Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Qui est le juge juif orthodoxe présidant le procès de Maduro âgé de 92 ans ?

Qui est le juge juif orthodoxe présidant le procès de Maduro ?

Qui est le juge juif orthodoxe présidant le procès de Maduro ?

JNS dans la salle d'audience

Dans une salle d'audience fédérale bondée du Lower Manhattan, aux murs lambrissés de bois sombre, la voix du juge Alvin Hellerstein a tranché le silence en s'adressant à l'homme de haute taille vêtu d'une tenue de prisonnier orange.

« Êtes-vous Nicolás Maduro ? », a demandé le magistrat de 92 ans, juge au tribunal fédéral du district sud de New York.

« Je suis le président de la République du Venezuela », a répondu Maduro. « Je suis ici kidnappé. J'ai été capturé à mon domicile à Caracas. »

Avant qu'il ne poursuive, Hellerstein l'a interrompu : « Il y aura un moment et un lieu pour tout cela. Pour l'instant, je veux seulement savoir une chose : êtes-vous Nicolás Maduro Moros ? »

« Je suis Nicolás Maduro Moros », a déclaré le dictateur vénézuélien.

JNS était présent dans la salle alors que Hellerstein procédait à la mise en accusation, énonçant les charges retenues contre Maduro et son épouse, Cilia Flores, telles que formulées dans l'acte d'accusation fédéral.

Maduro est inculpé pour complot de narco-terrorisme ; complot d'importation de cocaïne ; possession d'armes automatiques et de dispositifs destructeurs en lien avec le trafic de drogue ; et complot en vue de posséder de telles armes.

Tout au long de l'audience, Maduro est resté calme, prenant des notes. Son épouse, ancienne première dame du Venezuela, assise à ses côtés, semblait plus tendue.

« Je suis ici pour assurer un procès équitable », a déclaré Hellerstein. « Telle est mon intention. »

« Rendre justice à tous »

Nommé au siège judiciaire par le président Bill Clinton en 1998, Hellerstein, juif orthodoxe, a pris le statut de juge senior en 2011.

Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à l'université Harvard, a confié à JNS connaître Hellerstein depuis cinquante ans, « bien avant qu'il ne devienne juge ».

« C'est un grand juge, équitable et équilibré. C'est aussi un excellent joueur de tennis, même à la fin de sa quatre-vingtaine et au début de sa nonantaine, et un véritable mensch », a-t-il déclaré. « Il est profondément attaché au judaïsme et un juriste aux principes solides. »

« Il comprend deux principes bibliques. D'abord, “Tzedek, tzedek tirdof” : tu dois toujours poursuivre la justice. Ensuite, “Lo takir panim” : ne fais pas acception de personnes. » (Les deux citations proviennent du Deutéronome 16.)

« Le rôle du juge est de rendre justice à tous. Si j'étais Maduro, je serais ravi que Hellerstein ait été désigné pour me juger », a ajouté Dershowitz.

Gerard Filitti, conseiller principal au Lawfare Project, a indiqué à JNS que Hellerstein est reconnu pour son style judiciaire impartial.

« Le juge Hellerstein dirige une salle d'audience méthodique et disciplinée. Il est connu pour des décisions claires dans des affaires majeures, y compris des dossiers très médiatisés », a-t-il expliqué. « Il évite les effets de manche ou les démonstrations politiques, se concentrant sur l'application rigoureuse du droit et des procédures. »

La comparution de Maduro devant un juge juif orthodoxe revêt une signification particulière, Maduro ayant tenu par le passé des discours antisémites, selon Filitti.

« Les tribunaux fonctionnent sur le droit et les faits, non sur la foi des juges », a-t-il précisé. « Il sera intéressant d'observer la réaction de Maduro – qui a autrefois recours à des tropes antisémites classiques en accusant le “sionisme international” des difficultés causées par son propre régime – face à un juge juif orthodoxe. »

Maduro n'invoquera toutefois probablement pas la haine antisémite dans la salle d'audience, d'après Filitti.

« La structure d'un tribunal laisse peu de place à des discours politiques ou antisémites, les règles procédurales et probatoires interdisant les allégations générales de persécution politique, les diatribes contre le sionisme ou toute déclaration sans lien avec les éléments des infractions ou les défenses admissibles », a-t-il noté.

« Maduro dépendant probablement d'un interprète, il pourrait être tenté de commentaires improvisés. Ceux-ci seraient toutefois jugés irrelevants et frappés, avec risque de sanctions pour Maduro », a-t-il conclu.

L'armée israélienne prête à une offensive massive contre le Hezbollah au Liban

Tsahal prête à une offensive massive contre le Hezbollah au Liban

Tsahal attend la décision politique : l’armée est prête à une opération contre le Hezbollah

Dans l’appareil sécuritaire israélien, on affirme que les préparatifs pour une offensive contre le Hezbollah sont achevés. Plusieurs plans opérationnels ont été présentés au niveau politique, allant d’une pression militaire ciblée à des actions d’ampleur. L’objectif : affaiblir le Hezbollah afin de permettre au gouvernement libanais de le désarmer et d’avancer vers un arrangement politique.

Israël doute de l’engagement réel du gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah. Tsahal se prépare à divers scénarios. L’armée attend pour l’instant la décision politique concernant une action contre le Hezbollah au Liban, tout en soulignant que ses forces sont prêtes à des opérations de grande envergure.
L’affaiblissement du Hezbollah est perçu comme une condition préalable au désarmement par Beyrouth et à un règlement diplomatique.

Les préparatifs à Tsahal

L’armée israélienne met l’accent sur l’achèvement de ses préparatifs, tant défensifs qu’offensifs. Plusieurs plans opérationnels, de portée variable – de l’intensification d’une pression ciblée à des manœuvres plus larges –, ont été soumis au niveau politique. La décision finale sur le schéma retenu reviendra au cabinet de sécurité, influencée par des considérations opérationnelles, diplomatiques et par la coordination avec les États-Unis.

À Jérusalem, on doute de l’engagement du gouvernement libanais

Israël estime que le gouvernement libanais n’avance pas concrètement dans le désarmement du Hezbollah, malgré des déclarations publiques. Tsahal considère le gouvernement libanais et le Hezbollah comme des entités interdépendantes, et juge qu’un changement réel de la situation sécuritaire au nord nécessitera de briser cette équation. Face à l’absence de progrès, l’armée se prépare également à un scénario offensif plus large, si la voie diplomatique échoue.

Considérations de calendrier et coordination avec Washington

La synchronisation avec les États-Unis constitue un facteur clé dans l’évaluation du timing d’une éventuelle opération. Des sources sécuritaires soulignent que le comportement final du Hezbollah et du gouvernement libanais sera déterminant pour décider si et quand agir. Le message transmis depuis Jérusalem est clair : Israël est sérieux dans ses intentions et ne se contentera pas de déclarations sans modification tangible sur le terrain.

En toile de fond : alertes au Liban et préparatifs du Hezbollah

Les préparatifs israéliens s’inscrivent dans un contexte de craintes croissantes au Liban d’une reprise des hostilités, accompagnées d’avertissements diplomatiques contre une « nouvelle phase d’escalade ».
Parallèlement, des rapports font état de préparatifs discrets du Hezbollah, avec un redéploiement de forces, dans l’hypothèse d’un affrontement imminent avec Israël.
L’appareil sécuritaire israélien suit ces évolutions de près, les intégrant dans l’ensemble des paramètres précédant la décision politique

Un jeune religieux de 14 ans écrasé à mort par un chauffeur de bus arabe à Jérusalem

Jérusalem : Un jeune religieux de14 ans tué par un chauffeur de bus écrasé par un chauffeur arabe

Un adolescent de 14 ans tué par un bus lors d’une manifestation ultra-orthodoxe à Jérusalem

Un jeune garçon a été écrasé à mort et trois personnes légèrement blessées mardi soir lors d’une manifestation d’ultra-orthodoxes contre la conscription militaire dans les rues de Jérusalem.

La victime identifiée : Yosef Ayzental, élève de yeshiva

La victime mortelle de l’incident est Yosef Ayzental, âgé de 14 ans, élève de la yeshiva Ohel Torah. Des témoins oculaires présents sur place sont convaincus qu’il s’agit d’un attentat terroriste. La police a toutefois précisé qu’aucun soupçon de motif nationaliste n’est retenu à ce stade.

Selon les témoignages, le conducteur du bus a roulé de manière incontrôlée, percutant de nombreux manifestants. « Il a simplement projeté en l’air des dizaines de jeunes », a rapporté l’un d’eux. Le chauffeur, employé de la ligne 64 de la compagnie Extra à destination du quartier de Ramot, a été interpellé après environ 500 mètres de fuite.

Les récits glaçants des témoins

Yaakov Zimberg, présent sur les lieux, a décrit la scène : « Le bus est arrivé, les jeunes l’ont bloqué. Le conducteur a appelé à l’aide – sa voix semblait arabe. Ils ont touché les essuie-glaces, l’ont bloqué et frappé sur le pare-brise. Soudain, il a accéléré à fond. »

Un autre témoin, Doubi Cohen, a ajouté : « Il y avait une foule de jeunes devant lui. Il les a balayés. J’ai vu de mes propres yeux deux garçons traînés sous les roues. »

Moshe Ben Tovim a raconté : « Un autre jeune s’est accroché au bus avant de tomber – il s’en est sorti indemne. Mais le conducteur a continué à pleine vitesse, un autre s’est retrouvé coincé sous les roues. Ce n’est pas un accident, c’est un attentat pur et simple. Un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de victimes. »

Un témoin ayant aidé à l’arrestation a expliqué : « J’ai bloqué le bus avec mon scooter. Les policiers sont montés à bord, nous avons lutté avec le chauffeur qui a levé les mains sur nous. »

Un autre a rapporté : « Ils ont craché sur le conducteur, il n’avait plus d’issue. Il a foncé dans la foule ultra-orthodoxe. J’ai été projeté sur le côté, trois personnes étaient sous le bus. »

L’incident s’est produit vers 21 heures dans les rues Shamgar et Ohel Yehoshua. Le jeune garçon est resté coincé sous le véhicule pendant plusieurs centaines de mètres. Les équipes de secours ont prononcé son décès sur place. Trois blessés légers ont été évacués vers les hôpitaux de la capitale.

Le conducteur a affirmé aux policiers qu’il tentait de fuir après avoir été bloqué par les manifestants. Le propriétaire et le directeur de la compagnie Extra ont été convoqués pour audition au ministère des Transports.

Réactions politiques : « Le sang des ultra-orthodoxes n’est pas permis »

Le président de l’État, Isaac Herzog, a réagi avec émotion : « Nous avons vécu une soirée triste et douloureuse – la perte d’un jeune ultra-orthodoxe et des blessés graves, modérés et légers. La violence franchit une ligne rouge des plus graves et dangereuses. Cette soirée douloureuse doit nous servir d’alerte à tous, et particulièrement aux acteurs impliqués : il est temps de faire preuve de responsabilité, de baisser le ton et d’œuvrer à prévenir la prochaine catastrophe avant qu’il ne soit trop tard. »

Le parti Shas a condamné l’acte dans un communiqué : « Nous sommes choqués jusqu’au plus profond de l’âme par cet écrasement gravissime à Jérusalem, où un jeune ultra-orthodoxe a été tué lors d’une manifestation. Les images terrifiantes du bus roulant sauvagement dans la foule, traînant un garçon sur des dizaines de mètres, sont horrifiantes. Nous exigeons une enquête immédiate, approfondie et sans compromis, ainsi que l’application pleine et entière de la loi contre le responsable. Le sang des ultra-orthodoxes n’est pas permis. »

Le président de Yahadout HaTorah, le député Yitzhak Goldknopf, a déclaré : « J’ai reçu avec effroi les rapports sur cet événement terrible à Jérusalem, où des manifestants ont été écrasés, dont un adolescent qui a perdu la vie. Mon cœur va à sa famille en ces heures difficiles, et j’adresse mes vœux de prompt rétablissement aux autres blessés. J’appelle la police israélienne et les forces de l’ordre à appliquer la loi avec la plus grande sévérité contre le conducteur, et à explorer toutes les pistes d’enquête pour que justice soit rendue. On ne peut passer à l’ordre du jour après une perte de contrôle ayant coûté des vies humaines. »

Tentative de trafic de GBL interceptée à l’aéroport de Tel-Aviv

Tentative de trafic de GBL interceptée à l’aéroport de Tel-Aviv

Tentative de trafic de GBL interceptée à l’aéroport de Tel-Aviv

Les autorités douanières israéliennes ont stoppé une importante tentative d’importation illégale de GBL — un précurseur chimique du GHB, souvent considéré comme un « date-rape drug » ou « liquid ecstasy » dans le milieu des drogues) en raison de son usage détourné lors d’agressions sexuelles — sur le territoire israélien. 

Dans une opération coordonnée entre l’unité spéciale d’enquête 747 du district de l’aéroport Ben Gourion et les services des douanes, plus d’un litre de GBL a été découvert dans deux colis importés depuis la Chine via des services de messagerie aérienne. Cette quantité, selon les enquêteurs, dépasse largement le seuil considéré comme « commercial » et correspond à des centaines de doses susceptibles d’être transformées en GHB à des fins de distribution ou de consommation. 

Contrôle ciblé sur les envois aériens

L’intervention a débuté lorsqu’un filtrage accru des envois aériens a permis d’isoler deux colis jugés suspects. Une inspection méticuleuse a révélé la présence d’un liquide identifié comme GBL — substance chimique qui, ingérée, se convertit rapidement en GHB dans l’organisme et agit comme dépresseur du système nerveux central, provoquant euphorie, diminution des inhibitions et, à des doses plus élevées, perte de conscience et coma. 

Les autorités israéliennes classent le GBL comme substance contrôlée depuis 2007, en raison de son potentiel d’abus et des risques associés à son ingestion ou à sa transformation en drogue psychoactive. 

Arrestation en flagrant délit

Sur la base de ces révélations, les enquêteurs ont orchestré une opération de « livraison contrôlée ». Se faisant passer pour des coursiers, les agents ont fixé un rendez-vous avec le destinataire des colis dans le centre du pays. Lors de la remise des paquets, l’homme — un résident de Yavne dans la vingtaine — a été immédiatement interpellé. 

L’individu a été conduit pour interrogatoire au bureau de la police à l’aéroport de Ben Gourion, et l’ensemble des éléments saisis — colis, contenus et autres preuves matérielles — ont été transférés aux laboratoires de criminalistique de la police israélienne pour des analyses médico-légales approfondies. 

Perspectives judiciaires

Ce matin, le suspect a comparu devant le tribunal de première instance de Rishon LeZion. Le procureur a requis la prolongation de sa détention au-delà de la garde à vue, en attendant l’avancée de l’enquête. La nature et la gravité des accusations restent liées à l’importation illégale et à la possession de substance contrôlée en grande quantité, susceptible de constituer un chef d’accusation de trafic. 

Selon la police, cette opération s’ajoute à une série de saisies ciblant l’importation de drogues à l’aéroport, dans le but de perturber les chaînes d’approvisionnement de substances illicites, qu’il s’agisse de stimulants, de dépresseurs ou d’agents utilisés dans des contextes festifs ou criminels. 

Notes sur le GBL : le gamma-butyrolactone (GBL) est un composé chimique industriel utilisé comme solvant dans plusieurs applications. Lorsqu’il est ingéré par l’humain, il est rapidement métabolisé en gamma-hydroxybutyrate (GHB), une substance psychoactive qui peut provoquer une forte dépression du système nerveux central, perte de conscience, voire coma et décès dans les cas de surdosage. Son usage récréatif est associé à des risques élevés et il fait l’objet d’un contrôle strict dans de nombreux pays, y compris en Israël. 

Tourisme israélien : relance après la crise, le cap ambitieux fixé par le gouvernement

Tourisme israélien : relance après la crise, le cap ambitieux fixé par le gouvernement

Tourisme israélien : relance après la crise, cap ambitieux fixé par le gouvernement

Un secteur stratégique confronté à une reprise lente mais réelle

Après des années marquées par l’instabilité sécuritaire et les conséquences économiques de la guerre, le tourisme en Israël tente un retour progressif. Lors de la conférence annuelle de l’Association des Hôtels d’Israël à Tel-Aviv, le ministre du Tourisme Haim Katz a fixé un objectif clair : atteindre à nouveau 7 millions de visiteurs internationaux par an. Une ambition qui vise à renouer avec les niveaux les plus élevés du secteur avant les événements tragiques de 2023. 

Ce seuil, déjà fixé dans des plans antérieurs avant 2025, représente une étape cruciale pour restaurer un pilier essentiel de l’économie israélienne. 

1,3 million de visiteurs en 2025 : reprise mais toujours loin des records

Les données officielles publiées par le ministère du Tourisme israélien confirment que l’année 2025 se termine avec environ 1,3 million de touristes internationaux accueillis. Même si ce chiffre marque une progression significative par rapport à l’année précédente, il reste très inférieur au pic historique d’environ 4,5 millions de visiteurs en 2019. 

Cette reprise est d’autant plus notable qu’elle survient dans un contexte de restrictions encore perceptibles et d’une image internationale affectée par des périodes de conflit et de conseils aux voyageurs émis par plusieurs pays. 

Origines des visiteurs et profil des touristes

Parmi les touristes qui ont visité Israël en 2025 :

  • États-Unis : environ 400 000 visiteurs

  • France : près de 159 000 arrivées

  • Royaume-Uni : environ 95 000 visiteurs

Ces trois marchés représentent plus de la moitié des flux touristiques entrants. Viennent ensuite la Russie, l’Allemagne, l’Ukraine, le Canada et la Roumanie. 

Une enquête interne au ministère souligne également une évolution du profil des visiteurs : environ 51 % se déclarent juifs, tandis que la part des pèlerins chrétiens atteint 9 % des arrivées. La dépense moyenne par touriste indépendant s’établit à 1 622 dollars (hors vols), avec une durée moyenne de séjour de 9,3 nuits. 

Motivation du voyage : familial, professionnel, religieux

Les destinations touristiques en Israël continuent d’attirer pour des raisons variées :

  • Visites familiales ou amicales : 45 %

  • Voyages d’affaires : 12 %

  • Vacances : 14 %

Ces chiffres reflètent une demande qui n’est pas uniquement touristique classique, mais profondément liée aux réseaux de diaspora et à des motifs personnels ou professionnels. 

Renforcement du tourisme intérieur et soutien aux professionnels

Dans son intervention, Haim Katz a souligné l’importance du marché intérieur pour soutenir l’industrie en attendant une reprise plus forte du tourisme international. Il a annoncé des mesures ciblées pour stimuler la demande locale et soutenir les hôtels, souvent fragilisés par plusieurs années de crise. 

Parallèlement, le ministère prévoit des investissements massifs dans la promotion internationale, avec des campagnes de marketing et une collaboration renforcée entre l’État et l’hôtellerie pour restaurer la confiance des touristes étrangers. 

Perspectives économiques et défis à relever

Le tourisme représente un levier économique majeur pour Israël. Avant 2023, ce secteur attirait des millions de visiteurs par an et alimentait une chaîne d’emplois dans l’hôtellerie, la restauration, les transports et les services culturels. La chute des arrivées après les attaques d’octobre 2023 a mis à nu la vulnérabilité du secteur face aux crises géopolitiques. 

La trajectoire de reprise avancée pour 2026 s’appuie sur trois axes :

  • Expansion des vols internationaux et connectivité aérienne

  • Renforcement de l’offre touristique et de l’accueil

  • Campagnes de promotion ciblées sur les principaux marchés émetteurs

Le ministre Katz et les professionnels estiment que ces efforts conjoints pourraient permettre d’atteindre une croissance significative dans les prochaines années, même si la barre des 7 millions de visiteurs reste un défi majeur à relever. 

 

Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

Le gouvernement israélien a acté la création de deux nouvelles plages sur les rives de la mer Morte, un projet à la fois touristique, social et politique, révélateur des équilibres complexes qui traversent la société israélienne. L’annonce a été faite lors d’une visite officielle du directeur général du ministère de l’Intérieur israélien, Israel Ozen, au conseil régional de Megilot, aux côtés de son président Aryeh Cohen.

Dans une région stratégique, marquée par un développement touristique intensif et par les défis environnementaux majeurs de la mer Morte, les autorités entendent répondre à une demande croissante d’infrastructures balnéaires tout en tenant compte des spécificités culturelles de certaines populations.

Une plage spécifiquement aménagée pour le public haredi

L’un des deux sites annoncés sera réservé au public haredi, la communauté juive ultra-orthodoxe, dont les pratiques religieuses imposent une stricte séparation entre hommes et femmes dans les espaces de baignade. Concrètement, cette plage fonctionnera selon des horaires ou des zones distinctes, afin de permettre à ce public d’accéder à la mer Morte sans transgresser ses règles de pudeur.

Ce choix, assumé par le ministère de l’Intérieur, n’est pas une première en Israël. Des plages séparées existent déjà dans plusieurs régions du pays, notamment autour du lac de Tibériade ou sur certaines portions du littoral méditerranéen. Mais l’officialisation d’un site dédié sur un lieu aussi emblématique que la mer Morte confère à cette décision une portée symbolique particulière.

Pour les autorités locales, il s’agit avant tout de répondre à une réalité démographique : le public haredi fréquente massivement la mer Morte, notamment pour ses vertus thérapeutiques, et se heurte régulièrement au manque d’infrastructures compatibles avec son mode de vie. La nouvelle plage vise donc à réduire les tensions et à éviter des frictions récurrentes avec les autres usagers.

Une seconde plage ouverte à l’ensemble du public

En parallèle, le projet prévoit la création d’une plage entièrement ouverte à tous, sans restriction liée au mode de vie ou à la pratique religieuse. Ce second site s’inscrit dans la continuité de l’offre touristique classique de la mer Morte, destinée aussi bien aux Israéliens qu’aux visiteurs étrangers.

Le ministère insiste sur ce point : il ne s’agit pas de privatiser l’espace public, mais de diversifier l’offre afin de permettre une cohabitation plus fluide entre des publics aux attentes parfois incompatibles. Cette logique de séparation fonctionnelle, déjà appliquée dans d’autres domaines de la vie publique israélienne, est présentée comme un compromis pragmatique plutôt que comme un recul des principes de mixité.

Un projet inscrit dans une stratégie d’aménagement plus large

Au-delà de la question des plages, les responsables ont souligné que cette initiative s’intègre dans un plan global de développement de la région de la mer Morte. L’objectif est de moderniser les infrastructures existantes, d’améliorer les accès, de renforcer la sécurité des baigneurs et de mieux encadrer la fréquentation d’un site naturel fragile.

La mer Morte, située à plus de 430 mètres sous le niveau de la mer, reste l’un des joyaux naturels les plus singuliers au monde. Mais son recul dramatique, dû à des décennies de surexploitation des ressources hydrauliques, impose une gestion de plus en plus fine de ses rives. Chaque nouveau projet d’aménagement s’inscrit donc sous le regard attentif des autorités environnementales et des acteurs du tourisme.

Un choix révélateur des tensions israéliennes

Derrière cette annonce technique se dessine une question plus large : comment organiser l’espace public dans une société profondément hétérogène ? La création d’une plage réservée au public haredi ne manquera pas de susciter critiques et débats, notamment de la part de ceux qui y voient une normalisation accrue de la séparation religieuse dans des lieux financés par des fonds publics.

Les autorités, elles, défendent une approche utilitariste. À leurs yeux, mieux vaut des espaces clairement définis que des conflits permanents sur le terrain. À la mer Morte, lieu de détente mais aussi de tensions symboliques, ce choix illustre une fois de plus la manière dont Israël tente d’arbitrer entre modernité, traditions religieuses et gestion pragmatique du vivre-ensemble.

Israël sans abri : un tiers de la population exposée aux missiles, l’État pris en défaut

Israël sans abri : un tiers de la population exposée aux missiles, l’État pris en défaut

Un tiers des Israéliens encore sans protection anti-missiles, révèle le rapport du contrôleur d’État

Un rapport officiel du contrôleur d’État israélien, Matanyahu Englman, met en lumière une réalité alarmante : malgré les leçons des attaques du 7 octobre 2023 et la mobilisation de moyens considérables depuis, près d’un tiers des citoyens israéliens n’a toujours pas accès à un abri anti-missiles conforme aux standards requis en cas d’hostilités. 

