Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Rabbi Meïr Baal Haness témoignages : ils racontent ces miracles qui ont changé leur vie

Rabbi Meïr Baal Haness : ils racontent les miracles qui ont changé leur vie

Rabbi Meïr Baal Haness : ils racontent ces miracles qui ont changé leur vie

Ils étaient sans enfant depuis douze ans. Elle souffrait de graves problèmes cardiaques. D’autres attendaient depuis des années de rencontrer leur conjoint. À Tibériade, leurs histoires se croisent autour d’un même nom : Rabbi Meïr Baal Haness. Alliance a retrouvé plusieurs témoignages contemporains de personnes qui affirment avoir reçu une délivrance après avoir prié sur le mérite du Tanna. Des récits bouleversants, où la frontière entre l’attente, la foi et le miracle devient précisément le cœur de l’histoire.

« Nous étions mariés depuis douze ans et nous n’avions pas
d’enfants »

Le témoignage de Miri Aharoni est sans doute l’un des plus bouleversants.
Elle raconte avoir vécu douze années de mariage heureux sans parvenir à avoir d’enfant. Pendant ces années, elle et son mari auraient consulté de nombreux médecins, en Israël comme à l’étranger. Selon son témoignage, tous leur auraient finalement dit que cela semblait impossible.
Puis survient une période particulière : celle des confinements, lorsque Miri voit autour d’elle des parents chercher comment occuper leurs enfants. Elle raconte qu’elle regardait ces publications avec une émotion difficile à contenir. Les autres parents parlaient de leurs enfants. Elle, elle pleurait parce qu’elle n’en avait pas.

Elle voulait simplement pouvoir, elle aussi, chercher des activités pour ses propres enfants.
C’est alors qu’elle découvre le témoignage d’une autre mère racontant avoir obtenu un enfant après avoir utilisé la « coussin de délivrance » associée à Rabbi Meïr Baal Haness.
Miri décide d’essayer.
Elle téléphone, fait un don et reçoit cette fameuse « coussin de délivrance ».
Puis le temps passe.
Et l’histoire bascule.
Dans son témoignage, Miri écrit qu’elle est sur le point de partir avec son mari pour la circoncision de leur fils. Elle est chez elle, quelques instants avant cette cérémonie, et écrit simplement qu’elle pleure de joie.
Après douze années d’attente, elle est devenue mère.
Son témoignage se termine par quatre mots qui disent tout : « Merci, je suis maman ! » (ישועות רבי מאיר בעל הנס⁠Attachment.tiff)

Dix années à pleurer la nuit

L’histoire de Hadva Yehuda ressemble étrangement à celle de Miri, mais avec un autre parcours.
Elle raconte être mariée depuis quinze ans et avoir compris, après cinq années de mariage, qu’elle risquait de ne jamais avoir d’enfant.
Elle décrit les nuits où elle pleurait dans son oreiller tandis que son mari faisait semblant de dormir à côté d’elle.
Dix années à pleurer.
Dix années d’attente.
Puis une amie lui parle de la « coussin de délivrance » de Rabbi Meïr Baal Haness. Hadva raconte avoir prié devant les bougies de Chabbat avec une intensité particulière, en pleurant comme elle ne l’avait jamais fait auparavant.
Une semaine après son don, selon son récit, son mari reçoit un appel d’un professeur qu’ils avaient consulté. Le médecin lui annonce qu’une nouvelle méthode de cartographie médicale aurait permis de trouver une solution à leur problème.
Et lorsque Hadva témoigne, elle n’est plus dans l’attente.
Elle écrit qu’elle est à quelques instants de sortir pour conduire son bébé à la circoncision.
Elle aussi conclut par ces mots : « Merci, je suis maman ! »

Douze années d’attente pour la fille de Hana Taviv

Le témoignage de Hana Taviv concerne sa fille.
Elle raconte que sa fille attendait depuis douze ans d’avoir un enfant. Des traitements avaient été tentés. Beaucoup de souffrance, beaucoup d’espoir et, finalement, le sentiment d’être arrivée au bout.
Hana décide alors de transmettre le nom de sa fille pour une prière au tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness.
Elle raconte avoir juré qu’elle ne renoncerait pas avant que la délivrance arrive.
Trois mois plus tard, selon son témoignage, sa fille lui annonce en pleurant qu’elle est enceinte.
Il y a, dans cette histoire, une phrase qui résume toute la violence de l’attente : « Il n’y a pas de joie comme cette joie-là. » (ישועות רבי מאיר בעל הנס⁠Attachment.tiff)

Une histoire de santé racontée par Sigal Hadad

Les récits ne concernent pas uniquement la maternité.
Sigal Hadad, d’Ashdod, raconte qu’elle avait de graves problèmes cardiaques. Elle affirme avoir transmis son nom pour une prière lors de la hiloula de Rabbi Meïr.
Selon son témoignage, les médecins étaient pessimistes. Puis, après Chavouot, elle aurait commencé à constater une amélioration de son état. Les examens se seraient améliorés et elle aurait retrouvé des forces.
Elle raconte aujourd’hui avoir subi une opération avec succès et se sentir comme une nouvelle personne.
Son récit s’achève par des remerciements à Rabbi Meïr. 

Deux personnes qui priaient séparément et se sont retrouvées ensemble

Le témoignage de Lior et Neta Raviv possède une autre particularité.
Ils étaient tous les deux célibataires et racontent avoir fini par perdre espoir de rencontrer leur conjoint.
Lors de la hiloula de Rabbi Meïr, chacun aurait transmis son nom séparément dans le cadre d’un rassemblement de prière.
Un mois plus tard, ils se rencontrent par l’intermédiaire d’amis.
La relation évolue rapidement.
Puis vient le mariage.
Ce n’est qu’après leur rencontre qu’ils découvrent qu’ils avaient tous les deux participé au même rassemblement de prière et soutenu la même organisation.
Pour eux, cette coïncidence possède une signification qui dépasse largement celle d’une simple rencontre. (ישועות רבי מאיר בעל הנס⁠Attachment.tiff)

Une famille qui raconte avoir été sauvée d’un accident

Yuval Porat fait partie des autres témoins cités par l’organisation. Son témoignage est résumé par une phrase qui donne immédiatement la mesure de ce qu’il attribue à Rabbi Meïr : sa famille aurait été sauvée d’un accident de la route grâce à Rabbi Meïr Baal Haness.
Là encore, le récit n’est pas celui d’un miracle ancien transmis par des générations. C’est un témoignage contemporain, associé à une personne identifiée et publié parmi d’autres récits de délivrance. (ישועות רבי מאיר בעל הנס⁠Attachment.tiff)

Des histoires différentes, un même point de départ

Ces témoignages n’ont pas tous la même nature.
Certains parlent d’enfants après des années d’attente. D’autres de santé, de mariage, de travail ou de protection.
Mais leur construction est étonnamment proche.
Une situation devenue insupportable.
Une prière.
Le nom de Rabbi Meïr.
Puis un événement interprété comme une délivrance.
Et enfin le besoin de raconter.
C’est peut-être ce dernier élément qui mérite le plus d’attention.
Ces personnes ne racontent pas simplement qu’un événement heureux leur est arrivé. Elles veulent établir un lien entre ce qui s’est passé et la prière qu’elles ont adressée sur le mérite de Rabbi Meïr.

Pourquoi ces personnes reviennent-elles raconter leur histoire ?

Le phénomène est suffisamment important pour que les organisations qui se consacrent à Rabbi Meïr recueillent aujourd’hui des récits de ce type.
Le site consulté affirme recevoir régulièrement des histoires de délivrance et en publie plusieurs, avec les noms des témoins et les circonstances qu’ils racontent.

Il faut ici comprendre quelque chose d’essentiel : dans la tradition juive, le miracle n’est pas nécessairement présenté comme une expérience destinée à être transformée en équation.
Le miracle est un ness, un événement perçu comme une intervention divine, une délivrance qui survient au moment où l’homme n’entrevoit plus d’issue.
Et c’est exactement ainsi que ces témoins racontent leurs histoires.
Miri ne raconte pas seulement qu’elle a eu un enfant.
Elle raconte douze années pendant lesquelles elle n’était pas mère, puis le moment où elle écrit, juste avant la circoncision de son fils : « Je suis maman. »
Hadva ne raconte pas seulement une grossesse.
Elle raconte dix années de larmes, puis l’annonce qu’elle va enfin conduire son enfant à la Brit Mila.
Hana ne raconte pas seulement que sa fille est tombée enceinte.
Elle raconte douze années d’attente et le coup de téléphone où sa fille lui annonce la nouvelle en pleurant.

« Éloha deMéïr, Anéni » : une formule qui traverse les siècles

Derrière ces témoignages contemporains se trouve une tradition beaucoup plus ancienne.
Le Talmud, dans Avoda Zara, rapporte un épisode célèbre concernant Rabbi Meïr et une situation de danger. C’est dans ce contexte qu’est associée à Rabbi Meïr la formule devenue emblématique : « Éloha dé Rabbi Méïr, Anéni » — Dieu de Rabbi Meïr, réponds-moi.
Des siècles plus tard, cette formule continue d’être prononcée par des hommes et des femmes qui viennent demander une délivrance.
Ce qui frappe, dans les témoignages contemporains, c’est précisément cette continuité : les récits changent, les époques changent, mais la demande demeure.
Un enfant.
Une guérison.
Un mariage.
Une protection.
Une issue.

