Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

5 ans sans réponse : comment Israël abandonne ses expatriés en Grande-Bretagne

5 ans sans réponse : comment Israël abandonne ses expatriés en Grande-Bretagne

« Personne ne m'a répondu » : quand le ministère israélien des Transports disparaît et laisse ses citoyens payer la facture

Il a écrit au directeur général du ministère. Il a écrit à la ministre des Transports. Il a écrit à la commission économique de la Knesset. Résultat : silence radio. Aelad, un Israélien installé en Irlande du Nord, résume la situation avec une amertume lasse : « Depuis 2022, personne ne m'a répondu. » Son cas n'est pas isolé. Il est le reflet exact de la situation vécue par des milliers d'Israéliens établis au Royaume-Uni, coincés dans un no man's land bureaucratique dont l'origine se trouve à Jérusalem.

Cinq ans d'attente pour une réponse qui ne vient pas

Le problème est simple à formuler, moins simple à résoudre quand l'une des parties fait la sourde oreille.
Depuis bientôt cinq ans, l'autorité britannique des permis de conduire attend une réponse officielle et professionnelle des autorités israéliennes. Une réponse qui permettrait aux Israéliens résidant au Royaume-Uni de convertir automatiquement leur permis de conduire israélien en permis britannique, sans passer par la case examens.
Une procédure standard entre pays qui concluent des accords de reconnaissance mutuelle. Simple en théorie. Impossible en pratique, quand Israël ne répond pas.

Les démarches côté britannique ont pourtant été répétées. Un parlementaire local, contacté par des Israéliens désespérés qui cherchaient un appui politique, a confirmé que des tentatives de prise de contact avec le ministère israélien des Transports ont été engagées dès novembre 2021.
Le Royaume-Uni demandait des informations techniques précises sur le système de permis de conduire israélien, données indispensables pour avancer vers un accord de réciprocité. Ces demandes sont restées sans suite. Le dossier est dans les limbes.

Un coût bien réel pour des gens bien réels

Ce blocage administratif à des milliers de kilomètres se traduit, sur le terrain britannique, en argent et en mois perdus. Aelad raconte avoir consacré près d'une année entière à obtenir un permis local. Non par mauvaise volonté, mais parce que les délais d'attente pour passer le test pratique au Royaume-Uni s'étendent de trois à six mois, séquelle persistante des embouteillages administratifs engendrés par la période Covid.

Les chiffres s'accumulent vite. L'examen théorique coûte environ 40 livres sterling.
Le test pratique, 80 livres. Les frais administratifs pour l'émission du permis, encore 20 livres. Auxquels il faut ajouter le coût des leçons de conduite, obligatoires pour se préparer à un test que n'importe quel conducteur expérimenté devrait pouvoir éviter.
Au total, Aelad a déboursé entre 350 et 400 livres sterling  soit entre 1 400 et 1 600 shekels au taux de change actuel. « De l'argent que j'aurais pu économiser », dit-il simplement.

Soupçons politiques dans les couloirs du silence

Pourquoi ce blocage dure-t-il si longtemps ? La question revient, lancinante, dans la communauté israélienne en Grande-Bretagne. Et certains n'hésitent pas à franchir le pas de l'interprétation politique. Aelad formule l'hypothèse avec une franchise désabusée : « Je pense que Miri Regev le fait exprès. Ce processus a été lancé par Merav Michaeli. Je crois qu'elle ne veut délibérément pas poursuivre ce que Michaeli a commencé. »

L'accusation est lourde. Elle pointe une logique de revanche partisane qui sacrifierait l'intérêt des citoyens israéliens à l'étranger sur l'autel des rivalités politiques internes. Rien ne permet de la confirmer formellement. Mais le fait que des centaines de pétitions, de courriels et d'appels de citoyens comme des parlementaires soient restés sans réponse pendant des années laisse peu de place à des explications plus flatteuses.

Le ministère sort enfin de son silence… sous la pression

Interpellé par la rédaction de N12, le ministère des Transports a finalement réagi. Sa réponse mérite d'être lue avec soin. Le ministère reconnaît qu'il n'existe à ce jour aucun accord de réciprocité entre Israël et le Royaume-Uni. Il affirme que des informations techniques avaient bien été transmises par le passé, mais que le processus n'a pas abouti en raison de
« différences dans les exigences réglementaires et professionnelles entre les deux pays ». Jusque-là, rien de nouveau.

Mais la suite est révélatrice. Le ministère indique que, suite à la sollicitation de N12, il
« examinera la possibilité de relancer la promotion du dossier » et que, « si des ponts peuvent être jetés entre les parties », il œuvrera à le faire avancer. Une promesse de bonne volonté conditionnelle qui, en creux, confirme l'essentiel : pendant des années, personne n'a jugé utile de s'en occuper activement. Le dossier n'a pas échoué. Il a été laissé à l'abandon.

La bureaucratie invisible, pénalité pour les expatriés

Ce que révèle cette affaire va au-delà du simple permis de conduire. Elle expose un phénomène systémique : l'indifférence chronique des administrations nationales envers leurs citoyens établis à l'étranger. Ces Israéliens ne votent pas localement, ne manifestent pas devant les ministères, ne font pas la une des journaux. Ils existent dans un angle mort commode pour ceux qui préfèrent ne pas répondre aux courriels.

Pourtant, les enjeux sont concrets. Obtenir un permis de conduire au Royaume-Uni ne relève pas du caprice. C'est souvent une nécessité professionnelle absolue, un accès à la mobilité dans des régions mal desservies par les transports en commun, une condition d'intégration. Demander à quelqu'un de passer des examens qu'il a déjà réussis dans un autre pays, dans une autre langue, à un autre âge de sa vie, uniquement parce que deux administrations n'arrivent pas à échanger des documents, c'est une punition bureaucratique absurde.

Aelad attend toujours sa réponse. Le Royaume-Uni attend la sienne depuis novembre 2021. Et le ministère israélien des Transports, lui, vient de découvrir l'urgence du dossier le jour où un journaliste a posé la question.

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Scandale en Israël : Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics

Scandale en Israël : Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics

Les tribunaux rabbiniques d'Israël au bord du gouffre numérique

Une facture impayée de 700 000 shekels à Microsoft. Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics. Et comme solution d'urgence, un basculement précipité vers Gmail. Voilà où en sont aujourd'hui les tribunaux rabbiniques d'Israël, l'une des institutions judiciaires les plus puissantes du pays.

