Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Kiryat Shmoné, la ville morte : commerces fermés, habitants absents, un nord abandonné

Kiryat Shmoné, la ville morte : commerces fermés, habitants absents, un nord abandonné

Kiryat Shmoné, la ville morte

Quand la démocratie est détruite, il n’y a plus de temps pour écouter les habitants de Kiryat Shmona.

« Cette ville ne se meurt pas. Elle est morte. »

« Nous n’avons aucun moyen de nourrir nos enfants. »

« Ils nous ont mis à la porte, nous ont claqué la porte au nez et nous ont oubliés. »

Ces paroles ne viennent pas d’une région reculée du tiers-monde. Elles sont celles des habitants de Kiryat Shmoné qui, cette semaine encore, bloquent les routes de leur propre ville pour tenter d’être entendus.

Une ville vidée de ses habitants

La réalité est brutale et chiffrée. Près de 30 % des habitants ne sont jamais revenus. Environ 60 % des commerces ont fermé définitivement. Ceux qui tentent encore de survivre cessent leur activité dès 16 h, faute de moyens pour payer l’électricité. Une école a déjà fermé ses portes. Les jardins d’enfants sont presque vides. À 18 h, Kiryat Shmoné est une ville fantôme, sans circulation, sans enfants, sans vie.

Metula, encore plus bas

À Metula, la situation est encore plus dramatique. Seule la moitié des habitants est revenue, et l’activité économique n’atteint plus que 30 % de son niveau d’avant-guerre.

« Le gouvernement est occupé par les primaires et diverses lois étranges », a déclaré David Azoulay, président du conseil local.

« Ils ne se soucient guère de nous, dans le nord. »

Un gouvernement absorbé par d’autres priorités

Pendant que le nord se vide, l’agenda politique se concentre ailleurs. Cette semaine, l’attention du gouvernement s’est portée sur une loi sur la peine de mort pour les terroristes, sur une loi relative aux tefillin impliquant des changements profonds dans le système judiciaire, et sur une loi autorisant la nomination de proches du pouvoir politique à la tête d’entreprises publiques.

La loyauté politique ne protège plus

Les gouvernements Netanyahu ont, au fil des années, habitué la population à une règle tacite : la loyauté politique comme condition du soutien gouvernemental. Les habitants de Kiryat Shmoné, majoritairement fidèles au Likoud, découvrent aujourd’hui que même cette fidélité ne suffit plus.

Parallèlement, 2,9 milliards de shekels issus du budget de reconstruction du nord ont été transférés au cabinet du Premier ministre, une somme dérisoire au regard des besoins réels et du contexte d’une année électorale.

Dans la même décision gouvernementale, Bezalel Smotrich a fait adopter des dizaines de règlements concernant la « réglementation du cadastre en Judée-Samarie » et « l’identité juive ». Aucun lien direct n’existe entre ces mesures et la reconstruction de Kiryat Shmoné. Ce lien est simplement dissimulé dans une résolution interminable.

Les chiffres officiels contre la réalité du terrain

Le Bureau central des statistiques a récemment publié des données faisant état d’une prétendue « reprise » à Kiryat Shmoné. Selon ces chiffres, l’activité économique aurait retrouvé son niveau d’avant-guerre.

Sur le terrain, les habitants parlent de mensonge. Ils n’ont plus de quoi nourrir leurs enfants. Les commerces ferment, les écoles se vident, la ville s’éteint. Les bureaucrates et le gouvernement proclament la victoire, pendant que les habitants de Kiryat Shmoné se tiennent au bord du gouffre.

« Chair à canon, puis oubliés »

La logique est désormais assumée.

« Vous avez voté pour quelqu’un d’autre ? Nous nous vengerons de vous dans le budget. »

À Kiryat Shmoné, même la fidélité politique n’a pas protégé.

« Vous avez servi de chair à canon, vous en avez payé le prix, et maintenant, plus personne ne s’intéresse à vous. »

Israël : Le gros contrat gazier avec l’Égypte et la facture qui suivra

Contrat gazier Israël Égypte : des milliards immédiats, une pénurie différée

Le gros contrat gazier avec l’Égypte et la facture qui suivra

Présenté au public comme une excellente nouvelle, l’accord gazier entre Israël et l’Égypte est censé conjuguer recettes colossales, influence régionale renforcée et, peut-être, une facture d’électricité légèrement allégée. Dans les faits, l’accord n’est ni catastrophique ni miraculeux. Il éclaire surtout la manière dont Israël gère ses ressources stratégiques : en sécurisant le présent, en repoussant les risques et en espérant que les arbitrages difficiles seront assumés plus tard.

Des milliards qui entrent, du gaz qui sort et une promesse de stabilité immédiate : l’accord gazier avec l’Égypte sécurise le présent d’Israël tout en repoussant les risques à plus tard. Rentable aujourd’hui, rassurant en surface, il laisse pourtant sans réponse une question centrale : que se passera-t-il dans dix ou quinze ans, quand un pays dépendant à plus de 70 % du gaz devra payer le prix des exportations massives décidées aujourd’hui.