Le miracle commence parfois par une seule phrase

Dans toutes ces histoires, le mot « délivrance » ne signifie pas la même chose.
Pour Miri Aharoni, la délivrance a un visage : celui de son fils.
Pour Hadva Yehuda, elle prend la forme d’une solution médicale qui permet enfin d’espérer.
Pour Hana Taviv, elle arrive avec les mots de sa fille : « Je suis enceinte. »
Pour Lior et Neta Raviv, elle prend la forme d’une rencontre qui les conduit jusqu’à la houppa.
Pour Sigal Hadad, elle est associée à une amélioration de son état de santé et à une opération réussie.
Pour Yuval Porat, elle est liée à la survie de sa famille après un accident.
Des vies différentes. Des épreuves différentes. Mais une même conviction chez ceux qui témoignent : ils ont demandé une délivrance et ils racontent l’avoir reçue.

Ce ne sont pas des légendes anciennes : ce sont des récits de notre époque

C’est peut-être ce qui donne à cette série de témoignages une force particulière.
Nous ne parlons pas ici uniquement des miracles attribués à Rabbi Meïr dans les récits anciens. Nous parlons de personnes contemporaines qui racontent elles-mêmes ce qu’elles considèrent comme une délivrance.
Le lecteur est libre de recevoir ces récits comme des témoignages de foi, comme des histoires extraordinaires ou comme des miracles.
Mais une chose est incontestable : ces hommes et ces femmes ont ressenti le besoin de revenir raconter ce qui leur était arrivé.
Et lorsqu’une femme qui a attendu douze ans écrit, quelques instants avant la circoncision de son fils, « je suis maman », il n’est plus question d’une formule abstraite.
Il y a une attente.
Il y a une prière.
Il y a un enfant.
Et il y a une mère qui pleure de joie.
À Tibériade, c’est peut-être cela que viennent chercher tous ceux qui déposent aujourd’hui leur nom auprès de Rabbi Meïr Baal Haness : non pas la certitude de savoir quand le miracle arrivera, mais la possibilité de continuer à croire qu’une porte peut encore s’ouvrir.
Éloha de Rabbi Méïr, Anéni.

Les témoignages de Miri Aharoni et Hadva Yehuda sont particulièrement forts pour une série, parce que les sources donnent des éléments concrets : durée du mariage, années d’attente, circonstances, découverte de la ségoula et surtout leur témoignage au moment où elles deviennent mères.

11-Septembre : les dix-sept minutes qui ont sauvé des milliers de vies

11-Septembre : les dix-sept minutes qui ont sauvé des milliers de vies

8h46. Un avion s'enfonce dans la tour nord du World Trade Center. Dix-sept minutes plus tard, un second frappe la tour sud. Entre les deux, des centaines de New-Yorkais ont eu le temps de fuir. Ce délai, personne ne l'avait prévu, pas même les terroristes. Vingt-cinq ans après, quatre destins racontent ce que ces minutes volées ont changé.

Un embouteillage qui a changé l'histoire

Les terroristes voulaient frapper au même instant. Quatre avions, quatre horaires calés à quelques minutes près, pour un choc simultané et maximal. American Airlines 11 devait décoller de Boston à 7h45, United Airlines 175 à 8h00.
Mais ce mardi matin-là, Logan Airport tourne au ralenti comme n'importe quel aéroport un jour de semaine. Les avions patientent sur le tarmac. American 11 s'envole finalement à 7h59, United 175 à 8h14. Un retard banal, le genre qui fait pester les voyageurs pressés, va tout changer.

Résultat : la tour nord est touchée à 8h46, la tour sud à 9h03. Dix-sept minutes d'écart, nées d'un simple bouchon aérien matinal. Dix-sept minutes pendant lesquelles des centaines d'employés de la tour sud, voyant leur voisine en flammes, désobéissent aux consignes qui leur ordonnent de rester à leur poste et se ruent vers les escaliers.

Ce jour-là, 17 400 personnes se trouvaient dans les deux tours. Près de 2 750 mourront, presque toutes situées au niveau ou au-dessus des points d'impact, là où fuir n'était déjà plus possible. En dessous, ce simple retard d'avion a fait la différence entre la vie et la mort pour des milliers de gens qui, à 8h45, ignoraient tout de ce qui les attendait.

Il voit l'avion foncer sur lui, plonge sous son bureau, survit

81e étage de la tour sud, Fuji Bank. Stanley Praimnath est déjà descendu une fois. La sécurité de l'immeuble vient de rassurer tout le monde : la tour sud n'est pas visée, retournez au travail. Il reprend sa place, décroche le téléphone. Par la fenêtre, il aperçoit un avion qui grossit à vue d'œil, aligné droit sur son étage. Il lâche le combiné, hurle, plonge sous son bureau. L'aile du Boeing traverse son bureau de part en part et se plante dans une porte, vingt mètres plus loin. Praimnath est vivant, coincé sous des gravats, à peine blessé.

Trois étages au-dessus, Brian Clark descend l'escalier avec un groupe de collègues d'Euro Brokers quand des coups sourds traversent un mur. Une voix crie à l'aide. La majorité du groupe décide de remonter, une décision qui leur sera fatale.
Clark, lui, reste. Il suit le bruit, dégage les décombres à mains nues, et retrouve Praimnath. Les deux hommes descendent ensemble jusqu'à la rue. Ils comptent parmi les dix-huit seules personnes ayant survécu au niveau ou au-dessus du point d'impact du vol 175. Un quart de siècle plus tard, ils racontent encore leur histoire, côte à côte.

L'homme qui tombe

À 9h41min15s, un homme se jette dans le vide depuis la tour nord du World Trade Center. Le photographe Richard Drew le capture en pleine chute, tête en bas, dans un alignement presque parfait avec les lignes verticales de la tour.
La photo, publiée dès le lendemain, choque tant qu'elle disparaît des médias pendant des années. Vingt-cinq ans après, personne ne connaît son nom.
Un technicien du son du restaurant Windows on the World, Jonathan Briley, reste la piste la plus sérieuse, sans jamais être confirmée. Une autre famille a cru reconnaître un mari, un frère, avant de se déchirer sur un détail de vêtement et de renoncer.
L'homme qui tombe n'a ni identité ni sépulture connue. Il reste, vingt-cinq ans plus tard, le visage anonyme de tous ceux qui n'ont eu, ce matin-là, que le vide à choisir.

Il tombe avec la tour et se réveille sur les décombres

Pasquale Buzzelli, ingénieur, travaille au 64e étage de la tour nord. Quand le premier avion frappe, il commence à descendre à pied. Il atteint le 22e étage quand la structure entière se met à trembler sous lui. La tour s'effondre, et Buzzelli tombe avec elle, enfermé dans une cage d'escalier qui le protège au milieu du chaos. Il perd connaissance. À son réveil, deux heures plus tard, il est allongé à l'air libre, au sommet d'un amas de gravats haut de plusieurs étages, un pied cassé, quelques brûlures. Un feu couve non loin de lui. Des pompiers, montés inspecter le sommet des ruines, le repèrent juste à temps. Buzzelli fait partie des seize personnes extraites vivantes des décombres du World Trade Center, et l'un des deux seuls à avoir survécu à une chute depuis les étages supérieurs.

Vingt-sept heures dans le noir, une main qu'elle ne peut plus tenir

Genelle Guzman-McMillan travaille au 64e étage de la tour nord pour l'Autorité portuaire. Elle descend l'escalier en tenant la main d'une collègue quand la tour s'écroule autour d'elle. L'explosion des débris les sépare. Guzman-McMillan se retrouve la tête coincée entre deux blocs de béton, la jambe droite prisonnière jusqu'à la cuisse, seul son bras gauche encore libre. Dans le noir, pendant vingt-sept heures, elle attend. Elle sera la dernière personne retrouvée vivante sur le site. Sa collègue, elle, ne s'en sortira pas.

Ce que dix-sept minutes peuvent changer

Un retard d'avion, une porte franchie deux fois, une cage d'escalier plutôt qu'un couloir, une poutre qui a tenu là où tant d'autres ont cédé. Aucun de ces éléments n'est extraordinaire pris séparément. Mis bout à bout, ils dessinent des trajectoires que rien, statistiquement, n'aurait dû épargner. Vingt-cinq ans après, ces histoires rappellent une chose simple : ce mardi matin-là, la différence entre vivre et mourir s'est parfois jouée à quelques minutes, ou à quelques mètres.

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Rosh Hachana 5787 : le nombre qui se lit dans les deux sens, une nation qui tient

Rosh Hachana 5787 : le nombre qui se lit dans les deux sens

L'année juive 5787 s'écrit ה'תשפ"ז. Le premier caractère, ה, désigne le millénaire en cours et se sous-entend toujours à l'écrit : on ne garde donc que ses quatre dernières lettres, תשפ"ז, dont la valeur numérique totale est 787.

Or ce nombre se lit à l'identique dans les deux sens, un palindrome parfait, et il ne se laisse diviser par rien. Ce que la guématria en tire n'est pas une prédiction, c'est une clé de lecture, et elle parle de retour, d'unité et de vigilance.

Un nombre qui revient sur lui-même

תשפ"ז vaut 787. Lu à l'envers, il donne encore 787. C'est un palindrome parfait. Or Rosh Hachana s'appelle, dans la tradition, le jour du retour, teshouva, celui où l'on revient à son point de départ pour repartir plus juste. Que le nombre même de l'année porte cette symétrie n'est pas un hasard cosmétique : il inscrit dans le calendrier l'idée que rien de ce qui a été enclenché depuis octobre 2023 ne s'efface, mais que tout peut se réorienter, revenir vers son axe, sans se perdre en chemin.

