement de la simple opération marketing : Microsoft a associé la campagne à l’organisation israélienne « Album Shakuf », qui aide d’anciens combattants et des personnes souffrant de troubles psychologiques liés au service militaire à accéder plus rapidement à des services de soutien, sans lourdeurs administratives.
Selon Shani Sofer, directrice générale de l’association,
« La raison d’être de notre collaboration actuelle avec Microsoft autour du pull, qui à mon sens n’est pas si moche que ça, est de mettre l’association et son activité sous les projecteurs. »
Elle précise que
« Beaucoup de fois, un combattant arrive à un point où il comprend qu’il a besoin d’aide, tend la main, appelle, et personne ne lui répond pendant des mois, ou on lui dit que ce n’est pas approprié, ou on ne répond même pas. Alors il tombe. Nous avons compris que nous devons devenir un organisme qui centralise tous les services, qui se met à jour quotidiennement et qui assure un retour rapide à ceux qui sollicitent, car c’est ce qui manque aujourd’hui. »
L’association a développé une plateforme qui regroupe hôpitaux, associations, programmes gouvernementaux et services de santé pour simplifier l’accès à l’aide. Un principe clé du fonctionnement est qu’un prestataire listé sur cette plateforme doit répondre à l’utilisateur dans les 72 heures, non pas en tant que recommandation, mais comme une obligation.
Un impact quantifiable
Dans le cadre de la campagne liée au pull de Microsoft, l’ensemble des revenus générés par sa vente a été reversé à l’association. Les employés de Microsoft y ont contribué financièrement à titre personnel, et l’entreprise a doublé ces contributions. Au total, plus de 130 000 shekels ont été transférés pour soutenir l’action de l’association.
Cette initiative a eu pour effet une augmentation significative des inscriptions et des demandes d’aide via la plateforme, parfois jusqu’à quatre fois la norme habituelle, tant en termes de nombre que de qualité des demandes, selon les données internes de l’association.
Selon Sofer,
« La vérité est que cela normalise ce que nous appelons les ‘blessures invisibles’ et suscite une prise de conscience sans stigmatisation. C’est brillant, car cela combine à la fois la promotion d’un bon produit et la sensibilisation à une activité qui sauve des vies. »
Les retours des bénéficiaires montrent que cette visibilité a touché non seulement les personnes concernées elles-mêmes mais aussi leurs proches :
« Les gens racontent à quel point cela les a touchés en tant que frères, conjoints, familles de personnes souffrant de stress post-traumatique. Le sentiment est que vous n’êtes pas seul, que quelqu’un vous voit. Et cela signifie qu’il a un lieu et qu’il faut en parler. »
Vision du partenariat
La coopération entre Microsoft Israël et l’association ne date pas de cette campagne autour du pull : elle est le fruit d’un partenariat qui s’est développé au fil des ans, notamment à travers l’organisation d’événements intégrant musique et soutien psychologique autour de la mémoire du service et de la résilience. Cette proximité a facilité l’orientation de la campagne vers une cause sociale profonde, dépassant la simple célébration festive.
Selon Ido Shainberg Ziv, responsable de la responsabilité sociale chez Microsoft Israël :
« Nous choisissons chaque année l’association qui recevra l’ensemble des revenus de la campagne du pull moche, en fonction d’un enjeu social pressant et pertinent cette année. Le choix est guidé par un engagement de long terme envers la responsabilité sociale et l’envie de créer un impact réel et significatif dans la communauté. »
Il ajoute que l’accompagnement plus étroit de l’association par cette initiative permet d’élargir ses activités.
Finies les journées de réserve gaspillées ? Les nouvelles directives de Tsahal et leurs conséquences.
Derrière le langage administratif et les “ajustements techniques”, Tsahal acte une réalité devenue impossible à dissimuler : le système de réserve tel qu’il fonctionnait jusqu’ici n’était plus maîtrisé. Transferts en cascade entre unités, jours de réserve comptabilisés sans présence réelle, séjours à l’étranger tolérés, recrutements improvisés hors cadre officiel. Les nouvelles directives ne réforment pas à la marge : elles referment des failles, corrigent des abus et officialisent, sans le dire, l’ampleur du désordre que l’armée cherche désormais à contenir.
