Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

La France met fin à l’ambiguïté et dit "oui" à l’initiative d’Abbas

Article paru dans "France24"

François Hollande a finalement décidé de tenir la promesse de Nicolas Sarkozy. La France est le premier pays occidental à soutenir l’initiative de Mahmoud Abbas pour que la Palestine accède au statut d’"État non membre observateur" à l’ONU.

Le Proche-Orient a besoin d’audace. Après bien des hésitations, François Hollande et son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont décidé de suivre la trace de leur "maître", François Mitterrand. Lorsque cet ami indéfectible d’Israël décide de reconnaître l’OLP et reçoit Yasser Arafat à Paris en 1989, il déplace brutalement les lignes. Les réactions sont violentes. Dans la communauté juive française, en Israël et aux États-Unis, on crie à la trahison, mais quelques années plus tard, les accords d’Oslo donnent raison au président français.

En décidant de voter "oui", jeudi 29 novembre, au projet palestinien (actuellement en discussion à l’ONU), non seulement la France tient une promesse de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, mais elle se singularise à nouveau parmi les alliés d’Israël.
Pourtant, dans ses premières déclarations sur le sujet, François Hollande s’était montré très circonspect. En recevant Mahmoud Abbas à l’Elysée en juin dernier, il s’était contenté de plaider pour une "reprise des négociations sans conditions" et n’évoquait même plus la question des colonies. Ces dernières semaines, il semblait même connaître une lune de miel avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. La France avait alors tenté de convaincre les Palestiniens de différer à nouveau leur projet, invoquant l’approche des élections en Israël propice à toutes les surenchères.

Abbas ne cèdera pas

Déjà le gouvernement israélien menace et hurle à la violation des accords d’Oslo (qui ne disent pourtant rien sur cette question). Il envisage de destituer Abbas, de déchirer lesdits accords. Contraints par une stricte législation de leur Congrès, les Etats-Unis menacent, quant à eux, de lui couper les vivres : 450 millions de dollars de contribution au budget de l’Autorité palestinienne. Mais Abbas, cette fois-ci, ne reculera ni devant Israël ni devant les conséquences financières de ce geste. Selon un proche du chef de l’Autorité palestinienne, celui-ci, considérant qu’il n’a plus rien à perdre, est prêt à prendre les uns et les autres au mot. Si les menaces sont mises à exécution, il se tournera vers la communauté internationale et vers Israël. Aux uns, il dira : "Voulez-vous réellement que la situation aujourd’hui sous contrôle en Cisjordanie tourne au chaos, faute de moyens pour payer les traitements des fonctionnaires et verser les aides sociales ?" Et au "partenaire" israélien : "Vous ne voulez plus de moi ? Plus de l’Autorité palestinienne ? Voici les clés. Faites comme chez vous. La vie de deux millions et demi de Palestiniens est désormais votre problème. Je ne réponds plus de rien".

En réponse à ce possible scénario, dans le camp de la paix israélien aussi, des voix se font entendre en faveur du soutien de l’initiative. Ainsi Yossi Beilin, l’un des architectes des accords d’Oslo, estime que si les Américains et les Israéliens persistaient dans leur attitude, cela porterait "le coup de grâce" à un Abbas déjà très affaibli.

L’inconnue Obama

Selon un diplomate européen en poste à l’ONU, c’est l’une des raisons pour lesquelles d’autres pays - en particulier européens- pourraient être tentés de suivre l’exemple français. Certes, ils pèsent le risque de réactions américaines et israéliennes négatives, mais considèrent que le récent succès politique du Hamas à Gaza mérite d’être balancé par un coup de pouce à l’Autorité palestinienne en danger de marginalisation. Ils ont d’ailleurs observé que le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, avait apporté son soutien à Abbas, alors qu’il était jusqu’ici plutôt réservé sur la question. Et pour cause : Abbas demande la reconnaissance de l’État palestinien dans le cadre des frontières de 1967. Or le Hamas considère comme sacrilège le renoncement à la moindre parcelle de la Palestine "historique" pré-existante au plan de partage de 1947. Surtout, ces pays qui devraient soutenir le projet palestinien estiment que ce statut d’État non membre (celui dont jouit un seul autre État, le Vatican) est de nature à relancer les négociations directes entre les deux parties, d’État à État.

Ces derniers jours, l’Autorité palestinienne aurait pris deux engagements pour obtenir le vote de la France : ne plus faire du gel de la colonisation un préalable à la reprise des discussions avec Israël et renoncer provisoirement à l’un des privilèges de ce nouveau statut : la saisine de la Cour pénale internationale pour y poursuivre Israël. Évidemment, comme on le confirme de source diplomatique palestinienne, aucun de ces engagements ne sera écrit noir sur blanc. Mais la France, et avec elle les autres pays occidentaux qui voteront finalement "oui", comptent sur l’esprit de responsabilité de la partie palestinienne.

Reste une dernière inconnue : l’attitude de l’administration américaine. Après l’admission de la Palestine comme membre de plein droit à l’Unesco, elle s’était retirée de l’institution. On n’imagine pas les Américains se retirer de l’ONU, ni même interrompre leur contribution financière (22% du budget régulier et 28% des opérations de maintien de la paix. C’est donc bien la quote-part américaine au budget de l’Autorité palestinienne qui risque d’être le prix à payer pour Mahmoud Abbas.

