Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Photographe juif : le naturel au galop de Frank Horvat

Photographe juif : le naturel au galop de Frank Horvat

Frank Horvat : le naturel au galop

Né de parents médecins juifs d'Europe Centrale, Frank Horvat a grandi en Italie et en Suisse. Il y étudie le dessin à l'Academia di Brera de Milan, travaille dans une agence de publicité puis en 1949, il échange sa collection de timbres contre un Rolleicord avec lequel il commence à travailler pour des magazines.

L’exposition Photo London est une réintroduction opportune du travail de Horvat dans cette ville, avant une grande rétrospective sur son travail au Jeu de Paume de Tours qui ouvre en juin.

Frank Horvat n’a cessé d’expérimenter et de s’adapter aux nouvelles technologies. Son travail a souvent dépassé les règles de la photographie orthodoxe. Et dans son travail sur la mode, il a créé un style réaliste qui a transformé le genre.

Celui qui s’était installé à Londres à la fin des années 50 retrouve une ville qui le fascinait et dont les habitants restèrent pour lui des énigmes. Se retrouvent ici ses images de mode - où le naturel vient contredire l'univers sophistiqué et maniéré des magazines féminins - et celles des cabarets parisiens riches de poésie nocturne.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Peter Fetterman ou l'amour de la photographie

Peter Fetterman ou l'amour de la photographie

Peter Fetterman ou l'amour de la photographie

Peter Fetterman, "The Power of Photography",  ACC Art Books, 2022. www.peterfetterman.com

Né à Londres, Peter Fetterman fut d'abord cinéaste et collectionneur. Il a créé sa première galerie en 1988 et a ouvert sa grande galerie de Santa Monica en 1994. 

Elle recèle l’une des plus grandes collections de photographies classiques du XXe siècle (Henri Cartier-Bresson, Sebastião Salgado, Steve McCurry, Ansel Adams, Willy Ronis, André Kertesz, Manuel Alvarez Bravo, etc.).

Peter Fetterman a travaillé avec Henri Cartier Bresson. En tant que collectionneur, il promeut des images  humanistes qui permettent de comprendre diverses cultures. Et pour lui la photographie comme le cinéma évoquent des moments précis qui nous hantent.

Henri Cartier-Bresson reste pour lui le "dieu de la photo" mais il est touché aussi par les clichés de Roman Vishniac et de Kertesz. Pour lui la parfaite image est, dit-il, "celle que l’on ne peut jamais oublier".

L'amoureux de Paris tente de la créer dans l'aspiration de ses maîtres avec son Leica après des temps de repos et de grandes marches au bord du Pacifique. Il garde toujours le même enthousiasme pour son travail car sa vie reste toujours la photographie en Noir et Blanc et à la lumière du jour.

 

JPGP

Artiste juive : Diane Keaton intime

Artiste juive : Diane Keaton intime

Diane Keaton intime

Diane Keaton, "Saved", Rizzoli, New York, 2022,   208 pages,  55,00 $ .

"Saved" de Diane Keaton est une autobiographie visuelle d’un genre que seule l'actrice pouvait faire à travers les collections idiosyncratiques et personnelles de la star et ses textes méditatifs.

L'ensemble donne  un aperçu  inédit de la star. Le mixage  hétéroclite d'images de chiens, de statues, de victimes d’accidents de voiture, de pigeons, d’accessoires de mode, de collages, de maisons fut rassemblé par Diane Keaton dans des albums énigmatiques et intrigants qui se retrouvent dans des pages magnifiquement conçues.

Cela devient le recueil d’images romanesques qui l'amuse et nourrit  son monde sous la double clé de la beauté et l’absurde.  Il y a même un chapitre d’images extraites de "Clinical Diagnoses of Diseases of the Mouth", livre vintage trouvé par la star au Rose Bowl Flea Market où elle peut "imager" sa phobie des dents. L'ensemble crée des figurations étranges et inquiétantes au fil des ans. Il fascine regardeuses et regardeurs.