Une bombe à retardement qui menace d'exploser cette semaine

La crise des messageries électroniques au sein de l'administration des tribunaux rabbiniques s'intensifie, et la crainte grandit dans le système que, dès cette semaine, l'ensemble des comptes de courrier électronique de l'organisation soient supprimés.
Ces comptes, hébergés sur la plateforme Outlook de Microsoft, constituent la colonne vertébrale des communications internes de l'institution : correspondances entre juges, contrats, suivi des dossiers de citoyens, procédures administratives courantes.
Tout cela repose sur une infrastructure dont le contrat n'a tout simplement pas été renouvelé, faute de paiement.

La raison de cette crise est une dette cumulée d'environ 700 000 shekels envers Microsoft, qui a empêché le renouvellement de l'accord entre l'administration des tribunaux rabbiniques et l'entreprise. Microsoft n'en est pas à sa première mise en garde : la société avait déjà menacé de couper le service, et était passée à l'acte en procédant à une suspension temporaire des comptes. Une solution provisoire avait alors été trouvée pour rétablir le système.
Mais la dette, elle, n'a pas été réglée. Et cette fois, le scénario d'une fermeture définitive avec suppression de toutes les données stockées semble plus que probable dans les jours à venir.

Gmail comme bouée de sauvetage, mais à quel prix ?

Dans les tribunaux, on se prépare à la possibilité d'une migration vers Gmail, mais cela implique la perte potentielle d'un volume considérable d'informations accumulées au fil du temps dans les systèmes existants.
Des employés ont témoigné que ce basculement en catastrophe vers Gmail perturbe profondément le travail et la qualité du service rendu aux couples engagés dans des procédures de divorce, ainsi qu'aux citoyens qui saisissent les tribunaux pour d'autres motifs. La suppression de l'ensemble des correspondances pourrait être extrêmement préjudiciable pour les personnes déjà engagées dans des procédures au sein des tribunaux et pour l'accessibilité des informations les concernant.

On ne parle pas ici d'e-mails anodins. On parle de documents juridiques, d'accords de divorce, de décisions relatives à des biens immobiliers, de correspondances entre avocats et juges rabbiniques. Des données d'une sensibilité extrême, liées à des moments parmi les plus douloureux de la vie de milliers de familles israéliennes.

Une institution clé, aux ressources techniques dépassées

Les tribunaux rabbiniques constituent une juridiction officielle de l'État d'Israël et sont le seul organe compétent pour mener les procédures de divorce des Juifs. Leur compétence s'étend également aux procédures de conversion et à la gestion des biens immobiliers transmis en fidéicommis religieux. La Knesset vient tout juste d'adopter un amendement législatif autorisant les tribunaux rabbiniques à siéger également comme arbitres dans des litiges financiers.

La semaine dernière, le Grand Rabbin Sépharade David Yosef, président du Grand Tribunal rabbinique de Jérusalem, a nommé les compositions de juges qui traiteront ces nouveaux dossiers.

L'ironie est cruelle : au moment même où le législateur élargit les prérogatives de cette institution et où l'on nomme de nouveaux juges pour absorber une charge supplémentaire de travail, cette extension des compétences intervient dans une période où les ressources techniques des tribunaux rabbiniques ne suffisent déjà plus à répondre aux exigences antérieures. Étendre l'autorité d'un système sans lui donner les moyens de fonctionner, c'est construire sur du sable

Une crise qui s'inscrit dans un pattern inquiétant

Ce scandale numérique n'est pas un accident isolé. La crise actuelle vient s'ajouter à une série de pannes techniques et de dysfonctionnements opérationnels régulièrement signalés au sein des tribunaux rabbiniques, ce qui soulève des questions quant à la capacité de fonctionnement normal de l'un des organes centraux du système judiciaire religieux en Israël..

Jeudi dernier, le rabbin Eli Ben Dahan a achevé son mandat de directeur général des tribunaux rabbiniques. Il sera remplacé par le rabbin Eyal Yosef, qui officiait jusqu'à récemment comme juge rabbinique en exercice et président du tribunal de Tel Aviv. Un nouveau directeur général pour gérer une institution dont l'infrastructure numérique tient à un fil, et dont les données sensibles de milliers de familles israéliennes dépendent, en ce moment même, du bon vouloir d'une multinationale américaine à qui l'on doit 700 000 shekels. y

Les tribunaux rabbiniques n'ont pas souhaité répondre aux sollicitations des journalistes. Ce silence en dit parfois plus long qu'un communiqué.

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Israël : Il bat sa femme à Natanya et tente de fuir à Dubaï - arrestation choc dans l’avion

Israël : Il bat sa femme à Natanya et tente de fuir à Dubaï - arrestation choc dans l’avion

Arrêté dans l'avion : il croyait avoir échappé à la justice

Il était assis, ceinture bouclée, convaincu d'avoir réussi

Il avait tout calculé. Frapper sa femme, ramasser quelques affaires, filer à l'aéroport Ben Gourion, acheter un billet au dernier moment et disparaître dans les airs avant que quiconque ait eu le temps de réagir.
Un plan d'une brutalité cynique, exécuté avec un sang-froid glaçant par un homme qui avait déjà traversé les portiques de sécurité, longé les couloirs du terminal, trouvé son siège et attendu calmement le décollage pour Dubaï. Raté.
Des policiers ont monté la passerelle au dernier moment, se sont postés dans l'allée centrale et lui ont demandé de les suivre. Quelques secondes de plus, et les portes se refermaient sur lui pour de bon.

Une dispute qui dégénère, des voisins qui réagissent

L'affaire commence comme tant d'autres drames conjugaux : une dispute verbale dans un appartement de Netanya, des voix qui montent, des cris qui percent les murs.
Des voisins, alertés par les éclats en provenance du logement et craignant pour la sécurité de la femme, décrochent leur téléphone et appellent le 100. Les agents du commissariat de Netanya débarquent rapidement sur les lieux. Ce qu'ils trouvent ne laisse aucun doute : la femme présente des signes évidents de traumatisme sur le corps. La situation est limpide, et elle l'est d'autant plus quand elle commence à parler.