Mais au-delà, Barack Obama doit se sortir d’une situation politiquement délicate. En 2010, il avait promis aux Palestiniens un État reconnu par l’ONU en 2011. Il espérait alors une reprise des négociations, mais Benjamin Netanyahou a refusé de prolonger le moratoire sur les colonies. Le département d’État avait alors réussi à convaincre Abbas d’attendre la réélection d’Obama avant de retourner à l’ONU. Son deuxième mandat change-t-il la donne ? Pour l’instant, le président réélu a préféré se tourner vers l’Asie. Pourra-t-il rester longtemps inactif, pour ne pas dire indifférent à ce qui se joue au Proche-Orient ?

Comment les entreprises fuient le fisc et ses effrayants 75%

Par Challenges.fr

Fuir la France et ses effrayants 75%. Les grands groupes étudient l'installation à l'étranger de leurs cadres dirigeants. 

Siège d'Alstom, à Baden, en Suisse. MaxPPP

Hedi Slimane n'a pas hésité longtemps. Quelques semaines après sa nomination chez Yves Saint Laurent, en mars, le styliste français déménageait le studio de création de la griffe à ... Los Angeles, où il vit. 

Au même moment il rebaptisait la maison Saint Laurent Paris! Au printemps, deux entreprises françaises cotées en Bourse, Eurofins Scientific (830 millions d'euros de chiffre d'affaires) et Sword Group (160 millions), installaient leur siège au Luxembourg.

 L'annonce par la gauche durant la campagne présidentielle d'un alourdissement de la taxation des hauts revenus a servi de déclencheur. 

Sanofi a étudié cet été le transfert de son siège à l'étranger. L'exode, démenti par la première capitalisation boursière française, aurait été bloqué in extremis par le président de son conseil d'administration - et ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, quand il était ministre du Budget en 1981 -, Serge Weinberg.

La faute à l'actionnaire

Si le transfert d'un siège est un sujet tabou, le déménagement de cadres dirigeants est une réalité. Axa reconnaît que c'est un sujet de tous les jours, mais ne le dira jamais officiellement. "Après les gros patrimoines qui ne veulent pas payer l'ISF, ce sont les états-majors qui planchent sur le départ de leurs 20 ou 30 premiers managers, dit Bernard Monassier, un notaire qui côtoie depuis des années le gratin du CAC 40. Ils laisseront leur siège à Paris, mais la matière grise et les centres de décision seront loin." 

La faute à l'actionnaire, notamment étranger. "Les investisseurs américains, allemands et du Moyen-Orient n'accepteront pas l'idée de se priver des meilleurs managers en raison du régime fiscal en France", prévenait, dès avril, Serge Weinberg, interrogé par The Economist.

Retenir les talents. Dans les dîners en ville, on ne parle que de ça. Carmignac Gestion a annoncé l'ouverture d'un bureau à Londres... entre les deux tours de l'élection présidentielle

Les associés parisiens de David de Rothschild ont sérieusement envisagé de traverser la Manche, où la banque réalise une bonne partie de son business. Mais le chef de maison a refusé.

 Des concurrents américains (Goldman Sachs, JP Morgan...), via une réallocation de leurs forces vives, auraient moins de scrupules. Douze associés du Boston Consulting Group (BCG) ont déjà quitté Paris. 

A la tête d'Alstom Power, Philippe Cochet, qui naviguait régulièrement entre la France et la Suisse où l'essentiel de l'activité est basé, a installé son bureau à Baden. Et le numéro deux espagnol de la division Energies renouvelables d'Alstom préfère rester outre-Pyrénées que venir en France.

Une frilosité soudaine, partagée par les pointures mondiales des comités de direction: les membres britanniques, américains et italiens du comex de Technip, les patrons de branche non français de Danone et le responsable brésilien de la R&D de Vallourec refusent tous de passer par la case Paris. Si Maurice Lévy, président de Publicis, martelait en mars "tant que je serai là, notre siège restera en France", il a reconnu que "des cadres internationaux qui devaient passer quelques années en France ont fait savoir qu'ils préféraient ne pas venir s'installer pour l'instant".

Source Challenges.fr

Les autres entreprises sont moins explicites. Regroupements familiaux et transferts de compétences vers les marchés émergents justifient les départs récents du bureau parisien du BCG. A Alstom Power, le soudain tropisme helvétique des managers français ne concerne "que quelques personnes". Quant à la Société générale, face aux rumeurs d'exode massif de ses traders à Londres, elle agite son projet de rassembler l'an prochain ses salles de marché dans des locaux flambant neufs à la Défense. A Sword, le PDG, Jacques Mottard, explique que "le déménagement du siège n'a pas été fait pour des raisons purement fiscales, c'est la simplicité de gestion, l'image du pays pour recruter des cadres internationaux et la stabilité des règles qui m'ont motivé".

 

Traître à la nation? Pas moi

 

Pas question, à Sword comme ailleurs, d'assumer le statut de traître à la nation. L'affaire de la demande de naturalisation belge de Bernard Arnault a laissé des traces. Y compris au sein de LVMH, où un plan de transfert de cadres dirigeants aurait été mis sous le boisseau. Pourtant, le 27 février, l'annonce en direct à la télévision par François Hollande d'une taxe de 75% sur la part de revenu supérieure à 1 million d'euros a déclenché la panique. "Ce jour-là, jusque tard dans la nuit, j'ai reçu des SMS qui me demandaient quoi faire", raconte Stéphane de Lassus, fiscaliste chez STC Partners.