Une année qui ne se laisse pas fragmenter

787 ne se divise par aucun autre nombre que lui-même et 1. C'est un nombre premier, indivisible. Appliqué à une nation qui entre dans cette année sous pression, de l'intérieur comme de l'extérieur, le signal est net : 5787 est une année qui résiste structurellement à la division. Elle ne se coupe pas en morceaux, elle ne se répartit pas en parts que d'autres pourraient s'approprier ou fracturer. Elle tient entière, ou elle ne tient pas.

Le contraste que personne n'a regardé

L'année qui s'achève, 5786, s'écrit תשפ"ו et vaut 786. Ce nombre se divise par 2, par 3, par 6, par 131, par 262, par 393. Six façons différentes de le couper en morceaux égaux.
5787, elle, n'en offre aucune. Le passage d'une année à l'autre n'est donc pas un simple changement de chiffre, c'est le passage d'un nombre qui se fragmente sans résistance à un nombre qui refuse absolument d'être partagé.
Pour un pays qui sort d'une année traversée de lignes de fracture aussi bien internes qu'externes, la traduction numérique est sans détour : ce qui se laissait diviser ne se divisera plus de la même façon.

C'est un fait vérifiable, pas une extrapolation : 786 et 787 sont deux nombres consécutifs, et l'un se fractionne en six façons quand l'autre n'en accepte aucune. Le contraste est brut, il n'a pas besoin d'enjolivure.

Ce que disent les quatre lettres

Chaque lettre de תשפ"ז peut se lire comme l'initiale d'un mot, une pratique ancienne pour saisir le caractère d'une année. Une première lecture donne : תהיה שנת פדות זו, "que celle-ci soit une année de rédemption". Une seconde, plus grave, donne תמורה, שינוי, פיוס, זהירות, transformation, changement, réconciliation, vigilance. Les deux ne s'opposent pas, elles se répondent. Une année de rédemption qui exige la vigilance, c'est la structure même de toute délivrance dans l'histoire juive : rien n'arrive sans qu'on reste sur ses gardes jusqu'au bout.

Le chiffre qui referme la boucle

En réduisant 787 à un seul chiffre, on obtient 4. Ce chiffre traverse le symbolisme juif avec insistance : les quatre matriarches, les quatre expressions de la délivrance dans l'Exode, "je vous ferai sortir, je vous délivrerai, je vous rachèterai, je vous prendrai", les quatre coupes du seder. Une année réduite au 4 est une année de sortie et de promesse tenue, celle où l'on quitte un état pour un autre, pas celle où l'on stagne.

Cinquième marche avant le repos de la terre

5787 est la cinquième année du cycle de chemita en cours, celui qui a commencé en 5783 et qui s'achèvera par une nouvelle année sabbatique en 5789. C'est l'avant-dernière ligne droite, celle où l'effort et la préparation comptent encore plus que l'accomplissement, à deux ans du repos attendu.

Ce que 5787 annonce pour Israël

Mis bout à bout, ces nombres dessinent un profil net, pas une prophétie. Une année qui revient sur elle-même sans se dissoudre. Une année indivisible, qui ne se laisse pas fracturer de l'extérieur ni de l'intérieur. Une année de sortie promise, mais tenue sous vigilance et non offerte sans effort. Une avant-dernière marche avant un repos plus grand. תשפ"ז n'annonce pas un événement précis, elle annonce un caractère : celui d'une nation qui tient, qui revient à elle-même, et qui avance vers une échéance qu'elle n'a pas encore atteinte.

 

Rabbi Meïr Baal Haness : plus de 1,3 million de visiteurs à Tibériade, mais qui prie réellement sur son tombeau ?

Rabbi Meïr Baal Haness : plus de 1,3 million de visiteurs à Tibériade, mais qui prie réellement sur son tombeau ?

Rabbi Meïr Baal Haness : plus de 1,3 million de visiteurs à Tibériade, mais qui prie réellement sur son tombeau ?

Le tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness, à Tibériade, accueille chaque année plus de 1,3 million de visiteurs. Un lieu saint bien réel, où des fidèles viennent prier, déposer leurs demandes et invoquer le mérite du Tanna.
Mais face à la multiplication des sites Internet qui proposent des prières « sur le tombeau » depuis la France ou l’étranger, une question simple s’impose : qui est réellement à Tibériade pour prononcer votre nom ?

Il y a une différence fondamentale entre faire une prière pour quelqu’un et affirmer que cette prière a été faite sur le tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness.

Cette différence n’est pas un détail commercial. Elle est au cœur de la démarche de milliers de familles juives qui, depuis des générations, associent leur demande au mérite du grand Tanna.
À Tibériade, le tombeau attribué à Rabbi Meïr Baal Haness est aujourd’hui un lieu de pèlerinage majeur. Le site officiel indique que plus de 1,3 million de personnes visitent chaque année le complexe.
Le chiffre est considérable. Il suffit de voir l’activité permanente du lieu pour comprendre qu’il ne s’agit ni d’un symbole virtuel ni d’une simple adresse utilisée sur Internet : des fidèles y viennent effectivement prier, étudier, allumer des veilleuses et déposer leurs demandes.

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« Eloka deMeïr anéni » : pourquoi Rabbi Meïr est-il invoqué ?

Rabbi Meïr est l’un des grands Tannaïm de la Mishna et l’un des disciples de Rabbi Akiva.
Son nom est associé à une histoire talmudique célèbre, rapportée dans le traité Avoda Zara, dans laquelle il intervient pour sauver sa belle-sœur emprisonnée par les Romains.
C’est dans ce récit qu’apparaît la formule devenue emblématique : « Eloka deMeïr anéni » — « Dieu de Meïr, réponds-moi ».
Le sens est essentiel : il ne s’agit pas de transformer Rabbi Meïr en divinité. La prière reste adressée à Dieu, tandis que l’on invoque le mérite du tsaddik.
C’est cette tradition qui explique le surnom Baal Haness, « maître du miracle », associé depuis des siècles à Rabbi Meïr.

Un lieu réel, une présence réelle

Aujourd’hui, les fidèles qui se rendent à Tibériade savent exactement où ils vont : le tombeau se trouve sur le boulevard Kaplan, à Tibériade, au sud de la ville, à proximité du lac de Tibériade. Le site officiel donne son adresse et ses coordonnées. Kever Rabbi Meïr à Tiberiade.
Un seul lieu et une seule adresse.

Le site officiel annonce également des services liés directement au lieu : prières au tombeau, mention de noms, allumage d’une veilleuse, récitation de prières et autres pratiques religieuses.
Voilà le point essentiel.
Lorsqu’une personne demande que son nom soit mentionné au tombeau, quelqu’un doit être physiquement présent au tombeau pour que cette affirmation soit littéralement vraie.
Une photographie du caveau ne constitue pas une présence.
Une vidéo du caveau ne constitue pas une présence.
Un site Internet qui utilise le nom de Rabbi Meïr ne constitue pas une présence.
Et une publicité affirmant « nous prions sur le tombeau » ne permet pas, à elle seule, de savoir qui a réellement prononcé la demande.

Alors, qui est réellement sur place ?

C’est la question que chacun devrait poser avant de confier son nom, sa demande ou son don.
Qui prie ?
Où cette personne se trouve-t-elle ?
Est-elle réellement à Tibériade ?
La prière est-elle faite au tombeau ou ailleurs ?
Ces questions ne sont ni offensantes ni déplacées. Elles sont simplement nécessaires.
D’ailleurs, certains organismes francophones annoncent explicitement qu’ils disposent de rabbins ou de personnes se rendant sur place. Il ne faut donc pas mettre tous les services à distance dans le même sac. Certains peuvent effectivement organiser une prière au tombeau. D’autres ne donnent pas au lecteur les éléments permettant de vérifier cette présence.
La différence est précisément là : une affirmation vérifiable n’est pas une promesse publicitaire.

Le tombeau de Rabbi Meïr n’est pas une adresse virtuelle

Les institutions liées au tombeau indiquent elles-mêmes que des prières sont prononcées sur place et que des noms peuvent être mentionnés. Le site officiel propose notamment la possibilité de faire allumer une veilleuse au tombeau et de faire mentionner des noms.
Les Institutions Rabbi Meïr Baal Haness indiquent également que les rabbins présents autour du mausolée et sur l’esplanade prient pour les personnes qui leur confient leurs demandes.
La réalité est donc très simple : la prière sur le tombeau suppose une présence humaine au tombeau.
Si un intermédiaire reçoit votre demande depuis Paris, Montréal, Bruxelles ou ailleurs, il doit pouvoir vous expliquer qui, en Israël, transmet réellement cette demande au lieu saint.

Pourquoi cette exigence est-elle importante ?

Parce que la force symbolique de cette démarche repose précisément sur le lieu.
Une personne qui souhaite simplement prier pour quelqu’un peut le faire partout. Elle peut réciter des Téhilim chez elle, demander une bénédiction à un rabbin ou faire une tsedaka au mérite d’un tsaddik.
Mais lorsqu’une offre commerciale promet spécifiquement : « votre nom sera prié sur le tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness », la promesse devient concrète.
Elle signifie qu’une personne se trouve réellement à Tibériade.
Sinon, il faut employer une autre formulation.
Une prière à distance peut être une prière sincère. Mais elle ne doit pas être présentée comme une prière physiquement accomplie au tombeau si personne n’y est.