Elle révèle aux enquêteurs que les violences ne sont pas un accident isolé, que son mari la bat depuis longtemps, que les coups de ce jour-là ne sont que le dernier épisode d'une longue série. Et elle ajoute quelque chose qui déclenche immédiatement une course contre la montre : avant de prendre la fuite, il l'avait menacée de fuir Israël.

La course contre la montre

Le mari, lui aussi âgé d'une quarantaine d'années, a une longueur d'avance. Pendant que les policiers recueillent le témoignage de son épouse, il est déjà en route pour Ben Gourion. Il a acheté un billet. Il a passé tous les contrôles de sécurité. Il a embarqué. Il s'est installé à sa place avec, sans doute, le soulagement de celui qui croit avoir réussi son coup convaincu, selon les termes mêmes de l'enquête, d'avoir quitté le pays sans être appréhendé.

À Netanya, les policiers ne perdent pas une seconde. Une coordination s'engage immédiatement entre le commissariat local et la police de l'aéroport Ben Gourion. Le signalement circule. On remonte la piste. On identifie le vol. On confirme la présence du suspect à bord. Et on agit  avant que les portes de l'appareil ne se referment.

Sorti de son siège au dernier instant

La scène est saisissante. L'homme est installé, la cabine presque pleine. Et soudain, des policiers dans l'allée, face à lui, lui demandant de se lever et de les accompagner. « Il était déjà installé à sa place et a été très surpris de voir les policiers devant lui, lui demandant de les suivre », a déclaré une source proche du dossier. « Ils l'ont fait descendre de l'avion quelques instants avant la fermeture des portes. »

Menotté, ramené au sol, le fuyard en puissance s'est retrouvé dans les locaux d'un commissariat plutôt que dans les airs au-dessus de la Méditerranée. Sa tentative d'évasion n'avait pas duré le temps d'un décollage.

La violence conjugale ne s'efface pas avec un billet d'avion

Ce que cette affaire révèle dépasse le simple fait divers. Elle illustre d'abord l'absurdité du calcul de certains auteurs de violences conjugales : l'idée qu'on peut frapper, terroriser, détruire et simplement partir. Changer de pays comme on change de chemise. Laisser derrière soi une femme blessée et recommencer ailleurs, à l'abri d'une frontière. Cette logique-là a été mise en échec, cette fois, grâce à la rapidité d'un témoignage, à l'efficacité d'une coordination policière et à quelques secondes arrachées au compte à rebours d'un décollage.

Elle rappelle aussi que les voisins jouent un rôle absolument décisif. Sans leur appel au 100, sans cette décision de ne pas rester derrière leur porte en se disant que ça ne les regardait pas, l'homme aurait peut-être réussi. La femme serait seule, blessée, sans recours immédiat, et son mari quelque part au-dessus du Golfe Persique. C'est un réflexe citoyen, banal en apparence, qui a tout changé.

Les suites judiciaires

Le suspect, conduit au commissariat pour y être interrogé, fait face à des charges sérieuses. Compte tenu de la gravité des faits  violences répétées, signes évidents de traumatisme sur la victime, tentative planifiée de fuite à l'étranger  la police a indiqué son intention de déposer une plainte pénale contre lui dans les prochains jours. Le dossier est considéré comme solide : les traces sur le corps de la femme, son témoignage détaillé, la fuite précipitée et la menace proférée avant de quitter le domicile conjugal constituent un ensemble d'éléments à charge difficile à contester.

Son épouse, elle, a osé parler. Dans ce type d'affaires, c'est souvent l'étape la plus difficile, celle que les victimes franchissent avec la peur au ventre, parfois après des années de silence.
Elle l'a fait au bon moment, avec suffisamment de précision et de clarté pour que la machine judiciaire s'enclenche à temps. Ce courage-là, discret et douloureux, est au cœur de tout ce qui a suivi.

L'avion pour Dubaï a décollé sans lui.

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Marathon à Gaza : 2 500 Palestiniens pulvérisent le récit de famine et de génocide -vidéo-

Genocide, Famine à Gaza : 2 523 coureurs dans les rues pour le 10e Marathon international -vidéo-

Gaza : 2 523 coureurs dans les rues pour le 10e Marathon international, pendant que le monde parle de “famine généralisée”

Le contraste est saisissant. Depuis des mois, une partie des médias internationaux martèle l’image d’une bande de Gaza totalement anéantie, peuplée exclusivement de mourants incapables de survivre sans aide immédiate.
Or vendredi, plus de 2 500 Palestiniens ont participé à une course populaire organisée dans Gaza dans le cadre du 10e Marathon international de Palestine. Une réalité documentée, filmée, revendiquée par les organisateurs eux-mêmes et relayée par plusieurs agences de presse internationales. 

Cette scène dérange parce qu’elle fissure une narration devenue binaire : d’un côté un peuple présenté comme entièrement réduit à l’agonie, de l’autre Israël accusé de “génocide” systématique. Or une société où l’on organise un marathon réunissant enfants, femmes, personnes âgées, handicapés, bénévoles, équipes médicales et milliers de participants n’est pas une société en état d’effondrement terminal absolu.

Un marathon massif organisé simultanément à Bethléem et Gaza

La 10e édition du Marathon international de Palestine s’est déroulée simultanément à Bethléem et dans la bande de Gaza après deux années d’interruption liées à la guerre.
Selon les chiffres donnés par les organisateurs palestiniens eux-mêmes, plus de 13 000 participants ont pris part aux différentes épreuves, dont exactement 2 523 coureurs à Gaza.

La course gazaouie s’est déroulée sur cinq kilomètres, depuis le pont de Wadi Gaza vers la route côtière. Des images largement diffusées montrent des centaines de participants courant en groupe, certains arborant des drapeaux palestiniens, d’autres filmant l’événement avec leurs téléphones.

Les organisateurs ont également confirmé la présence de plus de 100 bénévoles, de stations de ravitaillement, d’équipes médicales et d’un système électronique de suivi. 

Le mot “génocide” vidé de son sens

Il faut être précis. La guerre à Gaza est réelle. Les destructions sont immenses. Les morts aussi. Mais employer mécaniquement le mot “génocide” pour décrire chaque événement lié au conflit revient à transformer un terme juridique extrêmement grave en slogan militant.