 

Stéphane Puel, associé gérant du cabinet d'avocats Gide Loyrette Nouel - qui compte l'essentiel du CAC 40 parmi ses clients -, est formel: "Presque tous les grands groupes ont étudié les transferts de siège, notamment des holdings. Londres, Genève ou Singapour deviennent tout à coup stratégiques." Astorg Partners, l'un des plus grands fonds d'investissement français, a ainsi commandé une étude sur la fiscalisation de la rémunération des professionnels du secteur dans divers pays. Ce qui, selon son président, Xavier Moreno, "a lancé la rumeur sur le transfert à l'étranger de l'ensemble de l'équipe". Côté rémunérations, la jurisprudence de Zlatan Ibrahimovic, recruté cet été par le PSG avec un salaire dit "net" de 9 millions d'euros annuels, fait des émules. "Les demandes de garantie de revenus nets d'impôts se multiplient, confirme Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay. Nous voyons arriver des CV de candidats internationaux de haut niveau indiquant non seulement le montant de leur salaire, mais aussi leur taux d'imposition."

 

Tout est bon pour échapper aux 75%. Certains traders demandent le report de leur bonus annuel. Le PDG d'un grand groupe de luxe va, lui, prier son conseil d'administration de baisser son salaire! "Des grands groupes sont passés de l'analyse théorique à l'exécution, résume Armand Grumberg, avocat associé à Skadden. La question n'est plus de savoir si l'on sort, mais comment on sort." Et quand. La course-poursuite est engagée avec Bercy, qui planche sur un toilettage de l'Exit Tax pour les entreprises. Au printemps auront lieu les assemblées générales des grandes sociétés. Les résolutions mises aux voix seront intéressantes à éplucher.

 

Kira Mitrofanoff et Thuy-Diep Nguyen

A TEL-AVIV FORUM FRANCE-ISRAËL CINEMA-TV-ANIMATION du 17 au 20 novembre

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Programme détaillé cliquez-ici

FESTIVAL DE SERIES TV FRANCAISES

« LE BEST-OF »

4 jours de projection de fictions françaises pour le grand public

Du 17 au 20 novembre

Cinémathèque de Tel Aviv

L’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël ont le plaisir de vous annoncer : 

FORUM FRANCE-ISRAËL CINEMA-TV-ANIMATION

PANELS, PITCH, PROJECTIONS, MARCHÉ PROFESSIONNEL

3 jours de rencontres entre professionnels de l’audiovisuel français et israéliens

Du 17 au 19 novembre à Tel Aviv

 

FESTIVAL DE SERIES TV FRANCAISES

« LE BEST-OF »

4 jours de projection de fictions françaises pour le grand public

 

Du 17 au 20 novembre Cinémathèque de Tel Aviv

 

L’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël, en partenariat avec Ubifrance et le bureau Israélien de l’Agence régionale de développement Paris-Ile-de-France, organisent pour la 2e fois en Israël le Forum France-Israël CINEMA-TV-ANIMATION du 17 au 19 novembre 2012. 

Le programme détaillée en ligne.

 

Le forum reçoit également le soutien du Ministère israélien de la culture et des sports et de l’Israel Film Fund. En marge de ce forum, destiné aux professionnels uniquement, l’Ambassade de France et l’Institut français d’Israël avec le Forum des Images - Paris et la Cinémathèque de Tel Aviv proposent 4 jours de projections de séries TV françaises pour le grand public, du 17 au 20 novembre, en présence de leurs producteurs et scénaristes.  

 

Le Forum France-Israël CINEMA-TV-ANIMATION célèbre cette année les 10 ans de l’accord de co-production entre la France et Israël qui a été renouvelé en 2002. 

 

Depuis lors, cet accord a permis la réalisation de plus de 35 co-productions franco-israéliennes de films longs métrages de fiction. 

 

L’objectif de ce forum est de permettre aux professionnels du secteur d’apprécier l’évidente complémentarité des deux marchés israélien et français et de promouvoir l’émergence de collaborations fructueuses entre les deux pays. 

 

En effet, les séries israéliennes ont, depuis quelques années, le vent en poupe grâce aux succès de séries comme B’Tipoul ou Hatofim qui ont inspiré les séries américaines In Treatment et Homeland, récemment primée. Valse avec Bachir, le film d’animation réalisé par Ari Folman, a reçu en 2009 le César du meilleur film étranger. 

 

Ces réussites témoignent de la qualité du story-telling des fictions israéliennes, soutenues par ailleurs par un marché high tech parmi les plus dynamiques du monde et dans lesquels les secteurs du cinéma, de la télévision et de l’animation trouvent des solutions innovantes pour la production et la diffusion des œuvres.

 

De son côté, le marché français n’est pas en reste avec un savoir-faire incontestable en matière de production, et un large marché qui ne peut que séduire les israéliens. 

 

La cérémonie d’ouverture du Forum France-Israël CINEMA-TV-ANIMATION se tiendra le samedi 17 novembre à partir de 20h à la cinémathèque de Tel Aviv en présence de S.E Christophe Bigot, Ambassadeur de France en Israël, Professeur David Alexander, Président de l’Israel Film Council, Eric Garandeau, Président du CNC, David Kessler, ancien Directeur Général du CNC, Eythan Even, Président de l’Israel Film Academy, André de Margerie, Directeur des Relations Internationales d’ARTE France, et de la Professeure Zohar Shavit, Conseillère culturelle à la municipalité de Tel Aviv-Yafo. 

 

Les 18 et 19 novembre se dérouleront à Beit Heseg à Tel Aviv conférences, rencontres, pitchings et marché de films entre professionnels de tout premier plan de l’industrie du cinéma, de la télévision et du film d’animation venus spécifiquement de France et des entreprises du secteur en Israël afin de mettre en lumière les qualités évidentes des deux marchés et que puissent se concrétiser de véritables et pérennes coopérations. 