Ce que l’accord prévoit réellement

Contrairement à ce qui a été affirmé dans le débat public, le gouvernement n’a pas validé une « vente de la totalité du gaz israélien ». Il a approuvé une série d’autorisations réglementaires permettant d’augmenter les exportations du gisement de Léviathan vers l’Égypte.

Les volumes concernés atteignent environ 130 milliards de mètres cubes d’ici 2040. Un chiffre considérable, mais très éloigné de la capacité théorique du gisement, estimée à près de
600 milliards de mètres cubes.

Des plafonds de production sont officiellement en place, accompagnés de mécanismes de protection destinés à préserver l’approvisionnement du marché local. Le gouvernement a également garanti le maintien, à court terme, d’un prix du gaz modéré pour l’économie israélienne.

C’est précisément à ce niveau que la controverse commence.

Un accord qui reporte la pression

L’enjeu central n’est pas la disponibilité du gaz dans les prochaines années, mais la situation dans dix à quinze ans. Le permis autorise des exportations à grande échelle, tandis que les garde-fous restent particulièrement flexibles. Les autorités savent jouer sur les calendriers, différer certaines livraisons et ajuster les volumes. Mais ces ajustements ne réduisent pas la quantité globale destinée à l’exportation. Le message est clair : la stabilité est assurée aujourd’hui, la tension est reportée à demain.

Des recettes importantes sans garantie pour le public

Le gouvernement met en avant des bénéfices tangibles : des dizaines de milliards de shekels pour les finances publiques, des investissements dans les infrastructures et une amélioration du statut économique de certaines régions.
Ces éléments sont réels. Une question demeure pourtant sans réponse : si l’accord est aussi rentable, pourquoi aucun mécanisme n’assure-t-il que ces recettes bénéficieront directement aux citoyens ?

En l’absence de fonds dédié, d’affectation budgétaire précise ou de lien formel avec l’éducation, la santé ou la baisse du coût de la vie, ces revenus seront absorbés par le budget général, sans traçabilité ni garantie d’impact social.

La promesse fragile d’une baisse de l’électricité

La perspective d’une facture d’électricité moins élevée est souvent mise en avant. Le prix du gaz constitue effectivement un élément clé du coût de production, et un tarif stabilisé autour de 4 à 5 dollars par unité de chaleur pourrait contenir les hausses. Mais l’électricité repose sur un système complexe : transport, distribution, entretien du réseau, capacités de réserve. Un gaz bon marché ne garantit ni une baisse automatique des tarifs ni une stabilité durable, surtout en cas de tension future sur l’approvisionnement.

Une dépendance structurelle assumée

Plus de 70 % de l’électricité israélienne est produite à partir de gaz naturel. Lorsqu’une économie repose à ce point sur une seule source d’énergie, chaque décision d’exportation devient un enjeu de sécurité nationale. Le moindre retard, le plus petit litige contractuel ou une perturbation de l’exploitation se répercute sur l’ensemble du pays. L’accord avec l’Égypte ne corrige pas cette dépendance : il en facilite simplement la gestion.

Des alternatives écartées

D’autres options existaient. Conditionner les exportations à des avancées mesurables dans les énergies renouvelables. Fixer un seuil de réserves réellement intangible pour le marché intérieur. Donner de la visibilité à long terme aux consommateurs israéliens, et pas uniquement aux partenaires gaziers. Ces choix auraient exigé des décisions structurelles et des arbitrages politiquement coûteux, au-delà des annonces immédiates.

Un accord rentable, pas une assurance

L’accord gazier avec l’Égypte n’est ni une liquidation des ressources nationales ni une trahison de l’intérêt public. Il privilégie un gain immédiat à une gestion rigoureuse des risques futurs. Le gaz n’est pas seulement une matière première : c’est une assurance stratégique. La question n’est donc pas ce que l’accord rapporte aujourd’hui, mais qui assumera le coût lorsque cette assurance arrivera à échéance.

Israël : 82 000 appartements invendus, la terre tremble sous l’immobilier

Israël : 82 000 appartements invendus, la terre tremble sous l’immobilier

Le chiffre est brutal, presque irréel. En Israël, plus de 82 000 appartements neufs restent aujourd’hui sans acheteur. Un stock qui représente près de deux ans et demi de demande, dans un marché où les ventes s’effondrent, où les taux d’intérêt étranglent les promoteurs et où les prix commencent à reculer. L’immobilier israélien, longtemps perçu comme un refuge inébranlable, vacille. Et cette fois, il n’y a ni guerre, ni pandémie pour expliquer le blocage. Seulement une réalité froide, comptable, implacable.

 La terre tremble

On peut déjà appeler l’enfant par son nom. La terre tremble. Certains secteurs de l’économie prospèrent grâce à l’espoir. L’immobilier, lui, repose sur la certitude. Sur l’idée qu’il y aura toujours des acheteurs, toujours des banques pour financer, toujours une possibilité de renouveler les prêts. Or en 2025, cette certitude s’est évaporée. Il ne reste que du béton et une dette colossale.