 

JPGP

Artiste juif : deux villes, deux continents de David Bacher

Artiste juif : deux villes, deux continents de David Bacher

David Bacher : deux villes, deux continents

David Bacher : "PARIS / NYC", Initial LABO Boulogne - Billancourt, du 7 au 28 mai 2022.

Les différents transferts de la photographie et de ses écoles ont commencé dans les années 50 du siècle dernier. L’esthétique de David Bacher hérite de leurs apports et vaque entre ces deux traditions. ,"l se situe quelque part entre la calme spiritualité de Stettner et la provocation post-moderniste de Klein" écrit Carol Naggar.

L'Américain installé à Paris et Nantes a fait le choix de photographier Paris et New York en miroir.  Dans les deux cas il bouscule les perspectives en transformant par des jeux d'ombres les silhouettes comme acteurs du théâtre des rues là où miroirs et vitrines multiplient un certain brouillage.

Tout est subtil et incongru en une telle oeuvre propre à saisir le quotidien dans ses contradictions et ses décalages qui reflètent la confusion des apparences inhérentes aux deux grandes cités.

 

JPGP

Artiste juif : Stephen Wilkes, mémoires, résurgences

Stephen Wilkes : mémoires, résurgences

Stephen Wilkes : mémoires, résurgences

Stephen Wilkes, "Ellis Island", galerie Gadcollection, Paris,  du 17 mars au 26 avril 2022.

Stephen Wilkes est un des photographes les plus importants de sa génération. Ses séries de photographies explorent différentes facettes du monde. Le plus souvent en lien avec l’être humain, elles ont la capacité de modifier la perception que nous avons de notre environnement.

Réalisée sur 5 années, de 1998 à 2003, avec "Ellis Island", Stephen Wilkes interroge l’histoire des Etats-Unis à travers cette pile et ses bâtiments que les nouveaux migrants ont connus. Ce fut le point d’entrée vers la Terre Promise, le Paradis.

Le lieu resta en activité jusque dans les années 50,  avant d'être laissé à l'abandon. Wilkes l'a photographié à la lumière naturelle et sans aucun artifice. Il le capte tel qu’il l’avait trouvé dans un acte simultané de découverte et de prise.

Depuis le lieu a été réhabilité et le lieu ne ressemblera plus jamais tels qu'il apparaît ici.  D'où la force de ces photographies à la fois actuelles et d’archives.

 

JPGP

Artiste juive : Dorian Cohen et ses décalages subtils

Les décalages subtils de Dorian Cohen

Les décalages subtils de Dorian Cohen

Dorian Cohen, "Histoires naturelles", Galerie Paris-B,  du 7 au 10 avril 2022 au Grand Palais Éphémère.

Peintre du réel Dorian Cohen porte pour  sa transfiguration vec juste un jeu de décalage opéré par la couleur et une certaine stylisation.

L'artiste  saisit  ses personnages à l’état naturel et libre d’expression dans un cadre qui ne privilégie pas forcément  une narration poétique.

Mais c'est tout le mérite de cette peinture de décalage  qui en préserve un réalisme pour rapporter les histoires de vie et leur mode d'emploi de tous les jours.

 

Surgit l’intimité de vies privées en des narrations intempestives aussi profondes que parfois drôles. Ces prises directes donnent  une vision qui sort des sentiers battus là où tout semble donné à voir mais qu'il s'agit de réinterpréter.

 

JPGP

Artiste juif : Andy Romanoff ses Harley et autres chevaux de fer

Artiste juif : Andy Romanoff ses Harley et autres chevaux de fer

Andy Romanoff : Harley et autres chevaux de fer

De Los Angeles Andy Romanoff contribué à la défense et illustrations de nombreux photographes juifs d'hier et d'aujourd'hui. Il a par exemple contribué à la diffusion du travail photographique sur le mémorial dans la forêt de Plaszczatka dernier endroit vu par 740 Juifs de la ville de Stawiski, en Pologne.