Document inédit : les règles actualisées pour l’emploi des réservistes en 2026
Tsahal a publié un document de directives interne de sept pages qui réorganise l’usage des jours de réserve militaire pour l’année 2026, dans un contexte de fortes critiques sur la “bouche inutile” des jours de réserve gaspillés et de gaspillage dans l’emploi de ces ressources. Ce texte intervient alors que le budget 2026 prévoit une réduction importante de l’utilisation des réservistes d’environ un tiers.
Contexte et objectifs du nouveau règlement
Selon le document élaboré par l’agence des ressources humaines de l’armée, la pratique actuelle de suivi des jours de réserve “n’est pas représentative de la réalité existante”.
En arrière-plan, les ministères de la Défense et des Finances se sont mis d’accord pour réduire le nombre de réservistes planifiés quotidiennement de 60 000 à 40 000, face à une usure considérable du système après de longs engagements récents.
La réforme ne reconnaît pas explicitement un problème mais revoit en profondeur les règles de service, avec pour effet une diminution de certaines formes d’utilisation des jours de réserve tout en renforçant les obligations de suivi et le cadre administratif.
Nouvelles règles principales
Limitation des transferts de réservistes entre unités
La nouvelle directive encadre strictement le système appelé “safshot”, qui permettait jusqu’ici à un réserviste d’être affecté temporairement dans plusieurs unités différentes au cours d’une même année.
Désormais, un réserviste ne pourra servir que dans son unité d’origine et, au maximum, dans deux autres unités supplémentaires sur une année civile. Cette règle ne s’applique pas lorsqu’il s’agit d’un service continu au sein d’une seule unité, sans changement d’affectation.
Par ailleurs, la durée cumulée de ces transferts entre unités est plafonnée à 120 jours par an. Au-delà de ce seuil, aucune nouvelle affectation temporaire ne pourra être validée.
Séjour à l’étranger pendant les jours de réserve
La présence d’un réserviste à l’étranger pendant une période de service est désormais fortement limitée.
Elle n’est autorisée que dans deux cas précis.
Premier cas : durant les “jours d’organisation”, c’est-à-dire les jours non opérationnels accordés au réserviste dans le cadre de son service.
Second cas : lorsqu’il s’agit d’une mission opérationnelle effectuée sous un ordre exceptionnel de mobilisation, appelé “Tzav 8”.
Des exceptions existent toutefois. Un réserviste dont le centre de vie est officiellement établi à l’étranger peut être autorisé à servir dans ce cadre. De même, une autorisation spéciale peut être accordée pour certaines fonctions spécifiques.
En revanche, tout séjour à l’étranger non conforme à ces règles entraîne la clôture immédiate du mois de réserve, à compter de la date de sortie du territoire. Aucun jour suivant ne pourra être comptabilisé comme service actif.
Obligation de rapport quotidien
Tsahal considère que les systèmes actuels ne reflètent pas fidèlement l’activité réelle des réservistes. Par conséquent, la nouvelle directive exige que chaque réserviste signale quotidiennement sa présence active sur le site officiel des réservistes tant qu’il est en service actif. Tout écart de rapport sera considéré comme une absence injustifiée, entraînant potentiellement la fermeture du mandat de réserve.
Recrutement par réseaux sociaux interdit
Les directives précisent que il est interdit de publier des “demandes de réservistes” ou des appels à renforts sur les réseaux sociaux, notamment par les services de ressources humaines, les commandants ou les réservistes actifs eux-mêmes. Les recrutements doivent se faire exclusivement par les canaux officiels (sites d’emploi militaires et communautés dédiées). Cette clarification répond à une utilisation devenue routinière de plateformes comme WhatsApp, Telegram ou Facebook pour solliciter des soldats.