Rabbi Meïr et Berouria : derrière le miracle, une histoire humaine extraordinaire

Il serait impossible de parler de Rabbi Meïr sans évoquer Berouria, son épouse, l’une des figures féminines les plus remarquables de la littérature talmudique.
Berouria n’est pas simplement « la femme de Rabbi Meïr ».
Les textes talmudiques la montrent comme une femme d’une érudition exceptionnelle, capable de discuter avec les sages, de les corriger et d’influencer son propre mari.

Dans l’histoire de la prisonnière romaine, c’est elle qui demande à Rabbi Meïr de sauver sa sœur.
Et c’est à partir de cette histoire que s’est imposée la formule « Eloka deMeïr anéni ».
Mais des siècles plus tard, une autre histoire apparaît sous la plume de Rachi : celle de « l’affaire de Berouria », évoquée mystérieusement dans le Talmud et interprétée par Rachi comme une épreuve de séduction organisée par Rabbi Meïr.
Il faut être extrêmement rigoureux : le Talmud ne raconte pas cette histoire comme Rachi la rapporte.
Le Talmud évoque simplement « l’affaire de Berouria ». Rachi, près de neuf siècles plus tard, en donne une interprétation.
Cette différence entre le texte ancien et son commentaire est essentielle. Elle rappelle qu’entre l’histoire, le Talmud, les commentaires médiévaux et la mémoire populaire, plusieurs strates se sont superposées.

La mémoire juive mérite la même exigence de vérité

C’est précisément pour cela qu’il faut être vigilant aujourd’hui.
Nous exigeons des sources lorsque nous racontons l’histoire de Rabbi Meïr.
Nous distinguons le Talmud de Rachi.
Nous distinguons les faits historiques des traditions.
Nous devons appliquer exactement la même exigence lorsqu’un service Internet nous promet qu’une prière sera faite sur un tombeau.
Qui est sur place ?
C’est la seule question qui compte.
Le site officiel du tombeau diffuse d’ailleurs aujourd’hui des informations sur le lieu et permet de vérifier son activité réelle.

Plus de 1,3 million de visiteurs : Tibériade n’a besoin d’aucun faux-semblant

Le chiffre est suffisamment impressionnant pour se passer de toute exagération : plus de 1,3 million de visiteurs par an, selon le site officiel du tombeau.
Des milliers de personnes viennent y prier.
Des rabbins y sont présents.
Des noms y sont mentionnés.
Des veilleuses y sont allumées.
Des prières y sont prononcées.
Le tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness existe à Tibériade comme lieu de pèlerinage vivant.
Il n’a donc besoin d’aucune mise en scène virtuelle.
Et ceux qui proposent de transmettre une demande au tombeau doivent simplement être capables de répondre à une question élémentaire :
« Qui sera physiquement à Tibériade pour prier pour moi ? »
La réponse doit être claire.
Parce qu’une prière mérite de la sincérité.
Un don mérite de la transparence.
Et lorsqu’une personne confie son nom au mérite de Rabbi Meïr Baal Haness, elle mérite de savoir où, par qui et réellement comment sa demande sera portée.
Votre prière mérite une présence réelle.
Tibériade. Le tombeau de Rabbi Meïr Baal Haness.

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Deux millions de noms juifs retrouvés en cinq mois : la mémoire collective a désormais son site

Deux millions de noms juifs retrouvés en cinq mois : la mémoire collective a désormais son site

 

Deux millions de noms juifs identifiés, sourcés et reliés entre eux en cinq mois seulement. Zakhor.ai, la plateforme lancée par Bernard Bensaid, ne se contente pas de collecter des données : elle construit le recensement mémoriel intégral d'un peuple, nom après nom, pierre après pierre.

Un recensement que personne n'avait jamais osé entreprendre

Depuis Abraham, environ cent vingt millions de personnes ont vécu et sont mortes juives dont Jésus et ses apôtres.

C'est ce chiffre, vertigineux et longtemps hors de portée, que la plateforme Zakhor.ai a choisi comme horizon. Non pas constituer une base de données parmi d'autres, mais bâtir le recensement mémoriel complet d'une civilisation.
En cinq mois d'existence, le site a déjà identifié, sourcé et relié deux millions de noms. Un résultat rendu possible par une conjonction inédite : trois gisements de mémoire juive, longtemps disjoints, sont désormais lisibles ensemble.

Le premier gisement rassemble les documents administratifs : actes de mariage, ketubot, registres d'état civil, listes communautaires, archives consulaires.
Le tissu bureaucratique des siècles, enfin exploitable.
Le deuxième réunit les documents de mémoire proprement dits : récits familiaux, correspondances, mémoriaux, chroniques rabbiniques. Le troisième, le plus négligé jusqu'ici et sans doute le plus riche, ce sont les pierres tombales elles-mêmes.
Des millions de stèles portent, en hébreu, l'identité complète d'un défunt : son nom, celui de son père, sa date, parfois sa lignée et son métier. Leur déchiffrement exigeait autrefois un paléographe par cimetière. La reconnaissance d'écriture hébraïque manuscrite et lapidaire a désormais franchi ce seuil : chaque cimetière juif du monde devient une base de données en attente de lecture.

Établi, conjecturé, transmis : la règle qui protège la mémoire juive

Ce qui distingue Zakhor.ai d'une simple compilation généalogique, c'est sa méthode.
Chaque information versée dans le corpus porte son statut : historique, mémorial, établi, conjecturé ou transmis. Une tradition familiale qui fait remonter une lignée à une grande figure rabbinique n'est pas rejetée comme fausse, elle est qualifiée de transmise, ce qui est déjà une donnée précieuse sur ce qu'une famille a cru et raconté d'elle-même.
Elle n'est simplement pas confondue avec un acte notarié du XVIIIe siècle. Cette exigence épistémique n'est pas un raffinement académique, elle est la condition de survie du projet, dans un contexte où la désinformation sur l'histoire juive prolifère justement parce qu'aucune source fiable et systématiquement sourcée ne s'impose face à elle.

Des Conversos aux manuscrits de la Gueniza : des chantiers colossaux

Parmi les chantiers ouverts par Zakhor.ai, celui des Conversos frappe par son ampleur. Cinq cent mille personnes ont été converties de force sur cinq siècles dans la péninsule ibérique et ses empires.
Environ dix millions de descendants vivent aujourd'hui, essentiellement au Portugal, en Espagne, au Brésil, au Mexique et dans le sud-ouest des États-Unis, sans connaître cette ascendance juive. Paradoxalement, l'Inquisition elle-même a produit, pour persécuter, le corpus généalogique le plus détaillé du monde prémoderne. Retourner cet appareil contre son dessein initial, pour rendre un nom à dix millions de personnes, figure parmi les ambitions les plus fortes du projet.

Un autre chantier vise les manuscrits hébraïques, judéo-arabes et judéo-espagnols dormant dans les fonds de Saint-Pétersbourg, Cambridge, Jérusalem ou Le Caire. La seule Gueniza du Caire contient plus de documents qu'une vie de chercheur ne peut en lire. Leur transcription et leur traduction, en treize langues, doivent rendre accessibles des textes que quinze personnes au monde savaient encore déchiffrer.

La génétique au service de la mémoire, avec des garde-fous stricts

Zakhor.ai explore aussi la génétique comme outil de validation historique. Le chromosome Y, avec une mutation observée en moyenne tous les quatre-vingts ans, permet de dater l'ancêtre commun de deux lignées avec une précision de l'ordre de la génération, et donc de confirmer ou d'infirmer une tradition familiale.
L'ADN mitochondrial, transmis par les mères, offre un instrument complémentaire, aux mutations plus espacées. La dimension médicale n'est pas négligée non plus : certaines lignées juives portent des signatures pathologiques identifiables, et une généalogie bien faite devient un véritable outil de santé publique. Deux règles, présentées comme non négociables, encadrent cette démarche : rien de génétique n'entre sur la plateforme sans consentement explicite et révocable, et rien n'en sort vers un assureur, un employeur ou une administration.

Une identité documentée pour résister à l'hostilité

Au-delà de l'archive, Zakhor.ai se positionne aussi sur le terrain de l'identité et de la résilience. Une étude pilote est lancée avec l'International Institute for Jewish Genealogy auprès d'étudiants américains confrontés à l'hostilité sur leurs campus. L'hypothèse défendue est qu'une identité documentée, incarnée par un ancêtre précis, un village, une signature, résiste mieux qu'une appartenance seulement affirmée. Si le pilote confirme cette intuition, l'outil pourrait être déployé sur les campus occidentaux, une demande qui monte aussi en France chez les jeunes générations en quête de leurs origines.

Un projet qui avance par relais humains

À ce jour, la plateforme compte 1 796 Grands Livres publiés, 7 387 lignées documentées et 15 445 figures répertoriées, pour une communauté de 172 membres actifs.
Le projet, porté par Bernard Bensaid, ne progresse pas seulement par la technique : il s'appuie sur des ambassadeurs, dans les communautés et les synagogues, pour faire connaître la démarche. Chacun peut y contribuer : écrire ou enrichir le Grand Livre d'une famille, témoigner sur un proche disparu, ou importer son propre arbre généalogique déjà constitué.

