Crimes sexuels du Hamas : Romi Gonen brise le silence sur 471 jours d’enfer

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Crimes sexuels du Hamas : Romi Gonen brise le silence sur 471 jours d’enfer

Exclusivité entretien avec Romi Gonen : « Il m’a mis un pistolet sur la tempe et m’a dit : Si tu le dis à qui que ce soit, je te tue. » 

471 jours de silence, puis la décision de tout dire

Près d’un an après être revenue du Hamas, Romi Gonen brise enfin le silence dans une première interview, accordée à Uvda (Chaîne 12).
Elle avait 23 ans au moment d’être enlevée à la fête de la Nova.
Ceux qui l’ont suivie ces derniers mois l’ont filmée pendant son long séjour à l’hôpital, puis sur son chemin de retour à la vie, alors même que, dehors, on demandait : pourquoi Romi ne parle-t-elle pas.
Aujourd’hui, elle explique qu’elle peut parler « de tout », y compris de ses ravisseurs, « surtout d’un homme », décrit comme un haut responsable recherché du Hamas qui s’est servi d’elle comme bouclier humain. 

Le matin du 7 octobre, la Nova, puis la course pour sortir vivantes

Romi arrive à la fête, sur le parking de Réïm, avec sa meilleure amie Gaia Halifa.
Derrière elles, il reste une traînée de preuves numériques : photos, géolocalisations, messages, enregistrements d’appels, tandis que leurs proches, mobilisés, tentent de les guider et de les sauver.
Ben Shimoni, ami de Gaia et collègue, part les chercher grâce à la localisation WhatsApp que Gaia lui a envoyée, même si elle l’a supplié de ne pas venir. Romi dit :
« Je suis la 13e personne que Ben Shimoni a sauvée. La troisième fois qu’il est retourné à la Nova, c’était quand il est venu me prendre, moi, Gaia et Ofir (Tzarfati). » 

 10 h 10, la voiture noire, et l’appel que sa mère entend jusqu’au bout

À 10 h 10, la voiture noire de Ben est filmée par la caméra de la station de conditionnement du kibboutz Aloumim. Une séquence « irréelle » : l’appel entre Romi, blessée, et sa mère Meirav, restée à la maison, est enregistré presque dans sa totalité.
Meirav raconte : « Au bout du compte, dans cet appel, j’ai une responsabilité. J’ai un rôle, je suis une mère. Alors il y a un moment où je me dis : la seule aide que je peux lui apporter, c’est qu’il n’y ait pas une seule seconde où elle se sente seule. »

Puis : « Même si je suis la dernière voix qu’elle entend, même si elle est assassinée ou enlevée, que la dernière chose avec laquelle elle parte, ce soit ma voix et le fait qu’elle n’est pas seule, que je suis avec elle, à chaque instant. » 

Dans la voiture, « ne pars pas », puis l’enlèvement

Un véhicule blanc, probablement un pick-up de terroristes, manœuvre et s’arrête exactement là où la voiture de Ben avait été bloquée. À ce moment-là, il ne reste en vie dans la voiture que Romi et Ofir, un jeune homme qu’elle vient tout juste de rencontrer, le matin même, pendant qu’ils se cachaient.
Sur l’enregistrement, on entend clairement Ofir, blessé, supplier Romi de sauver sa peau et de fuir. Mais elle reste avec lui dans la voiture. L’appel continue. Meirav n’a plus que le son : les terroristes qui tentent de démarrer, puis l’instant où ils emmènent les deux jeunes vers Gaza. 

« Je pensais que je me réveillerais sans main » : Shifa, l’opération, puis l’appartement

La première station où Romi est conduite, directement depuis le point d’enlèvement, est l’hôpital Shifa, au cœur de Gaza. Elle dit : « Tu comprends que tu vas soit mourir, soit partir au bloc, et tu ne sais rien. Moi, j’étais sûre que j’allais me réveiller sans main. » Blessée, encore sous l’effet des anesthésiques, elle est ensuite transférée dans un appartement du centre-ville. Elle y est détenue seule ; dans la maison, autour d’elle, uniquement des hommes : ses geôliers. 

La question que personne ne veut poser, et le premier passage à l’acte

Romi met des mots sur ce que beaucoup redoutent d’entendre : « Je pense que la question suivante que tout le monde a en tête, c’est : est-ce qu’on t’a harcelée ? Et les gens ne posent pas cette question. Moi non plus, je ne l’aurais pas posée si j’avais été à votre place. Je pense aussi que personne ne la pose surtout parce que personne ne veut entendre la réponse. » Elle raconte qu’au premier épisode qu’elle révèle, l’agresseur est un membre du personnel médical venu de l’hôpital pour s’occuper de sa blessure. 

