Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Nucléaire iranien: Hollande place l'Iran sous pression avant Genève

GENEVE - Les exigences occidentales, formulées plus clairement que jamais par le président français François Hollande, accentuent la pression sur l'Iran avant la reprise des discussions nucléaires, mercredi à Genève.

Après une décennie de controverses et de tension, l'enjeu de cette réunion, la troisième en cinq semaines, est de commencer à mettre fin aux soupçons sur les efforts nucléaires de Téhéran, qui assure que son programme est uniquement civil, mais qui est soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.

En visite en Israël -un Etat farouchement opposé à l'allègement des sanctions contre l'Iran-, M. Hollande a détaillé quatre demandes précises :Première exigence: mettre l'intégralité des installations nucléaires iraniennes sous contrôle international, dès à présent. Deuxième point: suspendre l'enrichissement (d'uranium) à 20%. Troisième exigence: réduire le stock existant. Et enfin, arrêter la construction de la centrale d'Arak, conçue pour produire du plutonium, une alternative à l'uranium hautement enrichi pour composer une bombe.

Ces attentes étaient peu ou prou connues. La nouveauté réside dans le niveau de détail auquel elles sont formulées, et le fait qu'elles aient été énoncées au plus haut niveau, celui d'un chef d'Etat des Six, ou 5+1 (Allemagne, Chine, France, Etats-Unis, Royaume-Uni et Russie) qui négocient avec la République islamique.

La semaine dernière, déjà à Genève, l'accord espéré s'était évanoui après trois jours d'intenses négociations, après notamment des objections de la France.

Des responsables américains, européens et russes ont depuis affirmé qu'un accord intérimaire portant sur le gel en l'état des activités nucléaires de l'Iran, en échange d'un assouplissement limité des sanctions qui asphyxient son économie, était cette fois à portée de main.

Mais Téhéran a estimé dimanche, avant même les déclarations de M. Hollande, que les négociations s'annonçaient difficiles.

En particulier, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a répété que le droit de l'Iran à l'enrichissement d'uranium n'était pas négociable. La suspension totale de l'enrichissement est notre ligne rouge, a-t-il martelé, et nous ne la franchirons pas.

Un nouvel échec renforcerait, dans chaque camp, les adversaires résolus d'un accord.

Le président iranien Hassan Rohani, dont l'entrée en fonctions en août a redonné de l'élan aux discussions, risque de perdre le soutien du chef suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, si son offensive de charme diplomatique envers l'Occident ne porte pas ses fruits rapidement.

L'absence d'accord, ou la conclusion d'un accord jugé trop complaisant envers l'Iran, compliquerait aussi la tâche du président américain Barack Obama, qui veut dissuader le Congrès de durcir encore les sanctions contre Téhéran.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu mène campagne contre les négociations, et accuse le secrétaire d'Etat américain John Kerry de vouloir conclure à tout prix un très mauvais accord.

M. Kerry a annoncé qu'il irait en Israël vendredi, dans la foulée de la réunion de Genève.

Mieux vaut un bon accord qu'un mauvais, là-dessus nous nous entendons, a déclaré pour sa part François Hollande dimanche à M. Netanyahu. Le chef d'Etat français paraît, à ce stade, exprimer la synthèse de la position des Six, qui attendent encore d'être convaincus de la réalité des intentions iraniennes.

Les promesses de l'Iran sur le caractère pacifique de son programme nucléaire ont contrasté jusqu'à présent avec l'augmentation continue de ses capacités, notamment le nombre de centrifugeuses qui permettent d'enrichir l'uranium. Les travaux de construction du réacteur d'Arak, dont l'Iran espère une mise en service en 2014, nourrissent aussi des inquiétudes.

Les diplomates prudemment optimistes

Les discussions de cette semaine auront pour objet une entente appelée intérimaire. En cas d'accord, l'Iran cesserait d'enrichir son uranium au taux dit intermédiaire de 20%, réduirait son stock d'uranium, et interromprait les travaux de construction d'Arak.