Car un génocide, dans sa définition historique et juridique, implique une volonté méthodique d’extermination totale d’une population. Or les images de ce marathon montrent une société qui continue de fonctionner, d’organiser des événements publics, de mobiliser des infrastructures sportives et des milliers de civils dans un cadre collectif. 

Cette contradiction explique probablement pourquoi cet événement a été très peu relayé dans certains grands médias occidentaux. Un marathon populaire dans Gaza ne cadre pas avec les images apocalyptiques répétées quotidiennement.

Peut-on courir un marathon en état de famine généralisée ?

La question mérite d’être posée sans hystérie idéologique.

Un effort sportif mobilisant des milliers de participants suppose un minimum de capacités physiques, d’organisation logistique, d’approvisionnement en eau, de circulation et de coordination humaine. Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’existe pas de pauvreté, de pénuries ou de situations dramatiques à Gaza. Mais cela invalide l’idée simpliste d’une population entière réduite à l’état de survivants squelettiques incapables du moindre effort collectif.

Le plus frappant est d’ailleurs le ton employé par les organisateurs palestiniens eux-mêmes. Ceux-ci ont présenté la course comme “un jour national”, une célébration de “l’unité palestinienne” et un symbole de “retour à la vie”. 

On est loin des descriptions médiatiques laissant croire qu’aucune activité civile n’est encore possible dans l’enclave.

Une guerre de propagande mondiale

Le marathon révèle surtout une autre réalité : la guerre de l’information autour de Gaza est devenue aussi violente que le conflit lui-même.

D’un côté, certains militants cherchent à présenter Gaza comme un territoire totalement exterminé afin de renforcer l’accusation politique contre Israël. De l’autre, des événements comme ce marathon rappellent que la réalité est infiniment plus complexe, contradictoire et mouvante.

La propagande moderne fonctionne par images-chocs. Un enfant blessé devient une vérité absolue. Une vidéo dramatique devient une preuve universelle. Mais les images de milliers de coureurs dans Gaza racontent autre chose : une population qui, malgré la guerre, continue à vivre, à s’organiser, à courir, à filmer, à célébrer des événements publics.

Et cela change profondément la perception du conflit.

Ce que ce marathon dit réellement

Ce marathon ne prouve pas qu’il n’existe aucune souffrance à Gaza. Ce serait absurde. Mais il pulvérise une vision caricaturale devenue dominante dans certains médias et sur les réseaux sociaux.

Une société totalement exterminée ne lance pas un marathon international avec plus de 2 500 participants.

Une population entièrement mourante ne mobilise pas des équipes sportives, des bénévoles, des infrastructures de course et des événements publics retransmis dans plusieurs pays.

La réalité de Gaza est tragique. Mais elle est aussi instrumentalisée. Et ce marathon vient brutalement rappeler qu’entre la réalité du terrain et certains récits mondiaux, l’écart devient parfois vertigineux.

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Ben Gourion se modernise : fini les files d'attente interminables pour les bagages

Ben Gourion se modernise : fini les files d'attente interminables pour les bagages

Ben Gourion se modernise : fini les files d'attente interminables pour les bagages

Arriver trois heures avant le décollage. Patienter aux comptoirs d'enregistrement. Regarder l'horloge tourner. Pour des millions de voyageurs israéliens, cette routine épuisante était devenue une fatalité. À l'approche d'une saison estivale qui s'annonce particulièrement chargée, l'Autorité aéroportuaire vient de frapper un grand coup : le Self Bag Drop débarque à Ben Gourion, et il pourrait bien changer votre rapport à l'aéroport.

Une révolution silencieuse, mais bien réelle

Ce dimanche, l'Autorité aéroportuaire a officiellement annoncé le lancement d'un service numérique autonome d'étiquetage et de dépôt des bagages. L'objectif est clair : hisser Ben Gourion au niveau des grands aéroports mondiaux. Derrière cette initiative, des mois de préparation, d'aménagements d'infrastructures et de modernisation technologique visant à fluidifier le flux de passagers souvent engorgé aux heures de pointe.

Dans un premier temps, le service sera opérationnel au terminal 3, secteur G, avant d'être étendu au terminal 1, secteur A, dès sa réouverture. D'autres compagnies aériennes pourront progressivement rejoindre le dispositif.

Israir ouvre le bal avec 17 bornes

C'est la compagnie israélienne Israir qui joue les pionnières. Forte d'un projet pilote mené conjointement avec l'Autorité aéroportuaire, elle est la première à adopter l'intégralité du processus, via des bornes dites PSX. Dès ce matin, les premiers passagers ont pu utiliser les 17 bornes dédiées installées dans le terminal G Ouest et le résultat se passe d'éloquence : moins d'attente, plus d'autonomie.

Comment ça marche concrètement ?

Le système repose sur une logique simple et intuitive, pensée pour des voyageurs qui ont mieux à faire que de piétiner dans une file. Tout commence avant même de quitter la maison : le passager effectue son enregistrement en ligne sur le site de sa compagnie. C'est une condition indispensable sans ce pré-enregistrement, le nouveau service n'est pas accessible.

À l'aéroport, après avoir passé le contrôle de sécurité au terminal G Ouest, le passager est guidé vers la borne dédiée. Il s'identifie en scannant le code-barres de sa carte d'embarquement mobile ou imprimée puis son passeport, pour vérification des données. Une fois ces étapes franchies, il sélectionne les informations relatives à son bagage, confirme, et imprime lui-même l'étiquette autocollante. Direction ensuite le comptoir de dépôt : un agent scanne l'étiquette, pèse la valise, et l'envoie en soute. Affaire réglée.

Ce que ça change vraiment pour vous

La promesse n'est pas anodine. Dans un aéroport où l'enregistrement des bagages représentait l'un des principaux goulots d'étranglement, cette autonomisation du passager pourrait réduire significativement le temps passé à attendre. Pour les familles chargées de valises, pour les voyageurs fréquents, ou simplement pour ceux qui redoutent le stress des départs, c'est une bouffée d'air.

Les comptoirs d'enregistrement traditionnels ne disparaissent pas pour autant. Ils resteront ouverts en parallèle pour les passagers n'ayant pas procédé à l'enregistrement en ligne, qui seront dirigés vers une file distincte. La coexistence des deux systèmes garantit une transition sans rupture.