Des ventes au plus bas historique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ces trois derniers mois, environ 8 000 appartements neufs ont été vendus. Un chiffre trompeur, car près de 40 % de ces ventes relèvent du programme
« appartements à prix réduit ». Sur le marché libre, à peine 5 000 logements ont trouvé preneur. Un niveau historiquement bas, comparable aux périodes de guerre et de pandémie.
À la différence près que, cette fois, personne n’attend de reprise rapide.

Dans le même temps, plus de 83 000 appartements demeurent invendus.
Un stock équivalent à près de deux ans et demi de demande, même en supposant l’arrêt total de la construction. Pourtant, le paradoxe est là : on continue de bâtir. Au cours des douze derniers mois, la construction d’environ 81 000 appartements a débuté, soit une hausse de plus de 30 % par rapport à l’année précédente. En septembre dernier, on dénombrait déjà 203 000 logements en chantier.

 Construire ou mourir

La logique des promoteurs est implacable. Un entrepreneur qui ne construit pas s’asphyxie. Le terrain est acheté, le financement engagé, les permis obtenus. S’arrêter revient à reconnaître une perte immédiate. Continuer, c’est parier sur l’avenir, espérer qu’un jour quelqu’un achètera. En attendant, le temps joue contre eux et les taux d’intérêt ne laissent aucun répit.

La chute des prix, un séisme silencieux

Puis vient le second choc : les prix. Huit mois consécutifs de baisse, un recul cumulé de 2,6 %, et un rythme annuel qui frôle les 4 %. Dans un secteur habitué à une progression presque mécanique, c’est un séisme.
À Tel-Aviv, notamment dans les projets de rénovation urbaine, des rabais significatifs sont déjà visibles. Et cette vague ne s’arrêtera pas aux frontières de la ville. Pour les petites et moyennes entreprises, la menace est existentielle.

Le secteur immobilier se retrouve ainsi pris en étau : une demande atone, des taux d’intérêt élevés qui ne sont pas près de baisser, une chute des prix et des coûts qui explosent. Une situation inédite depuis des années, voire des décennies.

Des coûts hors de contrôle

Car la baisse des prix n’allège en rien la charge des promoteurs. L’indice des coûts de construction a augmenté de 5 % l’an dernier, un chiffre que les professionnels jugent sous-estimé.
La pénurie de main-d’œuvre depuis la guerre, le recours croissant à une main-d’œuvre étrangère coûteuse, la hausse des matières premières et les boycotts turcs alimentent une spirale inflationniste.
À cela s’ajoute une législation qui ne permet de répercuter que 40 % de l’indice sur l’acheteur, laissant le reste à la charge du promoteur. Le profit entrepreneurial s’est mué en gouffre financier.

Une crise sans échappatoire

Ceux qui ont traversé la crise de 2008, ceux qui ont résisté à la pandémie de Covid-19, le constatent aujourd’hui : la donne a changé. Il n’y a plus de subterfuge possible. Pas d’opération financière salvatrice, pas de magie réglementaire, pas de raccourci. Il n’y a que le marché et la réalité. Et sur ce marché, même le béton ne garantit plus la stabilité.

Le Canada face au terrorisme antisémite : des femmes et des Juifs visés par une cellule islamiste

Le Canada face au terrorisme antisémite : des femmes et des Juifs visés par une cellule islamiste

Le Canada face à une menace terroriste antisémite : une affaire qui rappelle Bondi

 Transferts de fonds à l’État islamique et projets contre des Juifs : une accusation hors norme

Les autorités canadiennes ont rendu publiques des accusations d’une gravité exceptionnelle visant Waleed Khan, un jeune homme de 26 ans originaire de Toronto, soupçonné d’avoir transféré des fonds à l’État islamique tout en projetant de s’en prendre à des femmes et à des membres de la communauté juive.
Avec deux autres accusés, il est également impliqué dans des tentatives d’enlèvement. Au total, près de 80 chefs d’accusation ont été retenus contre les trois hommes.

Selon la police, Waleed Khan est accusé de plusieurs infractions liées au terrorisme, notamment pour avoir fourni des fonds et des biens à une organisation terroriste, participé à ses activités et conspiré en vue de commettre un meurtre. Il est présenté comme un sympathisant de l’État islamique. Deux autres jeunes hommes ont été arrêtés dans cette affaire : Osman Azizov, 18 ans, et Fahad Sadat, 19 ans, soupçonnés d’avoir planifié des enlèvements à ses côtés.

Des tentatives d’enlèvement ciblant des femmes et la communauté juive

D’après le communiqué officiel de la police locale publié vendredi, les projets des suspects visaient explicitement des femmes ainsi que des membres de la communauté juive. Les tentatives d’enlèvement auraient débuté à la fin du mois de mai et sont à l’origine de l’enquête ayant conduit à leur arrestation.