Téhéran obtiendrait en échange un début d'allègement des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Selon un haut responsable américain, près de 100 milliards de dollars de revenus issus des ventes de pétrole iranien sont actuellement gelés dans des comptes en banque à travers le monde. La baisse des exportations de brut depuis 2011 coûterait en outre au pays, de même source, jusqu'à 5 milliards de dollars par mois.

Pendant cette première phase de quelques mois, un accord définitif serait négocié, à l'issue duquel la taille du programme iranien serait réduite de façon permanente, et les sanctions annulées.

Hollande en Israël: "Je suis votre ami et je le resterai toujours"

Article paru dans "L'Express"


Après avoir remercié ses hôtes israéliens de l'avoir accueilli en lui parlant français, le président français a conclu son discours d'arrivée en Israël en hébreu.

Le président français François Hollande est arrivé dimanche à Tel-Aviv pour sa première visite d'Etat en Israël au moment où la France apparaît aux côtés des Israéliens avant des négociations cruciales sur le programme nucléaire controversé iranien.

John Kerry va se rendre cette semaine en Israël pour rencontrer Benyamin Netanyahu, alors que les Américains sont en désaccord avec les Israéliens sur ce sujet.

A sa descente de l'avion, M. Hollande a été accueilli par son homologue Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu qu'il retrouvera plus tard dans la journée pour des entretiens à Jérusalem.

MM. Hollande, accompagné par sa compagne Valérie Trierweiler, et Peres ont passé en revue une garde d'honneur des trois armes après l'exécution de La Marseillaise et d'"Hatikva" (L'Espérance), l'hymne national israélien.

"Votre visite, Monsieur le Président, met en lumière et votre attachement à Israël, et l'estime profonde qui lie nos deux peuples", a dit le président israélien en français. Dans son discours, prenant le parti d'Israël, le président français a assuré que la France "ne cèderait pas sur la prolifération nucléaire". Il a également rappelé qu'il fallait faire avancer les négociations de paix avec les Palestiniens.

Après avoir remercié ses hôtes de l'avoir accueilli en lui parlant français, le président français a conclu son discours en hébreu par ces paroles: "Je suis votre ami et je le resterai toujours".

Nucléaire iranien : Hollande et Netanyahou, la fausse entente

En apparence, Hollande, le socialiste, et Netanyahou, le droitier, sont sur la même ligne. Mais en réalité, ils sont pas d'accord sur la stratégie. De notre envoyé spécial.

Il y a les apparences. Le tutoiement, les protestations d'amitié indéfectible et les accolades - pas moins de trois au cours de leur conférence de presse commune ce dimanche à Jérusalem. Entre François Hollande, le socialiste, et Benjamin Netanyahou, le droitier, l'entente semble parfaite.

Et elle l'est, de fait, sur les négociations de paix israélo-palestiniennes qui ont repris il y a quelques mois. A leur propos, le président français ne veut pas affronter le Premier ministre israélien – et c'est là un euphémisme.

Quand on lui demande s'il pense, comme John Kerry, que les colonies israéliennes sont "illégitimes", François Hollande refuse de répondre et ne dit même pas qu'elles sont "illégales", ce qui est pourtant la position de la France depuis des années.

Le chef de l'Etat va jusqu'à affirmer qu'au cours de leurs pourparlers avec les Israéliens, les Palestiniens devront faire, "eux aussi", des "gestes". Et, à l'instar de Benjamin Netanyahou, il souhaite que l'accord discuté soit "définitif" - un objectif quasiment impossible à atteindre.
Entre Hollande et Netanyahu, des différences stratégiques

Sur l'Iran, en revanche, les positions des deux hommes sont beaucoup plus éloignées qu'il n'y parait. Benjamin Netanyahou a beau congratuler son "ami" François pour sa position ferme lors des négociations de Genève, et les entourages ont beau assurer qu'ils n'ont, dans ce dossier, que des divergences tactiques, en réalité, les différences sont stratégiques. Revue de détail.

Le Premier ministre israélien est hostile à un accord intermédiaire de six mois entre l'Iran et les Six puissances, estimant que Téhéran profitera de ce répit et de l'allègement de sanctions pour renflouer son économie et qu'au final le Guide refusera de signer un arrangement définitif sur son programme nucléaire.