Ben Gourion dans la cour des grands

Ce virage technologique s'inscrit dans une ambition plus large : faire de Ben Gourion un aéroport véritablement compétitif à l'échelle internationale. Heathrow, Schiphol, Changi — les références ne manquent pas pour un hub qui dessert chaque année des dizaines de millions de passagers. Avec le Self Bag Drop, Israël rattrape un retard et envoie un signal clair : la modernisation de l'expérience voyageur est en marche.

Reste à voir si le déploiement tiendra ses promesses lors des premières semaines d'utilisation intensive. La haute saison estivale sera le vrai test et les passagers d'Israir, cobayes volontaires ou non, en seront les premiers juges.

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Israël : Le directeur pédophile d'une yeshiva de Bnei Brak rattrapé par Interpol aux USA

Israël : Le directeur pédophile d'une yeshiva de Bnei Brak rattrapé par Interpol aux USA

L'éducateur fugitif : comment Yechiel Yehoshua Farkas a trahi ses élèves avant de fuir

Il se présentait comme un pilier de l'éducation, un homme de confiance, un guide pour des enfants en quête de repères. Yechiel Yehoshua Farkas, 43 ans, directeur et enseignant à la yeshiva « Torat HaHayyim » de Bnei Brak, vient d'être arrêté à Lakewood, dans le New Jersey  au cœur d'une communauté juive orthodoxe où il s'était fondu sans difficulté. Derrière la façade du pédagogue respectable se cachait, selon les autorités, un prédateur méthodique.

Une double vie au cœur d'une institution religieuse

Selon les soupçons qui pèsent sur lui, Farkas a commis une série d'actes indécents sur des mineurs entre 2020 et 2023, exploitant sa position de figure éducative et de directeur de yeshiva.
L'acte d'accusation révèle un mode opératoire répété, calculé, presque chirurgical dans sa perversité : des trajets en voiture, des sorties, des moments passés dans des espaces privés, autant de situations banales, savamment orchestrées pour isoler ses victimes et ériger une intimité forcée.

La police israélienne indique qu'il a exploité son statut et la confiance que lui accordaient les enfants et leurs parents. « Il était une figure éducative et a abusé de sa position pour commettre des infractions sexuelles », a déclaré une source policière. « Les enfants et leurs familles lui faisaient confiance, et il a violé cette confiance de la manière la plus grossière qui soit. »

Le courage d'une victime, l'inertie d'un système

Tout commence par un acte de bravoure. Un enfant ose parler. Il rapporte les faits à un membre du personnel de l'internat de l'établissement. Ce geste, qui demande une force immense, aurait pu mettre fin rapidement à une carrière criminelle.
Mais ce qui devait être un déclencheur d'action immédiate se révèle n'être qu'un signal tardif. En quelques jours seulement, avant que l'enquête ne débouche sur un mandat d'arrêt, Farkas quitte Israël. Le 4 janvier, il monte à bord d'un avion à destination des États-Unis, laissant derrière lui une enquête ouverte, des victimes sans justice, et des questions troublantes sur la réactivité ou l'inaction des autorités face aux premiers signalements.

De Bnei Brak à Lakewood : la fuite d'un fugitif protégé par l'anonymat communautaire

Farkas se réfugie alors au sein d'une communauté juive locale à Lakewood, dans le New Jersey, une ville connue pour abriter l'une des plus grandes concentrations de juifs orthodoxes hors d'Israël. Il s'y dissimule pendant près d'un an et demi, à l'abri des regards, dans un environnement qui lui est familier. Un mandat d'arrêt est émis par le tribunal de Tel Aviv-Jaffa le 10 décembre 2025. Interpol est saisi. Un mandat international vient s'ajouter au dossier. La mécanique judiciaire, lente à se mettre en branle, finit par se refermer sur lui. 

Une coopération internationale qui aboutit à l'arrestation

Le 17 avril 2026, les agents du HSI Homeland Security Investigations de Newark et les membres de la task force régionale des US Marshals de New York/New Jersey procèdent à son arrestation à son domicile de Lakewood, sans incident. ICE annonce l'arrestation sur son compte X en publiant une photo de deux agents aux côtés de Farkas, menotté.
L'image fait le tour des médias. Le 21 avril, il comparaît devant le tribunal fédéral de Trenton, où il est décidé qu'il restera en détention. 

L'affaire mobilise plusieurs agences : HSI Newark, HSI Los Angeles et le US Marshals Service ont commencé à travailler ensemble dès lors qu'ils ont été informés que les autorités israéliennes souhaitaient poursuivre Farkas. Le procureur fédéral du district du New Jersey a obtenu un mandat provisoire en cour fédérale. L'extradition vers Israël est désormais gérée conjointement par le bureau du procureur fédéral du New Jersey et par le bureau des affaires internationales du département américain de la Justice.

Une affaire qui soulève des questions bien plus larges

ICE a précisé que son programme d'assistance aux victimes coordonnera toute interview complémentaire et cherchera à identifier d'éventuelles autres victimes liées au dossier. Cette précision n'est pas anodine. Elle laisse entendre que le cercle des victimes potentielles pourrait être plus large que ce que les autorités israéliennes ont établi jusqu'ici. Nicholas Ricigliano, US Marshal par intérim du district du New Jersey, a déclaré :

« Cette arrestation témoigne de la solidité de la coopération internationale dans la poursuite d'individus accusés de crimes graves, en particulier ceux impliquant l'exploitation de mineurs. » 

L'impunité comme horizon jusqu'où ?

L'affaire Farkas illustre une réalité glaçante : il est possible, pour un homme suspecté d'abus sexuels graves sur des enfants, de s'éclipser entre le moment de la dénonciation et celui de l'émission d'un mandat d'arrêt. Que s'est-il passé dans ce laps de temps ? Qui savait ? Qui a tardé à agir ? Ces questions, laissées en suspens dans les couloirs d'une institution religieuse, appellent des réponses que ni la communauté de Bnei Brak ni le système judiciaire israélien ne peuvent se permettre d'esquiver.

L'extradition imminente de Yechiel Yehoshua Farkas vers Israël ne clôt pas l'affaire elle l'ouvre, plus grand encore. Car derrière le destin judiciaire d'un homme traqué sur deux continents se profile une question fondamentale : combien de temps la confiance accordée à une robe d'éducateur peut-elle servir de bouclier à ceux qui en abusent le plus cruellement ?