 

Mais pour autant ce travailleur impénitent toujours au service des autres sait dégager un peu de temps pour sa propre approche photographique et une de ses passions : les motos. Il les photographie depuis des décennies en  prouvant qu'il n'y a besoin de personne sur les Harley-Davidson pour qu'elles impressionnent.

 

Ces monstres de fer, agents selon lui de joie et de douleur tant leur mécanique est parfois plein d'aléas, trouvent là une valeur muséale propre à faire rêver les amateurs et impressionner celles et ceux qui aiment les belles images.

Artiste juive : Polly Braden et ses mères courage

Artiste juive : Polly Braden et ses mères courage

Mères-courage : Polly Braden

Polly Braden est réputée pour ses photographies de communication intime entre les gens et ses gestes qui font allusion à quelque chose sans l’expliquer. Ses images explorent la relation entre la vie quotidienne, le travail, les loisirs et l’économie. Son travail sur les troubles d’apprentissage et l’autisme comme sur les familles monoparentales sont devenues des séries majeures présentées dans de nombreuses expositions.

Avec "Holding The Baby" elle montre combien il est difficile  d’être un parent seul dans une société encore tournée vers la famille biparentale. Et ce,  même si au Royaume-Uni une famille sur quatre est une famille monoparentale. Environ 90 % d'entres elles sont dirigées par une mère célibataire.

À l’été 2019, Polly Braden, elle-même mère célibataire, a commencé à documenter cette réalité quotidienne. Se crée  une collection de portraits émouvants où, sans pathos, se traduit le stoïcisme, l’épuisement, la fierté, la compassion et l’amour de telles mères-courage.

 

Polly Braden, "Holding The Baby",  Dewi Lewis Publishing, 2022, 96 p., 18 £.

Artiste juive britannique : Boris Bennett et le portrait

Artiste juive britannique : Boris Bennett et le portrait

Boris Bennett et le portrait

Boris Bennet, "Vintage Glamour in London Esat End", Hoxton Mini Press, 38 E..

Boris Bennett (1900-1985) est considéré comme le doyen du portrait photographique juif en studio, célèbre pour avoir transposé le glamour hollywoodien dans la banlieue Est de Londres.

Son studio de Whitechapel Road était l’adresse des photos de mariage et familiales des années 30 et 40. Photos en noir et blanc et en couleurs créent désormais des élégies que portent sur la culture et l’idéologie britannique de l'époque avide d'un rêve américain symbole de richesse.

La poésie aussi concrète que spéculative de telles prises  fait bouger l’Histoire au sein même de l'aspect officiel des portraits. Ils prennent avec le temps une valeur documentaire en montrant comment la mise en scène de moments cérémoniels tentent de casser le quotidien et de  le métamorphoser.

 

JPGP

Artiste juif : Bert Stern maître absolu de la photographie

Artiste juif : Bert Stern maître absolu de la photographie

Bert Stern maître absolu de la photographie

Bert Stern : Marilyn Monroe, The Last Sitting 1962, Staley-Wise Gallery, New York,  du 27 janvier au 26 mars, 2022.

La légendaire série “La Dernière Séance”, est le sujet de cette exposition à la Staley-Wise Gallery. C'est en 1962 pour Vogue que le photographe saisit en une séance mythique Marylin Monroe au Bel Air Hotel de Los Angeles.

L'actrice allait mourir peu de temps après. C'est pourquoi ces photographies furent reconnues sous le titre de « The Last Sitting ». Elles ont contribuées à forger le mythe de la star hollywoodienne (ce qui est un pléonasme...).

Celui qui commença sa carrière comme manutentionnaire à Look Magazine et ouvrit sa carrière pour sa campagne célèbre de la Vodka Smirnoff en 1955, devint lui-même une star dans le monde de la publicité avant de représenter grâce à Marylin le prototype du photographe de mode en tant qu’incarnation du glamour.

 

JPGP