François Hollande, lui, est favorable à un accord intérimaire. Il juge que ce n'est que par des mesures de confiance progressives que les deux parties pourront à terme parvenir à un règlement définitif de ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis dix ans.

Ce n'est pas tout. Benjamin Netanyahou pense qu'à terme, et il l'a dit lors de la conférence de presse, l'Iran doit détruire toutes ses centrifugeuses et donc renoncer au nucléaire civil. Ce n'est qu'à cette condition, dit-il, que l'on pourra lever les sanctions qui pèsent sur Téhéran. Là encore, telle n'est pas la position de la France. La preuve : pour l'accord intérimaire, François Hollande n'exige même pas un plafond de l'enrichissement à 3,5%. Et ses conseillers assurent que, dans un accord définitif, la France acceptera que l'Iran conserve des centrifugeuses.

L'impression de l'alignement de Hollande sur Netanyahou vient du fait que les négociateurs français ont tenu compte, à Genève, de deux inquiétudes immédiates d'Israël. D'une part, la construction du réacteur à eau lourde, producteur de plutonium, dont l'achèvement serait proche. C'est pourquoi dans la proposition commune des 5+1, les Français ont demandé que soit inclus l'arrêt de cette construction.

D'autre part, le stock d'uranium enrichi à 20% (qui pourrait très vite être transformé en matière fissile pour une bombe). La France et d'autres ont demandé que le projet d'accord des P5+1 prévoit une réduction de ce stock. On est loin des exigences radicales de Benjamin Netanyahou.

Nétanyahou: «J'espère que la France ne fléchira pas face à l'Iran»

netanyahu-benjamin.jpgINTERVIEW EXCLUSIVE - À la veille d'accueillir François Hollande pour sa première visite d'État en Israël, de dimanche à mardi, le premier ministre d'Israël a accordé un entretien au Figaro. Il salue la position «cohérente et déterminée» de Paris sur le dossier nucléaire.

LE FIGARO - En observant la façon dont se sont déroulées les négociations sur le nucléaire iranien, le week-end dernier à Genève, diriez-vous que la France est devenue pour Israël un allié plus fiable que les États-Unis?

Benyamin NÉTANYAHOU- Les États-Unis demeurent pour nous un allié important, et même le plus important. Mais notre relation avec la France est également très spéciale. Sur le dossier iranien, nos deux pays défendent des positions communes depuis de nombreuses années, quelle que soit la majorité au pouvoir, et nous poursuivons ce partenariat essentiel avec le président Hollande. De même qu'il a montré une réelle détermination et beaucoup de courage dans le combat qu'il a engagé contre l'islamisme radical au Mali, nous saluons sa position cohérente et déterminée sur le dossier iranien. Nous espérons que la France ne fléchira pas.

De quelle sorte d'accord seriez-vous prêt à vous satisfaire?

La communauté internationale a dit de manière très claire ce qu'elle attend de l'Iran. Si vous voulez de l'énergie nucléaire civile, très bien. Si vous voulez des armes atomiques, c'est non. Cette position s'est exprimée dans diverses résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, qui appellent l'Iran à démanteler les infrastructures permettant de fabriquer des armes nucléaires. En clair, ce pays ne peut disposer ni de centrifugeuses, ni de réacteur à eau lourde. Pourtant, les Iraniens ont bravé ces résolutions. Ils avaient 170 centrifugeuses en 2005, ils en ont aujourd'hui 18.000. Ma conviction est qu'on ne doit pas baisser la garde face à un régime qui aide Bachar el-Assad à tuer des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents en Syrie, qui répand le terrorisme à travers le monde, qui arme le Hezbollah, le Hamas et le Djihad islamique avec des milliers de roquettes destinées à frapper les villes israéliennes et qui appelle, enfin, à la destruction d'Israël ainsi qu'à la subversion dans de nombreux pays.

Un livre édité par Soral interdit pour antisémitisme, 4 partiellement censurés

La justice a ordonné mercredi, en référé, l'interdiction pour antisémitisme d'un livre édité par l'essayiste proche de l'extrême droite Alain Soral, une décision rare, et la censure partielle de quatre autres.