Service de réserve et obligations de présence
La directive met fin à la pratique de servir en mode “semaine-semaine”. À partir de 2026, le service continu depuis le domicile ne sera plus considéré comme du service actif, sauf dans des cas très spécifiques de collecte d’heures validées dans le cadre d’un ordre de routine ou d’urgence. La règle des congés en fonction du ratio “quatre jours de réserve pour dix jours d’activité” reste applicable selon la nature de la compagnie.
Autres précisions du document
La réforme s’applique dans un contexte où le budget militaire pour 2026 implique une réduction d’environ un tiers de l’emploi quotidien des réservistes. Le document reconnaît la nécessité de préserver la capacité opérationnelle tout en contrôlant les coûts et en évitant un recours excessif à la réserve.
Cette réforme traduit une volonté de Tsahal de professionnaliser et rationaliser le système de réserve, d’accroître la responsabilité des soldats dans le système de rapport et de contrôle, et de limiter les formes d’emploi perçues comme wasteuses, notamment en réduisant certaines rotations et obligations qui pouvaient être jugées administratives plutôt que réellement opérationnelles.
Finies les attentes : un appareil israélien permet de diagnostiquer les maladies sexuellement transmissibles en 30 minutes
Un dispositif médical mis au point en Israël promet de transformer en profondeur le dépistage des maladies sexuellement transmissibles. Développé par la start-up Kanso, en japonais veut dire simplicité, cet appareil permet d’identifier certaines infections bactériennes en seulement trente minutes, directement au cabinet médical, sans envoi d’échantillons vers un laboratoire externe ni attente de plusieurs jours.
Une innovation née de la rencontre entre biologie et ingénierie
À l’origine du projet, deux amis d’enfance originaires de Jérusalem, aujourd’hui âgés de 34 ans. L’un est biologiste, spécialiste de biologie moléculaire et de génie génétique. L’autre est ingénieur en mécanique, diplômé du Technion puis formé à la gestion. Ensemble, ils ont fondé une entreprise dont l’objectif est clair : simplifier un processus médical lourd, anxiogène et souvent lent pour les patients.
Combler le fossé entre rapidité et fiabilité
Les fondateurs expliquent que le système a été conçu pour répondre à une faiblesse bien connue du dépistage actuel. Les tests rapides existants manquent souvent de précision, tandis que les analyses de laboratoire fiables imposent des délais longs. « Nous voulions combler l’écart entre les tests rapides et les tests plus fiables », explique l’un des cofondateurs, en résumant l’ambition technologique du projet.
Un diagnostic immédiat, lors de la consultation
La première application de l’appareil concerne les infections bactériennes sexuellement transmissibles les plus répandues, notamment la chlamydia et la gonorrhée. Aujourd’hui, dans certains pays, les patients attendent jusqu’à dix jours pour obtenir leurs résultats. « Nous avons développé un appareil compact qui permet au médecin de réaliser le test sur place, et au patient de recevoir un traitement dès la même consultation », précise l’un des dirigeants de la société.
Des essais cliniques déjà engagés
Après deux années de recherche et développement, un prototype pleinement fonctionnel a été conçu et fabriqué par l’équipe. Des dizaines d’échantillons urinaires ont déjà été testés dans le cadre d’une collaboration avec un grand centre hospitalier israélien, afin de valider la fiabilité clinique du dispositif dans des conditions réelles.
Financement, autorisations et objectif de mise sur le marché
La start-up a levé jusqu’à présent l’équivalent de 1,8 million de dollars auprès de fonds de capital-risque, de l’Autorité israélienne de l’innovation et d’investisseurs privés.
Elle a récemment obtenu une subvention supplémentaire d’environ 1,5 million de dollars et travaille actuellement à une nouvelle levée de fonds. « Notre objectif est de finaliser un tour de financement et de transformer le prototype en produit clinique, à travers un essai qui obtiendra l’autorisation des autorités sanitaires américaines », expliquent les fondateurs.
Un modèle économique qui bouscule les laboratoires
Aux États-Unis, un test de dépistage de ce type est aujourd’hui remboursé autour de 70 dollars lorsqu’il est effectué en laboratoire. L’intégration d’un appareil de diagnostic rapide directement dans les cabinets médicaux pourrait donc modifier l’équilibre économique du secteur, en réduisant la dépendance aux laboratoires externes et en accélérant la prise en charge des patients.
