L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

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L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

GÉOPOLITIQUE • EXCLUSIF

L'accord gazier avec le Liban : Netanyahu prêt à tout effacer

Le Premier ministre israélien envisage d'annuler l'accord maritime signé sous le gouvernement Bennett-Lapid. Ce qu'il refusait d'accepter en 2022, il peut aujourd'hui le déchirer grâce à Trump, et sur les cendres du Hezbollah.

Le 27 octobre 2022, Israël et le Liban signaient un accord inédit : une délimitation de leur frontière maritime en Méditerranée, portant sur 860 km² de zone disputée et des milliards de dollars de gaz naturel. Benjamin Netanyahu, alors chef de l'opposition, avait hurlé à la trahison. Moins de trois ans plus tard, il est Premier ministre, le Hezbollah est à genoux et il tient désormais la gomme.

Un accord qu'Israël n'a jamais vraiment voulu

Rappelons les faits. En 2022, sous pression du Hezbollah qui avait envoyé des drones menaçants vers le champ gazier israélien de Karish en juillet , le gouvernement Lapid avait conclu un partage : Israël gardait Karish entièrement, tandis que le Liban obtenait les droits sur le champ de Cana. En échange de la partie de Cana empiétant sur ses eaux, Israël devait percevoir environ 17 % des revenus d'exploitation — potentiellement 6 à 8 milliards de dollars selon les estimations. Le géant français TotalEnergies était pressenti pour exploiter le gisement libanais.

Mais dès le premier jour, Netanyahu a refusé cet accord. Il l'a qualifié d'illégal, de capitulation, de cadeau fait à Nasrallah. Il a réclamé un référendum. Il a promis, au micro de la radio militaire israélienne, de le « neutraliser » s'il revenait au pouvoir. Ce qu'il n'a pourtant pas osé faire immédiatement — par prudence diplomatique, ou par calcul.

LES CHIFFRES DE L'ACCORD

• 860 km² : superficie de la zone maritime disputée

• 27 octobre 2022 : date de signature à Naqoura

• 17 % : part des revenus du champ Cana reversée à Israël

• 6 à 8 milliards $ : valeur estimée du gisement de Cana

• TotalEnergies : opérateur pressenti côté libanais

• 0 forage effectué à ce jour

Ce que la guerre a changé

En 2022, Israël avait cédé sous la pression militaire du Hezbollah. La logique était simple : si tu veux exploiter Karish tranquillement, donne-leur Cana. Aujourd'hui, cette logique s'est effondrée avec le Hezbollah lui-même. L'organisation a perdu ses têtes dirigeantes, ses capacités offensives ont été sévèrement réduites, et le gouvernement libanais a même pris la décision historique, en août 2025, de procéder à son désarmement.

Netanyahu l'a dit sans détour : « Vous avez donné les gisements de gaz à Nasrallah. Nous avons éliminé Nasrallah. C'est la différence entre nous. » La menace qui justifiait les concessions de 2022 a disparu. L'accord, lui, reste mais pour combien de temps encore ?

Trump, le joker dans la main de Netanyahu

L'autre élément décisif, c'est Washington. Sous Biden, la signature de l'accord avait été une priorité  portée par l'envoyé américain Amos Hochstein, présentée comme un modèle de diplomatie régionale. Avec Trump, le vent a tourné à 180 degrés. À Mar-a-Lago, Trump a donné à Netanyahu son feu vert pour agir contre le Hezbollah et déclaré ouvertement soutenir Israël si celui-ci estime qu'une action militaire est nécessaire.

Autrement dit : l'Amérique ne sera pas le garde-fou de cet accord. C'est précisément ce dont Netanyahu avait besoin pour passer à l'acte.

La faille juridique : cet accord n'est pas un traité

Et voilà le détail qui change tout. L'accord de 2022, contrairement à ce que l'on croit souvent, n'a aucune force contraignante en droit international. Il ne prévoit aucune sanction en cas de violation. Symbole saisissant : les deux délégations n'ont même pas signé le même document chaque partie a paraphé un texte séparé, sans la signature de l'autre. Un arrangement conçu pour éviter toute reconnaissance diplomatique mutuelle entre deux pays techniquement encore en état de guerre.

Déchirer cet accord n'est donc pas, techniquement, violer un traité international. C'est rompre une entente informelle  certes médiatisée par les États-Unis, mais sans mécanisme de sanction. Netanyahu le sait. Et c'est probablement pour cela qu'il attendait le bon moment.

Le paradoxe de Netanyahu

Il y a quelque chose d'ironie presque parfaite dans cette séquence. Netanyahu a passé des années à dénoncer un accord qu'il n'avait pas les moyens d'annuler le Hezbollah était debout, Biden était à Washington. Aujourd'hui, les deux obstacles ont disparu.
La « victoire militaire » contre le Hezbollah lui offre un prétexte en or pour une victoire économique : effacer l'héritage Lapid, récupérer le contrôle d'une zone riche en hydrocarbures, et réécrire l'histoire.

Le gaz n'a jamais été qu'un enjeu énergétique. En Méditerranée orientale, il a toujours été une arme politique. Et Netanyahu vient peut-être d'appuyer sur la gâchette.

Rédaction Alliance • Mars 2026

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