À l'heure où la mémoire juive se trouve exposée à une désinformation organisée, en particulier dans les grandes bases de données qui nourrissent les intelligences artificielles, Zakhor.ai fait le pari inverse : construire un corpus si rigoureusement sourcé qu'il devienne, de fait, la référence. Un pari sur la rigueur plutôt que sur le bruit. Chacun peut y déposer une pierre, un acte, un nom.

Zakhor.ai est accessible en ligne, en treize langues, et l'inscription est gratuite.

 

 

Revue de presse israélienne Alliance, le premier magazine juif sur le net, du 09 et 10-09-2026

Revue de presse israélienne du 21 octobre 2026 par Alliance Magazine

 

Revue de presse israélienne Alliance, le premier magazine juif sur le net, du 09 et 10-09-2026

Netanyahou menace de poursuivre Haaretz en diffamation après la révélation sur l'alerte émiratie

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a chargé ses avocats d'envoyer une mise en demeure préalable à une action en diffamation contre Haaretz et les journalistes Shlomi Eldar et Ruth Yuval. Ces derniers avaient révélé que le président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed aurait averti Netanyahou, lors d'une conversation téléphonique de quarante-cinq minutes, que le Hamas envisageait une attaque d'ampleur, quelques jours avant le 7 octobre 2023. Le cabinet du Premier ministre qualifie le récit d'invention pure et simple, affirmant qu'aucune communication n'a eu lieu entre Netanyahou et le président émirati entre début septembre 2023 et le 7 octobre. Haaretz a répondu maintenir intégralement les termes de son enquête.
https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-09-09/ty-article/.premium/netanyahu-denies-haaretz-report-on-pre-oct-7-warning-says-he-will-sue/000001a0-852c-d4aa-a7fd-f76e2e330000

Ron Dermer dément toute conversation entre Netanyahou et le président émirati

L'ancien ministre stratégique Ron Dermer a déclaré, lors de la conférence MEAD à Washington, qu'aucune conversation n'a jamais eu lieu entre Benyamin Netanyahou et Mohammed ben Zayed. Il a précisé que si un tel échange avait eu lieu, il en aurait nécessairement été informé, l'une de ses missions consistant justement à élargir les accords d'Abraham et à renforcer le partenariat avec les Émirats arabes unis. Dermer a ajouté avoir été partie prenante ou présent sur la ligne lors de tous les échanges effectivement tenus entre le Premier ministre et le président émirati.
https://www.ynet.co.il/news/article/hyxfb71ffg

Yaïr Lapid dit avoir été « horrifié » par les documents montrés par Netanyahou lors d'une réunion pré-7 octobre

Dans le podcast politique « 120 ve'ehad » de Ynet, le chef de l'opposition Yaïr Lapid a raconté avoir assisté, environ un mois avant le 7 octobre 2023, à un point de sécurité chez Benyamin Netanyahou en tant que chef de l'opposition. Il dit avoir été horrifié à deux reprises : d'abord par le renseignement lui-même, qui indiquait une montée des tensions, puis par la réaction de Netanyahou, qu'il décrit comme visiblement ennuyé par le sujet. Lapid évoque un excès d'assurance chez le Premier ministre, qui selon lui l'empêchait d'écouter.
https://www.ynet.co.il/news/120andone/article/sya00xpcogx

Clôture des listes électorales : trente-huit partis en lice pour le scrutin du 27 octobre

Le dépôt des listes de candidats pour les élections législatives du 27 octobre 2026 s'est officiellement clos après deux jours de dépôts au sein de la Knesset, sous la supervision du juge de la Cour suprême Noam Sohlberg, président de la commission électorale centrale. Trente-huit partis ont déposé leur liste, parmi lesquels Yesh! avec Yaïr, B'Yachad, les Démocrates, Israël Beytenou, Otzma Yehudit et le Shas, ce dernier ayant déposé sa liste in extremis en fin d'après-midi.
https://www.ynet.co.il/news/elections2026/article/r1h8ec6dml

Le Likoud dévoile ses candidats réservés avant l'échéance

Le Likoud a communiqué la répartition finale de ses sièges dits « blindés », directement attribués par Benyamin Netanyahou sans passage par les urnes internes du parti. Talik Gvili occupe la neuvième place, le journaliste Yaakov Bardugo la onzième, Elisha Madan la quinzième et Itzik Bonzel la vingt-neuvième. Amir Avivi a de son côté renoncé à la place qui lui était réservée en trente-cinquième position, en échange de la promesse d'un poste ministériel extérieur à la Knesset.
https://www.maariv.co.il/news/politics/article-1364163

Sondage des sondages : quasi-parité entre les blocs de coalition et d'opposition

Une compilation de cinq sondages publiée par Maariv indique une quasi-parité entre les blocs politiques, le bloc de Benyamin Netanyahou (Likoud inclus) obtenant en moyenne 53,6 sièges contre 53,4 pour le bloc d'opposition sioniste mené par Gadi Eisenkot. La liste commune Yoaz Hendel-Yaron Zelekha reste sous le seuil d'éligibilité dans la moyenne des sondages, à environ 2,7 % des intentions de vote, bien qu'elle franchisse ce seuil dans le sondage de la chaîne publique Kan.
https://www.maariv.co.il/news/elections-2026/article-1364861

Trump affirme que la guerre avec l'Iran prendra fin après les élections américaines de mi-mandat

Le président américain Donald Trump a déclaré aux journalistes, avant son départ pour un meeting républicain à Dallas, que la guerre avec l'Iran prendrait fin selon lui immédiatement après les élections de mi-mandat du 3 novembre. Il a accusé Téhéran de vouloir peser sur le scrutin en misant sur l'obtention d'un Congrès affaibli qui laisserait le régime iranien poursuivre son programme nucléaire. Trump a confirmé que les forces américaines étaient responsables des dernières frappes contre des pétroliers iraniens, affirmant en avoir détruit neuf, et a prévenu que d'autres frappes suivraient.
http://www.jpost.com/international/article-908164

Les forces américaines détruisent des pétroliers iraniens, Téhéran riposte contre la Jordanie

Les forces américaines ont frappé des pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman après des tentatives d'attaque de missiles contre des navires de la marine américaine. En représailles, les gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué une frappe de missiles balistiques contre une base américaine à Al-Azraq, en Jordanie, tout en menaçant les navires stationnés au Koweït et à Bahreïn. Le commandement central américain a par ailleurs indiqué qu'un drone sous-marin saisi par l'Iran était un appareil défectueux.
https://www.timesofisrael.com/us-hits-iranian-oil-tankers-after-attempted-missile-attacks-on-american-navy/

Le Royaume-Uni annonce un embargo commercial sur les implantations, accuse Israël de « nettoyage ethnique »

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Ed Miliband a annoncé devant la Chambre des communes une interdiction totale des échanges commerciaux avec les implantations israéliennes de Judée-Samarie, ainsi qu'un train de sanctions visant les entreprises et individus facilitant l'expansion des implantations. Il a qualifié l'occupation israélienne de la Judée-Samarie d'entièrement illégale et accusé des « colons terroristes » de mener un nettoyage ethnique des Palestiniens, affirmant que le gouvernement israélien fermait les yeux sur ces agissements. La France et le Canada ont annoncé, dans la foulée, qu'ils prendraient des mesures similaires.
https://www.timesofisrael.com/denouncing-ethnic-cleansing-in-west-bank-uk-announces-trade-ban-with-settlements/

Israël ferme le consulat britannique de Jérusalem en représailles

En réponse aux sanctions britanniques, Israël a annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem sous trente jours et a donné sept jours aux diplomates britanniques pour quitter le centre de coordination de Gaza ainsi que Ramallah. Un responsable britannique a précisé que Washington avait été informé à l'avance de la décision et n'avait pas demandé au Royaume-Uni de reporter l'annonce de ces sanctions.
https://www.timesofisrael.com/trump-briefed-in-advance-didnt-ask-uk-to-wait-with-settlement-sanctions-official/

Images satellite : accélération de la construction sur le site nucléaire iranien de « Pickaxe Mountain »

Une analyse d'images satellite réalisée par le centre de réflexion américain CSIS, portant sur l'année 2026, révèle une hausse marquée des travaux de construction sur le site souterrain iranien surnommé « Pickaxe Mountain », situé à proximité du complexe nucléaire de Natanz. Selon cette analyse, les portails d'accès au tunnel ont été renforcés et durcis, et le réseau routier interne du site a été pavé, ce qui suggère un basculement de l'excavation vers la construction interne. Les analystes estiment toutefois que l'installation ne semble pas encore en mesure de mener des activités d'enrichissement.
https://www.israelhayom.com/2026/09/09/iran-pickaxe-mountain-nuclear-site-construction

L'hôpital Sheba inaugure un institut d'imagerie obstétrique et gynécologique en mémoire des parents d'une donatrice

Le Sheba Medical Center a organisé une cérémonie en l'honneur de Karen Cohen Khazon, directrice générale et actionnaire majoritaire de Turpaz Industries, à l'occasion de l'inauguration de l'Institut d'imagerie obstétrique et gynécologique de l'hôpital. Cet institut a été créé en mémoire des parents défunts de la donatrice, Nediva (Gisèle) et Moshe (Musa) Cohen, ce dernier ayant été l'un des fondateurs de l'industrie électrique israélienne. La cérémonie s'inscrit dans le cadre d'un don total de près de 70 millions de shekels, annoncé en juillet 2025, réparti entre le Sheba Medical Center, l'hôpital Rabin-Beilinson et le Soroka Medical Center. Le professeur Yitshak Kreiss, directeur général de Sheba, a participé à la cérémonie de coupe de ruban.
http://www.jpost.com/israel-news/article-908162