"L'Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme" de Paul-Eric Blanrue, édité en 2013 et vendu sur le site internet des éditions Kontre Kulture, devra être retiré de la vente "dans un délai d'un mois", selon une décision du tribunal de Bobigny consultée par l'AFP.

Certains passages de quatre autres ouvrages du XIXe et du XXe siècle, republiés par Alain Soral, "La France juive" d'Edouard Drumont, "Le salut par les juifs" de Léon Bloy, "Le juif international" d'Henry Ford et "La controverse de Sion" de Douglas Reed devront être retirés.

La justice reproche à ces ouvrages les délits "d'injure envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion déterminée", de "négation de crime contre l'humanité" et de "provocation à la haine raciale".

La maison d'édition et Alain Soral sont également condamnés à verser, "à titre de provision", 8.000 euros à la Licra, ainsi qu'à payer une partie des frais de justice. La Licra avait demandé 20.000 euros de dommages et intérêts par ouvrage.

"On est dans la lettre de cachet", "la Licra décide qui a le droit d'éditer des livres ou non", a réagi Alain Soral, affirmant à l'AFP son intention de faire appel. "On ne peut pas interdire d'éditer des textes historiques à la demande d'une association qui ne représente qu'elle-même", a-t-il ajouté.

"Le pouvoir inique qui dirige la France essaie de me punir par tous les moyens", a ajouté ce proche de Dieudonné, affirmant que le but de la décision et de la sanction financière était de le "mettre à mort", ainsi que sa maison d'édition, qui dégage un chiffre d'affaires de 640.400 euros pour un bénéfice net de 64.300 euros, selon le registre du commerce.

'Une décision très rare'

Cette interdiction, "c'est à mourir de rire", a déclaré à l'AFP l'auteur, Paul-Eric Blanrue. "C'était un ouvrage de gentillesse, d'amabilité et de réflexion", a-t-il ajouté, appelant à "dissoudre la Licra" qu'il qualifie "d'association de bien-pensance sioniste" et distingue dans ses propos des "Français" qui n'accepteraient plus "de se faire dicter en France la loi par Israël".

La Licra s'est réjouie de cette décision "qui a un côté rafraîchissant et assainissant", selon son secrétaire général Roger Benguigui. "Il s'agissait de pointer des initiatives prises par des gens d'extrême droite pour relégitimiser des théories racialistes", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'interdiction d'un livre est "très rare", cela "n'existait plus depuis quelques années", a relevé l'avocat spécialisé Yves Baudelot. "C'est rare, mais pas très surprenant au regard de la nature du message" du livre, a ajouté son confrère Basile Ader.

Présenté comme un "manuel d'éducation civique non-conformiste" , l'ouvrage de Blanrue compile en 321 pages des centaines de propos antisémites tenus par diverses personnalités dans l'Histoire. Son auteur en avait publié une première version en 2007, aux éditions Blanche, un éditeur d'ouvrages érotiques. Elle était préfacée par Yann Moix, qui vient de décrocher le prix Renaudot, et n'avait pas été condamnée à l'époque.

Lors de l'audience de septembre, l'avocat d'Alain Soral, Me Lahcène Drici, avait insisté sur le caractère "pédagogique" de ces rééditions, un argument balayé par la Licra qui fustigeait une attitude "purement provocatrice". Selon M. Soral, les ventes de ces ouvrages, proposées sur le site de Kontre Kulture mais que l'on trouve aussi sur Amazon par exemple, sont restées confidentielles, à quelques centaines d'exemplaires.

Israël: Netanyahu annule la construction de 20.000 logements ...

bibin.jpgLe Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dû annuler un projet de construction de 20.000 logements annoncé par le ministère du Logement qui avait suscité une volée de condamnations des Etats-Unis et des Palestiniens.

Sous pression internationale, M. Netanyahu a ainsi désavoué publiquement son ministre du Logement Uri Ariel, membre du Foyer juif, un parti nationaliste religieux fervent partisan de la colonisation des Territoires palestiniens.