La première tentative documentée remonte au 31 mai. Ce jour-là, les trois hommes auraient menacé une femme avec une arme à feu et lui auraient ordonné de monter dans leur véhicule. La victime a réussi à échapper à l’enlèvement en criant au secours, ce qui a contraint les suspects à prendre la fuite.

Environ un mois plus tard, une seconde tentative a eu lieu. Cette fois, deux femmes auraient été prises pour cible. Selon la police, « l’un d’eux était probablement armé d’un pistolet et deux autres d’un couteau ». L’intervention d’un passant a permis de faire échouer l’enlèvement.

 Une enquête révélant un extrémisme haineux à dimension terroriste

Les forces de l’ordre expliquent que ce sont précisément ces tentatives d’enlèvement qui ont permis de mettre au jour un dossier bien plus vaste.
« L’enquête a permis d’identifier des infractions présumées motivées, en partie, par un extrémisme haineux et présentant des liens potentiels avec le terrorisme », a déclaré le chef de la police de Toronto, Myron DeMaquio.

Les trois suspects ont finalement été arrêtés au mois d’août. Lors d’une perquisition au domicile de Waleed Khan, les enquêteurs ont découvert des éléments supplémentaires que la police estime déterminants. Ces preuves, selon les autorités, « confirment son implication dans des menaces contre la sécurité nationale ».

Une réaction officielle face à une menace majeure

Au total, 79 chefs d’accusation ont été déposés contre les trois hommes, un chiffre qui illustre l’ampleur et la complexité du dossier. Le maire de Toronto a salué publiquement l’action des forces de l’ordre, remerciant les policiers pour leur « vigilance constante qui assure notre sécurité ».

Cette affaire, mêlant terrorisme, haine antisémite et violences ciblées contre des femmes, met en lumière une menace grave et structurée, révélée avant qu’elle ne puisse faire davantage de victimes.

Images choquantes à Tel Aviv : une musulmane éteint une ménorah de Hanoukka - VIDEO-

Images choquantes à Tel Aviv : une musulmane éteint une ménorah de Hanoukka - VIDEO-

Images choquantes à Tel Aviv : une menorah de Hanoukka volontairement éteinte dans un centre commercial

Un acte filmé, assumé et applaudi

Une vidéo tournée au centre commercial Weizmann de Tel Aviv a déclenché une vive polémique. Les images montrent une femme musulmane s’approcher d’une menorah de Hanoukka installée dans l’espace public et éteindre les bougies une à une. Elle se filme de très près pendant l’acte. À ses côtés, l’homme qui l’accompagne applaudit avec enthousiasme.

La scène ne s’arrête pas là. Après avoir quitté les lieux, la femme revient devant la menorah pour vérifier que toutes les bougies sont bien éteintes. Elle continue de se filmer, s’assurant que l’opération est complète, sans intervention extérieure visible.

Les images, diffusées aujourd’hui sur les réseaux sociaux, montrent clairement l’intentionnalité du geste, répété et contrôlé, réalisé dans un lieu fréquenté, au cœur de Tel Aviv.

Un second incident impliquant une menorah à Beit Shemesh

Un autre événement distinct a été signalé dans la ville de Beit Shemesh. Un garçon arabe de 13 ans, originaire de Judée-Samarie, a été arrêté avec son père après avoir été filmé en train de tenter de voler une menorah dans une maison privée.

Les images proviennent de caméras de surveillance. On y voit le garçon sauter d’une camionnette dont la remorque est chargée d’objets anciens, puis s’approcher d’une vitrine située devant une habitation. Il ouvre la vitrine et prend la menorah qui se trouve à l’intérieur, apparemment dans l’intention de l’utiliser comme un outil.

À un moment, les coupes en verre de la menorah se brisent et tombent au sol. Le suspect met alors la menorah de côté et s’éloigne de la scène. Le garçon et son père ont été interpellés à la suite de la diffusion des images.

DNE chimique : quand des Israéliens vivent leur propre mort sous l’effet de l’ayahuasca

DNE chimique : quand des Israéliens vivent leur propre mort sous l’effet de l’ayahuasca

Jusqu’à la mort – et retour

« J’avais l’impression d’être dans une chambre à gaz et que mon âme était en train d’être séparée »

Ils ont frôlé la mort sans mourir. Des Israéliens racontent une expérience radicale, vécue sous l’effet d’une substance psychédélique, et décrivent un passage brutal vers un état qu’ils identifient comme la mort elle-même.
Certains parlent de funérailles intimes, d’autres d’une paix absolue, d’autres encore d’une terreur primitive, d’une chambre à gaz, d’un corps qui disparaît. Tous disent être revenus changés.

« Je la vis comme mes propres funérailles, tout le monde pleure, et il y a une sensation de paix et de calme dans mon corps. »

Grâce à l’ayahuasca, des dizaines d’Israéliens ont atteint un état de conscience proche de la mort imminente et ont accepté de témoigner. « Je vais entrer dans une chambre à gaz dans une seconde, je suis là avec une fille, je sais que c’est la fin. » Derrière ces récits extrêmes, une question obsédante traverse l’étude menée à l’Université de Haïfa : que se passe-t-il réellement dans les derniers instants de la conscience humaine ?