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Le Hantavirus frappe Israël pour la première fois — et le monde retient son souffle

Le Hantavirus frappe Israël pour la première fois — et le monde retient son souffle

Le Hantavirus frappe Israël pour la première fois — et le monde retient son souffle

Un voyageur revenu d'Europe de l'Est, un test PCR positif, une première dans l'histoire médicale israélienne. Mais derrière ce cas isolé se cache une vérité glaçante : il n'existe ni traitement ni vaccin.

Ce n'est pas une rumeur, ce n'est pas une alerte préventive. C'est officiel. Les autorités sanitaires israéliennes ont confirmé le premier cas de Hantavirus jamais diagnostiqué dans le pays. Le patient, de retour d'Europe de l'Est, a d'abord déclenché une sérologie suspecte, puis un test PCR sans ambiguïté. Il est actuellement stable, sous observation médicale, sans nécessité de soins intensifs ni d'isolement strict. Pour l'instant.

Ce cas survient dans un contexte mondial déjà tendu : au large du Cap-Vert, le navire de croisière MV Hondius a généré un cluster de huit cas confirmés ou suspectés, dont trois morts. Une Néerlandaise, un Allemand, un autre passager européen emportés par la souche Andes, la plus redoutable. L'OMS surveille. Le monde regarde.

Un virus qui tue en silence

Le Hantavirus tire son nom de la rivière Hantaan, en Corée. C'est là, pendant la guerre de 1950–1953, que plus de 3 000 soldats sont tombés d'un mal mystérieux fièvre foudroyante, hémorragies, défaillance rénale. On a mis des années à identifier le coupable : un virus transmis par les rongeurs sauvages, campagnols en tête, via leurs urines, fèces et salive.

La contamination humaine se produit presque toujours par inhalation. Vider un grenier, nettoyer une remise, débroussailler un terrain où des souris ont séjourné il suffit de soulever un nuage de poussière chargé de particules virales. Aucune nécessité de voir un rongeur, encore moins d'en être mordu.

50% Mortalité de la souche Andes en l'absence de soins intensifs

38% Décès parmi les patients développant un syndrome pulmonaire sévère (HPS)

200 000 Infections humaines estimées chaque année dans le monde

Ces symptômes qui trompent tout le monde

Le Hantavirus commence comme un banal épisode grippal. Fièvre, frissons, courbatures intenses, maux de tête, nausées, troubles digestifs. Rien qui n'alarme au premier regard.
Le piège est là : cette phase d'apparence anodine dure de deux à huit jours, pendant lesquels le virus s'installe silencieusement dans l'organisme.

Puis deux tableaux cliniques distincts peuvent émerger. Le premier touche les reins : c'est le syndrome de fièvre hémorragique avec atteinte rénale (FHSR), prédominant en Europe et en Asie, avec une mortalité qui oscille entre 1 % et 15 % selon la souche impliquée.
Le second est le plus brutal : le syndrome cardiopulmonaire (HCPS), typiquement américain, provoque une détresse respiratoire aiguë, un œdème pulmonaire massif, une défaillance cardiaque. La mortalité y grimpe entre 30 % et 60 %. Il n'existe pas de signal d'alerte entre les deux phases — la bascule peut être foudroyante, en quelques heures.

"Le Hantavirus ne prévient pas. Il fait semblant d'être une grippe puis il s'en prend aux poumons, aux reins, au cœur."

La course au vaccin : trente ans de retard

Voilà où se situe le véritable scandale scientifique. Identifié dans les années 1950, le Hantavirus est encore aujourd'hui sans vaccin approuvé pour les souches qui tuent le plus.
La Corée du Sud et la Chine disposent de vaccins inactivés contre les souches asiatiques, mais leur efficacité réelle reste contestée par la communauté scientifique internationale. Pour la souche Andes celle du MV Hondius, celle qui se transmet entre humains aucune protection n'existe.

Le virologue Jay Hooper, à l'Institut américain de recherche médicale sur les maladies infectieuses, travaille depuis plus de trente ans sur le sujet.
Des publications en 2024 et 2025 montrent des avancées prometteuses. Des anticorps monoclonaux sont à l'étude. Des chercheurs estiment que si des États s'engageaient à garantir l'achat massif de vaccins en amont, les laboratoires pourraient accélérer drastiquement le développement. Mais l'urgence économique n'était pas là — jusqu'au MV Hondius.

Aucun traitement spécifique disponible

L'OMS, le CDC et l'ECDC le confirment unanimement : il n'existe aucun antiviral approuvé contre le Hantavirus. La prise en charge est exclusivement symptomatique oxygénothérapie, perfusions contrôlées, dialyse rénale, ventilation mécanique dans les cas graves. Traiter les conséquences, sans jamais pouvoir s'attaquer au virus lui-même.

Ce que les citoyens ne feront plus jamais de la même façon

Nettoyer un chalet fermé depuis l'hiver. Balayer à sec une cave où des souris ont laissé des traces. Vider un entrepôt agricole sans protection. Randonner en forêt et pique-niquer sans se laver les mains. Nourrir des rongeurs sauvages dans un jardin. Ces gestes du quotidien anodins, répétés des millions de fois chaque annéesont les principales voies d'entrée du virus dans le corps humain.

Les recommandations sont claires et pourtant méconnues : ventiler tout espace clos avant d'y pénétrer, ne jamais balayer à sec une zone potentiellement contaminée, porter des gants et un masque pour nettoyer des surfaces souillées par des rongeurs, humidifier les zones contaminées avec un désinfectant avant nettoyage. En milieu naturel, éviter de s'allonger directement sur le sol, ne pas toucher des rongeurs morts.

Le cas israélien est une alerte. Pas une catastrophe le patient est stable, la souche européenne ne se transmet pas entre humains, le risque de propagation locale est jugé faible. Mais il rappelle que le Hantavirus voyage avec les humains, dans leurs valises, dans leurs poumons, sans qu'aucune frontière ne l'arrête. Et sans que la science ait encore trouvé comment l'arrêter à la source.

