Isri Halpern triomphe aux Prix du Cinéma Israélien avec son documentaire "Un fier garçon juif "

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Isri Halpern triomphe aux Prix du Cinéma Israélien avec son documentaire "Garçon juif fier"

Isri Halpern triomphe aux Prix du Cinéma Israélien avec Un fier garçon juif 

Paris, 7 novembre 1938. Un adolescent juif de dix-sept ans tire dans le hall d’une ambassade. Son geste, solitaire et désespéré, sera instrumentalisé par le régime nazi pour déclencher la Nuit de Cristal et ouvrir l’ère des pogroms systématiques.
Près de neuf décennies plus tard, ce nom — Herschel Grynszpan — revient à l’écran, arraché à la caricature propagandiste pour être replacé dans sa vérité humaine. Un fier garçon juif ne réécrit pas l’Histoire : il la regarde enfin en face.

Jérusalem, 3 janvier 2026. Aux Bâtiments de la Nation, la toute première édition des Prix du Cinéma Israélien, organisée par le Ministère de la Culture et des Sports, a consacré  un fier garçon juif  (Proud Jewish Boy) Meilleur Documentaire. Une soirée inaugurale, dense, grave, où le cinéma a rappelé sa mission première : donner chair au passé pour éclairer le présent.

Un prix inaugural, une œuvre qui s’impose

Cette première cérémonie marque un jalon culturel. Elle ne récompense pas seulement des talents ; elle affirme une ligne : celle d’un cinéma qui ose la profondeur, l’exigence et la mémoire. Un fier garçon juif s’est distingué par sa capacité rare à transformer l’archive en récit vivant, sans simplifier ni absoudre. Le jury a salué une narration qui tient ensemble rigueur historique et émotion juste, et qui redonne au documentaire sa puissance de questionnement.

Isri Halpern, une vision totale

Réalisateur, producteur, directeur de la photographie et monteur, Isri Halpern signe une œuvre totale. Né en Israël, il s’est imposé par un regard précis sur l’identité juive, la Shoah et la Seconde Guerre mondiale.

D’une durée d’environ 87 minutes, le film est soutenu par le New Fund for Cinema and Television et diffusé par Kan 11. Halpern ne commente pas : il enquête, assemble, confronte.

1938, Paris : le geste et son détournement

Au cœur du film, l’histoire de Herschel Grynszpan. Le 7 novembre 1938, à Paris, rue de Lille dans le 7ᵉ arrondissement, le jeune réfugié juif abat le diplomate allemand Ernst vom Rath.

La machine nazie s’empare aussitôt de l’événement : Joseph Goebbels transforme l’acte individuel en prétexte d’État. Les vitrines volent en éclats, les synagogues brûlent : la Nuit de Cristal scelle le passage à la persécution de masse.
Halpern déconstruit cette instrumentalisation, questionne la responsabilité individuelle face à l’oppression collective et restitue la complexité d’un adolescent broyé par l’Histoire.

Une écriture visuelle au service de la vérité

Archives rares, entretiens familiaux et travaux de chercheurs s’entrelacent à des séquences d’animation audacieuses signées David Polonsky et Michael Faust.
La bande-son immersive, composée par Halpern avec Sagiv Ohana, ne surligne jamais : elle accompagne. Le film refuse l’effet facile et préfère la tension morale, celle qui oblige le spectateur à penser.

Isri Halpern triomphe auPrix du Cinéma Israélien avec son documentaire "Garçon juif fier"

Isri Halpern triomphe auPrix du Cinéma Israélien avec son documentaire "Un fier garçon juif "

 

Ce film ne surgit pas du néant : il s’inscrit dans une mémoire bien plus ancienne, portée notamment par le travail de Franck d’Almeida (Zolty) qui, dès 2013, avait entrepris de reconstituer l’histoire familiale et intime d’Herschel Grynszpan, bien au-delà du symbole figé par la propagande nazie.

L’hommage du jury

Le jury a résumé l’impact de l’œuvre en des termes clairs : « Une expérience cinématographique élargie, qui confère à une histoire importante et significative une profondeur émotionnelle et une nouvelle perspective, et met en lumière le pouvoir du documentaire d’exposer, de bouleverser et de résonner dans le temps. » Une reconnaissance qui dit l’essentiel : ce film traverse les époques parce qu’il parle à la nôtre.

Une œuvre pour aujourd’hui

Présenté au Festival du Film de Haïfa en 2025, Un fier garçon juif  s’impose comme une méditation sur la résilience et la fierté juive, sans pathos ni simplisme. Il éclaire les racines de la Shoah et rappelle, avec une lucidité implacable, comment un récit peut être tordu pour justifier l’innommable.

En recevant ce prix, Isri Halpern et son équipe — dont Shlomi Amsalem, pour les images de la cérémonie — rappellent que le cinéma est un acte de mémoire. Pas un monument figé : un geste vivant. Dans un monde où l’histoire est sans cesse disputée, Un fier garçon juif s’élève comme une œuvre nécessaire, ferme, et profondément humaine.

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