« Je n’ai plus de corps »

« J’ai l’impression de ne plus avoir de corps. J’essaie de faire bouger ma jambe, ma main, de faire en sorte que quelque chose se produise. Rien ne se passe. Je n’ai plus de corps, plus de mains, plus de jambes. Puis je sens des coups à la tête, aux épaules. J’essaie de changer de position, mais je suis incapable de bouger.
Je ne suis plus là. Je ne vois plus rien, seulement cette lumière. Le feu semble avoir envahi tout mon champ de vision. Et puis, soudain, avec une paix immense, je dis : “D’accord, si je meurs si jeune, je n’ai même pas encore cinquante ans, mais c’est maintenant, je le souhaite.” »

Ce témoignage est présenté par les chercheurs comme l’une des descriptions les plus proches de ce que l’on peut imaginer du monde des morts. Une traversée brève, un seuil franchi, puis un retour. Accidents graves, AVC, morts cliniques produisent parfois des récits similaires : lumière intense, proches disparus, sensation de paix absolue, puis réintégration du corps. Mais ici, l’expérience est provoquée, observée, analysée.

Comprendre la mort sans mourir

Ces dernières années, une équipe de chercheurs de l’Université de Haïfa a entrepris d’étudier la mort comme expérience consciente, débarrassée de toute lecture religieuse ou métaphysique. Comment le corps est-il perçu ? Que devient le temps ? Que reste-t-il du “moi” ?

Personne n’a été mis en danger. L’outil choisi est l’ayahuasca, une boisson psychédélique issue des traditions amazoniennes, déjà utilisée dans la recherche sur la conscience. Sous supervision, elle permet d’atteindre un état décrit par de nombreux sujets comme physiquement et existentiellement proche de la mort imminente.

« Comme dans un rêve, mais paralysé »

« Dans un premier temps, la personne se trouve dans un état proche du rêve, accompagné de paralysie », explique le Dr Erez Nir, membre de l’équipe de recherche. « Elle est comme un rêveur, mais impuissant, paralysé, sujet à des hallucinations. Cela peut être des images simples, ou des hallucinations de naissance ou de mort. Et parfois, il n’y a plus d’objets, plus d’images, seulement quelque chose d’indescriptible. »

Dans une seconde phase, la dissociation s’intensifie. « La perception de l’espace et du temps disparaît. On ne voit plus rien. Le sens de l’espace est déformé. C’est comme être dans un lieu qui n’est rien. » Pour beaucoup, ce “rien” est interprété comme la mort.

Le philosophe face à la fin

Erez Nir n’est ni médecin ni psychiatre. Philosophe de formation, spécialiste de phénoménologie, il s’interroge sur la nature de la réalité et de la perception. Religieux pratiquant, ancien enseignant de yeshiva, il consacre ses recherches à cette question vertigineuse : ce que nous ressentons est-il la réalité elle-même ?

Le “moi minimal”

Selon Nir, l’expérience de mort imminente passe par un retour à un état archaïque de la conscience. « Dans les expériences les plus intenses, le corps disparaît. Le moi narratif se désintègre. » Ce moi narratif est celui que nous avons construit au fil de notre vie, notre biographie intime. Ce qui subsiste alors est le “soi minimal”, un état comparable à celui des premiers instants après la naissance, avant toute identité.

« Tout devient noir, les voix s’éloignent », raconte un participant. « Je suis seul dans un vide infini. Je comprends que c’est la fin. Une partie de moi résiste, l’autre me dit que je dois lâcher prise. Alors je lâche prise. »

Des funérailles vécues de l’intérieur

L’étude repose sur des travaux menés au Laboratoire de recherche sur la conscience de l’Université de Haïfa, dirigé par la professeure Aviva Berkowitz Ohana. Plus de 50 % des participants réguliers à des cérémonies d’ayahuasca ont déclaré avoir vécu ce qu’ils appellent une “mort personnelle”.

Trente-sept entretiens approfondis ont été réalisés par le psychothérapeute Nir Tadmor. Les participants ont décrit l’instant précis où ils ont eu la certitude d’être morts.

« Je la vis comme un enterrement. Ce sont mes funérailles. Tout le monde pleure parce que je suis mort. Et puis, il y a quelque chose de très complet et de très calme dans mon corps. »

Sortir de son corps

De nombreux récits décrivent une expérience hors du corps. Le sujet se voit inanimé, observe la scène comme un témoin extérieur. Certains évoquent la rencontre avec des proches disparus.

« Je vois ma grand-mère et ma mère. Leurs âmes semblent prisonnières dans une dimension infernale. Je ressens une douleur générationnelle qui traverse les générations. C’est presque insupportable. »

« J’étais dans une chambre à gaz »

Un témoignage frappe par sa violence symbolique. Une femme issue d’une famille de survivants de la Shoah décrit sa mort vécue dans le camp de Belzec.