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Israël : Ce rabbin accusé par 16 hommes d'agressions sexuelles, l'emprise d'une secte démasquée

Yosef Shuvli, 54 ans

Le rabbin qui se prenait pour un « saint » et que seize hommes accusent d'agressions sexuelles

Il se présentait comme un juste, un homme de Dieu, une âme pure au-dessus du commun des mortels. Yosef Shuvli, 54 ans, rabbin établi à Miron et figure de proue d'une communauté au sein du mouvement hassidique Breslev, a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi.
Seize hommes ont témoigné contre lui. Le tribunal de paix de Tibériade vient de prolonger sa détention jusqu'au 14 mai.

Un « tzaddik » fabriqué de toutes pièces

Tout reposait sur une construction soigneusement orchestrée. Selon des sources proches du dossier, le rabbin Shuvli avait bâti autour de lui une aura de sainteté  celle du tzaddik, du juste infaillible auquel on doit obéissance absolue.
C'est précisément cette image qu'il aurait utilisée pour s'approcher de ses victimes présumées, gagner leur confiance, et les soumettre.
Le Centre israélien pour les victimes de sectes, qui suit le dossier de près, décrit la communauté qu'il dirigeait comme présentant des caractéristiques sectaires avérées : dépendance psychologique, contrôle des comportements, rupture des liens familiaux, exploitation des membres et climat de peur permanent.

Seize témoignages, une montagne de charges

C'est au Centre pour les victimes de sectes, puis à la police, que les langues se sont déliées. Seize hommes ont rapporté des faits. Certains ont témoigné devant le tribunal rabbinique spécial du grand rabbin Shmuel Eliyahou, accompagnés par les responsables dudit centre.
Les accusations portent sur des actes sexuels graves commis dans le cadre d'une relation d'autorité spirituellece que les témoins décrivent comme un abus délibéré du lien de confiance sacré entre un maître et ses disciples.

Le tribunal rabbinique n'a pas tardé à réagir. Dans une lettre publique signée par le rabbin Eliyahou et six de ses collègues les rabbins Tsion Buaron, Aharon Yarhi, Aharon Cohen, Avraham Yitzhak Schwartz, Hananya Polak et Yehuda Dana les signataires écrivent :

« Des témoignages graves nous sont parvenus concernant quelqu'un qui se présente comme un juste, mais qui commet des actes sérieux en matière d'interdits sexuels que la Sainte Torah prohibe et que nous ne pouvons détailler par souci de pudeur.
Nous avons reçu des témoignages de ses disciples faisant état d'intimidations et de menaces envers ceux qui ont été lésés. Convoqué devant le tribunal, il a refusé de coopérer. »
La lettre se conclut par un appel solennel : « Nous encourageons les victimes et appelons quiconque a connaissance de ses mauvaises actions à se tourner vers les autorités légales. »

Le tribunal civil confirme le danger

Le juge Eran Bar-Or, du tribunal de paix de Tibériade, a statué en ces termes : « Je suis convaincu qu'il existe dans le dossier d'enquête une base probatoire reliant le suspect à la commission des infractions qui lui sont imputées, fondant un soupçon raisonnable qu'il les a commises.
Dans ces circonstances, je suis convaincu qu'il existe un motif raisonnable de craindre que la remise en liberté du suspect soit de nature à mettre en danger la paix et la sécurité publiques. » L'audience s'est tenue à huis clos.

La communauté, entre soulagement et douleur

Pour le Centre israélien pour les victimes de sectes, l'arrestation marque une étape capitale, même si elle ne clôt rien :
« Ces derniers temps, des informations et des témoignages lourds s'étaient accumulés auprès de nous, de personnes et de familles victimes du rabbin qui avaient cherché à être aidées. Cette arrestation n'est pas un point final, mais pour de nombreuses victimes, c'est un moment significatif le début de la reconnaissance que leurs voix sont entendues et prises au sérieux. »

La défense dément et contre-attaque

L'avocate du rabbin, Me Shlomtzion Gabai-Mandelmann, nie tout en bloc : « Mon client rejette tout lien avec les infractions alléguées. Il s'agit d'accusations absurdes, fondées sur des mensonges et des déformations orchestrés par des ennemis qui cherchent depuis des années à nuire aux membres de la communauté. Mon client est un rabbin respectable, un homme de famille, un homme de bonté et de don de soi. Il est victime d'un complot. J'ai l'intention de contester la prolongation de sa détention. »

Une affaire qui dépasse un seul homme

Ce qui se joue à Miron n'est pas simplement l'histoire d'un individu présumé coupable.
C'est la révélation d'un système : celui dans lequel la sainteté revendiquée devient une arme, où la déférence religieuse ouvre la porte à l'abus, et où le silence des victimes est entretenu par la terreur spirituelle. Le dossier reste ouvert. L'enquête se poursuit. Et derrière les seize témoins connus, combien d'autres n'ont pas encore parlé ?

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Israël : Le marié a 41 ans, la mariée en a 14 et la police ne peut rien faire à Yavne'el

Israël : Le marié a 41 ans, la mariée en a 14 et la police ne peut rien faire à Yavne'el

Une noce illégale dans une communauté ultra-orthodoxe d'Israël

Dans la petite bourgade de Yavne'el, nichée au bord du lac de Tibériade, un message a circulé ces dernières heures annonçant la « fermeture du vort »  cette cérémonie qui scelle officiellement la décision d'un couple de se marier.
Le couple en question : un homme de 41 ans et une jeune fille de 14 ans.
Un mariage de mineure, contraire à la loi israélienne, organisé au cœur d'une communauté ultra-orthodoxe fermée sur elle-même. La police a été informée. Elle a ouvert une enquête. Et pourtant, elle admet son impuissance.

« Même en robe de mariée, ce n'est pas suffisant »

C'est la phrase qui résume tout. Un responsable policier l'a confié sans détour à ynet : « Même quand tu arrives sur place et que tu la vois en robe de mariée et lui en costume, ça ne suffit pas. Sans preuve claire de mariage, nous ne pouvons pas agir. »
Pas de documentation, pas de témoins coopératifs, et les intéressés eux-mêmes nient catégoriquement s'être mariés.
Sans ce que les enquêteurs appellent une « preuve en or », les dossiers s'éteignent d'eux-mêmes, faute de fondement juridique suffisant pour tenir devant un tribunal.

