Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

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Les articles de Claudine Douillet

Israël à court d'intercepteurs : le choc de la fuite Semafor et les 2,6 milliards de shekels débloqués dans la nuit

Israël à court d'intercepteurs : le choc de la fuite Semafor et les 2,6 milliards de shekels débloqués dans la nuit

Israël vide ses stocks d'intercepteurs : le gouvernement débloque 2,6 milliards de shekels en urgence

Après la révélation d'une pénurie critique d'intercepteurs par les médias américains, Jerusalem a réagi en quelques heures par un vote budgétaire nocturne.

15 mars 2026  ·  Analyse Alliance

Tout commence le 14 mars 2026 : le site américain Semafor publie un rapport citant des responsables américains, selon lequel Israël a officiellement signalé aux États-Unis une pénurie critique d'intercepteurs de missiles balistiques.
La réaction de Jérusalem ne se fait pas attendre. Dans la nuit, les ministres du gouvernement Netanyahu se réunissent en vote téléphonique d'urgence et approuvent le transfert de 2,6 milliards de shekels supplémentaires (environ 826 millions de dollars) au ministère de la Défense, pour des « acquisitions de défense urgentes et essentielles ».

Le gouvernement a précisé les sources de financement : 1,5 milliard de shekels seront prélevés sur les budgets 2025-2026 alloués aux paiements d'intérêts et commissions, et 1,1 milliard supplémentaire sur les budgets d'autres ministères. Si le budget général 2026-2027 est adopté d'ici la fin du mois comme prévu, ces 2,6 milliards seront réintégrés dans l'enveloppe normale du ministère de la Défense.

« C'est quelque chose que nous avions anticipé et attendu. » — Un responsable américain cité par Semafor, reconnaissant que Washington était conscient de la situation depuis plusieurs mois.

La guerre-éclair de juin 2025 entre Israël et l'Iran (12 jours) a laissé des traces profondes. Les forces américaines ont dû tirer plus de 150 intercepteurs THAAD lors de ce seul épisode — soit environ un quart de l'inventaire américain de l'époque, selon le Center for Strategic and International Studies. Depuis le début du conflit actuel en mars 2026, 2,4 milliards de dollars d'intercepteurs Patriot ont déjà été consommés en à peine cinq jours.

La situation est aggravée par l'évolution tactique iranienne : Téhéran équipe désormais certains de ses missiles balistiques de munitions à sous-munitions (cluster munitions), rendant chaque interception plus complexe et forçant les systèmes de défense à mobiliser davantage d'intercepteurs par menace. L'objectif iranien, selon les analystes israéliens et américains, est clair : une stratégie d'attrition, visant à vider les stocks adverses par des attaques répétées de moindre intensité.

Ce sont principalement les intercepteurs THAAD (Lockheed Martin) et les missiles Patriot (RTX) qui font défaut les deux systèmes dédiés aux menaces à longue portée comme celles venant d'Iran. Les intercepteurs Arrow 2 et Arrow 3, développés conjointement par Israël et les États-Unis via Israel Aerospace Industries (IAI), auraient également vu leurs stocks fortement entamés lors des vagues d'attaques iraniennes et des frappes répétées des Houthis depuis le Yémen.

En réponse, le ministère de la Défense a signé un accord avec IAI pour accélérer la production en série des intercepteurs Arrow. Le Pentagone a, de son côté, engagé dès janvier 2026 une montée en cadence de la production de THAAD.

Ce transfert d'urgence de 2,6 milliards s'inscrit dans une expansion militaire sans précédent : début mars 2026, le cabinet Netanyahu avait déjà approuvé un budget révisé ajoutant 32 milliards de shekels (~10,4 milliards de dollars) à l'enveloppe défense 2026, plus 7 milliards en réserves pour besoins imprévus. Le budget annuel de la défense atteint désormais 112 milliards de shekels (~35 milliards de dollars), contre 65 milliards avant la guerre.

À noter : le gouvernement israélien n'a officiellement ni confirmé ni infirmé le contenu du rapport Semafor. Des sources militaires israéliennes ont même indiqué que certains détails du texte ne correspondaient pas aux réalités opérationnelles connues des systèmes d'interception.

Sources : Semafor (14 mars 2026) · Times of Israel · Center for Strategic and International Studies · Déclarations du ministère de la Défense israélien

 

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La stratégie du jeu de Go appliquée à la guerre : Iran, Israël, États-Unis — et le verdict

La stratégie du jeu de Go appliquée à la guerre : Iran, Israël, États-Unis — et le verdict

L’Art de la Pierre et de la Guerre Génie militaire & stratégie globale
Dans Le Match, le maître et l'élève ne se parlent presque pas. Ils posent des pierres.
Chaque coup est une phrase.
Chaque silence, un argument. Et quand le maître celui que son élève a un temps dépassé reprend enfin sa place de champion, ce n'est pas la force qui a tranché.
C'est la profondeur du regard.
Ce film sur le jeu de Go est aussi, sans le savoir, le meilleur manuel de stratégie jamais écrit sur le Moyen-Orient.
Car ce qui se joue entre Téhéran, Tel-Aviv et Washington obéit aux mêmes lois impitoyables : celui qui perd le centre finit par perdre le plateau.

Du Goban au Moyen-Orient : comment le jeu de Go révèle la logique profonde du conflit Iran – Israël – États-Unis

■ ■ ■

I. Le film : une leçon de civilisation

Il existe des oeuvres qui transcendent leur sujet apparent pour toucher à quelque chose d’universel. Le Match ce film consacré aux deux plus grands joueurs de Go au monde est de celles-là.
En apparence, c’est l’histoire d’une rivalité sportive. En réalité, c’est une méditation profonde sur la transmission, l’humilité, et la nature même du pouvoir.

Ce qui frappe d’abord, c’est le silence. Dans le monde du Go de haut niveau tel que le film le capte, on ne gesticule pas, on ne crie pas victoire. On attend. On observe. On incline légèrement la tête.
Le maître regarde son élève dépasser ses propres limites et n’exprime rien ni crainte, ni vanité blessée. Il sait quelque chose que l’élève ne sait pas encore : que la véritable maîtrise n’est pas dans la victoire du moment, mais dans la compréhension de la position globale. Et cette compréhension, elle se récupère. Elle se reconquiert. Elle attend, comme une pierre posée en bordure du plateau, son heure.

« Dans le Go, la patience n’est pas l’absence d’action. C’est l’action la plus difficile qui soit : savoir que le bon coup n’est pas encore arrivé, et résister à la tentation d’en jouer un mauvais. »

Lorsque le maître cède temporairement sa couronne à son élève, le film ne montre pas une défaite. Il montre une transmission. Et lorsqu’à la fin, dans cette confrontation qui dépasse le sport, le maître reconquiert sa place, ce n’est pas la brutalité qui triomphe. C’est l’expérience du temps long. C’est la capacité à voir le plateau entier quand l’adversaire ne voit que ses prochains coups. C’est, en un mot, la sagesse stratégique portée à son apogée.

II. Le jeu de Go : philosophie d’un espace illimité

Pour comprendre ce qui suit, il faut saisir pourquoi le Go est fondamentalement différent des autres jeux stratégiques. Aux échecs, on joue à la destruction : chaque pièce capturée affaiblit l’adversaire jusqu’à l’anéantissement du roi. Le Go joue une autre partition. On ne cherche pas à détruire on cherche à encercler. À réduire les libertés de l’adversaire tout en préservant les siennes. La victoire n’est pas une capitulation, c’est un déséquilibre territorial devenu irréversible.