« Je suis entrée dans une chambre à gaz en une fraction de seconde. J’ai vu l’horreur, la promiscuité, le chaos. Il y avait un bébé avec moi. Puis j’ai senti le gaz, j’ai senti l’âme quitter le corps. Une seconde plus tard, une paix absolue, des lumières, des couleurs. C’était sublime. Il n’y a pas de mots. »

Une substance ancestrale, un phénomène moderne

L’ayahuasca, utilisée depuis des siècles par les peuples amazoniens, est aujourd’hui consommée dans des cérémonies modernes, parfois encadrées, parfois clandestines. En Israël, la DMT, sa substance active, est interdite par la loi, bien que des ateliers existent.

Les chercheurs rappellent que l’usage autonome et non supervisé est dangereux.

Pourquoi l’ayahuasca

« Le DMT est sécrété naturellement par le cerveau », explique le Dr Erez Nir. « L’ayahuasca agit comme un amplificateur. Certaines études suggèrent que le cerveau libère du DMT au moment de la mort. L’expérience pourrait donc être similaire. »

Quand le cerveau s’éteint

Le Dr Yair Dor-Zeiderman, chercheur en neurosciences à l’Université de Haïfa, coordonne cette recherche.

« Sous psychédéliques, le “moi” peut disparaître. Dans la mort, le cerveau s’éteint progressivement. Les fonctions identitaires, biographiques, s’arrêtent en premier. Ce qui reste, c’est le soi minimal. »

La terreur avant la paix

Nombreux décrivent une phase de terreur absolue. « Je résiste, je crie, je supplie, je suis terrifié. » Le corps se contracte, la respiration devient difficile. Certains préfèrent la mort à cette souffrance extrême.

Pourquoi recommencer

Le Dr Yoni David, psychologue et chercheur, explique pourquoi certains reviennent malgré tout.

« L’ayahuasca agit sur le corps, l’esprit, le social et le spirituel. Elle peut favoriser des changements profonds, mais un usage inadapté peut être destructeur. La prudence est essentielle. »

Les témoignages s’arrêtent là, suspendus entre effroi et apaisement, entre disparition du corps et sensation d’absolu. La mort, frôlée, racontée, mais jamais totalement saisissable.

Le cadre strict et invisible de l’expérience

Un élément central, souvent absent des simples retranscriptions de témoignages, concerne les conditions extrêmement encadrées dans lesquelles ces expériences ont été vécues.

Les cérémonies ne se déroulaient ni dans l’improvisation ni dans l’isolement. Elles s’étendaient sur plusieurs heures, parfois toute une nuit, dans un environnement préparé à l’avance.

Les participants avaient été soumis à des entretiens préalables approfondis, à des consignes précises, à un jeûne partiel et à une préparation mentale destinée à limiter les risques physiques et psychiques.

Durant l’expérience, ils sont allongés, surveillés en continu, et sont soutenus immédiatement en cas de panique, de détresse ou de perte totale de repères.

Après la séance, un travail d’intégration était systématiquement proposé, parfois sur plusieurs semaines, afin d’aider les participants à mettre des mots sur ce qu’ils ont vécu et à réancrer l’expérience dans leur vie quotidien.

Sans ce cadre précis, certaines expériences similaires se transforment en épisodes chaotiques ou traumatiques, difficiles à intégrer, voire durablement déstabilisants.

Manosphère, Barron Trump, Israël : quand la misogynie radicale flirte avec le pouvoir

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Père et fils Trump, Tate et la banalisation d’une violence faite aux femmes

Le lien entre les personnes accusées de trafic de femmes et le fils du président américain dépasse largement le cadre d’un simple entourage privé.
Cette semaine, une série de révélations a mis en lumière la proximité entre Barron Trump, le plus jeune fils de Donald Trump, et l’influenceur Andrew Tate, accusé avec son frère de trafic d’êtres humains et de viol.

Il a également été rapporté que le président lui-même serait intervenu en leur faveur lors de leur arrestation. Au-delà de la dimension personnelle, ces éléments interrogent la légitimation d’une idéologie violente, portée par ce que l’on appelle la « manosphère », déjà liée à des passages à l’acte meurtriers.

Le retour des frères Tate, malgré des accusations lourdes

Les frères Tate sont aujourd’hui de nouveau libres. Trois ans après leur arrestation en Roumanie, soupçonnés de trafic d’êtres humains, de viol et de constitution d’une organisation criminelle, Andrew et Tristan Tate sont rentrés aux États-Unis.
Le 27 février, ils ont atterri en Floride à bord d’un jet privé.
« Nous sommes de retour en force », a déclaré Andrew Tate à ses 11 millions d’abonnés.