Vers une médecine de proximité, puis à domicile
Les fondateurs indiquent que les développements futurs resteront centrés sur la santé féminine, avec des tests destinés aux infections urinaires et vaginales. À plus long terme, ils envisagent une utilisation à domicile. « Avec le temps, la médecine et le diagnostic arriveront de plus en plus chez le patient », affirment-ils, en décrivant une évolution progressive vers une médecine décentralisée.
Travailler avec un ami, un défi assumé
Les deux entrepreneurs reconnaissent que diriger ensemble une start-up exige une grande maturité relationnelle. Ils expliquent que leur amitié de longue date leur permet d’affronter les tensions inhérentes à l’entrepreneuriat. L’un d’eux confie même, non sans ironie, qu’ils ont parfois « plus d’accords entre eux qu’avec leurs conjoints ».
Ce dispositif israélien marque une avancée concrète dans le diagnostic rapide des maladies sexuellement transmissibles, en réduisant drastiquement les délais sans compromettre la fiabilité médicale.
Un accord à l’amiable a été conclu fin décembre 2025 entre l’État d’Israël et cinq anciennes gardiennes de la prison de Gilboa qui avaient engagé une action civile contre l’État après avoir été victimes, selon elles, d’agressions sexuelles et d’exploitation par un détenu. Les plaignantes recevront des millions de shekels de la part de l’État dans le cadre de ce règlement financier, conclu après plus d’une décennie de procédures.
L’avocate qui représentait les gardiennes, Keren Barak, a refusé de divulguer les détails monétaires de l’accord, soulignant la confidentialité :
« En raison de la confidentialité et afin de préserver la vie privée des gardiennes, je ne commenterai pas les accords financiers conclus entre elles et l’État. »
Rappel des faits
Cette affaire trouve son origine dans des allégations graves visant le prisonnier de sécurité palestinien Mahmoud Atallah, condamné pour terrorisme, qui est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement plusieurs gardiennes et soldates servant comme gardiennes dans la prison de Gilboa. Son procès pénal est toujours en cours devant le tribunal de Nazareth au moment du règlement civil.
Les premières accusations contre Atallah ont été déposées entre 2014 et 2017, et les agressions auraient duré plus de trois ans, au cours desquelles il aurait, selon les plaignantes, abusé de leurs fonctions et de leur corps alors qu’elles exerçaient leur service en tant que gardiennes.
La situation a été révélée au public lorsqu’une enquête journalistique a mis en lumière les plaintes des gardiennes en 2018, après quoi une enquête policière et des démarches judiciaires plus poussées ont été engagées.
Plainte et procédure judiciaire
Les cinq gardiennes ont déposé chacune une plainte distincte, quatre devant le tribunal de première instance et une au tribunal régional de Haïfa, la dernière portant sur quatre accusations de viol. La première plainte avait été déposée dès 2021.
Parallèlement à la procédure pénale contre Atallah, des actions en justice ont été intentées contre des responsables de la prison, notamment pour manquement à leurs devoirs et couverture ou ignorance des plaintes.
Les gardiennes ont accusé leurs supérieurs d’avoir ignoré leurs signalements et permis à Atallah d’abuser d’elles, voire d’avoir « prostitué » des gardiennes en les plaçant auprès de détenus à leur demande pour obtenir des concessions — une accusation corroborée par des témoignages de l’époque selon lesquels les autorités pénitentiaires auraient sciemment permis que ces abus se produisent.
Des enquêtes antérieures avaient déjà soulevé des critiques sévères contre le Service pénitentiaire israélien et d’autres autorités, y compris des allégations selon lesquelles des informations concernant les agressions auraient été connues de services de sécurité comme le Shin Bet, mais n’auraient pas été traitées avec la diligence requise.
Contexte et implications judiciaires
Le dossier civil qui a abouti à l’accord comprend notamment des accusations d’atteintes sexuelles graves, déposées auprès de la police dès novembre 2017, suivies d’une enquête approfondie menée par une unité spéciale. Ces démarches ont conduit à des décisions judiciaires différées, des enquêtes réouvertes, et finalement à des actes d’accusation contre Atallah pour viol et actes indécents, ainsi que des poursuites envisagées contre plusieurs responsables de la prison pour manquement à leurs obligations professionnelles.