 

Parmi les principaux sujets évoqués : l’avenir du court-métrage, la réalisation et la production de séries télévisées en France et en Israël, le financement des projets de films d’animation ou encore les nouvelles technologies au service des entreprises du secteur. 

 

Parmi les personnalités venues de France pour participer au Forum France-Israël CINEMA-TV-ANIMATION seront présents : Charles Tesson, Délégué général de la Semaine de la Critique - Cannes, Laurence Hersberg, Directrice du Forum des Images - Paris, Marie Masmonteil, fondatrice de la société de production Elzévir Films (Va, vis et deviens et La source des femmes) et Présidente du BLOC (Bureau de Liaison des Organismes de Cinéma), Judith Louis, directrice de la Fiction chez Arte, Christophe Louis, Chargé de la programmation pour la Fiction à France Télévisions, Bruno Nahon (Zadig productions), producteur de la série à succès  "Ainsi soient-ils" diffusée sur ARTE France, Joey Faré, l’un des principaux producteurs de la série Kaboul Kitchen diffusée sur Canal+ et de la série Clash diffusée sur France Télévisions, Jimmy Desmarais de la société de production Haut et Court TV qui a entre autres produit le film de Laurent Cantet Entre les murs (Palme d’Or au Festival de Cannes en 2008) et la série Les revenants diffusée sur Canal+, Dan Franck, le scénariste des Hommes de l’ombre (France Télévisions), Ludovic Berthelot, Directeur Adjoint à la Direction de l’Audiovisuel et de la Création Numérique au CNC, le producteur Samuel Kaminka de Samka Productions, également en charge des relations internationales au sein du Syndicat des Professionnels Français de l’Animation (SPFA), Delphine Nicolini, Chargée du développement au sein de la société Les Armateurs qui a produit Les triplettes de Belleville et Kirikou, Hughes-Henri Namur de la société Mikros qui a remporté l’Oscar du Meilleur court-métrage d’animation en 2010, Christian Guillon de la société ADN (Digital Double Agency) qui crée et gère les doublures numériques, Serge Siritzky, Rédacteur en chef d’Ecran Total et François Pier Lambert Pélinard, Rédacteur en chef adjoint du Film Français. 

 

Du 17 au 20 novembre à la cinémathèque de Tel Aviv se tiendra un festival de séries TV françaises « C’est comme ça qu’on fait en France » avec les projections de Clash, d’Ainsi soient-ils, en présence des producteurs Bruno Nahon et Judith Louis, de Kaboul Kitchen, en présence de Joey Faré la productrice, des Revenants en présence du producteur de la série Jimmy Desmarais et de la série Les hommes de l’ombre avec Nathale Baye, en présence du scénariste Dan Franck. Le festival présentera également les meilleurs « ShortCom » français, ces programmes courts qui sont l’identité et la marque de fabrique de la fiction télévisée française, avec les projections d’une sélections d’épisodes des séries 

Bref, En famille, Scènes de ménage, La minute vieille et Silex and the city. 

 

Pour toute information complémentaire veuillez contacter

 INSTITUT FRANÇAIS D’ISRAËL

7, boulevard Rothschild 66881 Tel-Aviv ISRAEL

www.ambafrance-il.org

 

 

 

 

Lutte contre l'antisémitisme: Nétanyahou et Hollande déterminés

François Hollande a dit mercredi avoir été "sensible" au message adressé par le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, sur la lutte contre l'antisémitisme en France. "Il y a un antisémitisme, nous devons le pourchasser, le poursuivre, l'éradiquer", a déclaré le président français.

"J'ai (...) été sensible au message que m'a adressé le Premier ministre israélien, par rapport à ce que nous faisons pour lutter ici contre l'antisémitisme et nous en ferons la démonstration en nous rendant demain dans cette école martyre pour évoquer la mémoire des quatre personnes qui sont mortes, tuées dans une attaque terroriste", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse à l'Elysée.

François Hollande et Benyamin Nétanyahou se rendront ensemble jeudi à Toulouse pour rendre hommage aux quatre victimes juives -trois enfants et un professeur franco-israélien- tuées le 19 mars à l'école Ozar-Hatorah, rebaptisée en septembre Ohr Tora.

Hollande condamne l'antisémitisme et le racisme

"Lorsqu'un citoyen, parce qu'il est juif, est mis en cause dans sa sécurité, c'est toute la République qui est agressée", a estimé M. Hollande. "Il y a un antisémitisme, nous devons le pourchasser, le poursuivre, l'éradiquer", a-t-il ajouté. "Il y a aussi du racisme, il y a aussi des citoyens qui sont poursuivis ou qui sont menacés parce qu'ils sont d'une autre religion, parce qu'ils ont une autre couleur de peau. C'est avec la même volonté que nous les protégeons", a poursuivi le chef de l'Etat.

De son côté, Benyamin Nétanyahou a salué la "politique très claire et indéniable de la France" sur le sujet. "Il est évident, il va sans dire, que les gouvernement successifs de France ont lutté très clairement contre l'antisémitisme. Aucune tolérance, la tolérance zéro à l'encontre de l'antisémitisme", a-t-il martelé.

Le Premier ministre israélien est en visite pendant deux jours en France, à Paris puis à Toulouse. Mercredi, il devait aussi rencontrer son homologue Jean-Marc Ayrault et le chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Mohamed Merah, 23 ans, qui se réclamait d'Al-Qaïda, est mort le 22 mars lors de l'assaut de son appartement toulousain par le RAID, les commandos d'élite de la police. Durant le siège, il a revendiqué le meurtre d'un militaire à Toulouse le 11 mars, celui de deux autres à Montauban le 15 et la tuerie de l'école juive de Toulouse.