Andrew, 39 ans, et Tristan, 37 ans, font pourtant l’objet de procédures judiciaires toujours en cours. Les autorités roumaines et britanniques les accusent d’avoir participé à un réseau exploitant des femmes à des fins de prostitution et de production de contenus sexuels, en recourant à la menace, à la violence et, dans au moins deux cas, au viol.
Bien qu’ils nient l’ensemble des faits, un mandat d’arrêt européen est toujours valable à leur encontre.

La question demeure entière : comment ont-ils pu quitter la Roumanie et regagner les États-Unis ?
Selon une enquête publiée par The New York Times, l’administration Trump aurait exercé des pressions diplomatiques en coulisses sur le gouvernement roumain, qui aurait finalement renoncé à les maintenir sur son territoire.

Barron Trump et la figure du « grand frère »

Le lien entre la famille Trump et les frères Tate ne s’arrête pas à une simple complaisance politique. Selon le New York Times et d’autres publications, Andrew Tate serait proche de Barron Trump, alors âgé de 19 ans.
Certains articles évoquent une relation de mentorat, Andrew Tate cherchant à s’imposer comme une figure influente auprès de la droite conservatrice américaine. En retour, Barron Trump aurait reçu de sa part, ou de celle de ses proches, des « conseils en matière de relations amoureuses ».

Cette proximité pose une question centrale : qui joue le rôle de modèle masculin auprès du fils du président ?

Des témoignages de violences explicites

La gravité des accusations portées contre Andrew Tate ne relève pas de la rumeur. L’une des femmes qui l’accusent de viol a témoigné l’an dernier dans un article de la BBC. Elle raconte : « Il a commencé à m’embrasser et m’a dit : “J’hésite à te violer.” Puis, soudain, il m’a attrapée à la gorge, m’a plaquée contre le lit et a commencé à m’étrangler. »

Le lendemain, Andrew Tate lui aurait écrit : « Suis-je une mauvaise personne ? Parce que moins tu aimais ça, plus j’y prenais plaisir. J’aime te violer. »

Concernant Tristan Tate, souvent présenté comme le plus modéré des deux, le New York Times a révélé des échanges dans un groupe de discussion intitulé « Proxénètes ». Après qu’une femme a exigé de quitter un lieu supposément utilisé par un réseau de prostitution, Tristan Tate aurait écrit : « Frappe-la s’il le faut. Je m’en fiche. »

La manosphère* et ses morts

La dangerosité de la « manosphère » n’est pas théorique. Dès 2014, Elliott Rodger a assassiné six personnes à Isla Vista, en Californie, avant de se suicider. Cet acte est considéré comme le premier cas de « terrorisme misogyne ». En 2018, Alec Minassian a foncé en voiture dans une foule à Toronto, tuant dix personnes. Avant sa condamnation à perpétuité, il a déclaré s’être inspiré d’Elliott Rodger, parlant d’une « rébellion incel ».

Ces passages à l’acte ont mis en lumière une idéologie déjà installée depuis les années 1990 sur des forums masculinistes, amplifiée par des événements comme le Gamergate en 2014, puis radicalisée après l’émergence du mouvement #MeToo en 2017.

Une idéologie diffuse et structurée

La « manosphère » n’est pas un mouvement centralisé, mais une communauté en ligne éclatée qui promeut la suprématie masculine, la misogynie et, dans ses franges les plus extrêmes, le déni du viol et l’incitation à la violence envers les femmes. Elle s’est dotée d’un langage propre, rendant parfois invisibles la brutalité et la radicalité de ses messages.

On y retrouve des incels, des militants des « droits des hommes », des « artistes de la séduction », des adeptes du retrait amoureux, ou encore des tenants de la « pilule rouge », selon laquelle la société serait structurellement hostile aux hommes et dominée par le féminisme.

Une influence mondiale, y compris en Israël

Ce phénomène est mondial. Il est également présent en Israël, bien que largement sous-traité dans le débat public. Des enquêtes ont mis en lumière l’existence de groupes locaux diffusant des discours de négation du viol et de glorification de la violence sexuelle.
Le cas de Gal Tenenbaum, arrêté après des menaces contre une journaliste et après avoir diffusé une vidéo dans laquelle il affirmait avoir violé « plus de 100 femmes », illustre cette dérive. Lors de son interrogatoire, il a déclaré : « Je viens de dire ça, ce n’est pas vrai. » Son avocat a parlé de plaisanterie, et aucune plainte n’a été déposée. Les propos, eux, sont restés publics.

La fragilité incel et la violence contre les femmes en Israël

Les études citées dans l’article montrent que les hommes attirés par la manosphère sont souvent des profils fragiles, socialement isolés, aliénés, ou en difficulté pour nouer des relations intimes.

Ce sont des individus vulnérables qui cherchent une appartenance et tombent sur un discours qui transforme leur malaise en permission de haïr.
Un concept clé y revient, le « looksmaxxing », cette obsession d’optimiser son apparence : beaucoup arrivent pour des conseils de sport ou de nutrition et se retrouvent, par glissement algorithmique, abreuvés de propagande antiféministe et de messages qui banalisent le déni du viol ou la violence.