L’accord civil intervient alors que ces procédures pénales et disciplinaires sont toujours en cours, sans jugement définitif dans l’affaire principale contre Atallah.
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Exclusivité entretien avec Romi Gonen : « Il m’a mis un pistolet sur la tempe et m’a dit : Si tu le dis à qui que ce soit, je te tue. »
471 jours de silence, puis la décision de tout dire
Près d’un an après être revenue du Hamas, Romi Gonen brise enfin le silence dans une première interview, accordée à Uvda (Chaîne 12).
Elle avait 23 ans au moment d’être enlevée à la fête de la Nova.
Ceux qui l’ont suivie ces derniers mois l’ont filmée pendant son long séjour à l’hôpital, puis sur son chemin de retour à la vie, alors même que, dehors, on demandait : pourquoi Romi ne parle-t-elle pas.
Aujourd’hui, elle explique qu’elle peut parler « de tout », y compris de ses ravisseurs, « surtout d’un homme », décrit comme un haut responsable recherché du Hamas qui s’est servi d’elle comme bouclier humain.
Le matin du 7 octobre, la Nova, puis la course pour sortir vivantes
Romi arrive à la fête, sur le parking de Réïm, avec sa meilleure amie Gaia Halifa.
Derrière elles, il reste une traînée de preuves numériques : photos, géolocalisations, messages, enregistrements d’appels, tandis que leurs proches, mobilisés, tentent de les guider et de les sauver. Ben Shimoni, ami de Gaia et collègue, part les chercher grâce à la localisation WhatsApp que Gaia lui a envoyée, même si elle l’a supplié de ne pas venir. Romi dit :
« Je suis la 13e personne que Ben Shimoni a sauvée. La troisième fois qu’il est retourné à la Nova, c’était quand il est venu me prendre, moi, Gaia et Ofir (Tzarfati). »
10 h 10, la voiture noire, et l’appel que sa mère entend jusqu’au bout
À 10 h 10, la voiture noire de Ben est filmée par la caméra de la station de conditionnement du kibboutz Aloumim. Une séquence « irréelle » : l’appel entre Romi, blessée, et sa mère Meirav, restée à la maison, est enregistré presque dans sa totalité.
Meirav raconte : « Au bout du compte, dans cet appel, j’ai une responsabilité. J’ai un rôle, je suis une mère. Alors il y a un moment où je me dis : la seule aide que je peux lui apporter, c’est qu’il n’y ait pas une seule seconde où elle se sente seule. »
Puis : « Même si je suis la dernière voix qu’elle entend, même si elle est assassinée ou enlevée, que la dernière chose avec laquelle elle parte, ce soit ma voix et le fait qu’elle n’est pas seule, que je suis avec elle, à chaque instant. »
Dans la voiture, « ne pars pas », puis l’enlèvement
Un véhicule blanc, probablement un pick-up de terroristes, manœuvre et s’arrête exactement là où la voiture de Ben avait été bloquée. À ce moment-là, il ne reste en vie dans la voiture que Romi et Ofir, un jeune homme qu’elle vient tout juste de rencontrer, le matin même, pendant qu’ils se cachaient.
Sur l’enregistrement, on entend clairement Ofir, blessé, supplier Romi de sauver sa peau et de fuir. Mais elle reste avec lui dans la voiture. L’appel continue. Meirav n’a plus que le son : les terroristes qui tentent de démarrer, puis l’instant où ils emmènent les deux jeunes vers Gaza.
« Je pensais que je me réveillerais sans main » : Shifa, l’opération, puis l’appartement
La première station où Romi est conduite, directement depuis le point d’enlèvement, est l’hôpital Shifa, au cœur de Gaza. Elle dit : « Tu comprends que tu vas soit mourir, soit partir au bloc, et tu ne sais rien. Moi, j’étais sûre que j’allais me réveiller sans main. » Blessée, encore sous l’effet des anesthésiques, elle est ensuite transférée dans un appartement du centre-ville. Elle y est détenue seule ; dans la maison, autour d’elle, uniquement des hommes : ses geôliers.
