11-Septembre : les dix-sept minutes qui ont sauvé des milliers de vies

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
11-Septembre : les dix-sept minutes qui ont sauvé des milliers de vies

8h46. Un avion s'enfonce dans la tour nord du World Trade Center. Dix-sept minutes plus tard, un second frappe la tour sud. Entre les deux, des centaines de New-Yorkais ont eu le temps de fuir. Ce délai, personne ne l'avait prévu, pas même les terroristes. Vingt-cinq ans après, quatre destins racontent ce que ces minutes volées ont changé.

Un embouteillage qui a changé l'histoire

Les terroristes voulaient frapper au même instant. Quatre avions, quatre horaires calés à quelques minutes près, pour un choc simultané et maximal. American Airlines 11 devait décoller de Boston à 7h45, United Airlines 175 à 8h00.
Mais ce mardi matin-là, Logan Airport tourne au ralenti comme n'importe quel aéroport un jour de semaine. Les avions patientent sur le tarmac. American 11 s'envole finalement à 7h59, United 175 à 8h14. Un retard banal, le genre qui fait pester les voyageurs pressés, va tout changer.

Résultat : la tour nord est touchée à 8h46, la tour sud à 9h03. Dix-sept minutes d'écart, nées d'un simple bouchon aérien matinal. Dix-sept minutes pendant lesquelles des centaines d'employés de la tour sud, voyant leur voisine en flammes, désobéissent aux consignes qui leur ordonnent de rester à leur poste et se ruent vers les escaliers.

Ce jour-là, 17 400 personnes se trouvaient dans les deux tours. Près de 2 750 mourront, presque toutes situées au niveau ou au-dessus des points d'impact, là où fuir n'était déjà plus possible. En dessous, ce simple retard d'avion a fait la différence entre la vie et la mort pour des milliers de gens qui, à 8h45, ignoraient tout de ce qui les attendait.

Il voit l'avion foncer sur lui, plonge sous son bureau, survit

81e étage de la tour sud, Fuji Bank. Stanley Praimnath est déjà descendu une fois. La sécurité de l'immeuble vient de rassurer tout le monde : la tour sud n'est pas visée, retournez au travail. Il reprend sa place, décroche le téléphone. Par la fenêtre, il aperçoit un avion qui grossit à vue d'œil, aligné droit sur son étage. Il lâche le combiné, hurle, plonge sous son bureau. L'aile du Boeing traverse son bureau de part en part et se plante dans une porte, vingt mètres plus loin. Praimnath est vivant, coincé sous des gravats, à peine blessé.

Trois étages au-dessus, Brian Clark descend l'escalier avec un groupe de collègues d'Euro Brokers quand des coups sourds traversent un mur. Une voix crie à l'aide. La majorité du groupe décide de remonter, une décision qui leur sera fatale.
Clark, lui, reste. Il suit le bruit, dégage les décombres à mains nues, et retrouve Praimnath. Les deux hommes descendent ensemble jusqu'à la rue. Ils comptent parmi les dix-huit seules personnes ayant survécu au niveau ou au-dessus du point d'impact du vol 175. Un quart de siècle plus tard, ils racontent encore leur histoire, côte à côte.

L'homme qui tombe

À 9h41min15s, un homme se jette dans le vide depuis la tour nord du World Trade Center. Le photographe Richard Drew le capture en pleine chute, tête en bas, dans un alignement presque parfait avec les lignes verticales de la tour.
La photo, publiée dès le lendemain, choque tant qu'elle disparaît des médias pendant des années. Vingt-cinq ans après, personne ne connaît son nom.
Un technicien du son du restaurant Windows on the World, Jonathan Briley, reste la piste la plus sérieuse, sans jamais être confirmée. Une autre famille a cru reconnaître un mari, un frère, avant de se déchirer sur un détail de vêtement et de renoncer.
L'homme qui tombe n'a ni identité ni sépulture connue. Il reste, vingt-cinq ans plus tard, le visage anonyme de tous ceux qui n'ont eu, ce matin-là, que le vide à choisir.

Il tombe avec la tour et se réveille sur les décombres

Pasquale Buzzelli, ingénieur, travaille au 64e étage de la tour nord. Quand le premier avion frappe, il commence à descendre à pied. Il atteint le 22e étage quand la structure entière se met à trembler sous lui. La tour s'effondre, et Buzzelli tombe avec elle, enfermé dans une cage d'escalier qui le protège au milieu du chaos. Il perd connaissance. À son réveil, deux heures plus tard, il est allongé à l'air libre, au sommet d'un amas de gravats haut de plusieurs étages, un pied cassé, quelques brûlures. Un feu couve non loin de lui. Des pompiers, montés inspecter le sommet des ruines, le repèrent juste à temps. Buzzelli fait partie des seize personnes extraites vivantes des décombres du World Trade Center, et l'un des deux seuls à avoir survécu à une chute depuis les étages supérieurs.

Vingt-sept heures dans le noir, une main qu'elle ne peut plus tenir

Genelle Guzman-McMillan travaille au 64e étage de la tour nord pour l'Autorité portuaire. Elle descend l'escalier en tenant la main d'une collègue quand la tour s'écroule autour d'elle. L'explosion des débris les sépare. Guzman-McMillan se retrouve la tête coincée entre deux blocs de béton, la jambe droite prisonnière jusqu'à la cuisse, seul son bras gauche encore libre. Dans le noir, pendant vingt-sept heures, elle attend. Elle sera la dernière personne retrouvée vivante sur le site. Sa collègue, elle, ne s'en sortira pas.

Ce que dix-sept minutes peuvent changer

Un retard d'avion, une porte franchie deux fois, une cage d'escalier plutôt qu'un couloir, une poutre qui a tenu là où tant d'autres ont cédé. Aucun de ces éléments n'est extraordinaire pris séparément. Mis bout à bout, ils dessinent des trajectoires que rien, statistiquement, n'aurait dû épargner. Vingt-cinq ans après, ces histoires rappellent une chose simple : ce mardi matin-là, la différence entre vivre et mourir s'est parfois jouée à quelques minutes, ou à quelques mètres.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi