Israël sans abri : un tiers de la population exposée aux missiles, l’État pris en défaut

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Israël sans abri : un tiers de la population exposée aux missiles, l’État pris en défaut

Un tiers des Israéliens encore sans protection anti-missiles, révèle le rapport du contrôleur d’État

Un rapport officiel du contrôleur d’État israélien, Matanyahu Englman, met en lumière une réalité alarmante : malgré les leçons des attaques du 7 octobre 2023 et la mobilisation de moyens considérables depuis, près d’un tiers des citoyens israéliens n’a toujours pas accès à un abri anti-missiles conforme aux standards requis en cas d’hostilités. 

Des données qui interrogent : l’état du bouclier civil en 2025

Le rapport publié début 2025 indique que 3,2 millions de résidents, soit 33,6 % de la population, ne disposent d’aucune protection efficace contre les tirs de roquettes ou de missiles. Cela inclut 42 575 personnes vivant à une distance critique de 7 à 20 km de la bande de Gaza, une zone régulièrement ciblée lors des escalades de tensions. 

Parmi les abris publics existants, près de 12 % ne sont pas habitables en conditions d’urgence, ce qui compromet gravement la capacité de la population à se mettre à l’abri lors d’alertes. 

Éducation : des enfants exposés au danger

Le rapport révèle que les établissements scolaires sont particulièrement mal préparés. En mars 2024, 25 % des écoles n’avaient pas de protection anti-missiles adéquate, laissant plus de 466 000 élèves quotidiennement sans abri conforme pendant les cours. 

Le contrôleur d’État souligne que dans plus de 10 900 classes de maternelle (51 %) et près de 2 550 crèches (46 %), il n’existait aucune protection certifiée. Cette lacune structurelle persiste malgré des années de recommandations et d’investissements partiels. 

Failles de la planification : une stratégie qui n’a pas tenu ses promesses

Selon Englman, les autorités responsables — notamment le Commandement de la défense passive — ont gelé le déploiement du plan national de protection des citoyens (TamiR) après 2018, sans le remplacer par une alternative structurée. Les municipalités ont été laissées à gérer elles-mêmes l’adaptation du bouclier civil, souvent sans coordination ni ressources suffisantes. 

Les données budgétaires sont tout aussi préoccupantes : sur un budget total initial de 3 milliards de shekels prévu pour 2019-2024, seulement 52 % ont été dépensés à la fin de 2024. 

Inégalités criantes : une protection inégale selon les communautés

Le rapport dévoile une disparité nette entre les secteurs démographiques. Environ 0,3 % seulement des abris publics du pays se trouvent dans des localités arabes, et certains ne sont même pas utilisables. Cette distribution inégale suscite des critiques quant au traitement des différentes communautés dans les politiques de défense civile. 

Hôpitaux : une vulnérabilité stratégique

Les établissements de santé — essentiels en cas de crise — affichent eux aussi des déficits majeurs. À la suite d’une attaque iranienne contre le centre hospitalier Soroka à Be’er Sheva en juin (sans pertes humaines mais avec interruption de services), le rapport note que les installations critiques restent très partiellement protégées. 

Selon les données examinées, des sections vitales des hôpitaux, comme les services de radiologie, les unités de soins intensifs, salles d’opération ou appareils de dialyse, présentent des taux de protection très insuffisants, voire inexistants dans certains cas. 

Un appel à une révision stratégique urgente

Englman ne se contente pas de souligner les lacunes techniques ou structurelles : il demande une stratégie nationale pluriannuelle, intégrant une planification cohérente entre le ministère de la Santé, le Commandement de la défense passive et les autorités locales. Sans une vision concertée, affirme-t-il, Israël restera vulnérable aux conflits prolongés et à l’usage croissant de roquettes et drones armés par ses ennemis. 

Contexte et enjeux stratégiques

Ce rapport intervient dans un contexte de menaces persistantes, notamment des tirs réguliers depuis Gaza, mais aussi des capacités de longue portée associées à l’Iran et à ses alliés régionaux. La montée en puissance des projectiles et des moyens de dissuasion adverses accentue l’urgence d’une protection civile efficace — qui reste, à ce stade, largement inachevée. (Contexte tiré d’analyses générales sur les pressions sécuritaires régionales) 

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