Daniella Pinkstein face au gang des lunatiques

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Daniella Pinkstein face au gang des lunatiques

Daniella Pinkstein face au gang des lunatiques

Daniella Pinkstein ; »AvatardS », Editions Constellations, 2026, , 410 pages, 20 €

Daniella Pinkstein, à travers  son cinquième roman, rejoint l’allégorie de ses prédécesseurs élus : Kafka et Moïshe Kulbak. Dans cette fiction - entre ciel et terre, images omniprésentes et mots qui échappent – sa vision  sur l’époque fragmentée demeure obsédée par le visible, et la rapproche des formalistes chirurgien du  réel. Mais plus que d’ »opérer » elle dispense un remède. « AvatarS » devient en conséquence  une métaphore née des fracas du monde. Mais ce roman reste celui de l’espérance.

L’auteure nous place dans la confusion mais pour sinon en sortir du moins rester digne. Certes nous culbutons collectivement et nos sommes dépassés Eu égard à notre « situation » défier le monde ne suffit sans doute pas à construire son histoire. Il faut nous réinventer pour y faire face.

D’où dans cette fiction un espoir inédit et presque suffisant au sein du Paris  d’aujourd’hui,. S’y découvrent des crimes sadiques, sans motivation qui  multiplient dans l’indifférence. Une jeune-femme, aussi ordinaire que placide, et deux vieux juifs, aussi illuminés que naïfs, décident de retourner le monde, tête-bêche, pour conjurer le chaos et la destruction. Existe alors ici un « gang de lunatiques » au sein d’une épopée humaine.

Ni dystopie, œuvre d’anticipation ou fable, « AvartarS » devient une fiction reflet de nous-mêmes tout en cherchant dans ce monde instable qui bascule notre place. Mais sans chercher de double ou  d’« avatar », il faut se dresser hors de soi devant les ténèbres. Comme ingrédient il faut mettre un peu de vie , un peu de d’éternité en repeuplant l’humanité par le songe d’un cœur commun.

« AvatarS » reste donc l’histoire d’un peu d’amour – voire plus et du courage, malgré  la peur et l’horreur. A chacun de retrouver une place sans peur de l’univers et au besoin de la changer.

Jean-Paul Gavard-Perret

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