Le plateau de Go comporte 361 intersections. Au début, il est vide une page blanche, une carte du monde sans frontières tracées. Chaque pierre posée n’agit pas seule : elle appartient à un groupe, crée des connexions, ouvre ou ferme des espaces. Une pierre isolée est vulnérable. Un groupe sans liberté meurt. Et parfois, ce qui semblait perdu un groupe encerclé, une position épuisée peut soudainement retrouver des libertés grâce à un coup joué à l’autre bout du plateau.

« Les Japonais appellent cela le sente l’initiative. Tenir le sente, c’est forcer l’adversaire à répondre à vos coups plutôt qu’à réaliser ses propres plans. C’est le saint Graal de la stratégie, au Go comme sur la scène géopolitique mondiale. »

III. Le plateau moyen-oriental : lecture d’un goban de feu

Transposons maintenant ce cadre conceptuel sur le théâtre du Moyen-Orient. Ce qui se joue entre l’Iran, Israël et les États-Unis avec leurs proxys, leurs alliés, leurs zones d’influence n’est pas une guerre conventionnelle. Ce n’est pas non plus de la diplomatie classique. C’est un jeu de Go à l’échelle planétaire, joué avec des drones, des missiles, des sanctions, des routes maritimes et des réseaux souterrains.

Et comme au Go, l’erreur fatale serait de regarder uniquement les pierres posées, sans voir l’espace qu’elles délimitent. Voici comment lire chaque joueur dans cette logique du plateau :

États-Unis — Pierre Noire au Centre

CENTRE DOMINANT

Impose le sente permanent. Force l’Iran à réagir. Contrôle les points vitaux : détroit d’Ormuz, bases régionales, renseignement. Supériorité technologique
5 ★★★★★

Israël — Pierre Noire sur le Flanc

FLANC CONSOLIDÉ

Groupe compact et vivant. Frappe chirurgicale plutôt que confrontation totale. Supériorité aérienne et de renseignement dans la région. Cherche à éliminer les menaces périphériques.
4 ★★★★

Iran — Pierre Blanche en Périphérie

JEU PÉRIPHÉRIQUE

Ne cherche pas le KO frontal. Augmente le coût de chaque action adverse. Économie affaiblie, mais réseau de proxys exceptionnel qui multiplie ses libertés stratégiques. 3★★★

Proxys d’Iran — Pierres Satellites

ENCERCLEMENT PAR BORDS

Hezbollah au nord, Houthis sur la Mer Rouge, milices en Irak et Syrie.
Chacun est une liberté supplémentaire pour Téhéran — blocs latéraux qui limitent les libertés adverses. 2★★

IV. Les coups décisifs : anatomie d’une position

Dans une partie de Go, il y a des coups qui paraissent anodins sur le moment et qui révèlent leur sens stratégique bien plus tard. Le général qui ne comprend que la tactique voit les batailles. Celui qui comprend le Go voit les batailles et l’espace entre elles.

Prenons le Hezbollah. Militairement, c’est le front nord d’Israël, presque toujours en tension, avec un arsenal de missiles qui représente une menace constante.
Vue de l’extérieur, cette position semble figée une dépense d’énergie continue sans victoire décisive. Mais dans la logique du Go, c’est une pierre qui prive Israël d’une liberté permanente. Israël ne peut jamais oublier le nord. Il ne peut jamais concentrer toutes ses forces ailleurs. La pierre n’a pas besoin de capture il suffit qu’elle oblige l’adversaire à en consacrer deux pour la surveiller.

Les Houthis au Yémen jouent un rôle encore plus subtil. En menaçant la navigation en Mer Rouge, ils ne combattent pas directement Israël ou les États-Unis ils perturbent les routes commerciales mondiales. Traduit en Go : une pierre placée non pas contre un groupe adverse, mais contre la liberté de mouvement qui alimente tous les groupes adverses à la fois. Un coup d’une efficacité redoutable pour le coût consenti.

« C’est ici que réside le génie militaire de l’Iran, aussi déplaisant soit-il à admettre : Téhéran a compris avant ses adversaires que la guerre du XXIe siècle ne se gagne pas frontalement. Elle se gagne en jouant les bords, en multipliant les fronts, en transformant chaque dollar dépensé par l’adversaire en un indicateur de sa propre stratégie réussie. »

V. La leçon du maître : ce que le film nous dit sur la guerre

Revenons au film. Le maître dans sa patience, dans sa discipline, dans cette politesse qui n’est jamais de la faiblesse mais toujours une forme de domination intérieure pratique quelque chose que peu de dirigeants politiques maîtrisent : la distinction entre la position et l’émotion. On peut perdre un coup et gagner la partie. On peut sembler affaibli et contrôler en réalité l’espace vital.

Dans le conflit qui nous occupe, qui joue véritablement comme le maître ? La réponse est troublante. Les États-Unis et Israël ont la puissance les grandes pierres noires au centre du plateau, solides, bien reliées, dotées de ressources considérables.
Mais l’Iran, paradoxalement, joue parfois avec la sagesse du maître : en jouant long, en ne surréagissant pas, en laissant ses proxys absorber les coups pendant que Téhéran préserve ses libertés fondamentales.

Ce n’est pas une glorification du régime iranien dont les crimes sont réels et documentés. C’est une lecture stratégique froide. Et la stratégie, comme le Go, est indifférente à la morale des joueurs.

VI. La victoire qui n’a pas de nom

Au Go, une partie se termine rarement par une capitulation spectaculaire. Elle se termine parce que les deux joueurs, en comptant les intersections, constatent que le déséquilibre est devenu irréversible. Pas de KO. Pas de fanfare. Juste une réalité territoriale que l’un a construite et que l’autre n’a pas pu empêcher.

C’est exactement là où nous mène cette analyse. La vraie question pour Israël et les États-Unis n’est pas : « Comment détruire l’Iran ? » Elle est :
« Comment réduire suffisamment les libertés de Téhéran pour que ses proxys deviennent trop coûteux à maintenir, sans déclencher une escalade qui créerait de nouvelles libertés pour notre adversaire ? »

Et pour l’Iran, la question symétrique : « Comment préserver assez de libertés périphériques pour rendre le coût de notre neutralisation insupportable à nos adversaires ? »

« Aucun des joueurs ne peut gagner au sens échiquéen du terme. Mais l’un d’eux peut construire une position tellement durable, tellement riche en libertés, que l’autre n’aura plus d’options viableset devra, sans jamais le dire, poser sa main à plat sur le goban. »

Verdict stratégique

Comme le maître du film reprend sa place non par la force brute mais par la profondeur du regard, la véritable victoire au Moyen-Orient n’appartient pas à celui qui frappe le plus fort. Elle appartient à celui qui, dans dix ans, aura conservé le plus de libertés économiques, diplomatiques, militaires  pendant que son adversaire aura épuisé les siennes à répondre coup après coup à des provocations périphériques soigneusement orchestrées. Le plateau n’est pas encore joué. Mais les pierres posées dessinent déjà, pour qui sait lire le Go, le visage probable du monde de demain.

Analyse Stratégique · Géopolitique & Jeu de Go · 2025

Analyse complémentaire (lecture stratégique)

Ce texte contient une intuition juste mais incomplète. L’Iran joue effectivement une stratégie périphérique comparable à celle d’un joueur de Go expérimenté. Mais il y a une différence majeure entre un goban et la réalité géopolitique : la capacité d’innovation technologique et économique change la valeur des pierres.

Or sur ce terrain, deux acteurs dominent largement le plateau : Israel et les Etats-Unis
 Leur supériorité dans les domaines du renseignement, de l’intelligence artificielle militaire, des systèmes antimissiles et de la projection de puissance modifie profondément la logique du jeu.

