Faux amputé du 7 octobre : la police démantèle des casinos clandestins à Bat Yam et Ramat Gan

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Faux amputé du 7 octobre : la police démantèle des casinos clandestins à Bat Yam et Ramat Gan
Quatre suspects arrêtés après un raid contre des casinos clandestins à Bat Yam et Ramat Gan. L’un d’eux aurait obtenu une carte d’invalide en se disant amputé le 7 octobre.

Par Claudine Douillet

Un homme qui se présentait comme amputé d'une jambe après le 7 octobre a été arrêté alors qu'il s'enfuyait à pied. Il faisait partie, selon la police, d'un réseau de maisons de jeu illégales opérant à Bat Yam et Ramat Gan sous la protection d'une famille criminelle de Ramla.

L'image est presque irréelle. Dans la nuit de mercredi à jeudi, deux suspects tentent d'échapper aux policiers lors d'un raid contre des casinos clandestins. L'un d'eux est rattrapé. Dans ses affaires, les enquêteurs découvrent une carte d'invalide. Selon les soupçons de la police, il l'aurait obtenue en affirmant avoir été blessé par balle lors du massacre du 7 octobre 2023 et amputé d'une jambe. Les circonstances de la délivrance de ce document font désormais l'objet d'une enquête, rapporte le quotidien Maariv.

Une enquête discrète de plusieurs mois

Le coup de filet est l'aboutissement d'une enquête menée sous couverture depuis plusieurs mois par l'unité centrale de la police de Tel-Aviv, le Yamar. Les enquêteurs s'intéressaient à des soupçons de gestion de lieux de jeux interdits, de blanchiment d'argent et d'extorsion liée à des dettes de jeu. Les éléments réunis pointaient, selon la police, vers des établissements clandestins ayant brassé des millions de shekels.

Cette nuit, l'enquête est passée à sa phase ouverte. Les policiers du Yamar, appuyés par l'unité d'intervention Yasam de Tel-Aviv et par la police des frontières, ont investi deux casinos installés rue Yekouel à Bat Yam et rue Betsalel à Ramat Gan. Quatre suspects principaux ont été arrêtés et d'autres personnes ont été retenues pour interrogatoire.

Un demi-million de shekels, des bijoux et des voitures de luxe

Dans les salles de jeu, les policiers ont saisi des dizaines d'ordinateurs, des paquets de cartes et plusieurs milliers de shekels en liquide. Les perquisitions menées en parallèle aux domiciles des principaux suspects ont été plus fructueuses encore : environ 500 000 shekels en espèces, des bijoux et des véhicules de luxe. Selon les enquêteurs, ces biens auraient été acquis grâce aux profits de l'activité illégale.

Une affaire de famille sous protection criminelle

Les quatre suspects, âgés de 20 à 40 ans, résident à Holon, Bat Yam et Ramla. Trois d'entre eux appartiennent à la même famille : un frère, une sœur et leur neveu, tous domiciliés à Holon. D'après Maariv, ils auraient fait tourner ces établissements à Ramat Gan et dans les environs sous le parrainage de la famille criminelle Abou Ghanem, originaire de Ramla, l'un des clans connus de la pègre israélienne.

Pour masquer leur rôle, ils se seraient servis d'hommes de paille placés à la tête des établissements. Un homme qui refusait de jouer ce rôle aurait été agressé et menacé afin de le contraindre à prendre la direction de l'un des casinos. Les suspects ont été conduits jeudi devant le tribunal de première instance, où la police devait demander la prolongation de leur détention.

Une fraude qui touche une blessure nationale

Au delà du jeu clandestin, c'est la carte d'invalide qui choque. Depuis le 7 octobre, des milliers d'Israéliens vivent avec les séquelles physiques et psychologiques de l'attaque du Hamas. L'État a mis en place des dispositifs de reconnaissance et d'aide pour ces blessés, qui ouvrent droit à des prestations et à des avantages concrets. Se faire passer pour l'un d'eux revient à détourner une solidarité nationale bâtie dans la douleur, au détriment de ceux qui en ont réellement besoin.

L'enquête devra établir comment ce document a pu être délivré, quels contrôles ont été contournés et si d'autres avantages ont été perçus à ce titre. Ces faits ne sont à ce stade que des soupçons et les personnes arrêtées restent présumées innocentes tant qu'aucune décision de justice n'a été rendue.

Le crime organisé, une plaie persistante

Cette affaire rappelle aussi l'emprise des familles criminelles sur certaines villes du centre du pays. Jeux d'argent, extorsion, blanchiment : les mêmes ressorts reviennent d'une enquête à l'autre, avec un recours systématique à des prête-noms et à l'intimidation. Bat Yam et Ramat Gan, deux villes densément peuplées aux portes de Tel-Aviv, se retrouvent une nouvelle fois au cœur de ce type d'activités.

Source : Maariv, https://www.maariv.co.il/news/politics/article-1385276

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