Des parlementaires américains bipartisans alertent sur le risque d'un effondrement financier de l'Autorité palestinienne

Six membres du Congrès américain, trois républicains et trois démocrates, ont adressé une lettre au secrétaire d'État Marco Rubio et au secrétaire au Trésor Scott Bessent, avertissant qu'une crise budgétaire affaiblissant l'Autorité palestinienne créerait exactement le type de vide que le Hamas et d'autres acteurs soutenus par l'Iran cherchent à exploiter. Menée par les représentants Brad Schneider et Craig Goldman, coprésidents du caucus du Congrès sur les accords d'Abraham, la lettre appelle Washington à travailler avec Israël pour maintenir les recettes douanières destinées à l'Autorité palestinienne tout en empêchant leur détournement vers des organisations terroristes.
https://www.jpost.com/middle-east/article-908163

Le film Atzmaut de Moshé Rosenthal remporte dix prix Ophir, dont celui du meilleur film

La cérémonie des prix Ophir 2026 s'est achevée sur le triomphe du film Atzmaut de Moshé Rosenthal, qui a remporté dix récompenses dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Le film rejoint ainsi un cercle restreint de seulement deux autres films de l'histoire des prix Ophir à avoir obtenu dix statuettes. Grâce à cette victoire, Atzmaut représentera Israël dans la course à l'Oscar du meilleur film international pour l'édition 2027.
https://www.ynet.co.il/entertainment/article/rkch5kadmg

Israël s'apprête à ouvrir sa première ambassade en Slovénie

Israël va ouvrir sa première ambassade à Ljubljana, capitale slovène, marquant un réchauffement des relations avec un pays qui comptait auparavant parmi les critiques les plus sévères d'Israël en Europe. Un sondage cité dans l'article indique toutefois qu'un rapprochement diplomatique avec Jérusalem est rejeté par 56 % de l'opinion publique slovène.
https://www.timesofisrael.com/israel-set-to-open-first-embassy-in-slovenias-capital-as-thawing-ties-buck-trend/

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Bébés drogués au supermarché, moshav en guerre contre le racket : les faits divers méconnus qui agitent Israël

Faits divers et insolites en Israël du magazine Alliance : édition du 16 septembre

Bébés drogués au supermarché, moshav en guerre contre le racket : les faits divers méconnus qui agitent Israël

Loin des radars de la presse internationale, deux affaires bouleversent l'opinion israélienne ces derniers jours. La première révèle le mode opératoire glaçant d'un empoisonneur de petits pots pour bébés, la seconde met en scène tout un village agricole du nord qui refuse de plier face au crime organisé.

L'empoisonneur des petits pots "Prinok" : la méthode terrifiante enfin dévoilée

L'enquête sur l'empoisonnement de compotes pour bébés de la marque "Prinok" révèle une méthode particulièrement calculée.
Le suspect, Yan Shmula, quarante ans, pénétrait dans des succursales de la chaîne de supermarchés "Zol Ouvegadol" à Jérusalem, y volait discrètement les produits, y injectait des médicaments sédatifs puissants, puis replaçait les petits pots trafiqués sur les rayons.
Quatre nourrissons avaient été hospitalisés à l'hôpital Hadassah Ein Kerem après avoir consommé ces compotes, des analyses ayant révélé dans leur sang des résidus de clonazépam et de lorazépam, des tranquillisants réservés aux adultes.
La police, qui détient des vidéos des faits saisies dans l'ordinateur du suspect, précise qu'il a agi "délibérément, dans une tentative d'empoisonner des bébés." Le Shin Bet est associé à l'enquête, et un acte d'accusation pour usage de poison mettant en danger des vies humaines est imminent.

Source : Bhol

"Payer une taxe de protection ? Hors de question" : un moshav entier se soulève contre le racket

Dans le moshav de Ramat Tsvi, en Galilée, des éleveurs reçoivent depuis plusieurs jours des appels menaçants leur proposant de "services de sécurité" qui se révèlent être des demandes d'extorsion déguisées.
Plutôt que de céder, Itzik Abramovitch, soixante-cinq ans, dont les parents ont fondé l'exploitation en 1949, refuse tout net : "Payer une taxe de protection ? Ce n'est vraiment pas une option." L'ensemble du village décide alors de se mobiliser collectivement, en lien avec l'association "Ad Kan", qui lutte contre le phénomène du racket.

Cette vague d'intimidation intervient alors qu'un tracteur a été incendié quelques jours plus tôt au kibboutz Ayelet HaShahar, et que des exigences similaires ont visé le kibboutz Amiad. "Ramat Tsvi ne tombera pas et ne paiera personne. Nous sommes unis, nous nous battrons ensemble", martèle un habitant.

Source : Walla

Voitures fracassées, plage sous surveillance, professeur roué de coups : les faits divers qui ont secoué Israël entre le 8 et le 10 septembre

Entre le 8 et le 10 septembre, Israël a connu une nouvelle séquence de faits divers marquants. Seize voitures détruites à coups de pierre à Netanya, un récidiviste des plages arrêté à Tel-Aviv, un motard tué près de Tsour Hadassa et un collégien qui frappe son professeur à Beer-Sheva composent le tableau de ces trois journées.

Seize voitures fracassées et des menaces de mort à Netanya

Un homme de quarante ans, habitant de Netanya, est inculpé après avoir agressé ses voisins, les avoir menacés de mort et détruit seize véhicules garés près de son immeuble. Selon l'acte d'accusation, la police reçoit un signalement faisant état d'un individu qui déambule entre les voitures d'un parking public proche de la plage et fracasse leurs vitres à l'aide d'une grosse pierre. Le suspect est identifié et arrêté par les policiers, qui découvrent qu'il avait également menacé ses voisins en leur disant : "Je vais vous tuer et vous égorger."

Source : Ynet

Arrêté une nouvelle fois pour attouchements sur une plage de Tel-Aviv

Un homme de quarante-cinq ans, originaire de Haïfa, est arrêté par la police après avoir commis des attouchements sur une femme à la plage Guéoula de Tel-Aviv. Le suspect avait déjà été interpellé au mois de juin dernier, après avoir touché les fesses de plusieurs femmes à la plage Frishman, dans la même ville.

Source : Ynet

Un motard de vingt ans tué après une glissade dans les monts de Jérusalem

Un motard âgé de vingt ans trouve la mort après avoir glissé alors qu'il circulait sur la route 375, près de Tsour Hadassa, dans les monts de Jérusalem. L'équipe du Magen David Adom constate son décès sur place.

Source : Ynet

Un collégien frappe son professeur à coups de poing : les cours retardés à Beer-Sheva

Dans une classe de septième année de l'école "Makif Alef" à Beer-Sheva, un élève frappe à coups de poing son professeur principal, tout en proférant de lourdes insultes, devant l'ensemble de ses camarades. Blessé, l'enseignant est évacué pour recevoir des soins médicaux. Face à la gravité de l'incident, le syndicat des enseignants annonce que les cours ne débuteront qu'à dix heures ce jeudi matin, et un responsable syndical se rend sur place pour un entretien avec le corps enseignant. "Il est inconcevable qu'un enseignant se rende à l'école pour transmettre son savoir et en reparte blessé", déclare le syndicat.

Source : Walla

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« Ils jouent avec nos vies » : l'IA hors de contrôle et l'Olam Haba que le judaïsme avait annoncé

« Ils jouent avec nos vies » : l'IA hors de contrôle et l'Olam Haba que le judaïsme avait annoncé

« Ils jouent avec nos vies » : quand un chercheur d'Anthropic tire la sonnette d'alarme sur l'IA

Sept messages publiés sur X, mardi en fin d'après-midi. Moins de deux heures plus tard, ils avaient déjà été vus deux millions de fois. Jacob Coxon, chercheur britannique de 27 ans, a annoncé sa démission d'Anthropic et son retrait pur et simple de l'industrie de l'intelligence artificielle. Le motif tient en une phrase glaçante : « Elles foncent droit vers une superintelligence capable de s'améliorer elle-même et jouent avec nos vies. » Les deux entreprises visées ne sont autres qu'OpenAI et Anthropic, ses deux anciens employeurs.

Un mathématicien au cœur de la fabrique

Coxon n'est pas un observateur extérieur qui pérore depuis les gradins. Mathématicien de formation, il travaillait directement sur l'entraînement des modèles de langage à partir d'immenses corpus de données, c'est-à-dire au cœur même du réacteur. Au Wall Street Journal, il raconte que ses collègues emploient désormais des mots comme « crunchtime », la dernière ligne droite, et « endgame », la phase finale, pour décrire la trajectoire du secteur. Il va plus loin encore auprès du quotidien américain, affirmant que le secteur se dirige vers des scénarios extrêmes où tout pourrait basculer hors de contrôle avant la fin de l'année prochaine. Selon lui, la rivalité entre laboratoires américains et chinois rend les compromis sur la sécurité pratiquement inévitables, chacun sacrifiant un peu de prudence pour ne pas perdre la course.

