Israël : Démission surprise d’une figure de la santé publique israélienne

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Démission surprise d’une figure de la santé publique israélienne

Démission surprise d’une figure de la santé publique israélienne

Dr. Sharon Alroy-Preis, à la tête de la division de santé publique du ministère de la Santé d’Israël, a annoncé sa démission le 5 janvier 2026, après plus de cinq ans et demi à diriger l’un des rouages essentiels de la politique sanitaire nationale. L’annonce a pris de court une grande partie de la sphère politique et médicale, d’autant que aucun successeur n’a pour l’instant été désigné et que le processus de nomination reste non planifié. 

Son rôle au cœur des crises sanitaires contemporaines

Depuis sa nomination en 2020, Alroy-Preis a été l’une des voix les plus visibles du ministère de la Santé israélien.
Épidémiologiste reconnue, spécialisée en maladies infectieuses et en santé publique, elle a dirigé les réponses nationales aux crises sanitaires majeures — notamment la pandémie de Covid-19, les flambées de rougeole et d’autres menaces épidémiques. 

Sa gestion des campagnes de vaccination, des stratégies de prévention et des recommandations sanitaires a souvent fait l’objet de débats publics intenses. Elle a contribué à des réformes structurelles internes, en structurant une surveillance épidémiologique plus robuste et des programmes de prévention à long terme, au-delà des urgences immédiates. 

Pressions politiques et critiques publiques

La démission intervient après une période de pressions à la fois politiques et sociales.
Dr. Alroy-Preis a fait face à des attaques virulentes de certains responsables politiques, qui l’accusaient de favoriser des restrictions sanitaires jugées excessives ou de présenter des données biaisées lors de réunions gouvernementales.
Des membres de la coalition au pouvoir, notamment au plus fort des débats sur les politiques de Covid, avaient demandé sa révocation ou son remplacement, estimant que ses recommandations entravaient une reprise économique ou sociale plus rapide. 

Parallèlement, elle a été l’objet d’une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, ciblée par des activistes anti-vaccins ou complotistes, au point d’intenter des poursuites civiques pour diffamation contre certains individus ayant diffusé des informations mensongères sur sa vie personnelle et professionnelle. 

Menaces et sécurité personnelle

Le climat hostile n’est pas resté virtuel. En 2021, alors qu’elle était au centre des débats sur les restrictions sanitaires, la police a jugé nécessaire de lui assigner une escorte de sécurité personnelle en raison de menaces de mort crédibles reçues via les réseaux sociaux.
Ce degré d’hostilité illustre la polarisation extrême autour des enjeux de santé publique dans l’espace médiatique et politique israélien de ces dernières années. 

Pourquoi cette démission maintenant ?

À ce stade, les autorités n’ont pas fourni de déclaration publique détaillant les motifs précis de sa démission. Le bref communiqué officiel ne mentionne ni désaccord majeur avec la hiérarchie ni controverse interne spécifique. Il se contente d’indiquer que le ministère s’apprête à lancer un appel à candidatures pour son remplacement dans les jours à venir. 

Les analystes observent cependant que sa décision survient après des années de travail intensif sous pression politique, de critiques publiques et d’un environnement médiatique parfois toxique.

En réalité, la pandémie de Covid n’a jamais été une parenthèse refermée.
Depuis six ans, elle a profondément transformé la santé publique israélienne, mais
depuis plusieurs années, les responsables de la santé publique en Israël exercent sous une pression politique continue : contestation publique de leurs décisions par des élus, remise en cause de leurs données scientifiques, instrumentalisation de leurs recommandations dans des débats idéologiques et attaques personnelles sans véritable protection institutionnelle. Sharon Alroy-Preis n’y a pas échappé.

La démission de Sharon Alroy-Preis intervient après cette longue phase d’usure, alors que la fonction de chef de la santé publique reste centrale mais de plus en plus politiquement intenable. À ce stade, aucune explication officielle détaillée n’a été fournie sur les motifs précis de son départ.

Conséquences immédiates pour le système de santé

Sa démission soulève des questions opérationnelles : la division de santé publique qu’elle dirige est actuellement sans chef désigné, et sa succession ne sera pas immédiate.
Dans un contexte où Israël fait face à des défis persistants — baisse des taux de vaccination sur certains vaccins, menaces épidémiques mondiales et besoin de renforcer les dispositifs de prévention — ce vide à la tête de la santé publique peut représenter un risque stratégique si la transition n’est pas gérée rapidement et efficacement. 

Réactions et héritage

Si certaines autorités ont salué son travail — en particulier sa capacité à guider la nation à travers la pandémie et à structurer des systèmes de prévention plus robustes — d’autres voix ont estimé que les tensions politiques et sociales autour de ses actions reflètent une société divisée sur la place de l’expertise scientifique dans la conduite des politiques publiques.
Elle laisse derrière elle une trajectoire marquée par des accomplissements cliniques, mais aussi par une controverse constante avec certains segments de l’opinion publique et des décideurs politiques. 

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