Dans le cas de cette noce à Yavne'el, la réponse des personnes impliquées a été immédiate et rodée : il s'agissait, ont-elles soutenu, d'une simple fête de fiançailles. Or, les fiançailles ne sont pas interdites par la loi. La police soupçonne une manœuvre délibérée pour dissimuler la nature réelle de l'événement, mais soupçonner ne suffit pas à poursuivre.

Un système parfaitement huilé pour déjouer l'État

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est le degré d'organisation mis en œuvre pour contourner la loi. Les organisateurs de ces mariages clandestins ne laissent rien au hasard. Les époux eux-mêmes ne connaissent pas à l'avance le lieu de la cérémonie.
Les événements se tiennent à des heures inhabituelles, dans des endroits isolés.
Seule une poignée de personnes est dans la confidence. L'introduction de téléphones portables est strictement interdite pour empêcher tout enregistrement ou photographie. Quant à la kétouba le contrat de mariage religieux elle est soigneusement cachée loin du lieu de la cérémonie et parfois laissée non signée, rendant ainsi quasiment impossible toute preuve légale qu'un mariage a bien eu lieu.

C'est un système pensé dans ses moindres détails pour que l'État ne puisse jamais mettre la main sur la moindre preuve tangible. Et jusqu'ici, il fonctionne.

Une enquête ouverte, des mains liées

La police israélienne avait déjà ouvert des enquêtes à Yavne'el sur deux mariages de mineures présumés au sein de la même communauté ultra-orthodoxe. Chaque fois, le même scénario s'est répété : les participants affirment qu'il s'agit de fiançailles, les dossiers s'ouvrent, les suspects sont interrogés, mais l'absence de preuves solides conduit inévitablement à leur classement sans suite.

Selon les responsables de l'application de la loi, l'enquête ne démarre le plus souvent qu'après les faits, lorsque les autorités réalisent qu'un mariage a peut-être eu lieu. Et même à ce stade tardif, il est extrêmement difficile de constituer un dossier probatoire suffisant. Le cercle est vicieux : plus on intervient tard, moins les preuves sont accessibles ; et plus les preuves manquent, moins il est possible d'intervenir.

Un phénomène bien au-delà de Yavne'el

Les responsables policiers sont catégoriques sur un point : ce n'est pas un problème local. Yavne'el concentre un nombre particulièrement élevé de signalements, mais le phénomène dépasse largement cette seule communauté.
Les mariages de mineures dans des communautés ultra-orthodoxes fermées constituent, selon eux, une réalité souterraine bien plus répandue qu'il n'y paraît, rendue invisible précisément par l'efficacité des mécanismes d'occultation mis en place.

Les outils juridiques existants ne permettent pas à la police d'agir de manière préventive tant qu'il n'existe pas d'indication claire qu'une noce et non de simples fiançailles est sur le point d'être célébrée. Cette lacune législative offre une fenêtre d'impunité que certaines communautés ont appris à exploiter méthodiquement.

Une adolescente de 14 ans, et une société qui regarde ailleurs

Derrière les questions juridiques et procédurales, il y a une réalité humaine brute : une jeune fille de 14 ans, promise à un homme de 41 ans, dans un cadre qui lui laisse peu de place pour exprimer un refus. La loi israélienne interdit les mariages de mineurs. Mais une loi qui ne peut pas être appliquée est une loi qui ne protège personne.

La police dit qu'elle continue de surveiller la situation à Yavne'el. Elle dit qu'elle prend le sujet au sérieux. Mais entre la surveillance et la protection effective d'une adolescente en robe blanche, il y a un abîme que ni les enquêteurs ni le cadre légal actuel ne semblent, pour l'heure, capables de combler.

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Gaza sous les rats : pourquoi c'est Israël et non le Hamas qui agit

Gaza sous les rats : pourquoi c'est Israël et non le Hamas qui agit

Israël coordonne la livraison de pesticides anti-rongeurs à Gaza

Une opération logistique inédite pilotée par le COGAT

Israël a annoncé jeudi son engagement concret dans la lutte contre l'infestation de rats qui sévit à Gaza. Le COGAT, l'organisme du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans l'enclave, a confirmé sur X qu'il travaillait en étroite collaboration avec le Centre de coordination civilo-militaire dirigé par les États-Unis afin de « gérer les efforts d'assainissement dans la bande de Gaza ».

L'opération est d'une ampleur significative : des centaines de cartons de poisons spécialisés contre les rongeurs ont été acheminés pour la première fois, accompagnés de 20 tonnes supplémentaires de pesticides et de matériel de lutte antiparasitaire.
« Au cours des dernières semaines, nous avons coordonné l'entrée d'environ 110 tonnes de pesticides en partenariat avec des organisations humanitaires et la communauté internationale », a précisé le COGAT.

Des conditions sanitaires propices à la prolifération des nuisibles

La montée des températures conjuguée à l'accumulation d'eaux contaminées et de déchets aux abords des camps de tentes crée un terrain idéal pour la propagation des rongeurs. Les organisations humanitaires tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs semaines : familles entières dormant, cuisinant et se lavant dans ces espaces de fortune, les conditions sont réunies pour une crise sanitaire majeure.
Des habitants rapportent des morsures de rats et la destruction de leurs derniers biens par les rongeurs. Selon le représentant local de l'OMS, quelque 17 000 cas d'infections liées aux rongeurs et aux ectoparasites ont déjà été recensés à Gaza depuis le début de l'année.

Un contexte de guerre et de sécurité

Ce déploiement sanitaire s'inscrit dans un contexte que les autorités israéliennes ne perdent pas de vue. La trêve, entrée en vigueur en octobre après deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023 qui avait coûté la vie à quelque 1 200 Israéliens et conduit à la prise de 251 otages n'a pas effacé les impératifs sécuritaires. Israël maintient des restrictions sur certains articles humanitaires inscrits sur une liste noire de biens dits à double usage, susceptibles d'être détournés et utilisés comme armes par le Hamas ou d'autres groupes terroristes opérant dans la bande de Gaza.

L'enclave est aujourd'hui divisée en deux zones à peu près égales : l'une sous contrôle israélien, l'autre encore gouvernée de facto par le Hamas. C'est dans ce cadre que le COGAT continue de coordonner, au cas par cas et avec discernement, les entrées de matériaux humanitaires  dont ces pesticides en veillant à ce qu'aucun d'entre eux ne puisse se retourner contre la sécurité d'Israël.

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