Le 19 mars, François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, s'était rendu à Toulouse pour montrer "sa solidarité aux familles et à la communauté juive de France".

Le I-kef le keffieh juif lancé par 3 créateurs parisiens.

 

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Trois créateurs parisiens ont lancé l’i-kef, accessoire de mode empruntant au keffieh arabe autant qu’à la symbolique juive.

Un matin en semaine, on retrouve Dorothée et ses associés au café Prune, à deux pas du Canal St-Martin. La jeune femme tient, soigneusement empaquetés dans un sac, quelques modèles des ses i-kefs, accessoires de mode empruntant aux traditions et sentant bon le métissage culturel. Autour de nous, les regards sont incrédules. L’accessoire de mode éveille les curiosités jusqu’ici ramollies par les douces ondes de Nova en fond sonore. Sitôt le rectangle de tissu passé autour de mon cou, quelque chose se passe…

L’ i-kef, c’est quoi ? En trois mots, « un keffieh juif » nous répondent ses créateurs. Et de poursuivre, « il arrive parfois que la réponse heurte l’auditeur »… Cela peut se comprendre. Foulard bimillénaire porté par les paysans des Proche et Moyen-Orient, la fonction première du keffieh, très loin de la portée symbolique qu’il a ensuite pu revêtir, était de protéger les visages de l’action conjuguée du soleil et du sable. Rapidement, le port du keffieh va se généraliser jusqu’aux citadins qui porteront sobrement le rectangle de tissu bicolore. Mais la trajectoire du cousin du chèche (beaucoup plus long et provenant d’Afrique du Nord) ne s’arrête pas en si bon chemin. Indissociable du combat émancipateur palestinien, le keffieh surgira dans l’imaginaire collectif sous l’impulsion du leader historique de l’OLP, Yasser Arafat. Comme d’autres portent le chapeau melon, l’écharpe rouge ou bien la chemise blanche, Arafat ne quittait jamais son bout de tissu bien à lui ; le keffieh va alors prendre une dimension hautement politique.

Peu a peu commercialisé en Europe, le keffieh devient dans les années 80 et 90 un marqueur de « rebellitude ». A l’extrême gauche et dans les milieux anarchistes, il fleurit à toutes les manifestations jusqu’à tristement coïncider avec l‘irruption de la seconde Intifada. Malaise. Les tenants de l’i-kef enchainent. Ils nous expliquent qu’« ils en avait marre de la récupération politique systématiquement belliqueuse du keffieh ». Dès lors, consécutivement à la tentative de réinterprétation du keffieh par le créateur Nicolas Ghesquière pour Balenciaga, courant 2011, les trois amis vont chercher une manière de donner au bout de tissu une autre signification « porteuse d’un message de paix que l’on n’entend pas forcement en France ». C’est l’entrechoc des symboles qui sera choisi. Dessiné par l’artiste urbain Jonathan Elhaïk, L’i-kef emprunte, en effet, beaucoup des codes du keffieh (la taille et le motif), en y apportant quelques touches originales, par jeu. Des étoiles de David parsèment ainsi le motif et le mot Shalom (à la fois « bonjour » et « paix », en hébreu) y figure en bonne place. Le fond et la forme correspondent : brassage des cultures, mélanges des traditions. La cible, elle, est toute trouvée : les nomades urbains.

En plus d’un i-kef rouge et d’un modèle noir, il existe un keffieh bleu ciel et blanc rappelant les couleurs du drapeau d’Israël. Sur un des cotés du rectangle de tissu, on peut lire la fameuse phrase prononcée par Theodore Herzl « Im Tirtzou ein zo Agada » (« Si vous le désirez, ce ne sera pas un rêve »). Une phrase symbolique qui résume à elle seule l’esprit du projet sioniste en même temps que l’audace des trois créateurs de l’i-kef. Une phrase que l’on retrouve également dans le film The Big Lebowski des frères Coen, référence chérie par les trois concepteurs du keffieh juif.

En attendant de se trouver un ambassadeur, la marque base le gros de sa communication sur deux modèles, Keren et Yassine, histoire de souligner la nécessité du dialogue entre les peuples. Une stratégie qui s’avère payante. Récemment, une vente organisée dans le Marais par le biais d’un pop-up store a permis de consolider la popularité du projet : « Peu de méfiance et beaucoup de curiosité » résument nos entrepreneurs. « Des gens sont mêmes venus troquer leurs keffiehs contre des i-kef ! »

Laurent-David Samama sur le site In


 

Théâtre : interview de Steve Suissa pour le journal d'Anne Frank par Laurent Bartoleschi

 

francoise.jpgAu Théâtre Rive Gauche, Steve Suissa met en scène Le Journal d'Anne Frank d'Eric-Emmanuel Schmitt accompagné d'une distribution réunie plus qu’investie: de Francis Huster, Charlotte Kady à Odile Cohen, sans oublier évidemment la présence déchirante de vérité de la jeune actrice Roxane Duran (aperçue déjà dans le Ruban Blanc, de Michael Hanneke) dans le rôle d’Anne. Sa direction d’acteur est à la fois précise et atypique, il nous en parle.

L.B: Votre pièce, si je peux me permettre, n'est pas du théâtre, mais "une pièce cinématographique". On a comme l'impression de voir un film: ses tableaux, ses séquences (courtes) accompagnées généralement de fondus au noir, et surtout des flashs back. Un choix judicieux de la part d'un metteur en scène de cinéma?

