Israël : Deux parcours asiatiques, une cuisine vietnamienne et une adresse culte est née à Holon

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Israël : Deux parcours asiatiques, une cuisine vietnamienne et une adresse culte est née à Holon

« Des blogueurs ont parlé d’un endroit qui servait de la cuisine vietnamienne authentique et les gens ont commencé à affluer »

Ils n’étaient pas censés devenir une adresse culte.

À Bat Yam, Ann, fille de réfugiés vietnamiens arrivés en Israël après la guerre grâce aux cartes d’identité délivrées par Begin, et Johnny, immigré philippin arrivé enfant avec sa mère, ont longtemps vécu loin des projecteurs, entre intégration silencieuse et cuisine familiale transmise sans prétention.

Leur histoire est celle d’une double immigration asiatique devenue israélienne, d’un couple formé presque par hasard, et d’une cuisine vietnamienne authentique que personne n’attendait dans le sud de Tel Aviv.

Ouvert sans stratégie, sans relations, sans marketing, leur restaurant a été découvert par hasard, lorsque des blogueurs ont parlé d’un lieu discret servant enfin une vraie cuisine vietnamienne. En quelques publications, l’adresse confidentielle est devenue une destination recherchée.
Derrière le succès, il y a un parcours de survie, d’exil, de travail acharné et une histoire profondément israélienne, racontée ici sans filtres, à travers leurs propres mots.

Question : D’où viennent vos familles respectives ?

Réponse : Ann : « Mes parents sont arrivés en Israël après la guerre du Vietnam, grâce aux cartes d’identité délivrées par Begin. Ils faisaient partie des réfugiés vietnamiens qui ont fui par la mer. Personne ne voulait les accueillir. Israël l’a fait. »

Johnny : « Moi, je suis né aux Philippines. Je suis arrivé en Israël très jeune, à l’âge de sept ans, à cause du travail de ma mère. »

Question : Comment avez-vous vécu votre arrivée et votre enfance en Israël ?

Réponse : Johnny : « Ça a été très dur. Je ne parlais pas l’hébreu, tout était étrange pour moi. Mais avec le temps, je me suis habitué. »

Ann : « J’ai grandi à Jaffa. À la maison, on parlait vietnamien, mais dehors, j’étais israélienne comme les autres. »

Question : Votre première rencontre, vous vous en souvenez précisément ?

Réponse : Ann : « Oui. C’était lors d’un voyage scout. Je n’étais pas vraiment scout, mais des amis m’ont convaincue de venir. Je pleurais tout le temps, je ne comprenais pas pourquoi j’étais là. Et c’est là que je l’ai vu. »

Johnny : « J’étais surpris de voir une autre Asiatique dans le groupe. »

Question : Et ensuite, vous vous êtes perdus de vue ?

Réponse : Ann : « Oui. Puis, des années plus tard, on s’est recroisés par hasard à la gare centrale de Tel Aviv. »

Johnny : « Quand je l’ai revue, je me suis dit : “elle sera mienne”. Je ne l’ai pas laissée s’échapper. Depuis, nous sommes ensemble. »

Question : Aujourd’hui, vous tenez ensemble un restaurant dans le sud de Tel Aviv. Comment est née cette idée ?

Réponse : Ann : « Je voulais montrer le côté vietnamien, parce qu’il n’y avait pas de cuisine vietnamienne authentique en Israël. C’est une cuisine fraîche, avec beaucoup d’herbes aromatiques. »

Johnny : « Nous venons tous les deux du monde de la cuisine. J’ai dû apprendre la cuisine vietnamienne. C’était difficile. Je regardais Ann cuisiner, je l’appelais tout le temps pour lui demander des conseils, et à la fin, j’ai appris. »

Question : Pourquoi ce nom de restaurant, El Mano ?

Réponse : Ann : « C’est une combinaison des prénoms de nos fils. El pour Leon, Mano pour Emmanuel. C’était avant la naissance de Liam. »

Question : Les débuts ont été compliqués ?

Réponse : Ann : « Très. On a ouvert le restaurant deux mois avant le Covid. »

Johnny : « Ann cuisinait ici, et moi je travaillais ailleurs pour qu’on puisse survivre. »

Question : Qui étaient vos premiers clients ?

Réponse : Ann : « Au début, surtout des travailleurs étrangers du quartier. »

Question : Qu’est-ce qui a provoqué le tournant ?

Réponse : Ann : « Des blogueurs sont venus par hasard. Ils ont parlé d’un endroit qui servait de la cuisine vietnamienne authentique dans le sud de Tel Aviv, et les gens ont commencé à affluer. »

Question : Travailler en couple en cuisine, est-ce un défi ?

Réponse : Ann : « C’est le plus grand défi dans notre relation. Les chefs ont un ego. »

Ann : « Johnny me donnait des ordres comme si j’étais son assistante, alors que nous étions sur un pied d’égalité. Nos méthodes étaient différentes, on se disputait beaucoup. »

Johnny : « Mais on a compris que le but était de réussir ensemble. »

Question : Économiquement, est-ce viable aujourd’hui ?

Réponse : Ann : « C’est difficile. On survit, mais on ne met pas d’argent de côté. Tenir un restaurant, c’est très dur. »

Ann : « Heureusement, on travaille surtout à deux. On ne peut pas se permettre de payer un employé. Mais j’adore ça. Je ne pense à rien d’autre. »

Question : Comment vivez-vous votre diversité culturelle et religieuse au quotidien ?

Réponse : Ann : « Je suis bouddhiste, mais nous célébrons aussi Noël, Pessah et Souccot. »

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