Sur X, son ton se durcit encore. Il met en garde contre des systèmes qui deviendront bientôt surhumains, capables de pirater n'importe quoi et de révolutionner n'importe quel domaine du jour au lendemain. Et d'ajouter, sans détour : « les gens qui construisent l'IA croient sincèrement qu'elle pourrait tous nous tuer d'ici à la fin de la décennie. Ce n'est pas un coup marketing. » Coxon assure que dirigeants et chercheurs chevronnés pèsent leurs mots devant la presse pour paraître raisonnables, alors qu'en privé, ce sont les mêmes qui « expriment leur peur ».

Deux entreprises, deux formes d'aveuglement

La grille de lecture que propose le chercheur distingue nettement les deux géants qu'il a servis. Chez OpenAI, il observe une incapacité à intérioriser pleinement les enjeux civilisationnels que soulève leur propre technologie.
Chez Anthropic, le diagnostic est presque inverse et plus troublant encore : les dirigeants comprennent parfaitement le risque, mais s'estiment engagés dans une course qu'ils ne peuvent pas se permettre de perdre, convaincus que personne d'autre n'agira de façon responsable à leur place. Coxon avait pourtant quitté OpenAI plus tôt cette année précisément pour rejoindre Anthropic, séduit par sa réputation en matière de sûreté des modèles. Il juge toujours ces efforts sincères, mais conclut désormais qu'aucune entreprise, aussi bien intentionnée soit-elle, ne peut développer seule une intelligence artificielle générale de façon responsable, sans intervention des États ou sans un ralentissement coordonné à l'échelle du secteur. Sollicitées par Le Figaro, ni OpenAI ni Anthropic n'avaient réagi dans l'immédiat.

Ce départ n'est pas un cas isolé. Selon le Wall Street Journal, il compte parmi les premiers exemples d'un salarié d'Anthropic quittant l'entreprise par crainte pour la sécurité de l'IA elle-même. Un autre chercheur spécialisé sur ces questions avait déjà démissionné auparavant pour se consacrer à l'étude de la poésie, laissant derrière lui un avertissement tout aussi bref que celui de Coxon : « Le monde est en péril. »

Risques évalués : ce que l'on peut mesurer aujourd'hui

Au-delà de l'émotion suscitée par cette démission, plusieurs risques concrets méritent d'être posés froidement. Le premier est celui de la vitesse : les laboratoires publient des modèles toujours plus capables selon des cycles de plus en plus courts, sans que les méthodes d'évaluation de sécurité progressent au même rythme.
Le deuxième est celui de la concentration du pouvoir : une poignée d'entreprises américaines et chinoises détiennent seules la capacité de calcul, les données et les talents nécessaires pour entraîner ces systèmes, ce qui rend toute régulation efficace extrêmement difficile à imposer de l'extérieur.
Le troisième risque, plus insidieux, concerne l'autonomie croissante des modèles dans des tâches sensibles comme la cybersécurité ou la recherche scientifique, domaines où une capacité mal maîtrisée peut se propager bien plus vite qu'un cadre légal ne peut s'adapter.

Le quatrième risque, souvent négligé, est celui du décalage entre le discours public rassurant des dirigeants et les craintes qu'ils partagent en privé, un écart que Coxon lui-même dénonce et qui nourrit une défiance croissante du public envers une industrie qui semble se surveiller elle-même. Enfin, le risque géopolitique n'est pas mince : la rivalité sino-américaine transforme chaque avancée technique en enjeu de souveraineté, ce qui pousse chaque camp à accepter des marges de sécurité plus étroites qu'il ne le voudrait dans un monde moins concurrentiel.

Olam Haba : ce que le judaïsme nous apprend sur le monde qui vient

Il existe une manière d'aborder cette accélération qui n'a, à notre connaissance, jamais été posée dans ce contexte précis.
La tradition juive parle d'Olam Haba, le monde futur, celui qui succède à Olam Hazé, le monde présent. Ce concept ne désigne pas seulement un au-delà spirituel après la mort individuelle, mais aussi, selon certaines lectures, une ère de connaissance et de transformation profonde de la condition humaine, annoncée par les prophètes comme un temps où la connaissance recouvrira la terre.
L'intelligence artificielle, dans son ambition la plus radicale, celle même que dénonce Coxon, prétend précisément accélérer artificiellement cette promesse : abolir la maladie, décupler la connaissance, transformer chaque domaine du jour au lendemain.

Mais le judaïsme insiste sur un point que l'ingénierie oublie trop souvent : Olam Haba n'est pas un produit que l'on fabrique par la force du calcul, c'est un état que l'on mérite par la conduite morale, la justice et la responsabilité collective.

Or ce que décrit Coxon est l'inverse exact de cette logique, une course où la puissance technique dépasse la maturité éthique de ceux qui la manient. Si une part de l'humanité rêve de bâtir son propre Olam Haba par la seule force du silicium, sans les fondements moraux que la tradition juive place au cœur de toute rédemption véritable, alors le risque n'est pas seulement celui d'une machine hors de contrôle, mais celui d'une humanité qui confond accélération technique et élévation spirituelle. Le monde futur, selon cette perspective, ne se code pas, il se construit patiemment, par la conscience de ses propres limites, exactement ce que ce jeune chercheur vient de rappeler à ceux qui pensaient l'avoir oublié.

Cette perspective éclaire d'un jour nouveau la démission de Jacob Coxon. Ce n'est pas seulement un ingénieur qui claque la porte, c'est un aveu que la technologie, livrée à elle-même, ne sait ni où elle va ni ce qu'elle promet vraiment.

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Revue de presse sur l'antisémitisme mondial d'Alliance premier magazine juif sur le net du 10/09/26

Revue de presse sur l'antisémitisme mondial d'Alliance premier magazine juif sur le net du 10/09/26

 

Revue de presse sur l'antisémitisme mondial d'Alliance premier magazine juif sur le net du 10/09/26

Allemagne : une rescapée d'Auschwitz alarmée par la percée de l'AfD en Saxe-Anhalt
ANTISÉMITISME · ALLEMAGNE · 9 SEPTEMBRE 2026
Eva Umlauf, pédiatre et psychothérapeute libérée du camp de la mort à l'âge de deux ans en janvier 1945, a confié à Reuters son effroi devant la victoire de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dimanche en Saxe-Anhalt, qui place pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale un parti d'extrême droite aux portes du pouvoir dans un Land allemand.
Présidente du Comité international d'Auschwitz, elle a rappelé craindre « ce qui arrive aux minorités, ce qui arrive aux étrangers ». Le Conseil central des Juifs d'Allemagne considère l'AfD comme « un parti où antisémites et extrémistes de droite ont trouvé refuge », tandis que la branche locale du parti est classée extrémiste par les services de renseignement intérieur de Saxe-Anhalt.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-908066

Royaume-Uni : une agression alléguée contre un collégien juif à Londres suscite une mobilisation, sans confirmation policière
ANTISÉMITISME · ROYAUME-UNI · 8 SEPTEMBRE 2026
Des associations et des comptes communautaires ont lancé des appels à témoins après des signalements affirmant qu'un élève de la Hasmonean Boys Middle School avait été frappé à sa sortie de la station de Belsize Park, dans le nord-ouest de Londres. Sollicitées par le Jerusalem Post, la Police métropolitaine et la British Transport Police ont toutefois indiqué n'avoir aucune trace d'un signalement correspondant ni avoir elles-mêmes lancé d'appel à témoins. La Campaign Against Antisemitism et Hertfordshire Friends of Israel continuent d'inviter toute personne disposant d'informations à se manifester.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-907992

Royaume-Uni : la police lance l'opération Tishrei pour protéger les communautés juives pendant les fêtes
ANTISÉMITISME · ROYAUME-UNI · 8 SEPTEMBRE 2026
La police du Thames Valley a annoncé un dispositif de sécurité renforcé pour Rosh Hashana, Yom Kippour, Souccot et Simhat Torah dans le Berkshire, le Buckinghamshire et l'Oxfordshire, avec patrouilles armées et non armées, unités spécialisées et déploiements Project Servator. Le commissaire adjoint Christian Bunt a justifié cette mobilisation par la hausse internationale des incidents antisémites depuis le 7 octobre 2023, citant explicitement l'attentat de la synagogue de Manchester à Yom Kippour l'an dernier et l'attaque de Bondi Beach en Australie. L'opération est financée par le Home Office et menée avec le Community Security Trust.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-907995

Canada : une candidate à Windsor affirme que les « sionistes doivent être enfermés »
ANTISÉMITISME · CANADA · 7 SEPTEMBRE 2026
Rasha Zaid, candidate au conseil municipal de Windsor dans le quartier 4 et proche du collectif Windsor4Palestine, a été filmée déclarant lors d'une manifestation : « Toute personne qui se dit sioniste doit être enfermée ! Ce sont des terroristes », avant de scander que ce sont des « racistes » et des « terroristes ». Interrogée par le Jerusalem Post, elle a affirmé que ses propos visaient les soutiens de « crimes » et non les sionistes en général. Michael Teper, responsable communautaire juif canadien, y voit « un phénomène émergent » de candidats prenant position non seulement contre Israël mais contre les Canadiens qui le soutiennent, à l'approche des municipales d'octobre.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-907865

