Iran : le chef de la justice juge l'existence d'Israël « danger pour l'humanité »

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Le chef de la justice iranienne Mohseni-Ejei juge l'existence d'Israël « danger pour l'humanité » et appelle l'Iran à une économie de guerre.

Par Claudine Douillet

Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni-Ejei, affirme que l'existence même d'Israël constitue un danger pour l'humanité. Devant des économistes réunis à Téhéran, il a présenté l'affrontement avec l'État juif comme une « guerre existentielle » et exigé que l'économie du pays se plie aux règles d'un temps de guerre.

Une déclaration au sommet de l'État

Les propos ont été tenus samedi 24 octobre 2026 à Téhéran, lors d'une rencontre entre le chef de la justice et des économistes iraniens. Ils ont été rapportés par le Tehran Times, quotidien anglophone proche du pouvoir.

Mohseni-Ejei n'est pas un idéologue marginal. Il dirige l'un des trois pouvoirs de la République islamique, aux côtés de l'exécutif et du Parlement. Ancien ministre du Renseignement, il est nommé directement par le Guide suprême. Sa parole engage le cœur de l'appareil d'État.

« Une guerre existentielle »

Le magistrat a demandé à son auditoire de ne pas oublier que la confrontation actuelle avec l'ennemi relève d'une guerre existentielle. Il a décrit un « régime sioniste sauvage » qui, selon lui, ne se satisferait pas d'un découpage de l'Iran mais chercherait à détruire et anéantir le pays.

Il a ensuite renversé l'accusation : c'est l'existence même de ce qu'il appelle le « régime occupant » que Téhéran considère comme un danger pour l'humanité. La formule ne vise ni un gouvernement ni une politique, mais l'État d'Israël en tant que tel.

Un discours de négation d'Israël

Ce vocabulaire n'est pas nouveau dans la bouche des dirigeants iraniens, mais sa répétition au plus haut niveau mérite d'être relevée. En contestant le droit d'Israël à exister, le chef de la justice iranienne assume ouvertement un discours éliminationniste, à rebours des tentatives de certains diplomates occidentaux de présenter le conflit comme un simple différend régional.

Le procédé est classique : attribuer à Israël une volonté d'anéantissement pour justifier, en miroir, la négation de son existence. Il permet au régime de présenter sa propre hostilité comme un acte de défense.

L'économie iranienne sommée de passer en mode guerre

Le cœur de l'intervention portait pourtant sur l'économie. Mohseni-Ejei a reconnu des insuffisances internes et des inefficacités, tout en demandant de ne pas négliger ce qu'il appelle les complots des ennemis. On ne peut pas agir comme si l'on était en paix quand on est en guerre, a-t-il résumé.

Il a réclamé une coordination étroite entre les trois pouvoirs et une politique économique adaptée à des conditions de guerre. Une manière d'expliquer à la population que les difficultés du quotidien sont le prix d'un conflit imposé de l'extérieur.

La crainte d'un effondrement de la confiance

Le chef de la justice a insisté sur un point révélateur : préserver la confiance de la population doit devenir une priorité absolue. Il a mis en garde contre une « guerre hybride » qui viserait, selon lui, non seulement les structures économiques mais aussi le tissu social et psychologique de la société iranienne.

Derrière la rhétorique martiale, le message trahit une inquiétude réelle du régime face à l'usure de sa population, frappée par l'inflation, les pénuries et les conséquences des affrontements avec Israël et les États-Unis. Renforcer la capacité de la société à encaisser les pressions est présenté comme une nécessité stratégique.

Ce que ces propos disent du régime

Cette déclaration éclaire la logique de Téhéran. Le régime ne présente plus l'hostilité envers Israël comme un simple slogan idéologique, mais comme le cadre qui doit organiser l'ensemble de l'action publique, jusqu'à la politique économique. Pour Israël, c'est la confirmation que la confrontation avec la République islamique n'est pas conjoncturelle : elle est inscrite au sommet de l'État iranien.

Source : Tehran Times, 24 octobre 2026

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