"Le Premier ministre a donné ordre au ministre du Logement Uri Ariel de reconsidérer toutes les mesures concernant la planification (de ces logements) prises sans coordination préalable", a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre publié tard mardi soir.

"Cette initiative ne contribue pas à la colonisation. Au contraire, elle lui porte tort. (...) Cette action provoque une confrontation non nécessaire avec la communauté internationale au moment où nous nous efforçons de persuader des membres de la même communauté de parvenir à un meilleur accord avec l'Iran", a reproché M. Netanyahu.

M. Ariel a plié et accédé à la requête du Premier ministre.

L'annonce du projet de planification de 20.000 logements de colons en Cisjordanie occupée -- un chiffre record -- par le ministère du Logement a suscité "l'inquiétude" de Washington et de vives critiques des Palestiniens, qui s'étaient dit prêts à mettre fin aux négociations de paix si Israël ne revenait pas sur ces décisions.

Elle a fait l'effet d'une bombe alors qu'Israël et les États-Unis sont déjà à couteaux tirés sur la question nucléaire iranienne. M. Netanyahu a accusé la commmunauté internationale et en particuliers les Etats-Unis de vouloir conclure à tout prix un "mauvais accord" avec Téhéran.

Sitôt connu ce nouveau coup d'accélérateur à la colonisation,l'administration Obama a fait part de sa "surprise" et exigé des "explications" du gouvernement israélien.

"Nous sommes profondément inquiets (...) nous avons été surpris par cette annonce et cherchons actuellement des explications auprès du gouvernement israélien", a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d'Etat.

Le secrétaire d'Etat John Kerry a téléphoné mardi soir au président palestinien Mahmoud Abbas, selon une source palestinienne.

Colonisation illégitime

M. Abbas avait prévenu que "le processus de paix était fini" si Israël ne revenait pas sur sa décision, selon le négociateur Saëb Erakat.

Dans un premier temps, M. Netanyahu s'était contenté de bloquer la construction de 1.200 logements - sur les 20.000 programmés - dans le secteur très controversé d'E1 reliant Jérusalem-Est à la Cisjordanie, a indiqué un haut responsable gouvernemental à l'AFP.

La communauté internationale, en particulier les États-Unis, a condamné fermement ce projet E1, qui couperait en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d'un État palestinien.

Le Premier ministre israélien ne s'était en revanche pas opposé au projet de construction des 18.800 autres logements.

Lors de sa récente tournée au Proche-Orient, pour tenter de relancer, apparemment en vain, des négociations israélo-palestiniennes dans l'impasse, le secrétaire d?État américain avait rappelé que son pays considérait la colonisation juive comme "illégitime".

Il avait aussi rejeté les affirmations des dirigeants israéliens selon lesquelles les Palestiniens et les États-Unis auraient tacitement accepté la poursuite des projets de colonisation en échange de la libération par étapes de 104 prisonniers palestiniens.

Déjà, Israël avait lancé au début du mois, juste avant la visite de M. Kerry, des appels d'offres pour construire près de 2.000 logements dans des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est annexée.

A la suite de la nouvelle annonce de 20.000 logements, la direction palestinienne a également menacé de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU et de relancer ses démarches pour adhérer à des organisations internationales, a affirmé M. Erakat.

M. Erakat a précisé avoir engagé "des consultations urgentes avec le secrétaire général de la Ligue arabe et le comité de suivi de la Ligue arabe et le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU)".

Mahmoud Abbas s'était engagé en juillet à suspendre toute démarche palestinienne d'adhésion aux organisations internationales, y compris les instances judiciaires susceptibles de poursuivre Israël, pendant le délai de neuf mois imparti aux négociations de paix.

Israël : Lieberman rétabli en tant que ministre des AE

La Knesset israélienne (parlement) a rétabli lundi Avigdor Lieberman, leader du parti Yisrael Beytenu, au poste de ministre des Affaires étrangères après qu'il eut été acquitté des accusations de fraude et abus de confiance mercredi dernier.

Le rétablissement de M. Lieberman en tant que ministre des Affaires étrangères a été approuvé par 62 voix contre 17. Il a été investi immédiatement après le vote.