Face à eux, Iran a développé une stratégie brillante mais contrainte : multiplier les fronts indirects via le Hezbollah, les Houthis ou les milices irakiennes. C’est une manière d’élargir artificiellement le plateau.

Mais dans l’histoire militaire, les stratégies périphériques finissent souvent par atteindre leur limite lorsque l’adversaire décide de changer d’échelle du jeu exactement comme lorsqu’un joueur de Go sacrifie une zone entière pour gagner le centre.

C’est peut-être là que se situe le véritable tournant de cette guerre : non pas dans les pierres déjà posées, mais dans la prochaine innovation stratégique qui redessinera le goban du Moyen-Orient.

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La Guerre des deux Mains : Comment Israël étrangle et secoue l'Iran jusqu'à briser le régime

La Guerre des deux Mains : Comment Israël étrangle et secoue l'Iran jusqu'à briser le régime

ANALYSE STRATÉGIQUE • ISRAËL-IRAN

La Guerre des deux Mains : Comment Israël étrangle et secoue l'Iran jusqu'à briser le régime

« L'idée de la guerre fonctionne comme ceci : d'une part, nous serrons la gorge du régime avec force. De l'autre, nous le secouons de manière inattendue, encore et encore, jusqu'à ce que son cou se brise. »

— Un haut responsable de la sécurité israélienne, cité par Amit Segal

Quelques mots. Une métaphore. Et soudain, tout devient clair. Le journaliste israélien Amit Segal, l'une des plumes les mieux informées du pays, a rapporté une déclaration d'un haut responsable de la sécurité qui résume, avec une brutalité froide, la logique profonde de la guerre qu'Israël mène contre l'Iran. Cette phrase n'est pas une rhétorique de tribune. C'est une doctrine.

Deux mains pour tuer une révolution

La métaphore est implacable dans sa précision clinique. Un étranglement à deux mains. La première, méthodique, systématique, structurée celle d'un chirurgien qui planifie chaque incision. La seconde, imprévisible, violente, surprise celle d'un combattant de rue qui frappe là où l'adversaire ne regarde pas.

La première main, c'est la campagne militaire structurée. Elle suit un ordre logique et implacable : d'abord démanteler les systèmes de défense aérienne iraniens, ensuite neutraliser les capacités balistiques, puis s'attaquer aux vestiges du programme nucléaire, et enfin objectif ultime  frapper les quartiers généraux de la répression du régime des Mollahs lui-même.

La seconde main, c'était la surprise. Planifiée dans l'ombre. Déclenchée sans préavis. Un choc pour désorienter, pour briser le rythme, pour précipiter l'effondrement d'un régime déjà asphyxié par la première pression.

L'art israélien de faire plus avec moins

Ce que décrit Amit Segal touche à l'essence même de la culture militaire israélienne. En Israël, on parle d' « économie des munitions ». Chaque missile, chaque bombe, chaque sortie aérienne est comptabilisée, justifiée, optimisée. L'armée de l'air israélienne planifie méticuleusement des attaques « énormes selon les normes israéliennes », mais qui reposent sur l'ingéniosité en exploitant 150% du potentiel de chaque équipement, de chaque munition.

Face à cela, les Américains arrivent et « réduisent simplement les cibles en poussière avec une puissance de feu disproportionnée ». Ils n'ont jamais entendu parler d'économie des munitions. Deux philosophies de guerre qui se complètent : la précision chirurgicale d'un petit État qui doit compter chaque cartouche, et la puissance brute d'une hyperpuissance qui peut se permettre le gaspillage.

C'est un « petit atelier et une usine industrielle » qui fonctionnent ensemble, selon la formule même des responsables israéliens. Une alliance asymétrique dans ses moyens, mais convergente dans ses objectifs.

Netanyahu, Trump et les sept diapositives

« La guerre n'est pas un programme que vous pouvez commander selon vos souhaits. » Cette phrase de Netanyahu cette semaine dit tout de l'homme et de sa vision. Le Premier ministre israélien méprise les présentations PowerPoint. Il les combat depuis des années lors des réunions avec ses équipes avec un succès limité, reconnaît-on en coulisses.

Et pourtant. Pour sa rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche, il y a exactement un mois, Netanyahu est personnellement arrivé avec une présentation de sept diapositives. Sept diapositives détaillant les principes complets de l'effort de guerre conjoint américano-israélien contre l'Iran. Quand l'enjeu est existentiel, même le contempteur des slides s'y soumet.

L'échange entre les deux hommes, rapporté par Segal, est révélateur.

Trump : « Comment tenez-vous le coup ? »  évoquant deux ans et demi de guerre, avec un nouveau round encore à venir.

Netanyahu : « Vous êtes un tigre ancien aux dents acérées. Mais nous sommes le blaireau un petit animal, tenace, mais sauvage et implacable. »

Le tigre et le blaireau. L'Amérique avec sa puissance monstrueuse. Israël avec sa rage de survivant. Le honey badger le blaireau du miel est l'animal le plus tenace de la savane. Il attaque les cobras. Il continue de se battre blessé. Il ne se rend pas.

L'Iran, ou la stratégie Sinwar

Ce qui est fascinant et glaçant dans le récit d'Amit Segal, c'est la symétrie qu'il révèle. La bête iranienne blessée combat exactement comme le Hamas. Yahya Sinwar avait bâti sa stratégie sur deux leviers : la sensibilité de la société israélienne au sort de ses otages, et celle du public occidental au meurtre de civils.

Les Gardiens de la Révolution, quant à eux, misent sur deux autres vulnérabilités occidentales : la hausse des prix de l'énergie une arme économique redoutable dans des démocraties où les électeurs souffrent à la pompe et le facteur temps. Faire traîner le conflit. Épuiser les opinions publiques. Attendre que la coalition se fissure.

C'est le pari de Téhéran : que le tigre américain finisse par se lasser, et que le blaireau israélien finisse par saigner. Une stratégie d'usure contre une stratégie d'étranglement.

Pas de dates. Des processus.

La nouvelle doctrine israélienne, telle que rapportée par Segal, peut tenir en quatre mots : pas de dates, des processus. Israël a tiré les leçons de la pression internationale qui s'exerce toujours à l'approche d'une échéance. Fixer une date, c'est offrir une cible à ses adversaires diplomatiques autant qu'à ses ennemis militaires.

Se concentrer sur les missions, pas sur le calendrier. Avancer étape par étape. D'abord la défense aérienne, ensuite les missiles, puis le nucléaire, enfin les centres du pouvoir. Un étranglement progressif et méthodique, entrecoupé de chocs imprévisibles, jusqu'à l'effondrement.

L'évaluation en Israël est que « même l'étau militaire lui-même, s'il se poursuit comme prévu, entraînera des dommages irréversibles pour le régime ». Irréversibles. Ce mot mérite d'être souligné. On ne parle pas d'affaiblissement temporaire. On parle de destruction structurelle d'un régime.

Ce que nous enseigne cette déclaration

La déclaration rapportée par Amit Segal n'est pas une fanfaronnade. C'est une fenêtre ouverte sur la réalité d'une guerre menée par un État qui a intégré l'idée qu'il combat pour sa survie — et que ses ennemis n'accepteront jamais de coexister avec lui.

Israël ne cherche pas un cessez-le-feu. Il cherche un effondrement. Pas la capitulation d'une armée  l'éclatement d'un régime. C'est une ambition démesurée. Et c'est précisément pour cela qu'elle est prise au sérieux.

