Hommage au cinéaste israélien Uri Zohar à la Cinémathèque de Paris  . Par Laurent Bartoleschi

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221.jpgHier jeudi a débuté à la Cinémathèque de Paris un hommage au cinéma Israélien (une première !), ou plutôt un hommage au cinéaste Uri Zohar. Mais qui est Uri Zohar ? Il s’agit d’un metteur en scène dont certains lui décernerait l’adjectif culte. Uri Zohar s'impose comme Le représentant majeur de la génération qui va révolutionner le cinéma israélien en lui ouvrant d'autres horizons que les films nationalistes et exaltant le sionisme qui faisaient son quotidien jusqu'alors, films et idéologie dont les tenants de la Nouvelle sensibilité - et Zohar au premier chef - vont prendre le contrepied.

C'est pourtant dans certains de ces films que Zohar fait ses premières armes dès 1960, comme acteur, tenant de petits rôles dans plusieurs d'entre eux, ainsi que dans la fresque Exodus d'Otto Preminger. Le pic de sa carrière au plan international est atteint en 1966 avec son film Shlosha yamin ve yeled, (Trois jours et un enfant), qu'il adapte d'une nouvelle du grand romancier israélien Avraham B. Yehoshua.

A l’époque, l’écrivain était en conflit constant avec le réalisateur, tant l’adaptation ne lui convenait pas ; aujourd’hui, 45 ans plus tard A.B.Yehoshua reconnaitra qu’il s’agira la meilleure adaptation de tous ses romans ! Trois jours et un enfant sera un tournant pour le cinéma israélien, puisqu’il se verra attribuer pas moins que le prix d'interprétation à Cannes hautement mérité à son acteur principal, Oded Kotler (il faudra attendre une quarantaine d’année, avant que cette distinction soit renouvelée, avec Mon trésor).

Ce film est le monologue intérieur d’un jeune étudiant tourmenté par le souvenir douloureux d’un premier amour, un sentiment éveillé par la présence de l’enfant de cette femme aimée dont on lui confie la garde durant trois jours. Le film se déroule dans un univers ambigu, incertain, qui hésite constamment entre le présent et le passé, entre la réalité et le rêve, en abolissant souvent les frontières qui les séparent.

Artistiquement, le film est imprégné du cinéma de la Nouvelle vague, de Jean Luc Godard à Alain Resnais. Courrez (re)voir la filmographie complète (une quinzaine de films au total) de Uri Zohar à la Cinémathèque. Mais n’espérez pas de nouveaux films de lui, il a fait une techouva exceptionnelle, il y a 30ans ; sa carrière est désormais destinée à Dieu.

Plus de renseignements
http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/uri-zohar,468.html

Laurent Bartoleschi

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