La question que personne ne veut poser, et le premier passage à l’acte
Romi met des mots sur ce que beaucoup redoutent d’entendre : « Je pense que la question suivante que tout le monde a en tête, c’est : est-ce qu’on t’a harcelée ? Et les gens ne posent pas cette question. Moi non plus, je ne l’aurais pas posée si j’avais été à votre place. Je pense aussi que personne ne la pose surtout parce que personne ne veut entendre la réponse. » Elle raconte qu’au premier épisode qu’elle révèle, l’agresseur est un membre du personnel médical venu de l’hôpital pour s’occuper de sa blessure.
« Il est entré sous la douche parce qu’il était “infirmier” et qu’il “venait m’aider” »
Elle raconte qu’alors qu’elle se rend sous la douche, l’homme chargé de sa garde s’y introduit, prétextant être « infirmier » et venir « l’aider ». Romi est blessée, affaiblie, détenue, entourée d’hommes armés. Elle n’a aucune possibilité de s’opposer, de fuir ou de refuser. Elle décrit un moment où son corps ne lui appartient plus, où la peur et la contrainte annihilent toute réaction.
Cet épisode constitue une agression sexuelle commise sous contrainte, dans un contexte de captivité totale.
Quelques minutes plus tard, une première vidéo d’elle en captivité est filmée dans la salle de bain, immédiatement après cette agression. Romi précise qu’à ce moment-là, elle ne sait pas encore que l’homme qui la filme sera lui aussi l’un de ceux qui lui feront subir des violences sexuelles par la suite.
Transfert précipité, puis la maison du camp de Shati : Mohammed et Ibrahim
Quand, dans l’appartement de Gaza, ils sentent que les forces de Tsahal se rapprochent, ses geôliers décident de la déplacer. Dans un appartement, au cœur du camp de réfugiés Shati, Romi est surtout gardée par deux hommes : Mohammed, “le photographe”, et Ibrahim, plus jeune. Là, dit-elle, la routine devient une réalité insupportable, faite de harcèlement et de peur permanente de ce qu’ils pourraient lui faire.
« À partir d’aujourd’hui… quand tu vas aux toilettes, je viens avec toi »
Romi décrit une scène précise d’attouchements sexuels imposés. Elle raconte qu’il s’approche d’elle, commence à la toucher sous couvert d’un “massage”, puis fait glisser ses mains vers sa taille. Elle lui dit à plusieurs reprises : « Arrête de me toucher ». Elle tente de repousser sa main, mais il insiste, déplaçant ses gestes malgré son refus explicite. Romi se lève alors brusquement et lui crie : « Ne me touche plus ».
Le lendemain matin, il lui fait comprendre que ce refus n’a aucune valeur. Il lui annonce une prise de contrôle totale de son corps et de ses mouvements : « Écoute, hier c’était une fois. À partir d’aujourd’hui, c’est fini. À partir d’aujourd’hui, toi et moi on dort matelas contre matelas, collés. Quand tu vas aux toilettes, je vais avec toi. Chaque nuit, je vais t’attacher. »
Romi précise : « C’est comme ça que mon voyage a commencé dans cette maison. »
« La peur paralyse… et moi, je me suis figée »
Sur « l’atteinte la plus grave » qu’elle a subie en captivité, Romi raconte l’épisode en présence de sa mère et de sa sœur. Elle insiste : elle n’en décrit « que des fragments ». Elle explique : « Tant que tu n’es pas dans la situation, tu ne peux pas comprendre ce qui arrive au corps, et la peur, parfois, paralyse. Et moi, je me suis figée. Je crois que, dans ces secondes-là, il ne m’a pas traversé grand-chose dans la tête, à part que j’ai vraiment peur, que je suis vraiment dégoûtée, et pourquoi ? Pourquoi ? Le mot que je répète à tout le monde, c’est juste : ce n’est pas juste. »
La fenêtre, les oiseaux, et l’horreur à l’intérieur
