Proud Jewish Boy : le film qui rappelle que l’antisémitisme existait bien avant Israël

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Proud Jewish Boy : le film qui rappelle que l’antisémitisme existait bien avant Israël

Proud Jewish Boy : un film pour rétablir l’histoire, déconstruire l’antisémitisme et refuser les mensonges contemporains

Le film Proud Jewish Boy, réalisé par Isri Halpern, sera présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2026 du Atlanta Jewish Film Festival. Deux projections sont prévues le mardi 24 février 2026, à 14 h 25 et à 19 h 00, au The Springs Cinema & Taphouse, à Sandy Springs, en Géorgie.

L’événement ne relève pas du simple calendrier culturel. Il s’inscrit dans un moment de grande confusion intellectuelle et morale autour de l’antisémitisme, de l’histoire juive européenne et de la manipulation politique des mots.

Herschel Grynszpan : un nom confisqué, une histoire déformée

Le film s’attache à la figure de Herschel Grynszpan, adolescent juif polonais dont l’acte désespéré en 1938 — l’assassinat du diplomate nazi Ernst vom Rath à Paris — fut instrumentalisé par le régime hitlérien pour justifier la Nuit de Cristal.

Proud Jewish Boy ne cherche ni à héroïser ni à absoudre. Il restitue un contexte. Celui d’un antisémitisme européen déjà solidement enraciné, bien avant toute existence de l’État d’Israël. Celui d’un jeune Juif broyé par une machine idéologique qui n’attendait qu’un prétexte.

Le film rappelle un fait trop souvent falsifié : Herschel Grynszpan n’a pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. Les hypothèses romanesques ou complotistes sur une prétendue survie relèvent du fantasme, non de l’histoire.

Une mise au point nécessaire face aux contresens médiatiques

À l’occasion de la présentation du film, Isri Halpern a tenu à corriger certaines affirmations relayées par plusieurs médias, notamment Le Courrier Picard, L’Aisne Nouvelle et The Times of Israel, le présentant à tort comme « non-sioniste ».

Cette qualification était erronée et a depuis été corrigée par Le Courrier Picard.

Le réalisateur se définit clairement : opposé à toute forme de communautarisme, profondément attaché à la laïcité, et hostile aux assignations idéologiques imposées aux Juifs. Il rappelle une évidence trop souvent niée : qualifier un Juif « d’antisioniste » n’est pas neutre. Dans de nombreux contextes, ce terme sert de paravent respectable à une stigmatisation ancienne, recyclée sous un vocabulaire contemporain.

Antisémitisme : une haine antérieure à Israël

Le cœur du film repose sur un refus frontal d’un récit devenu dominant : celui qui prétend que l’antisémitisme serait une conséquence du conflit israélo-palestinien.

L’histoire démontre exactement l’inverse. Le nazisme, la Shoah, les pogroms européens, l’exclusion juridique et sociale des Juifs précèdent la création d’Israël. Ils en constituent même l’arrière-plan tragique.

Proud Jewish Boy rappelle que l’antisémitisme n’est pas un effet collatéral de la géopolitique contemporaine, mais une idéologie autonome, ancienne, polymorphe, capable de se réinventer sous des formes prétendument morales ou progressistes.

Israël, ses citoyens et le refus de l’exportation du conflit

Le film adopte une position nette : refuser l’exportation du conflit du Moyen-Orient sur le sol européen.

Isri Halpern insiste sur une réalité rarement rappelée : les Arabes israéliens sont citoyens à part entière depuis 1948 et subissent eux aussi les effets d’une stigmatisation importée, souvent déconnectée de leur quotidien réel.

Israël, rappelle-t-il, ne revendique pas un privilège moral, mais un droit élémentaire : vivre en paix sur un territoire dont la superficie équivaut à celle de deux départements français.

Une mémoire familiale inscrite dans l’histoire mondiale

Le film s’inscrit également dans une mémoire familiale précise. Le frère de Herschel, Mordekhaï Grynszpan, s’engagea dans l’Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être gravement blessé lors de la guerre d’indépendance d’Israël.

En 1961, à Jérusalem, Mordekhaï Grynszpan et leur père Zendel Grynszpan furent les tout premiers témoins appelés à la barre lors du procès de Adolf Eichmann. Un détail historique majeur, rarement rappelé, qui relie directement l’histoire individuelle à la justice internationale.

Un film politique sans récupération politique

Proud Jewish Boy n’est ni un manifeste partisan ni un objet de récupération. C’est un film de clarification. Il refuse les simplifications, les slogans et les raccourcis moraux.

Sous-titré en anglais, français et allemand, il s’adresse volontairement à l’Europe, là où l’histoire s’est jouée, là où les mots continuent d’être déformés, là où l’antisémitisme change de masque mais rarement de visage.

À Atlanta, en février 2026, ce ne sera pas seulement un film qui sera projeté. Ce sera une mise en accusation de l’oubli, du mensonge confortable et de l’amnésie volontaire.

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