S.S: Pour être honnête, je fais du théâtre comme j'aimerais en voir plus souvent, comme par exemple une pièce comme celle là, où l'on a le sentiment, en regardant cette Annexe décorée avec soin, agrémentée de couleurs d'époque, de revivre un moment de l'Histoire, avec ces trois familles cachées. 

A chaque fois, pour mes pièces, j'essaie d'y mettre des dimensions, ni ennuyeuses, ni pompeuses, alors pour cela, on fait appel en effet, à des sons, des jeux de lumière, de la musique et des images qui ressemblent à des tableaux. 

Pour la nouvelle génération, ou pour les gens qui y vont peu au théâtre, que ce tout leur donne envie.

L.B: De même, que pour les comédiens, on a le sentiment qu'ils ne jouent pas mais qu'ils vivent leurs personnages.

S.S: Oui, ma façon de travailler et de diriger les acteurs, c'est de leur demander de vivre leurssuissa.jpg personnages, avec ce qu'ils sont eux, de les comprendre et de les aimer. Surtout de ne jamais les fabriquer et/ou de les interpréter, se cacher derrière un costume et des mots, ça n'est pas mon choix de mise en scène; sur scène, je trouve que l'on peut se permettre des choses que l'on n'ose pas dans la vie, c'est-à-dire être vrai. Pour moi, un acteur formidable n'est autre qu'un acteur 100% lui: il va prendre un personnage et le vivre. Mon travail avec les acteurs consiste donc à enlever tous les artifices et d'être dans une vérité et une sincérité des plus totales.

L.B: Pour interpréter Otto Frank, le choix de Francis Huster était plus qu'une évidence?

S.S: Francis Huster tenait beaucoup à jouer ce rôle, depuis qu'Eric Emmanuel Schmitt avait écrit ce projet. Comme Otto Frank, Francis a deux filles, et comme Otto Frank, sa famille a péri dans les camps de concentration. Alors, oui je pense que Francis Huster tient ici Le rôle de sa vie; en tout et par dessus tout, c'est un rendez vous très important pour sa carrière.

L.B: Aujourd'hui comment pourrait on qualifier le Journal d'Anne Frank?

S.S: C'est un récit profondément humain, digne et courageux, les personnages ne sont pas des victimes, ils se battent avec leur Vie; la plupart des gens qui viennent voir la pièce ont un à priori: ils ont peur que cette pièce soit triste, alors qu'au contraire, ils ressortent avec une leçon de vie, et ils ont le sentiment qu'il s'agit d'une œuvre nécessaire, quelque chose d'incontournable en tous les cas.

L.B: Dans cette dernière et sublime scène (ou séquence), où Otto redonne à sa secrétaire (Miep Gies) le journal intime de sa fille, on peut dire qu'il s'agit du début de la transition…

S.S: Exactement! Mais ce qu'il faut se dire, c'est que la pièce toute entière n'est qu'une transmission. Là, où je suis très fier de moi, c'est lorsque je vois pleins d'enfants dans la salle, accompagnés de leurs parents, de leurs grands parents. Les valeurs ne doivent jamais se perdre. Et à petite échelle, on a le sentiment de remplir notre devoir. Ce qui est très beau dans cette histoire, c'est celle de l'Amour entre une fille et son papa, et la quête de ce dernier sera justement de faire maintenir en vie ce journal. C'est pour cette raison qu'il faut qu'un maximum d'enfants lise ce livre.

Enfin, Steve Suissa nous révèle en mot de conclusion que les chaines de télévision demeurent tres "demandeuses" à ce qu'il mette en scène lui-même un film tiré de la pièce pour la télévision. Affaire à suivre donc



Laurent Bartoleschi

 

Hommage au cinéaste israélien Uri Zohar à la Cinémathèque de Paris  . Par Laurent Bartoleschi

221.jpgHier jeudi a débuté à la Cinémathèque de Paris un hommage au cinéma Israélien (une première !), ou plutôt un hommage au cinéaste Uri Zohar. Mais qui est Uri Zohar ? Il s’agit d’un metteur en scène dont certains lui décernerait l’adjectif culte. Uri Zohar s'impose comme Le représentant majeur de la génération qui va révolutionner le cinéma israélien en lui ouvrant d'autres horizons que les films nationalistes et exaltant le sionisme qui faisaient son quotidien jusqu'alors, films et idéologie dont les tenants de la Nouvelle sensibilité - et Zohar au premier chef - vont prendre le contrepied.

C'est pourtant dans certains de ces films que Zohar fait ses premières armes dès 1960, comme acteur, tenant de petits rôles dans plusieurs d'entre eux, ainsi que dans la fresque Exodus d'Otto Preminger. Le pic de sa carrière au plan international est atteint en 1966 avec son film Shlosha yamin ve yeled, (Trois jours et un enfant), qu'il adapte d'une nouvelle du grand romancier israélien Avraham B. Yehoshua.

A l’époque, l’écrivain était en conflit constant avec le réalisateur, tant l’adaptation ne lui convenait pas ; aujourd’hui, 45 ans plus tard A.B.Yehoshua reconnaitra qu’il s’agira la meilleure adaptation de tous ses romans ! Trois jours et un enfant sera un tournant pour le cinéma israélien, puisqu’il se verra attribuer pas moins que le prix d'interprétation à Cannes hautement mérité à son acteur principal, Oded Kotler (il faudra attendre une quarantaine d’année, avant que cette distinction soit renouvelée, avec Mon trésor).

Ce film est le monologue intérieur d’un jeune étudiant tourmenté par le souvenir douloureux d’un premier amour, un sentiment éveillé par la présence de l’enfant de cette femme aimée dont on lui confie la garde durant trois jours. Le film se déroule dans un univers ambigu, incertain, qui hésite constamment entre le présent et le passé, entre la réalité et le rêve, en abolissant souvent les frontières qui les séparent.