 « Il est entré sous la douche parce qu’il était “infirmier” et qu’il “venait m’aider” »

Elle raconte qu’alors qu’elle se rend sous la douche, l’homme chargé de sa garde s’y introduit, prétextant être « infirmier » et venir « l’aider ». Romi est blessée, affaiblie, détenue, entourée d’hommes armés. Elle n’a aucune possibilité de s’opposer, de fuir ou de refuser. Elle décrit un moment où son corps ne lui appartient plus, où la peur et la contrainte annihilent toute réaction.

Cet épisode constitue une agression sexuelle commise sous contrainte, dans un contexte de captivité totale.

Quelques minutes plus tard, une première vidéo d’elle en captivité est filmée dans la salle de bain, immédiatement après cette agression. Romi précise qu’à ce moment-là, elle ne sait pas encore que l’homme qui la filme sera lui aussi l’un de ceux qui lui feront subir des violences sexuelles par la suite.

Transfert précipité, puis la maison du camp de Shati : Mohammed et Ibrahim

Quand, dans l’appartement de Gaza, ils sentent que les forces de Tsahal se rapprochent, ses geôliers décident de la déplacer. Dans un appartement, au cœur du camp de réfugiés Shati, Romi est surtout gardée par deux hommes : Mohammed, “le photographe”, et Ibrahim, plus jeune. Là, dit-elle, la routine devient une réalité insupportable, faite de harcèlement et de peur permanente de ce qu’ils pourraient lui faire. 

 « À partir d’aujourd’hui… quand tu vas aux toilettes, je viens avec toi »

Romi décrit une scène précise d’attouchements sexuels imposés. Elle raconte qu’il s’approche d’elle, commence à la toucher sous couvert d’un “massage”, puis fait glisser ses mains vers sa taille. Elle lui dit à plusieurs reprises : « Arrête de me toucher ». Elle tente de repousser sa main, mais il insiste, déplaçant ses gestes malgré son refus explicite. Romi se lève alors brusquement et lui crie : « Ne me touche plus ».

Le lendemain matin, il lui fait comprendre que ce refus n’a aucune valeur. Il lui annonce une prise de contrôle totale de son corps et de ses mouvements : « Écoute, hier c’était une fois. À partir d’aujourd’hui, c’est fini. À partir d’aujourd’hui, toi et moi on dort matelas contre matelas, collés. Quand tu vas aux toilettes, je vais avec toi. Chaque nuit, je vais t’attacher. »

Romi précise : « C’est comme ça que mon voyage a commencé dans cette maison. »

 « La peur paralyse… et moi, je me suis figée »

Sur « l’atteinte la plus grave » qu’elle a subie en captivité, Romi raconte l’épisode en présence de sa mère et de sa sœur. Elle insiste : elle n’en décrit « que des fragments ». Elle explique : « Tant que tu n’es pas dans la situation, tu ne peux pas comprendre ce qui arrive au corps, et la peur, parfois, paralyse. Et moi, je me suis figée. Je crois que, dans ces secondes-là, il ne m’a pas traversé grand-chose dans la tête, à part que j’ai vraiment peur, que je suis vraiment dégoûtée, et pourquoi ? Pourquoi ? Le mot que je répète à tout le monde, c’est juste : ce n’est pas juste. » 

La fenêtre, les oiseaux, et l’horreur à l’intérieur

Elle se souvient d’un détail minuscule, devenu inoubliable : « Je me rappelle un moment où je regarde, il y avait une fenêtre, un petit carré comme un cadre, et je regarde à travers et je me dis : “Waouh. Le ciel bleu, les oiseaux qui chantent, et c’est la situation dans laquelle je me trouve en ce moment.” Le décalage entre la vie dehors, belle, normale, propre, et la crasse, la bestialité, l’écœurement qui se passe ici, dans ces toilettes… c’est un moment que je n’oublierai jamais de ma vie. » 

 « Il m’a mis un pistolet sur la tempe… »

Puis elle prononce la phrase qui donne son titre à cette exclusivité : « Il m’a mis un pistolet sur la tempe et il m’a dit : “Si tu le dis à quelqu’un, je te tue.” » 

La moto, le camp encerclé, et « maintenant, on descend sous terre »

Après cela, Romi raconte qu’on l’embarque sur une moto, pour une traversée terrifiante entre les ruelles étroites du camp de Shati, au moment où des chars de Tsahal encerclent la zone. Elle décrit ce qu’elle voit : « Tout ce que je vois devant moi, c’est un terroriste avec des vêtements du Hamas, une keffieh sur le visage, déjà la main sur l’embrayage, prêt, et Autour de lui, il y avait des bâches et des sacs en plastique, comme ceux utilisés pour cacher quelqu’un ou quelque chose.

 Je le regarde et je lui dis : “Là, maintenant, vous allez me tuer ?” » Elle dit qu’il y a eu quelques secondes de silence, puis sa réponse : « Maintenant, on descend sous terre. » 

La suite annoncée à l’antenne

L’article précise que la deuxième partie de ce témoignage doit être diffusée la semaine suivante, jeudi, « juste après les informations ». 

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