Deux mains. Une gorge. Et la patience féroce d'un blaireau qui sait qu'il finit toujours par gagner.

D'après la déclaration originale d'Amit Segal, journaliste israélien. Article publié dans Alliance.

L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

GÉOPOLITIQUE • EXCLUSIF

L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

Le Premier ministre israélien envisage d'annuler l'accord maritime signé sous le gouvernement Bennett-Lapid. Ce qu'il refusait d'accepter en 2022, il peut aujourd'hui le déchirer grâce à Trump, et sur les cendres du Hezbollah.

Le 27 octobre 2022, Israël et le Liban signaient un accord inédit : une délimitation de leur frontière maritime en Méditerranée, portant sur 860 km² de zone disputée et des milliards de dollars de gaz naturel. Benjamin Netanyahu, alors chef de l'opposition, avait hurlé à la trahison. Moins de trois ans plus tard, il est Premier ministre, le Hezbollah est à genoux et il tient désormais la gomme.

Un accord qu'Israël n'a jamais vraiment voulu

Rappelons les faits. En 2022, sous pression du Hezbollah qui avait envoyé des drones menaçants vers le champ gazier israélien de Karish en juillet , le gouvernement Lapid avait conclu un partage : Israël gardait Karish entièrement, tandis que le Liban obtenait les droits sur le champ de Cana. En échange de la partie de Cana empiétant sur ses eaux, Israël devait percevoir environ 17 % des revenus d'exploitation — potentiellement 6 à 8 milliards de dollars selon les estimations. Le géant français TotalEnergies était pressenti pour exploiter le gisement libanais.

Mais dès le premier jour, Netanyahu a refusé cet accord. Il l'a qualifié d'illégal, de capitulation, de cadeau fait à Nasrallah. Il a réclamé un référendum. Il a promis, au micro de la radio militaire israélienne, de le « neutraliser » s'il revenait au pouvoir. Ce qu'il n'a pourtant pas osé faire immédiatement — par prudence diplomatique, ou par calcul.

LES CHIFFRES DE L'ACCORD

• 860 km² : superficie de la zone maritime disputée

• 27 octobre 2022 : date de signature à Naqoura

• 17 % : part des revenus du champ Cana reversée à Israël

• 6 à 8 milliards $ : valeur estimée du gisement de Cana

• TotalEnergies : opérateur pressenti côté libanais

• 0 forage effectué à ce jour

Ce que la guerre a changé

En 2022, Israël avait cédé sous la pression militaire du Hezbollah. La logique était simple : si tu veux exploiter Karish tranquillement, donne-leur Cana. Aujourd'hui, cette logique s'est effondrée avec le Hezbollah lui-même. L'organisation a perdu ses têtes dirigeantes, ses capacités offensives ont été sévèrement réduites, et le gouvernement libanais a même pris la décision historique, en août 2025, de procéder à son désarmement.

Netanyahu l'a dit sans détour : « Vous avez donné les gisements de gaz à Nasrallah. Nous avons éliminé Nasrallah. C'est la différence entre nous. » La menace qui justifiait les concessions de 2022 a disparu. L'accord, lui, reste mais pour combien de temps encore ?

Trump, le joker dans la main de Netanyahu

L'autre élément décisif, c'est Washington. Sous Biden, la signature de l'accord avait été une priorité  portée par l'envoyé américain Amos Hochstein, présentée comme un modèle de diplomatie régionale. Avec Trump, le vent a tourné à 180 degrés. À Mar-a-Lago, Trump a donné à Netanyahu son feu vert pour agir contre le Hezbollah et déclaré ouvertement soutenir Israël si celui-ci estime qu'une action militaire est nécessaire.

Autrement dit : l'Amérique ne sera pas le garde-fou de cet accord. C'est précisément ce dont Netanyahu avait besoin pour passer à l'acte.

La faille juridique : cet accord n'est pas un traité

Et voilà le détail qui change tout. L'accord de 2022, contrairement à ce que l'on croit souvent, n'a aucune force contraignante en droit international. Il ne prévoit aucune sanction en cas de violation. Symbole saisissant : les deux délégations n'ont même pas signé le même document chaque partie a paraphé un texte séparé, sans la signature de l'autre. Un arrangement conçu pour éviter toute reconnaissance diplomatique mutuelle entre deux pays techniquement encore en état de guerre.

Déchirer cet accord n'est donc pas, techniquement, violer un traité international. C'est rompre une entente informelle  certes médiatisée par les États-Unis, mais sans mécanisme de sanction. Netanyahu le sait. Et c'est probablement pour cela qu'il attendait le bon moment.

Le paradoxe de Netanyahu

Il y a quelque chose d'ironie presque parfaite dans cette séquence. Netanyahu a passé des années à dénoncer un accord qu'il n'avait pas les moyens d'annuler le Hezbollah était debout, Biden était à Washington. Aujourd'hui, les deux obstacles ont disparu.
La « victoire militaire » contre le Hezbollah lui offre un prétexte en or pour une victoire économique : effacer l'héritage Lapid, récupérer le contrôle d'une zone riche en hydrocarbures, et réécrire l'histoire.

Le gaz n'a jamais été qu'un enjeu énergétique. En Méditerranée orientale, il a toujours été une arme politique. Et Netanyahu vient peut-être d'appuyer sur la gâchette.

Rédaction Alliance • Mars 2026

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THE MAD DOG OF EUROPE : Le scénario qu'Hollywood a enterré avec six millions de Juifs

THE MAD DOG OF EUROPE : Le scénario qu'Hollywood a enterré avec six millions de Juifs

CINÉMA · HISTOIRE · RÉSISTANCE LE SCÉNARIO QU'HOLLYWOOD A VOULU ENTERRER

En 1932, un scénariste juif américain écrit le premier réquisitoire anti-nazi de l'histoire du cinéma. Hollywood choisit le silence. Aujourd'hui, un documentaire brise l'oubli.

Il s'appelait Herman J. Mankiewicz. Juif américain, scénariste brillant, il fut l'un des premiers à comprendre — à voir, avec une lucidité terrifiante — ce que le monde refusait encore d'admettre : qu'Adolf Hitler n'était pas un accident de l'Histoire, mais son intention la plus meurtrière. En 1932, alors que les démocraties occidentales fermaient les yeux et que Hollywood calculait ses profits, Mankiewicz écrivait The Mad Dog of Europe un scénario de cinéma qui dénonçait le nazisme avec une précision prophétique. Le film ne fut jamais produit. On l'enterra. Aujourd'hui, la réalisatrice Rubika Shah exhume cette histoire dans un documentaire coup de poing, présenté en France à partir du 15 avril. Une urgence.

Un homme seul contre l'aveuglement du monde

Nous sommes en 1932. L'Europe tremble sous le poids de la Grande Dépression, de l'humiliation de Versailles, des fantômes de la Grande Guerre.
La République de Weimar agonise. Dans les rues allemandes, les chemises brunes paradent. Adolf Hitler grimpe vers le pouvoir avec une promesse de renaissance nationale qui cache, pour qui veut bien voir, un projet d'extermination.

Herman J. Mankiewicz voit. Depuis les bureaux de la MGM à Hollywood, ce scénariste de génie — il co-écrira dix ans plus tard Citizen Kane avec Orson Welles — rédige un scénario qui anticipe avec une prescience bouleversante la catastrophe à venir : persécutions antisémites, terreur d'État, écrasement des libertés, guerre. The Mad Dog of Europe est à la fois un cri d'alarme et un chef-d'œuvre d'anticipation politique. C'est peut-être, selon la réalisatrice Rubika Shah, le scénario le plus politique jamais écrit par Mankiewicz.