Artistiquement, le film est imprégné du cinéma de la Nouvelle vague, de Jean Luc Godard à Alain Resnais. Courrez (re)voir la filmographie complète (une quinzaine de films au total) de Uri Zohar à la Cinémathèque. Mais n’espérez pas de nouveaux films de lui, il a fait une techouva exceptionnelle, il y a 30ans ; sa carrière est désormais destinée à Dieu.

Plus de renseignements
http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/uri-zohar,468.html

Laurent Bartoleschi

Pauline détective de Marc Fitoussi. Par Laurent Bartoleschi pour Alliance

Pauline-Detective-Marc-Fitoussi.jpgPour son troisième film, Marc Fitoussi (Copacabana) a choisi de s'attaquer à la comédie policière.
Et le dieu public le sait, il y en a si peu dans le paysage du cinéma français; et des réussies tant qu'à faire.
Son héroïne (Sandrine Kiberlain) se voit plaquer par son petit ami.

Aussi, se verra-t-elle entraînée par sa sœur (Audrey Lamy) dans un palace de la riviera italienne.
Au lieu de savourer les joies du farniente, elle se persuade qu’un crime a été commis dans l'hôtel et s'improvise détective, embarquant dans ses investigations un séduisant maître-nageur…
Aux portes qui claquent, mensonges et chassés croisés, vient s'ajouter inopinément une intrigue à l'allure de ces films que l'on a tant aimés, tels que Breakfast at Tiffany's ou encore Charade.
Oui, dans Pauline détective, on peut comparer Sandrine Kiberlain  à… Audrey Hepburn.
Dès sa première apparition, l'actrice n'a jamais été aussi lumineuse et irrésistible. Le spectateur partage avec elle, à chaque étape de son enquête, son passage de Fantomette de la bibliothèque rose pour finir en éblouissante lady de la riviera.
Si Marc Fitoussi a voulu réaliser ce film, c'est pour une bonne raison : il désirait travailler à nouveau avec la comédienne : "Je l'ai rencontrée sur le tournage de La Vie d'artiste (son premier film), mais nous n'avons travaillé que quinze jours ensemble, ce qui m'avait laissé un goût de trop peu.
Je voulais lui offrir un rôle sur mesure". Pétillant d'humour, de fantaisie, d'originalité, Pauline détective est une véritable réussite aussi bien formelle (on aime ces paysages ensoleillés et couleurs vives) que narrative.
Son rythme effréné, ses personnages irrésistibles et ses acteurs au diapason (à noter, la prestation exemplaire d'Audrey Lamy), risque bien de laisser bon nombre de spectateurs avec le sourire aux lèvres.
En tout cas, Marc Fitoussi aime les femmes et les filme bien!

Laurent Bartoleschi

Interview exclusive d 'Alexandre Arcady pourson dernier film

CEQUE3.jpgCe que le jour doit à la nuit, sortie prévue mercredi 12 septembre 2012
 
Petite réponse sonore à la question suivante: Et les juifs dans toute cette histoire, spectateurs ou acteurs? Ecouter


Alexandre Arcady retrouve plus qu'une nouvelle fois ses racines de l'Algérie avec son 16ème film Ce que le jour doit à la nuit, adapté du best seller de Yasmina Khadra. Une sorte de Il était une fois l'Algérie Algérie. Younès a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes colons dont il devient l'ami. Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle, naîtra une grande histoire d'amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays.

Interview.


L.B: J'aimerais commencer cet entretien par l'extrait d'un des romans de Yasmina Khadra: "Noirs ou blancs, rouges ou jaunes, asiatiques ou américains,…nous appartenons tous à un même sort, un sort que nous sommes les seuls capables de rendre possible, car nous le construisons de nos propres mains." Pourrions nous résumer ainsi votre dernier film Ce que le jour doit à la nuit?

Alexandre Arcady: Ca ne me dérange pas du tout. Au contraire. Ce bel extrait exprime la ceque1.jpgfraternité. Et c'est un film sur la fraternité. Yasmina Khadra a écrit ce roman dans l'apaisement, avec un regard clairement défini, avec une forme de loyauté. La loyauté sur l'Histoire et sur les hommes et les femmes qui ont habité cette Algérie à ce moment précis. Sans oublier la souffrance, les déchirures et les exclusions que l'on retrouve dans le roman. Mais ce qui prédomine avant toute chose, reste effectivement, la fraternité.

L.B: Comment s'est faite la rencontre entre Yasmina et vous? Pourquoi avoir attendu si longtemps pour adapter l'une de ses œuvres?


A.A:
Il y a trois ans sortait le roman. Je peux vous avouer que le coup de cœur fut immédiat. J'étais l'un de ces tous premiers lecteurs du livre! Il ne faut pas oublier qu'il y avait plus de 1500000 lecteurs, rien qu'en France (il a été traduit dans 42 pays) L'adaptation, la préparation, le montage financier,… m'ont pris trois ans; c'est un long parcours de vie. Et puis ce livre là était peut être plus important que les autres parce que j'ai eu l'impression en découvrant ce roman que c'était un cadeau du ciel dans le sens où, j'attendais ce livre sur cette Algérie là, d'autant plus écrite par un algérien, ce qui était vraiment un acte fondateur dans cette décision. J'ai eu comme l'impression d'avoir fait du cinéma jusqu'à présent pour me préparer à réaliser une telle œuvre. Merci Yasmina!

L.B: Ce que le jour doit à la nuit est un film remplie de symboles; cet Amour entre Emilie et Jonas ne serait il pas un reflet de la France et l'Algérie?