M. Liberman avait démissionné de son poste il y a environ un an suite à des accusations portées à son encontre, selon lesquelles il aurait promu de façon inadéquate un diplomate ayant fourni une inforamtion confidentielle sur une enquête de police contre lui.

Depuis les élections de janvier dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a maintenu ouvert le portefeuille des Affaires étrangères, en attendant le résultat du procès de son allié politique.

Il n'est pas certain que le retour de M. Lieberman, considéré comme un "faucon", ait ou non un impact sur les négociations de paix en cours entre Israël et les Palestiniens, sur lesquelles il se montrait toujours sceptique.

Nucléaire iranien: Israël "rejette totalement" l'accord en discussion à Genève

Article paru dans "Le Monde"

Israël ne sent "pas tenu par l'accord" qui pourrait être conclu à Genève ce soir entre le groupe des "5+1" et l'Iran sur son programme nucléaire, qualifié par Israël d'"affaire du siècle" pour l'Iran.

Israël rejette l'accord en négociations à Genève entre les grandes puissances et l'Iran.

Israël "rejette totalement" l'accord discuté à Genève sur le programme nucléaire iranien entre l'Iran et les grandes puissances, a déclaré samedi à l'AFP un haut responsable israélien.
Israël juge l'accord potentiel "très mauvais pour le monde"

"Israël rejette totalement l'accord qui se profile entre l'Iran et les grandes puissances et n'est pas tenu par cet accord", a déclaré ce responsable sous couvert de l'anonymat. "A mesure qu'Israël recueille davantage de détails sur l'accord en cours d'élaboration à Genève, sa perplexité augmente sur l'urgence de signer un accord si mauvais pour le monde", a ajouté ce responsable.

Malgré les progrès dans les discussions à Genève entre Téhéran et le groupe des "5+1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), l'imminence d'un accord, évoquée vendredi, semblait incertaine samedi, en raison notamment des objections françaises. 

"Si cet accord est mis en oeuvre, l'Iran aura conclu l'affaire du siècle et l'Occident une très mauvaise affaire: l'Iran aura bénéficié d'un allégement significatif des sanctions, sans avoir fait aucune concession réelle dans son programme pour se doter de l'arme nucléaire", a poursuivi le responsable israélien.

A l'issue de sa rencontre vendredi avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait martelé que l'accord en discussion était "un très mauvais accord". "Israël n'est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple", avait déclaré M. Netanyahu lors d'un tête-à-tête très tendu avec M. Kerry.
Soit un accord samedi soir, soit un nouveau round

Les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie négocient avec l'Iran un "accord intérimaire" sur le programme nucléaire iranien. Les six puissances soupçonnent l'Iran, sous fortes sanctions internationales, de vouloir acquérir l'arme atomique sous le couvert d'un programme civil, ce que Téhéran dément.

Soit les négociations soit déboucheront sur un accord samedi soir, soit il y aura un nouveau round de discussions plus tard, a indiqué le vice ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. "Les négociations ne vont pas se poursuivre demain (dimanche)". "C'est trop tôt pour le dire, il faut attendre la réunion tripartite" entre les chefs de la diplomatie de l'Union Européenne Catherine Ashton, des Etats Unis John Kerry, et de l'Iran Mohammad Javad Zarif, a poursuivi le vice-ministre. Cette réunion a commencé samedi à la mi-journée.

L'épidémie syrienne de polio pourrait menacer l'Europe

Dans un article publié vendredi 8 novembre dans la revue The Lancet, deux experts en maladies infectieuses allemands estiment que la seule vaccination des réfugiés syriens pourrait se révéler insuffisante pour endiguer l'épidémie de poliomyélite qui s'est déclarée en Syrie et l'empêcher d'atteindre l'Europe, où elle a disparu depuis des décennies.

"L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé l'apparition d'au moins dix cas de polio en Syrie, où la couverture vaccinale a décliné fortement durant la guerre civile", écrivent dans une lettre ouverte les professeurs Martin Eichner (université de Tübingen) et Stefan Brockmann (département régional de la santé de Reutlingen).