Des données qui interrogent : l’état du bouclier civil en 2025

Le rapport publié début 2025 indique que 3,2 millions de résidents, soit 33,6 % de la population, ne disposent d’aucune protection efficace contre les tirs de roquettes ou de missiles. Cela inclut 42 575 personnes vivant à une distance critique de 7 à 20 km de la bande de Gaza, une zone régulièrement ciblée lors des escalades de tensions. 

Parmi les abris publics existants, près de 12 % ne sont pas habitables en conditions d’urgence, ce qui compromet gravement la capacité de la population à se mettre à l’abri lors d’alertes. 

Éducation : des enfants exposés au danger

Le rapport révèle que les établissements scolaires sont particulièrement mal préparés. En mars 2024, 25 % des écoles n’avaient pas de protection anti-missiles adéquate, laissant plus de 466 000 élèves quotidiennement sans abri conforme pendant les cours. 

Le contrôleur d’État souligne que dans plus de 10 900 classes de maternelle (51 %) et près de 2 550 crèches (46 %), il n’existait aucune protection certifiée. Cette lacune structurelle persiste malgré des années de recommandations et d’investissements partiels. 

Failles de la planification : une stratégie qui n’a pas tenu ses promesses

Selon Englman, les autorités responsables — notamment le Commandement de la défense passive — ont gelé le déploiement du plan national de protection des citoyens (TamiR) après 2018, sans le remplacer par une alternative structurée. Les municipalités ont été laissées à gérer elles-mêmes l’adaptation du bouclier civil, souvent sans coordination ni ressources suffisantes. 

Les données budgétaires sont tout aussi préoccupantes : sur un budget total initial de 3 milliards de shekels prévu pour 2019-2024, seulement 52 % ont été dépensés à la fin de 2024. 

Inégalités criantes : une protection inégale selon les communautés

Le rapport dévoile une disparité nette entre les secteurs démographiques. Environ 0,3 % seulement des abris publics du pays se trouvent dans des localités arabes, et certains ne sont même pas utilisables. Cette distribution inégale suscite des critiques quant au traitement des différentes communautés dans les politiques de défense civile. 

Hôpitaux : une vulnérabilité stratégique

Les établissements de santé — essentiels en cas de crise — affichent eux aussi des déficits majeurs. À la suite d’une attaque iranienne contre le centre hospitalier Soroka à Be’er Sheva en juin (sans pertes humaines mais avec interruption de services), le rapport note que les installations critiques restent très partiellement protégées. 

Selon les données examinées, des sections vitales des hôpitaux, comme les services de radiologie, les unités de soins intensifs, salles d’opération ou appareils de dialyse, présentent des taux de protection très insuffisants, voire inexistants dans certains cas. 

Un appel à une révision stratégique urgente

Englman ne se contente pas de souligner les lacunes techniques ou structurelles : il demande une stratégie nationale pluriannuelle, intégrant une planification cohérente entre le ministère de la Santé, le Commandement de la défense passive et les autorités locales. Sans une vision concertée, affirme-t-il, Israël restera vulnérable aux conflits prolongés et à l’usage croissant de roquettes et drones armés par ses ennemis. 

Contexte et enjeux stratégiques

Ce rapport intervient dans un contexte de menaces persistantes, notamment des tirs réguliers depuis Gaza, mais aussi des capacités de longue portée associées à l’Iran et à ses alliés régionaux. La montée en puissance des projectiles et des moyens de dissuasion adverses accentue l’urgence d’une protection civile efficace — qui reste, à ce stade, largement inachevée. (Contexte tiré d’analyses générales sur les pressions sécuritaires régionales) 

Israël confronté à un variant plus agressif de la variole du singe

Israël confronté à un variant plus agressif de la variole du singe

Un premier cas du sous-variant plus agressif de la variole du singe détecté en Israël – mais il n’y a pas de vaccins disponibles

Un sous-variant plus virulent du virus de la variole du singe, identifié comme Clade 1b, a été diagnostiqué pour la première fois en Israël. Cet événement interpelle les autorités sanitaires alors que le stock de vaccins contre cette maladie est quasiment épuisé depuis plusieurs mois, selon des informations obtenues par Ynet. 

Origine et premiers signes du cas

Le patient porteur de ce sous-variant est arrivé en Israël en provenance des Émirats arabes unis, un pays où ce sous-type se propage dans la communauté depuis environ un an. Le ministère de la Santé a confirmé qu’un cas de variole du singe de type Clade 1b a été détecté « la semaine dernière » chez un voyageur de retour, **sans autres infections confirmées à ce stade ». 

Les autorités n’ont pas signalé de transmission secondaire jusqu’à présent, mais maintiennent une surveillance étroite. Les experts plaident pour une vigilance accrue après cette découverte. 

Clade 1b : plus contagieux mais moins mortel ?