CEQUE2.jpgA.A: Evidemment, C'est le symbole que Yasmina a voulu évoquer dans son roman. Tout en soulignant l'appartenance de ces deux héros: un amour aussi bien magnifique que total, doté d'une force considérable et d'un amour justement non abouti. Cela résume bien les rapports qu'il y a eu, qu'il y a entre la France et l'Algérie. Et j'ose espérer que les choses changeront dans l'avenir.

L.B: Côté cinéphilie, votre dernier film possède des airs de films de Sergio Leone (Il était une fois dans l'Ouest…) avec ces grands espaces, l'utilisation de flashs back, les bandes d'amis et les trahisons….

A.A: …Il y a aussi l'Amour et la fraternité, comme on en a parlé ultérieurement, la passion et la résonance d'une terre telle que l'Algérie peut avoir sur les êtres. Cette luminosité, cette profusion, comme dirait Camus, qui est donnée par le sol et par la terre. Mais j'aime bien cette comparaison avec Leone, ça me flatte, mais j'aurai aussi tendance à penser à deux films en référence sans aucune prétention: Autant en emporte le vent et Out of Africa, la guerre de Sécession pour l'un et l'amour de cette Afrique si lointaine pour le second. Cela fait partie de ses grands chefs d'œuvre du septième Art, des films romanesques où l'on invite le spectateur à un voyage dans le temps, dans un pays qui n'existe plus aujourd'hui. Cette reconstitution est la chance qui nous est donnée à nous metteur en scène de pouvoir le faire. Lorsque Yasmina a vu le film, il disait souvent, "j'ai pleuré trois fois: une fois en écrivant le roman et deux fois en voyant le film(…) j'aurai pu écrire mon roman comme tu as fais ton adaptation." C'était gagné!

L.B: Comment s'est déroulé le casting? Avez-vous eu le même coup de foudre que votre fils (Elle sera prochainement à l'affiche de la dernière folie d'Alexandre Aja, Maniac, NDLR) Nora Arnezeder?

A.A: Je l'avais vu dans Faubourg 36 où je trouvais qu'elle possédait une telle luminosité et une vérité incroyable. Là où j'avais plus de mal était pour le rôle de Jonas, qui représentait la pierre angulaire du film. Il était décrit dans le roman d'une façon très précise. Ce qui fait que lorsque j'ai trouvé Fu'ad Aït Aattou, j'avais accompli le plus grand parcours du casting. Il possède une intériorité vraie. D'autant plus qu'il est beau et taiseux à la fois. Il irradie l'écran à lui tout seul. Le reste des comédiens est arrivé presque naturellement: mon directeur de casting Pierre-Jacques Benichou, avec qui je travaille souvent, m'a apporté des idées, surtout sur la bande de jeunes Matthias  Van Khache et Matthieu Boujenah avaient déjà travaillé à mes côtés dans Là bas mon pays. Olivier Bartelemy, quant à lui, je l'avais remarqué dans Largo Winch. Et Fellag par contre c'était comme évident! Vous savez, lorsque Yasmina Khadra écrivit le livre, il avait en tête Fehat Abbas, cette figure du nationalisme  algérien, qui était pharmacien aussi; et physiquement, la ressemblance avec le comédien était tellement frappante. A tel point que, dans le film, j'y ai glissé une photo de l'homme politique, tout en croyant que c'était lui. Yasmina n'en revenait pas!

Laurent Bartoleschi

Camille redouble de Noémie Lvovsky

CAMILLE2.jpgC'est la rentrée pour le cinéma français. Et quelle rentrée! Après l'épatant Superstar avec un Kad Mérad plus que surprenant, voici Camille redouble, la nouvelle comédie de Noemie Lvovsky (Les sentiments, Faut que ça danse!...).

Camille et Eric ne s'aiment plus (ils se sont aimés il y a 25ans); Ce dernier la quitte pour une fille plus jeune qu'elle. Voilà qu'un 31 décembre, Camille est subitement prise d'un malaise. Elle se retrouve 25ans plus tôt, entourée de ses parents…vivants, ses anciens camarades de classe, dont Eric. Se laissera t elle se faire séduire à nouveau? "Ce que la vie m'a appris jusqu'ici", devrait être le sous titre du film. Il est vrai qu'avec une histoire telle que celle-ci, on ne peut pas s'empêcher de penser au Peggy Sue de F.F. Coppola.

Aucun  spectateur de bonne volonté, ne peut se sentir exclu de cette jolie comédie. Chacun y trouvera son chat ou celui de la voisine dans cet état des lieux amoureux. Chercher son identité à travers ses amours, ses amis, ses souvenirs d'enfance, voilà le postulat du film. Noémie Lvovsky réussit là sans doute l'un de ses plus beaux films.

Elle impose son style, une écriture à l'ironie presque, une mise en scène rythmée, une caméra camille1.jpgfluide, parfois même discrète et un rare bonheur dans la direction d'acteur. Tous sont épatants, de Judith Chemla (De vrais mensonges, La Princesse de Montpensier,…) à Samir Guesmi, en passant par une brochette jubilatoire Denis Podalydès, Yolande Moreau et Michel Vuillermoz. Et palme de votre serviteur revient à Noémie Lvovsky qui joue Camille justement est tout simplement irrésistible.

Camille redouble est une comédie pleines de tendresse où l'actrice/réalisatrice dresse le portrait d'une femme à la fois hystérique, exubérante et pourtant merveilleuse, parce qu'elle pose sur les autres un regard qui les font (re)vivre.

Laurent Bartoleschi