Avec l'exode d'un grand nombre de réfugiés syriens vers les pays voisins et l'Europe il y a aujourd'hui des risques pour que le virus soit réintroduit dans des zones exemptes de poliomyélite depuis plusieurs dizaines d'années, s'inquiètent-ils. Les deux experts avertissent en particulier des risques accrus d'un retour de la polio dans les régions d'Europe où la couverture vaccinale est faible, comme la Bosnie-Herzégovine, l'Ukraine et l'Autriche.

"L'ÉPIDÉMIE SYRIENNE MET L'EUROPE EN DANGER"
 
 

Pour les auteurs, "vacciner seulement les réfugiés syriens, comme cela a été recommandé par le Centre européen de prévention et contrôle des maladies, doit être considéré comme insuffisant, des mesures plus complètes devraient être envisagées".

Dans un commentaire à part diffusé par The Lancet, le spécialiste britannique Benjamin Neuman (université de Reading) estime que "l'épidémie syrienne met l'Europe en danger" à cause du type de vaccin utilisé sur le Vieux Continent, plus sûr mais offrant une protection un peu moins bonne. "Un faible pourcentage d'enfants au Royaume-Uni risqueraient de contracter la polio s'ils étaient exposés au virus. Jusqu'à ce que le virus soit complètement éteint, il est essentiel que nous continuions à vacciner nos enfants", écrit ce virologue.

La poliomyélite est provoquée par un virus qui envahit le système nerveux et peut entraîner une paralysie totale en quelques heures. Elle touche principalement les enfants.

Le virus peut se propager rapidement dans les populations non immunisées. Il pénètre dans l'organisme par la bouche et se multiplie dans les intestins. Une paralysie irréversible (des jambes en général) survient dans un cas sur 200. Entre 5 % et 10 % des malades paralysés meurent lorsque l'appareil respiratoire cesse de fonctionner. L'an dernier 223 cas ont été notifiés à l'OMS, et trois pays, Pakistan, Nigeria et Afghanistan (contre 125 en 1988) sont encore considérés comme aux prises avec une polio endémique. L'OMS prévient que le foyer syrien pourrait menacer de se propager à des millions d'enfants au Moyen-Orient.

Israël: retour de Lieberman aux Affaires étrangères

libermannnn.jpgLe gouvernement israélien a approuvé dimanche le retour d'Avigdor Lieberman au ministère des Affaires étrangères à la suite de son acquittement lors d'un procès pour fraude et abus de confiance, a annoncé un responsable.

"M. Lieberman a été nommé ministre des Affaires étrangères lors du conseil des ministres et sa nomination entrera officiellement en vigueur après sa prestation de serment devant la Knesset (le Parlement) lundi", a précisé un porte-parole de M. Lieberman.

M. Lieberman avait dû démissionner de ce même poste le 14 décembre 2012, au lendemain de son inculpation, avec l'espoir d'être rapidement blanchi pour revenir au gouvernement, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu lui avait réservé ce portefeuille en cas d'acquittement.

Lors de son précédent passage aux Affaires étrangères, M. Lieberman avait été écarté du processus de paix israélo-palestinien ainsi que du dossier crucial des relations avec les Etats-Unis. Il s'était rabattu sur l'Afrique et l'Amérique latine, sans résultat diplomatique probant.

Né dans la république soviétique de Moldavie, Avigdor Lieberman a émigré en 1978 en Israël où il a rejoint le Likoud le parti de M. Netanyahu, dont il a gravi les échelons avant de créer en 1999 sa propre formation Israël Beiteinou, un mouvement ultra-nationaliste. Le Likoud et Israël Beiteinou ont noué une alliance et présenté une liste commune lors des dernières élections législatives en janvier.

Selon des commentateurs, ce retour en force de M. Lieberman "constitue un coup dur" pour le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui tente de sauver des négociations israélo-palestiniennes en crise.

Personnage controversé et haut en couleur, M. Lieberman ne croit pas à la possibilité d'un accord avec les Palestiniens et il rejette le président Mahmoud Abbas comme partenaire à des négociations.