Clade 1b diffère du variant original de la variole du singe apparu en 2022. Il a été associé à une transmission accrue dans plusieurs pays occidentaux en 2024 et 2025, notamment en Europe, en Amérique et en Asie, souvent chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Bien qu’il soit considéré comme plus agressif, les spécialistes estiment que, dans un contexte occidental, le taux de cas graves et de mortalité devrait rester faible, probablement inférieur à 1 %. Cela contraste avec les observations dans certaines régions d’Afrique, où des issues graves ont été rapportées. 

Symptômes et transmission

La variole du singe est une infection virale qui se manifeste classiquement par des éruptions cutanées avec vésicules, souvent localisées autour des zones génitales, anales ou buccales. L’incubation varie généralement entre deux et quatre semaines. La transmission se fait par contact direct avec des lésions, des liquides biologiques ou des objets contaminés, ainsi que par des contacts étroits prolongés entre personnes. 

Vaccination : indisponibilité et recommandations

Le vaccin contre la variole du singe est disponible gratuitement dans les caisses de santé pour certaines populations à risque : principalement les hommes (y compris les hommes transgenres) ayant des relations sexuelles avec plusieurs partenaires et les professionnels de santé exposés. Cependant, le stock de vaccins est en pénurie chronique depuis avril 2025, alerte le Dr Roi Zucker, spécialiste des maladies infectieuses et président de la Société israélienne de médecine LGBT+. Il souligne que la disponibilité immédiate des doses est essentielle pour contrer une éventuelle flambée épidémique. 

Le ministère de la Santé a déclaré suivre la situation de près et travaille à renouveler le stock de vaccins et à faciliter leur accès aux groupes à risque, confirmant qu’un cas isolé récent avait été détecté sans transmission communautaire accrue. 

Contexte international et épidémiologique

La variole du singe était auparavant peu observée hors d’Afrique. La détection sporadique de ce sous-variant 1b dans plusieurs pays occidentaux marque une nouvelle phase de propagation mondiale, selon les rapports recueillis par les autorités sanitaires israéliennes.
Des données montrent que la dynamique des variants peut varier avec le temps et les conditions locales, rendant crucial un suivi épidémiologique attentif. 

 

120 000 shekels par mois : le salaire qui affole la high-tech israélienne

120 000 shekels par mois : le salaire qui affole la high-tech israélienne

120 000 shekels par mois : le salaire qui affole la high-tech israélienne

La high-tech israélienne continue de produire ses propres anomalies salariales. Selon un rapport publié cette semaine, un poste a franchi un seuil jusqu’ici inédit : 120 000 shekels bruts mensuels, soit bien au-delà des standards même les plus élevés du secteur technologique local. Derrière ce chiffre spectaculaire, une réalité précise, documentée et révélatrice des tensions actuelles du marché.

Un record salarial confirmé par le terrain

Ce montant n’est ni théorique ni extrapolé. Il correspond à un contrat effectivement signé, recensé dans le cadre du rapport annuel de la société de recrutement GotFriends, spécialisée dans la high-tech.
L’étude repose sur l’analyse de milliers de processus de recrutement menés tout au long de l’année écoulée, incluant des dizaines de milliers d’entretiens et de placements réels dans des entreprises israéliennes et internationales opérant en Israël.

Le poste concerné relève du domaine de la cybersécurité, un secteur devenu critique à mesure que les menaces numériques, étatiques comme criminelles, se multiplient. Le niveau de responsabilité, la rareté du profil et l’urgence stratégique expliquent un salaire qui pulvérise les plafonds habituels.

Cybersécurité et intelligence artificielle, moteurs de la flambée

Loin d’être un cas isolé, ce salaire record s’inscrit dans une dynamique plus large. Le rapport souligne que les experts en cybersécurité dominent aujourd’hui la hiérarchie salariale de la tech israélienne, devant les responsables du développement et les architectes logiciels seniors. La demande dépasse largement l’offre, notamment pour les profils capables de gérer des systèmes complexes à grande échelle ou de répondre à des attaques sophistiquées.

Dans le même temps, les spécialistes de l’intelligence artificielle confirment leur ascension. Les ingénieurs travaillant sur les modèles de langage avancés, les systèmes génératifs et les infrastructures de données associées perçoivent des rémunérations très supérieures à la moyenne du secteur. Le rapport chiffre leur salaire mensuel moyen à plus de 43 000 shekels, un niveau qui reflète la centralité croissante de l’IA dans les stratégies industrielles et sécuritaires.

Un marché qui paie la rareté, pas les titres

L’enseignement central de cette étude est clair : le marché ne rémunère plus un intitulé de poste, mais une expertise immédiatement exploitable. Les entreprises sont prêtes à consentir des salaires hors normes pour des profils capables d’entrer en fonction sans phase d’apprentissage, de sécuriser des infrastructures sensibles ou de développer des outils critiques sous contrainte de temps.

Les recruteurs décrivent un marché où les candidats expérimentés disposent d’un pouvoir de négociation inédit. Dans certains cas, les conditions contractuelles incluent non seulement des salaires élevés, mais aussi des bonus substantiels, des clauses de flexibilité et des avantages conçus pour retenir des talents devenus extrêmement mobiles.

