Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

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Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

Mer Morte : deux nouvelles plages annoncées, dont un site réservé au public haredi

Le gouvernement israélien a acté la création de deux nouvelles plages sur les rives de la mer Morte, un projet à la fois touristique, social et politique, révélateur des équilibres complexes qui traversent la société israélienne. L’annonce a été faite lors d’une visite officielle du directeur général du ministère de l’Intérieur israélien, Israel Ozen, au conseil régional de Megilot, aux côtés de son président Aryeh Cohen.

Dans une région stratégique, marquée par un développement touristique intensif et par les défis environnementaux majeurs de la mer Morte, les autorités entendent répondre à une demande croissante d’infrastructures balnéaires tout en tenant compte des spécificités culturelles de certaines populations.

Une plage spécifiquement aménagée pour le public haredi

L’un des deux sites annoncés sera réservé au public haredi, la communauté juive ultra-orthodoxe, dont les pratiques religieuses imposent une stricte séparation entre hommes et femmes dans les espaces de baignade. Concrètement, cette plage fonctionnera selon des horaires ou des zones distinctes, afin de permettre à ce public d’accéder à la mer Morte sans transgresser ses règles de pudeur.

Ce choix, assumé par le ministère de l’Intérieur, n’est pas une première en Israël. Des plages séparées existent déjà dans plusieurs régions du pays, notamment autour du lac de Tibériade ou sur certaines portions du littoral méditerranéen. Mais l’officialisation d’un site dédié sur un lieu aussi emblématique que la mer Morte confère à cette décision une portée symbolique particulière.

Pour les autorités locales, il s’agit avant tout de répondre à une réalité démographique : le public haredi fréquente massivement la mer Morte, notamment pour ses vertus thérapeutiques, et se heurte régulièrement au manque d’infrastructures compatibles avec son mode de vie. La nouvelle plage vise donc à réduire les tensions et à éviter des frictions récurrentes avec les autres usagers.

Une seconde plage ouverte à l’ensemble du public

En parallèle, le projet prévoit la création d’une plage entièrement ouverte à tous, sans restriction liée au mode de vie ou à la pratique religieuse. Ce second site s’inscrit dans la continuité de l’offre touristique classique de la mer Morte, destinée aussi bien aux Israéliens qu’aux visiteurs étrangers.

Le ministère insiste sur ce point : il ne s’agit pas de privatiser l’espace public, mais de diversifier l’offre afin de permettre une cohabitation plus fluide entre des publics aux attentes parfois incompatibles. Cette logique de séparation fonctionnelle, déjà appliquée dans d’autres domaines de la vie publique israélienne, est présentée comme un compromis pragmatique plutôt que comme un recul des principes de mixité.

Un projet inscrit dans une stratégie d’aménagement plus large

Au-delà de la question des plages, les responsables ont souligné que cette initiative s’intègre dans un plan global de développement de la région de la mer Morte. L’objectif est de moderniser les infrastructures existantes, d’améliorer les accès, de renforcer la sécurité des baigneurs et de mieux encadrer la fréquentation d’un site naturel fragile.

La mer Morte, située à plus de 430 mètres sous le niveau de la mer, reste l’un des joyaux naturels les plus singuliers au monde. Mais son recul dramatique, dû à des décennies de surexploitation des ressources hydrauliques, impose une gestion de plus en plus fine de ses rives. Chaque nouveau projet d’aménagement s’inscrit donc sous le regard attentif des autorités environnementales et des acteurs du tourisme.

Un choix révélateur des tensions israéliennes

Derrière cette annonce technique se dessine une question plus large : comment organiser l’espace public dans une société profondément hétérogène ? La création d’une plage réservée au public haredi ne manquera pas de susciter critiques et débats, notamment de la part de ceux qui y voient une normalisation accrue de la séparation religieuse dans des lieux financés par des fonds publics.

Les autorités, elles, défendent une approche utilitariste. À leurs yeux, mieux vaut des espaces clairement définis que des conflits permanents sur le terrain. À la mer Morte, lieu de détente mais aussi de tensions symboliques, ce choix illustre une fois de plus la manière dont Israël tente d’arbitrer entre modernité, traditions religieuses et gestion pragmatique du vivre-ensemble.

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