Mais Hollywood n'en veut pas. Et ce refus n'est pas une simple lâcheté conjoncturelle. C'est un choix politique, économique, idéologique. Le documentaire de Rubika Shah le démontre avec rigueur et sans concession.

« Peut-être l'un des meilleurs scénarios de Mankiewicz, et certainement son plus politique. Mad Dog est un voyage au cœur de ce qui incarne la puissance du cinéma, d'Hollywood à Berlin, à l'aune d'une guerre mondiale. »

— Rubika Shah, réalisatrice

Hollywood sous influence nazie : la vérité qui dérange

Ce que révèle le documentaire est proprement stupéfiant — et terriblement familier. À partir de 1933, le régime hitlérien n'est pas seulement toléré par les grandes puissances occidentales : il est courtisé. L'Allemagne nazie représente un marché colossal, un terrain d'investissement privilégié. Les studios hollywoodiens, dont beaucoup sont dirigés par des Juifs américains, préfèrent avaler leur dignité plutôt que de perdre leurs parts de marché allemandes.

Goebbels lui-même intervient directement. Le ministre de la Propagande nazie envoie des messages aux studios : tout film portant le nom de Mankiewicz au générique sera banni d'Allemagne. La menace est suffisante. MGM et Paramount s'exécutent.
The Mad Dog of Europe est mort avant d'avoir vécu. The Hollywood Reporter titre alors sur le scandale : "Germany Bans Mank — Goebbels Rejects All Films With Credit Title to Herman — 'Mad Dog' Idea Seen As Reason." Le nazisme avait réussi à censurer Hollywood depuis Berlin.

Comme le souligne Nicolas Morzelle, doctorant à l'université de Caen-Normandie, ce phénomène repose sur des convergences idéologiques profondes au sein du monde occidental : le racisme et l'antisémitisme structurel des élites américaines de l'époque créaient un terrain favorable à cette collusion. Hollywood n'était pas un havre de résistance morale — c'était un marché comme un autre, soumis aux mêmes lois de la peur et du profit.

Pourquoi ce film nous appartient, aujourd'hui

Il serait commode de traiter cette histoire comme une curiosité d'archives, une anomalie révolue des années 1930. Ce serait une erreur fatale. Ce que documente Rubika Shah, c'est un mécanisme intemporel : celui par lequel les démocraties, par intérêt économique, par paresse morale ou par calcul politique, choisissent de ne pas voir, de ne pas nommer, de ne pas dénoncer la montée du fascisme — jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

En 2025, les nationalismes resurgissent. Les populismes autoritaires gagnent du terrain en Europe, aux Amériques, partout dans le monde. Des voix s'élèvent pour relativiser, normaliser, « dialoguer » avec des mouvements qui portent en eux les germes de la persécution. Le silence, la prudence économique, le calcul — les mêmes mécanismes qu'en 1933 sont à l'œuvre. The Mad Dog of Europe n'est pas un documentaire sur le passé. C'est un miroir tendu vers notre présent.

Pour les producteurs Bertrand Faivre et Bettina Brokemper, le choix de faire de ce film une coproduction franco-allemande est lui-même un acte politique. Deux pays jadis ennemis, aujourd'hui liés par la construction européenne et la mémoire commune de la catastrophe, s'associent pour rappeler que le silence a un coût — et que l'art, le vrai, a une responsabilité qui dépasse les comptes de résultats.

« C'est l'histoire du capitalisme, de la politique mondiale, du fascisme et de l'antisémitisme — et, de manière cruciale, du pouvoir indéfectible du cinéma. »

— Rubika Shah

La résistance juive, de l'écran à la mémoire

Herman J. Mankiewicz n'était pas seulement un scénariste. Il était un homme qui savait.
Juif américain dans un Hollywood qui préférait effacer son identité pour préserver son marché, il a choisi de mettre sa plume au service de la vérité au moment même où cette vérité coûtait cher. Son scénario n'a pas sauvé des vies il n'a pas pu. Mais il témoigne d'une chose essentielle : il y avait des Juifs qui voyaient, qui criaient, et dont la voix fut délibérément étouffée.

L'histoire de The Mad Dog of Europe est aussi l'histoire d'une résistance intellectuelle et artistique juive qui précède et que l'on a cherché à faire oublier. Dénoncer le fascisme n'est pas une posture politique parmi d'autres pour les Juifs : c'est une nécessité existentielle forgée dans la douleur de l'histoire. Mankiewicz le savait.
Les grands studios qui ont enterré son script, dirigés pour nombre d'entre eux par des directeurs juifs tétanisés par la peur du boycott économique, en portent une responsabilité historique que ce documentaire expose sans complaisance.

Ce silence-là n'était pas une faute vénielle. C'était une capitulation. Et l'un des enseignements les plus amers de ce documentaire est que la capitulation face au fascisme ne protège jamais ceux qui capitulent — elle encourage seulement les bourreaux.

Rubika Shah : une réalisatrice à la hauteur de son sujet

Pour porter ce récit, il fallait une cinéaste capable de conjuguer rigueur historique et sens dramatique. Rubika Shah, dont le précédent documentaire White Riot — sur le mouvement Rock Against Racism — avait remporté le prix Grierson et une mention spéciale à la Berlinale, était la candidate idéale. Née entre le Royaume-Uni et l'Arabie Saoudite, nommée aux BAFTA, Shah sait ce que signifie être une voix minoritaire dans un monde qui résiste à l'entendre.

Son film réunit des témoins et experts de premier ordre : Ben Mankiewicz et Nick Davis, petits-fils d'Herman, mais aussi Thomas Doherty, professeur à l'université Brandeis et auteur de Hollywood et Hitler 1933-1939, Steven J. Ross, auteur de Hitler in Los Angeles, et Sydney Stern, biographe des frères Mankiewicz. Ensemble, ils reconstituent avec précision les ressorts d'une capitulation collective face à la barbarie.

Il y aura toujours des régimes qui haïssent les Juifs. Il y aura toujours des voix pour minimiser, pour accommoder, pour expliquer qu'il faut comprendre leurs « griefs ». Et il y aura toujours des Herman Mankiewicz — des artistes, des intellectuels, des femmes et des hommes de courage — qui choisiront de nommer ce qu'ils voient, au risque de tout perdre.

The Mad Dog of Europe est leur hommage. Et notre leçon.

LE FILM

The Mad Dog of Europe    Un documentaire de Rubika Shah

Coproduction France / Allemagne  |  1h23  |  En salles le 15 avril

Distribution : The Jokers Films

Film vu par Alliance ce jour 

Mais qui est cet allié discret sortit de l’ombre dans la guerre contre l’Iran

Mais qui est cet allié discret sortit de l’ombre dans la guerre contre l’Iran

Guerre contre l’Iran : la Corée du Sud, partenaire technologique qui sort de l’ombre

Dans le conflit opposant les États‑Unis et Israël au régime iranien, un acteur jusqu’ici discret se manifeste de façon concrète : la Corée du Sud, non pas comme belligérant direct mais comme fournisseur de capacités défensives de pointe dont l’impact stratégique devient visible sur le terrain. 

Selon des informations relayées par CNN et reprises par les médias, un système de défense aérienne sud‑coréen de dernière génération, le Cheongung‑II (aussi appelé KM‑SAM), aurait été engagé pour intercepter des missiles tirés lors des récents assauts iraniens. C’est la première utilisation en conditions réelles de ce système conçu pour neutraliser avions, drones et missiles à moyenne portée. 