Une hausse générale, mais un fossé qui se creuse

Au-delà des cas exceptionnels, le rapport confirme une augmentation du salaire moyen dans la high-tech israélienne, désormais proche de 40 000 shekels mensuels. Cette progression masque toutefois un écart croissant entre les profils très spécialisés et les postes plus généralistes, dont les rémunérations stagnent ou progressent beaucoup plus lentement.

La high-tech israélienne reste donc un secteur à deux vitesses : d’un côté, une élite ultra-qualifiée dont la valeur explose, de l’autre, une majorité de professionnels confrontés à un marché plus compétitif et plus exigeant. Le chiffre de 120 000 shekels n’est pas un mirage, mais il demeure l’apanage d’une poignée de profils stratégiques, au croisement de la technologie, de la sécurité et de la géopolitique.

 

Mission diplomatique historique : l’arrivée de la délégation israélienne à Somaliland

Mission diplomatique historique : l’arrivée de la délégation israélienne à Somaliland

Mission diplomatique historique : l’arrivée de la délégation israélienne à Hargeisa

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a atterri à Hargeisa, la capitale de la république autoproclamée de Somaliland, conduisant une délégation officielle israélienne — un événement sans précédent qui suit de près la décision de Jérusalem de reconnaître formellement l’indépendance de ce territoire de la Corne de l’Afrique, moins de deux semaines après la reconnaissance officielle par Israël.

Israël est devenu le premier État membre de l’ONU à reconnaître la République de Somaliland comme un État souverain le 26 décembre 2025, rompant ainsi avec la diplomatie internationale qui n’accorde jusqu’ici aucune reconnaissance officielle à cette région qui s’est séparée de facto de la Somalie en 1991. 

La délégation a été accueillie à l’aéroport par des responsables gouvernementaux somalilandais. Sa’ar doit y rencontrer le président Abdirahman Mohamed Abdullahi, dans le cadre de pourparlers visant à approfondir les relations bilatérales et à jeter les bases d’une coopération durable sur les plans politique, sécuritaire et économique. 

Un tournant stratégique plus qu’un simple geste diplomatique

La visite intervient dans un contexte régional explosif, marqué par la guerre en Gaza, l’intensification des tensions au Yémen et les attaques de groupes tels que les Houthis. La reconnaissance de Somaliland par Israël est perçue comme une manœuvre stratégique destinée à assurer une présence israélienne à proximité directe des routes maritimes clés du sud de la mer Rouge et du golfe d’Aden, ainsi qu’à créer un nouvel axe d’influence contre les menaces perçues depuis le Yémen. 

Hargeisa, bien que dépourvue de reconnaissance internationale large, possède une administration stable, un gouvernement élu, une armée et une monnaie propres, ce qui lui confère une légitimité interne forte malgré l’absence de statut juridique international. 

Somaliland, un État autoproclamé encore contesté

Depuis sa déclaration d’indépendance en 1991, Somaliland n’a jamais été reconnu comme un État souverain par l’ONU ni par la majorité des pays du monde. Il reste considéré par de nombreux pays, notamment par le gouvernement fédéral somalien, comme une partie intégrante de la Somalie. 

La reconnaissance israélienne — qualifiée de « jalon historique » par les autorités de Hargeisa — a déclenché une forte réaction diplomatique de la part de Mogadiscio, de plusieurs pays arabes et de la Turquie, qui dénoncent une atteinte à la souveraineté somalienne et mettent en garde contre une instabilité accrue dans la région. 

Malgré ces critiques, les autorités somalilandaises ont fermement démenti certaines allégations circulant dans les médias, notamment celles selon lesquelles elles auraient accepté d’accueillir des bases militaires israéliennes ou de réinstaller des Palestiniens, qualifiant ces rumeurs de mensongères et destinées à saper leur progression diplomatique. 

Enjeux israéliens et perspectives régionales

Pour Tel Aviv, l’aventure diplomatique autour de Somaliland répond à plusieurs objectifs : briser l’isolement politique régional lié à la guerre en Gaza, établir un nouveau partenariat stratégique en Afrique de l’Est, et potentiellement inciter d’autres États à s’engager diplomatiquement avec Israël. 

La reconnaissance israélienne est également interprétée comme un message politique fort auprès des nations africaines qui ont refroidi leurs relations avec Israël ces derniers mois. En officialisant un lien avec Somaliland, Jérusalem espère peut-être encourager des pays influents, comme l’Éthiopie ou même certains membres de l’Union africaine, à repenser leurs positions vis-à-vis d’Israël. 

La présence, aujourd’hui, d’une délégation israélienne à Hargeisa ne se limite pas à une simple visite protocolaire : elle cristallise une nouvelle étape géopolitique dans la Corne de l’Afrique, avec des implications à la fois diplomatiques, sécuritaires et économiques qui dépassent largement le seul cadre bilatéral.