Elle se souvient d’un détail minuscule, devenu inoubliable : « Je me rappelle un moment où je regarde, il y avait une fenêtre, un petit carré comme un cadre, et je regarde à travers et je me dis : “Waouh. Le ciel bleu, les oiseaux qui chantent, et c’est la situation dans laquelle je me trouve en ce moment.” Le décalage entre la vie dehors, belle, normale, propre, et la crasse, la bestialité, l’écœurement qui se passe ici, dans ces toilettes… c’est un moment que je n’oublierai jamais de ma vie. »
« Il m’a mis un pistolet sur la tempe… »
Puis elle prononce la phrase qui donne son titre à cette exclusivité : « Il m’a mis un pistolet sur la tempe et il m’a dit : “Si tu le dis à quelqu’un, je te tue.” »
La moto, le camp encerclé, et « maintenant, on descend sous terre »
Après cela, Romi raconte qu’on l’embarque sur une moto, pour une traversée terrifiante entre les ruelles étroites du camp de Shati, au moment où des chars de Tsahal encerclent la zone. Elle décrit ce qu’elle voit : « Tout ce que je vois devant moi, c’est un terroriste avec des vêtements du Hamas, une keffieh sur le visage, déjà la main sur l’embrayage, prêt, et Autour de lui, il y avait des bâches et des sacs en plastique, comme ceux utilisés pour cacher quelqu’un ou quelque chose.
Je le regarde et je lui dis : “Là, maintenant, vous allez me tuer ?” » Elle dit qu’il y a eu quelques secondes de silence, puis sa réponse : « Maintenant, on descend sous terre. »
La suite annoncée à l’antenne
L’article précise que la deuxième partie de ce témoignage doit être diffusée la semaine suivante, jeudi, « juste après les informations ».
Un réserviste israélien filmé en train de renverser un Palestinien avec un quad près de Ramallah
Les faits filmés près du village de Deir Jarir
Un incident violent impliquant un réserviste israélien s’est produit jeudi dans la région de Ramallah. Selon les informations publiées par Ynet, le soldat en civil circulait à bord d’un quad lorsqu’il a percuté un Palestinien au bord de la route, dans la zone du village de Deir Jarir.
La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Sur les images, on distingue le quad renversant l’homme, puis le réserviste poursuivant son avancée.
Des tirs également visibles dans la vidéo
La vidéo montre également le réserviste ouvrant le feu en direction d’autres Palestiniens présents sur les lieux. À ce stade, la chronologie exacte entre le renversement et les tirs n’est pas clairement établie. Les circonstances précises de l’usage de l’arme restent floues et font partie des éléments examinés par l’armée.
Réaction immédiate de l’armée israélienne
À la suite de la diffusion des images, l’armée israélienne a annoncé que le réserviste avait été immédiatement retiré de ses fonctions opérationnelles. Son arme lui a été confisquée.
Dans un communiqué, l’armée a déclaré :
“L’armée condamne fermement et considère avec gravité toute manifestation de violence, et exige de ses soldats et commandants d’agir conformément aux valeurs de l’armée.”
Blessés palestiniens et enquête en cours
Selon les informations disponibles, deux Palestiniens auraient été blessés “dans des circonstances non claires”. À ce stade, il n’a pas été signalé qu’une enquête de la police militaire ait été officiellement ouverte, mais une enquête interne est en cours et l’option d’une procédure formelle reste à l’étude.
Un climat de tensions persistantes en Judée-Samarie
L’article de Ynet replace cet incident dans un contexte plus large de violences récentes en Judée-Samarie. Il est notamment rappelé que, la semaine précédente, “cinq Juifs ont été arrêtés pour suspicion d’implication dans une attaque violente contre une famille palestinienne” dans la région de Masafer Yatta, au sud du mont Hébron. Trois membres de cette famille, dont des enfants, avaient été hospitalisés après l’agression.
Aucune information supplémentaire n’a été communiquée à ce stade concernant l’état de santé de l’homme renversé par le quad ni sur d’éventuelles suites judiciaires.