Développé par l’industrie militaire de Séoul, le Cheongung‑II est un composant moderne d’architecture de défense multicouche, capable de suivre plusieurs cibles simultanément et d’opérer à des altitudes proches de 20 km avec un taux de réussite élevé selon des parlementaires sud‑coréens. 

La présence de ces défenses en zone de conflit ne découle pas d’un engagement direct de la Corée du Sud dans la guerre, mais de contrats militaires importants signés avec des États du Golfe, notamment :

  • les Émirats arabes unis, qui ont acquis le système pour renforcer leurs défenses contre les menaces régionales, et

  • l’Arabie saoudite, engagée dans un partenariat croissant avec Séoul sur l’acquisition d’équipements avancés. 

Ces systèmes sud‑coréens viennent compléter l’architecture déjà dominée par des technologies américaines – batteries Patriot et THAAD – afin d’offrir une protection plus dense contre les missiles balistiques et les drones iraniens. 

Pour la Corée du Sud, cette visibilité accrue de ses technologies militaires marque un tournant stratégique : elle se positionne comme un exportateur d’armements sophistiqués et un allié technologique clé pour les pays menacés par l’expansion des capacités balistiques iraniennes.

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Les villas de luxe de Khamenei à Londres — financées par des Israélo‑Britanniques

Les villas de luxe de Khamenei à Londres — financées par des Israélo‑Britanniques

Les villas de luxe de Khamenei à Londres — financées par des Israélo‑Britanniques.

Les rues chics de Londres ont toujours été un terrain de jeu pour les grandes fortunes, mais il est rare qu’elles servent d’arène à des épisodes dignes d’un roman d’espionnage.

Et pourtant, l’histoire des résidences londoniennes de Mojtaba Khamenei, fils et héritier présumé du Guide suprême iranien, en est un exemple parfait.
Selon les documents consultés par les journalistes, ces propriétés, somptueuses et situées sur la très convoitée Bishop’s Avenue, ont été acquises non pas grâce à de mystérieux fonds cachés dans des coffres iraniens, mais via un prêt consenti par une société détenue par deux frères Israélo‑Britanniques.
L’ironie du montage n’échappera à personne : des capitaux liés à Israël ont contribué à financer le luxe d’un membre de l’élite iranienne, alors même que le régime dont il est issu affiche une hostilité notoire envers l’État hébreu.

Bishop’s Avenue, la rue des milliardaires

Ces villas ne sont pas de simples maisons, mais des propriétés qui flirtent avec l’extravagance : jardins à perte de vue, façades majestueuses et intérieurs dignes de catalogues de design.
Le prêt initial, d’un montant de 36 millions de livres, a permis de finaliser l’acquisition d’une douzaine de résidences sur un terrain de plusieurs hectares. Ce qui, dans un monde parallèle, pourrait sembler banal, devient savoureux lorsqu’on considère l’origine du financement et les circuits fiscaux utilisés pour transférer l’argent.

Une filière financière étonnante

L’argent est passé par une entreprise enregistrée à l’Île de Man, un refuge fiscal bien connu des grandes fortunes mondiales, ce qui a permis de sécuriser la transaction tout en masquant quelque peu son origine. Le prêt a été remboursé peu après l’achat, dans un montage qui respecte la légalité mais qui, à première vue, laisse un goût d’incongruité : des investisseurs liés à Israël finançant indirectement un achat immobilier pour le clan Khamenei. Ce type de structure financière n’est pas exceptionnel dans le monde de l’immobilier international, mais elle prend ici un relief particulièrement ironique.

Entre légalité et absurdité

Aucune loi n’a été violée dans cette opération, et il ne s’agit pas d’un scandale juridique. L’absurde réside plutôt dans le contraste : un pays qui affiche une hostilité permanente envers Israël voit l’un de ses ressortissants bénéficier, indirectement, de capitaux liés à ce pays pour investir dans des propriétés de prestige à Londres. Une illustration presque parfaite de l’ironie du capitalisme mondialisé, où l’argent circule selon ses propres règles, indifférent aux tensions politiques et aux inimitiés historiques.

Quand la réalité dépasse la fiction

Cette histoire démontre que les flux financiers internationaux peuvent parfois produire des situations surprenantes, où le luxe, la diplomatie et la finance s’entrelacent de manière inattendue. Sans chercher à caricaturer, le lecteur ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire devant ce petit twist de l’histoire contemporaine : dans le monde réel, même un futur Guide suprême iranien peut voir ses villas londoniennes financées par des Israéliens l'entité sioniste censé disparaître selon leur idéologie.

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Téhéran sous choc : un drone israélien frappe le Bassidj, l’Iran dénonce une conspiration Mossad-royaliste

Téhéran sous choc : un drone israélien frappe le Bassidj, l’Iran dénonce une conspiration Mossad-royaliste

Mystérieuse frappe de drone à Téhéran : des membres du Bassidj tués, le régime iranien accuse le Mossad et l’opposition royaliste

Une information étonnante circule depuis Téhéran et agite les cercles sécuritaires iraniens. Selon des sources proches du régime, une attaque de drone d’une ampleur inhabituelle aurait frappé plusieurs points de contrôle du Bassidj dans la capitale iranienne. L’événement, encore entouré de nombreuses zones d’ombre, alimente les spéculations sur une opération clandestine au cœur même de la République islamique.

Une attaque de drone au cœur de Téhéran

D’après les premières informations relayées par l’agence de presse iranienne Fars, réputée proche des cercles sécuritaires du régime, une frappe de drone aurait visé des positions du Bassidj dans la capitale. Plusieurs membres de cette milice paramilitaire auraient été tués lors de l’attaque alors qu’ils tenaient des points de contrôle dans la ville. 

Le Bassidj constitue l’un des instruments essentiels du pouvoir iranien. Placée sous l’autorité du Corps des gardiens de la révolution islamique, cette milice joue un rôle central dans la surveillance de la population et la répression des mouvements de contestation. La présence de ses membres à de nombreux barrages de sécurité dans la capitale illustre la tension persistante qui règne à l’intérieur du pays.

Les circonstances exactes de la frappe restent floues. Aucun bilan officiel détaillé n’a été communiqué et les autorités iraniennes n’ont pas confirmé publiquement les pertes évoquées par les médias proches du régime. Mais le fait même que l’incident ait été évoqué par des canaux officiels laisse penser qu’un événement sécuritaire sérieux s’est effectivement produit dans la capitale.

Le régime iranien accuse le Mossad et des réseaux royalistes

Face à cette attaque inhabituelle, la réaction de Téhéran n’a pas tardé. Les autorités iraniennes affirment qu’il s’agirait d’une opération clandestine menée conjointement par le Mossad et des groupes d’opposition monarchistes.

Selon les responsables iraniens cités par les médias locaux, l’objectif aurait été d’infiltrer des « terroristes » à l’intérieur du pays afin de déstabiliser le régime. Les autorités assurent toutefois que cette tentative échouera et que les services de sécurité iraniens contrôlent la situation.

Ces accusations s’inscrivent dans une guerre de l’ombre qui oppose depuis des années Israël et l’Iran. L’État hébreu est régulièrement soupçonné d’opérations clandestines à l’intérieur du territoire iranien, visant des installations militaires, des scientifiques liés au programme nucléaire ou des infrastructures stratégiques. 

Ces actions, rarement revendiquées, s’appuient souvent sur des réseaux locaux et sur des opérations de drones ou de sabotage menées à distance.

L’appel inattendu du fils du Shah

Quelques heures avant la diffusion de ces informations, un élément politique troublant est venu alimenter les spéculations. Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran et figure de l’opposition monarchiste en exil, avait appelé ses partisans à rester chez eux.