ONU : Danny Danon lance une initiative internationale contre l'antisémitisme
ANTISÉMITISME · ONU · 9-10 SEPTEMBRE 2026
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU Danny Danon a présenté mercredi une initiative internationale visant à transformer les condamnations verbales en actions coordonnées, à l'approche de l'élection du prochain secrétaire général. « Les mots “Plus jamais ça” n'étaient pas censés être un slogan, mais un engagement », a-t-il déclaré, appelant davantage de pays à rejoindre le projet.
L'ambassadeur américain Jeff Bartos a dénoncé une « pandémie mondiale d'antisémitisme » et pointé des rapporteurs spéciaux de l'ONU qui, selon lui, « entachent la réputation » de l'institution. La coordinatrice européenne Katharina von Schnurbein a jugé « totalement inacceptable » que des Juifs se sentent contraints de dissimuler leur identité.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-908178

Portugal : des artistes se retirent d'un festival après l'annonce de la venue de Jerry Seinfeld
ANTISÉMITISME · PORTUGAL · 9 SEPTEMBRE 2026
Au moins six artistes ou groupes se sont désistés du MEO Commedia a La Carte Fest à Lisbonne, qui doit accueillir fin octobre la première apparition de Jerry Seinfeld au Portugal. Sans le nommer directement, plusieurs d'entre eux ont justifié leur retrait par un soutien aux Palestiniens et une opposition implicite aux positions pro-israéliennes de l'humoriste. L'actrice Inês Aires Pereira a évoqué sur Instagram « des idées et des actes que je considère indéfendables », affirmant qu'« on ne peut pas relativiser ou banaliser un génocide », tandis que le duo Cebola Mol a publié une image de pastèque, symbole de solidarité avec les Palestiniens. Seinfeld, devenu l'un des soutiens hollywoodiens les plus visibles d'Israël depuis le 7 octobre 2023, avait comparé l'an dernier certains militants pro-palestiniens au Ku Klux Klan lors d'une intervention à Duke University.
https://www.jpost.com/diaspora/antisemitism/article-908009

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Intelligence artificielle en Israël : la clinique du futur qui soigne ses patients à Beer-Sheva

Intelligence artificielle en Israël : la clinique du futur qui soigne ses patients à Beer-Sheva

 

Un robot qui accueille les patients, une station qui analyse les urines en quelques minutes, un algorithme qui éplucherait chaque jour les dossiers de millions d'Israéliens : ce n'est pas de la science-fiction, c'est le quotidien de la clinique Lavi, ouverte à Beer-Sheva depuis trois mois. Pendant que Clalit teste grandeur nature la médecine de demain, l'hôpital Sheba grimpe dans le classement des meilleurs établissements du monde et les Israéliens, eux, consultent de plus en plus leur téléphone avant leur médecin. Reportage sur un pays qui a fait de l'intelligence artificielle son nouveau stéthoscope.
Israël teste sa première « clinique du futur » : l'IA s'invite dans le cabinet du médecin de famille

À Beer-Sheva, dans le quartier de l'innovation qui borde l'université Ben Gourion, une clinique pas tout à fait comme les autres reçoit des patients depuis trois mois.
Baptisée Lavi, elle appartient à Clalit, la plus importante caisse d'assurance maladie du pays, qui en a fait un laboratoire grandeur nature où l'intelligence artificielle, la télémédecine et l'automatisation des tests se combinent pour repenser la médecine de proximité.

L'inauguration officielle, après trois années de conception, a eu lieu cette semaine, en présence du président de Clalit, le général de réserve Yohanan Locker, et de la directrice du district sud, Hedva Emuna. « Lavi n'est pas seulement une clinique, c'est une déclaration d'intention », a-t-elle résumé.

Un robot, une station d'analyse et des capteurs pour les patients

Le choix des mots n'est pas anodin. Concrètement, la clinique dispose d'un robot de service, d'une station automatisée d'analyse d'urine et de dispositifs permettant aux patients de mesurer eux-mêmes plusieurs de leurs constantes vitales avant même de voir un soignant. L'établissement intègre aussi le suivi à distance et l'auto-diagnostic encadré, deux outils censés désengorger les salles d'attente tout en resserrant le lien entre la clinique et le quotidien des patients. Le docteur Assi Cicurel, responsable de la médecine de famille pour le district sud de Clalit, explique que l'objectif est de faire gagner du temps médical utile, non de le remplacer par des écrans.

Le professeur Ran Balicer, directeur de l'innovation chez Clalit, tient à ce recadrage :
« Même à l'ère de l'intelligence artificielle, le but n'est pas de remplacer le facteur humain, mais d'utiliser la technologie pour libérer la ressource la plus précieuse de nos soignants, le temps et l'attention. »
Le modèle repose sur une médecine proactive plutôt que réactive. Des questionnaires et des entretiens approfondis permettent aux équipes de mieux cerner le mode de vie de chaque patient et d'anticiper ses besoins de prévention, en particulier pour le suivi des maladies chroniques, qui pèsent lourdement sur le système de santé israélien.

Le choix de Beer-Sheva, ville du désert du Néguev longtemps restée à l'écart des grands pôles technologiques israéliens, est également stratégique. Clalit entend transformer le sud du pays en terrain d'expérimentation avant un déploiement plus large dans son réseau, qui couvre plus de 4,7 millions d'assurés, ce qui en fait la deuxième caisse d'assurance maladie au monde après l'américaine Kaiser Permanente.

AI Pro, un algorithme qui analyse les données de millions de patients

Lavi n'est que la partie visible d'un mouvement bien plus large. Quelques mois plus tôt, à Tel-Aviv, plus de huit cents médecins et experts de Clalit s'étaient réunis pour présenter les outils d'intelligence artificielle déjà déployés dans le réseau.
Parmi eux, le système AI Pro occupe une place centrale : il analyse quotidiennement les données médicales de millions de patients afin d'identifier les traitements les plus adaptés à chaque profil. Selon Clalit Innovation, ces outils d'intelligence artificielle sont désormais actifs dans plus de mille cliniques du réseau, appuyés sur plus de trente ans de données cliniques longitudinales.

Le docteur Amir Ben-Nun, qui a participé à cette présentation, résume l'état d'esprit ambiant : « L'IA est un outil indispensable. » Du côté des infirmières, l'espoir porte moins sur la performance diagnostique que sur l'allègement des tâches administratives, qui grignotent le temps consacré aux patients dans la plupart des systèmes de santé occidentaux.

Cette approche n'est pas nouvelle chez Clalit. Dès 2023, l'organisme avait annoncé un partenariat avec l'éditeur américain Cloudera pour croiser en temps réel les données issues des dossiers médicaux électroniques, des objets connectés et des dispositifs de télésurveillance, dans le but de repérer les signes avant-coureurs d'une dégradation de l'état de santé avant qu'elle ne devienne critique.
Un autre programme, baptisé CPi pour Clalit Proactive and Preventative Intervention, combine big data et algorithmes pour guider le médecin pendant la consultation elle-même, avec un objectif affiché de réduction des complications majeures plutôt que la seule amélioration d'indicateurs de substitution.

Sheba, un hôpital propulsé dans le top mondial grâce à l'IA

L'intelligence artificielle irrigue aussi les grands centres hospitaliers israéliens. L'hôpital Sheba, près de Tel-Aviv, figure pour la huitième année consécutive au classement des meilleurs hôpitaux du monde établi par Newsweek, dont sept années dans le top 10, et vient d'y décrocher la septième place.
Le classement s'appuie sur la qualité des soins, la réputation auprès des professionnels de santé, le niveau de recherche, les infrastructures technologiques et la satisfaction des patients. Sheba attribue explicitement cette progression à l'intégration massive de l'intelligence artificielle dans le diagnostic, la gestion des données patients, la médecine personnalisée et la recherche clinique.

Cette montée en puissance technologique a connu un test grandeur nature dans des circonstances tragiques.
Pendant la guerre déclenchée après le 7 octobre 2023, face à un afflux massif de blessés, les hôpitaux israéliens ont eu recours à des outils d'intelligence artificielle pour trier les urgences et optimiser la prise en charge dans des services débordés, une utilisation qui a contribué à asseoir la réputation du pays en matière de médecine d'urgence assistée par la technologie.

Un recours à l'autodiagnostic qui inquiète aussi les praticiens

Le développement de ces outils s'accompagne cependant d'un usage plus spontané et moins encadré de l'intelligence artificielle par la population elle-même.
Dans un contexte d'instabilité prolongée, de nombreux Israéliens, en particulier les plus jeunes, se tournent vers des chatbots pour un auto-diagnostic numérique, séduits par la disponibilité immédiate, l'anonymat et la gratuité de ces outils, dans un moment où la confiance envers le système de santé traditionnel s'érode.

Cette pratique n'est pas sans conséquence : parmi les personnes ayant privilégié l'intelligence artificielle ou l'automédication plutôt qu'une consultation classique, treize pour cent rapportent avoir ensuite développé un problème de santé plus difficile à traiter. Un rappel utile que, malgré ses performances, l'intelligence artificielle ne remplace ni l'examen clinique ni l'expertise humaine, y compris dans le pays qui investit le plus dans son déploiement médical.

Israël exporte aussi cette expertise au-delà de ses frontières. Le pays multiplie les initiatives à destination des praticiens francophones, à l'image de l'événement MedEx Paris, organisé conjointement par le ministère de l'Alyah et de l'Intégration, le ministère de la Santé et l'Agence juive, qui vise à présenter directement aux médecins français les innovations développées dans les hôpitaux et les caisses d'assurance maladie israéliennes. Une relation à double sens, où l'expertise clinique française et l'innovation technologique israélienne se renforcent mutuellement, dans un secteur de la santé numérique et de la bio-convergence en plein essor.

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