Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

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Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

Iran : quand le régime présente… un dirigeant en carton

À Téhéran, la scène aurait pu prêter à sourire si elle ne révélait pas une crise politique profonde. Lors d’un rassemblement organisé pour afficher le soutien populaire au nouveau guide suprême, les autorités iraniennes ont fait prêter allégeance à une simple silhouette en carton de Mojtaba Khamenei, fils et successeur de l’ancien guide.
L’homme qui est censé diriger la République islamique n’était pas là.
À sa place : une image rigide, plantée au milieu de la foule.

Derrière ce spectacle presque grotesque se cache pourtant une réalité bien plus inquiétante : une lutte de pouvoir, une succession contestée et un régime fragilisé par la guerre.

Une succession précipitée et contestée

La situation s’est brutalement accélérée après la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d’une frappe  israélienne visant la direction iranienne fin février 2026.
Dans l’urgence, l’Assemblée des experts a désigné son fils Mojtaba Khamenei pour lui succéder, une décision largement poussée par les Gardiens de la révolution. 

Cette nomination pose un problème majeur : la République islamique s’est construite sur le rejet du principe monarchique. Or la transmission du pouvoir de père en fils ressemble précisément à ce que la révolution de 1979 prétendait abolir. De nombreux religieux et responsables politiques ont exprimé leur malaise face à cette dérive dynastique. 

En Iran même, le scepticisme est ancien. Depuis des années, des manifestants dénonçaient déjà l’idée d’une succession familiale en scandant : « Mojtaba, tu mourras avant de devenir guide ». 

Un guide suprême invisible

L’absence du nouveau dirigeant lors de la cérémonie officielle n’est pas anodine. Plusieurs sources indiquent qu’il aurait été blessé lors des frappes israéliennes qui ont tué son père et détruit une partie du complexe du pouvoir à Téhéran. 

Ses blessures notamment aux jambes et au bras selon des responsables iraniens expliqueraient qu’il soit hospitalisé et incapable d’apparaître publiquement. 

Mais dans un régime fondé sur le culte du chef, l’absence du chef est un problème politique majeur. Il faut donc maintenir l’illusion. D’où cette mise en scène : portraits géants, affiches, et désormais silhouette en carton présentée à la foule lors d’un rassemblement à Téhéran. 

Pourquoi cette mascarade ?

Trois raisons expliquent cette opération de communication.

Première raison : cacher la fragilité du nouveau pouvoir.

Le régime veut donner l’image d’une continuité absolue. Montrer un dirigeant blessé, hospitalisé ou incapable de s’exprimer serait reconnaître que la tête du système est affaiblie.

Deuxième raison : éviter une lutte de succession ouverte.

Le pouvoir réel en Iran est aujourd’hui largement détenu par les Gardiens de la révolution. Ce sont eux qui ont poussé Mojtaba Khamenei au sommet, car il leur est politiquement redevable. 

Tant que le nouveau guide reste invisible, l’appareil sécuritaire peut gouverner en coulisses sans contestation publique.

Troisième raison : contrôler la rue.

La société iranienne est profondément divisée. Si certains rassemblements sont montrés par la télévision d’État comme des démonstrations de fidélité, sur les réseaux clandestins beaucoup d’Iraniens expriment au contraire leur hostilité au régime et au nouveau guide. 

Dans ce contexte, la propagande visuelle devient essentielle : images de foule, slogans, portraits omniprésents… même si la personne censée incarner ce pouvoir n’est pas réellement là.

Le guide suprême aurait-il peur ?

La question circule dans toute la région : Mojtaba Khamenei se cache-t-il par crainte d’être éliminé ?

Israël a déjà indiqué que tout dirigeant iranien impliqué dans les attaques contre l’État hébreu pourrait devenir une cible. 

Dans ces conditions, la prudence sécuritaire est évidente : déplacements secrets, bunker, absence de contact public.

Mais la peur n’est peut-être pas seulement militaire. Elle est aussi politique. Mojtaba Khamenei reste une figure relativement inconnue du grand public, sans véritable aura religieuse. Plusieurs analystes le décrivent comme un homme de l’ombre, influent en coulisses mais dépourvu de légitimité charismatique. 

Dans un pays en crise économique, secoué par des années de protestations, apparaître trop tôt pourrait exposer cette faiblesse.

Le symptôme d’un régime fragilisé

L’image d’un chef d’État remplacé par un morceau de carton restera probablement comme l’une des scènes les plus révélatrices de la crise actuelle de la République islamique.

Ce n’est pas seulement une anecdote. C’est le symbole d’un pouvoir qui tente de préserver son autorité alors que sa direction vient d’être décapitée, que la succession est contestée et que l’appareil militaire domine désormais l’État.

Autrement dit : derrière la silhouette immobile, c’est tout un régime qui vacille.

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