Ce message, diffusé sur les réseaux sociaux, visait officiellement à éviter que des civils ne soient pris dans d’éventuels affrontements ou troubles sécuritaires. Mais pour le régime iranien, cet appel constitue un indice supplémentaire d’une coordination avec des réseaux opposés au pouvoir.

Depuis plusieurs années, Reza Pahlavi tente de fédérer une partie de l’opposition iranienne autour d’un projet de transition politique. Son influence reste limitée à l’intérieur du pays, mais le régime continue de le présenter comme un symbole des forces hostiles à la République islamique.

Une guerre secrète déjà installée sur le sol iranien

Si cette frappe de drone est confirmée, elle illustrerait une évolution majeure du conflit indirect entre Israël et l’Iran : la multiplication d’actions clandestines directement sur le territoire iranien.

Ces dernières années, plusieurs opérations spectaculaires ont été attribuées à Israël : sabotages d’installations nucléaires, assassinats ciblés de scientifiques ou attaques contre des infrastructures militaires sensibles. Dans certains cas, des drones auraient même été lancés depuis l’intérieur du territoire iranien grâce à des bases clandestines établies par les services israéliens. 

Cette stratégie vise à frapper le programme militaire iranien tout en évitant une confrontation directe entre les deux États.

Une capitale sous tension

L’épisode révèle aussi la fragilité du climat intérieur en Iran. Depuis plusieurs années, le pouvoir doit faire face à des protestations régulières, à une crise économique profonde et à une contestation politique persistante.

Dans ce contexte, toute attaque visant les forces de sécurité au cœur de Téhéran constitue un signal particulièrement inquiétant pour le régime. Elle suggère soit une infiltration sérieuse de réseaux clandestins, soit une montée de la contestation interne capable de viser les structures sécuritaires.

Pour l’instant, aucune confirmation indépendante ne permet d’établir avec certitude l’ampleur réelle de l’attaque. Mais une chose est certaine : l’idée même qu’un drone ait pu frapper des positions du Bassidj dans la capitale iranienne constitue déjà, pour le régime, un message stratégique redoutable.

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Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

À Téhéran, la scène aurait pu prêter à sourire si elle ne révélait pas une crise politique profonde. Lors d’un rassemblement organisé pour afficher le soutien populaire au nouveau guide suprême, les autorités iraniennes ont fait prêter allégeance à une simple silhouette en carton de Mojtaba Khamenei, fils et successeur de l’ancien guide.
L’homme qui est censé diriger la République islamique n’était pas là.
À sa place : une image rigide, plantée au milieu de la foule.

Derrière ce spectacle presque grotesque se cache pourtant une réalité bien plus inquiétante : une lutte de pouvoir, une succession contestée et un régime fragilisé par la guerre.

Une succession précipitée et contestée

La situation s’est brutalement accélérée après la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d’une frappe  israélienne visant la direction iranienne fin février 2026.
Dans l’urgence, l’Assemblée des experts a désigné son fils Mojtaba Khamenei pour lui succéder, une décision largement poussée par les Gardiens de la révolution. 

Cette nomination pose un problème majeur : la République islamique s’est construite sur le rejet du principe monarchique. Or la transmission du pouvoir de père en fils ressemble précisément à ce que la révolution de 1979 prétendait abolir. De nombreux religieux et responsables politiques ont exprimé leur malaise face à cette dérive dynastique. 

En Iran même, le scepticisme est ancien. Depuis des années, des manifestants dénonçaient déjà l’idée d’une succession familiale en scandant : « Mojtaba, tu mourras avant de devenir guide ». 

Un guide suprême invisible

L’absence du nouveau dirigeant lors de la cérémonie officielle n’est pas anodine. Plusieurs sources indiquent qu’il aurait été blessé lors des frappes israéliennes qui ont tué son père et détruit une partie du complexe du pouvoir à Téhéran. 

Ses blessures notamment aux jambes et au bras selon des responsables iraniens expliqueraient qu’il soit hospitalisé et incapable d’apparaître publiquement. 

Mais dans un régime fondé sur le culte du chef, l’absence du chef est un problème politique majeur. Il faut donc maintenir l’illusion. D’où cette mise en scène : portraits géants, affiches, et désormais silhouette en carton présentée à la foule lors d’un rassemblement à Téhéran. 

Pourquoi cette mascarade ?

Trois raisons expliquent cette opération de communication.

Première raison : cacher la fragilité du nouveau pouvoir.

Le régime veut donner l’image d’une continuité absolue. Montrer un dirigeant blessé, hospitalisé ou incapable de s’exprimer serait reconnaître que la tête du système est affaiblie.

Deuxième raison : éviter une lutte de succession ouverte.

Le pouvoir réel en Iran est aujourd’hui largement détenu par les Gardiens de la révolution. Ce sont eux qui ont poussé Mojtaba Khamenei au sommet, car il leur est politiquement redevable. 

Tant que le nouveau guide reste invisible, l’appareil sécuritaire peut gouverner en coulisses sans contestation publique.

Troisième raison : contrôler la rue.

La société iranienne est profondément divisée. Si certains rassemblements sont montrés par la télévision d’État comme des démonstrations de fidélité, sur les réseaux clandestins beaucoup d’Iraniens expriment au contraire leur hostilité au régime et au nouveau guide. 

Dans ce contexte, la propagande visuelle devient essentielle : images de foule, slogans, portraits omniprésents… même si la personne censée incarner ce pouvoir n’est pas réellement là.

Le guide suprême aurait-il peur ?

La question circule dans toute la région : Mojtaba Khamenei se cache-t-il par crainte d’être éliminé ?

Israël a déjà indiqué que tout dirigeant iranien impliqué dans les attaques contre l’État hébreu pourrait devenir une cible. 

Dans ces conditions, la prudence sécuritaire est évidente : déplacements secrets, bunker, absence de contact public.

Mais la peur n’est peut-être pas seulement militaire. Elle est aussi politique. Mojtaba Khamenei reste une figure relativement inconnue du grand public, sans véritable aura religieuse. Plusieurs analystes le décrivent comme un homme de l’ombre, influent en coulisses mais dépourvu de légitimité charismatique. 

Dans un pays en crise économique, secoué par des années de protestations, apparaître trop tôt pourrait exposer cette faiblesse.

Le symptôme d’un régime fragilisé

L’image d’un chef d’État remplacé par un morceau de carton restera probablement comme l’une des scènes les plus révélatrices de la crise actuelle de la République islamique.

Ce n’est pas seulement une anecdote. C’est le symbole d’un pouvoir qui tente de préserver son autorité alors que sa direction vient d’être décapitée, que la succession est contestée et que l’appareil militaire domine désormais l’État.

Autrement dit : derrière la silhouette immobile, c’est tout un régime qui vacille.

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Alors que Trump multiplie les messages contradictoires, Tel‑Aviv avance avec clarté

Alors que Trump multiplie les messages contradictoires, Tel‑Aviv avance avec clarté

Alors que Donald Trump multiplie les déclarations contradictoires sur la guerre contre l’Iran, Israël, lui, avance avec constance et clarté. Tel‑Aviv poursuit ses objectifs stratégiques, déterminé à neutraliser les menaces régionales et à sécuriser son avenir, tandis que la rhétorique américaine reste instable et ambiguë.

Trump face à ses propres contradictions : la stratégie américaine en Iran éclatée en plein vol

La stratégie déclarée par Donald Trump dans la guerre engagée contre l’Iran depuis la fin février est devenue un imbroglio de messages contradictoires un brouillage stratégique qui affaiblit manifestement la posture américaine sur le plan diplomatique et militaire.
À onze jours du début des opérations conjointes des États‑Unis et d’Israël, l’analyse des déclarations publiques, interviews et posts sur Truth Social montre une absence de cohérence globale entre objectifs, objectifs tactiques et justifications. 

Une temporalité instable

Trump s’est illustré par une variabilité spectaculaire dans ses estimations du calendrier du conflit. Au départ, il avait évoqué une durée limitée d’environ quatre semaines, suggérant même que les objectifs étaient en avance sur le calendrier. 

Puis sur d’autres chaînes, il affirme qu’il pourrait mettre fin à la guerre en deux ou trois jours, avant de déclarer quelques heures plus tard que le conflit est « very complete, pretty much  »  mais qu’il n’est pas encore terminé. 

Cette oscillation a laissé observateurs et alliés dans l’expectative, sans repère clair sur la durée réelle ou l’intensité prévue de l’opération. Pour un conflit global, ce flou est stratégique  ou fatal.

Objectifs finaux : victoire ? capitulation ?

Sur l’objectif final, Trump a multiplié les versions. Il a exigé une “capitulation inconditionnelle” de l’Iran un terme fort qui implique une reddition totale du régime. 

Pourtant, le même jour, il laissait la porte ouverte à une discussion avec les dirigeants iraniens, tout en déclarant qu’une telle option n’était pas nécessaire. 

Plus contradictoire encore, Trump a expliqué que la « capitulation » pourrait simplement être que l’Iran « ne puisse plus se battre », une définition vague sans critère opérationnel clair. 

Régime iranien : changement politique ou pas ?

L’un des rebonds les plus spectaculaires est l’évolution du discours sur le régime iranien. Trump a déclaré qu’il devait choisir ou influencer le prochain dirigeant de l’Iran, estimant que le successeur annoncé, Mojtaba Khamenei, ne pouvait « vivre en paix  ». 

Pourtant, l’administration a formellement nié que le renversement du régime soit un objectif officiel. 

Cette dualité laisse penser que Trump instrumentalise le discours sur l’avenir politique iranien sans cadre stratégique transparent, posant un objectif politique flou dans une guerre qui aurait dû être militaro‑définie.

Ressources énergétiques : incohérence entre marché et menace

Trump s’est également montré incohérent sur le plan économique. Il a minimisé la montée des prix du pétrole tout en avertissant que les forces américaines frapperaient l’Iran « 20 fois plus fort  » si le pays perturbe l’approvisionnement via le détroit d’Hormuz, une menace qui pourrait elle‑même provoquer une crise énergétique mondiale. 

À rebours, l’administration a simultanément alléger certaines sanctions sur le pétrole russe pour apaiser les marchés une mesure qui contredit l’image d’une posture de guerre maximaliste. 

La perception internationale et la réalité iranienne

Alors que Trump clame que l’Iran s’affaiblit, plusieurs observateurs à Téhéran rapportent que le régime poursuit sa mobilisation et que le soutien populaire aux autorités, même controversé, reste fort dans plusieurs grandes villes. Cette réalité contredit l’idée d’une capitulation imminente ou d’une pression psychologique suffisante pour briser le régime. 

Netanyahu face à l’incohérence américaine : jusqu’où reconnaît‑il ces contradictions ?

Benjamin Netanyahu est un allié stratégique essentiel de Trump dans cette campagne, mais son positionnement face aux contradictions de Washington est mesuré, parfois prudent.

Coordination ou subordination ?

Trump a affirmé que la décision de mettre fin à la guerre serait une décision mutuelle entre Washington et Tel‑Aviv, tout en conservant la prééminence américaine dans le choix final. 

Cette formulation laisse entendre une coopération équilibrée, mais dans les faits, le poids décisionnel reste du côté américain, ce qui relativise l’influence réelle de Netanyahu sur l’orientation stratégique du conflit.

Silence sur le flou des objectifs

Netanyahu n’a pas publiquement critiqué les contradictions américaines par exemple les déclarations changeantes de Trump sur la durée ou les objectifs du conflit. Son soutien est resté ferme et aligné sur le calendrier immédiat de l’opération, plutôt que sur une réflexion stratégique cohérente à long terme.

Il n’a pas non plus contesté l’ambiguïté de Trump sur la question du changement de régime en Iran, malgré l’impact potentiel de cette posture sur la sécurité d’Israël dans une optique régionale.

Une alliance qui montre ses limites

Le principal allié de Netanyahu, sur ce front, se révèle instable et parfois contradictoire, ce qui affaiblit la capacité israélienne à justifier auprès de ses concitoyens et de l’opinion internationale une logique stratégique claire et cohérente. Sans une vision claire de la fin de guerre et des objectifs, l’argument de défense devient flou, et les alliances se tendent.

L’analyse des discours montre que la stratégie américaine en Iran est aujourd’hui marquée par une absence de clarté, des revirements successifs, et des messages parfois incompatibles entre eux. Ce manque de cohérence n’est pas seulement un défaut rhétorique ; il représente un réel risque pour la crédibilité politique des États‑Unis, pour la sécurité régionale et pour les alliés, en particulier Israël.

De son côté, Benjamin Netanyahu a préféré le silence ou le soutien consensuel à Trump plutôt que la critique des contradictions américaines, même lorsque ces dernières pourraient compromettre l’efficacité et la justifiabilité de l’effort commun.

Stratégie américaine, ambitions israéliennes : une guerre que Tel‑Aviv semble conduire en propre

Au fur et à mesure que les opérations se prolongent, une réalité politique se dessine, souvent tue dans les communiqués officiels : la guerre contre l’Iran ne se déroule pas seulement dans le cadre d’une coalition cohérente Washington‑Téhéran opposée, mais dans une dynamique où Israël avance en fait ses propres objectifs stratégiques, parfois indépendamment de Washington ou en s’appuyant sur la volatilité du discours américain.

Même si la Maison‑Blanche martèle que les décisions seront « mutuelles » avec Tel‑Aviv, y compris celle de mettre fin aux hostilités, le rythme des opérations, le ciblage des infrastructures et la manière dont le gouvernement israélien a intégré dès le départ l’objectif de neutraliser non seulement les capacités militaires iraniennes mais aussi leurs leviers de puissance régionale donnent à penser que Tel‑Aviv poursuit des finalités propres à sa doctrine de sécurité.

Cette doctrine vise à réduire de façon permanente la capacité iranienne à menacer l’État juif et ses alliés, et à rabattre toute possibilité d’un rééquipement nucléaire des objectifs qui ne sont pas identiques, dans leur intensité et leur permanence, à ceux mis en avant par Donald Trump, souvent perçus comme fluctuants ou opportunistes. 

Dans ce contexte, Israël apparaît comme l’acteur le plus cohérent et le plus constant, déterminé à transformer ce qui a commencé comme une réponse à une agression en une restructuration durable de l’équilibre stratégique régional. Washington, quant à lui, oscille entre messages de fin imminente, préoccupations électorales internes et incertitudes sur ses propres priorités, ce qui fait que la conduite opérationnelle effective sur le terrain reflète davantage les impératifs israéliens que les décisions stratégiques américaines claires. 

Cette lecture n’exclut pas formellement l’engagement des États‑Unis – il est réel et significatif – mais il met en lumière l’asymétrie actuelle entre les objectifs poursuivis par Tel‑Aviv et la rhétorique fluctuante de Washington, un facteur qui pourrait redéfinir à long terme non seulement l’issue de la guerre, mais aussi la manière dont les alliances se structurent au Moyen‑Orient dans les années à venir.

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