En Israël, ce phénomène s’inscrit dans un terrain déjà inflammable : un pays marqué par un lourd passif de violences faites aux femmes, et, depuis deux années de guerre, par une génération de jeunes hommes psychiquement cabossés, parfois seuls, parfois en colère, souvent incapables de dire leur détresse autrement que par la brutalité ou le repli.

C’est précisément là que la manosphère prospère : elle se présente comme une « explication totale », offre des coupables et promet une revanche, au moment même où la société israélienne n’a ni plateforme structurée, ni pédagogie institutionnelle, ni discours public massif pour décoder ces codes et désamorcer cette mécanique.

Des figures respectées comme relais

L’un des éléments les plus troublants de la manosphère réside dans ses figures d’influence. Le Guardian a dressé une liste de ses leaders : Andrew Tate y figure, mais aussi Jordan Peterson, psychologue canadien suivi par des millions d’abonnés, ou encore le youtubeur Aidan Ross, qui a publiquement soutenu Andrew Tate pendant son assignation à résidence.

Leur point commun n’est pas la marginalité, mais la réussite. Ce sont des hommes perçus comme des modèles, ce qui rend leur discours d’autant plus attractif pour des jeunes en quête de repères.

Une audience jeune et massive

Selon un rapport récent d’Equimondo, entre 60 % et 65 % des consommateurs de contenus issus de la manosphère ont entre 16 et 35 ans. Chez les incels, le groupe démographique dominant se situe entre 22 et 29 ans. Il ne s’agit donc pas d’un problème générationnel marginal, mais d’un phénomène structurant chez les jeunes hommes.

Le message central, martelé sous différentes formes, est simple : « Ce n’est pas nous le problème, ce sont les femmes. »

Quand le sommet de l’État banalise

À ce stade, la question n’est plus seulement celle de la culpabilité pénale des frères Tate ou de leur proximité avec les fils de Trump. Elle concerne la portée symbolique d’une telle proximité. Quand des figures accusées de viol et de trafic de femmes gravitent autour du pouvoir, quand leurs discours trouvent un écho jusque dans l’entourage présidentiel, c’est une idéologie violente qui gagne en légitimité.

Et lorsque cette idéologie se diffuse auprès de jeunes hommes fragilisés, blessés ou isolés, le risque n’est plus abstrait. Il est déjà inscrit dans une chronologie de morts, de corps brisés et de violences répétées.

*La manosphère désigne une nébuleuse de communautés en ligne qui diffusent des discours hostiles aux femmes et au féminisme. Elle regroupe des courants variés, mais repose sur une idée centrale : si les hommes souffrent, ce serait à cause des femmes et d’une société qui les favoriserait.
Cette idéologie s’adresse souvent à des hommes jeunes, isolés ou fragilisés, et transforme leur malaise en ressentiment, parfois en justification de la domination ou de la violence. C’est ce glissement, de la détresse à la haine, qui fait aujourd’hui de la manosphère un sujet de préoccupation majeure.

L'appellation « manosphère » (en référence à la « blogosphère », c'est-à-dire le monde des blogs) est un terme trompeur : il ne s'agit pas d'une organisation ou d'un mouvement officiel, mais d'une communauté en ligne dispersée et décentralisée qui promeut des idéologies de suprématie masculine, de misogynie et d'antiféminisme, et, dans certains cas radicaux, le déni du viol et l'incitation à la violence envers les femmes. 

Israël : Abus de pouvoir au commissariat et le double visage du commandant Malkiel Arami

Israël : Abus de pouvoir au commissariat et le double visage du commandant Malkiel Arami

Abus de pouvoir au commissariat
Le double visage du commandant Malkiel Arami

« Il s’est préparé au jour où il serait arrêté, il m’a dit de détruire toutes nos conversations. »

Pour elles, Malkiel Arami était un policier respecté, un commandant admiré, un homme charismatique. Pour certaines, il était aussi un compagnon, parfois un amant, souvent une figure d’autorité dont elles dépendaient hiérarchiquement.
Elles étaient loin d’imaginer que derrière cette façade se cachait un système de relations multiples, tissées dans le secret, la manipulation et la peur.

La série « Exposure » a recueilli leurs témoignages. Des récits concordants, précis, glaçants, qui dessinent le portrait d’un officier chevronné ayant utilisé sa position pour instaurer des liaisons interdites, imposer le silence et brouiller les repères entre pouvoir, séduction et contrainte.

La prise de poste et la fascination

Les femmes qui ont accepté de parler ont presque toutes choisi l’anonymat. Une seule a décidé de révéler son identité : Shiral Bengayev. À son arrivée au commissariat de Neve Sharett, à Tel Aviv, elle n’imaginait pas que cette affectation marquerait durablement sa vie.

« À mon arrivée, j’étais submergée d’émotions, avec le sentiment d’être au bon endroit et d’avoir l’opportunité de m’exprimer », raconte-t-elle.
« Les gardes-frontières dormaient au quatrième étage, les policiers en uniforme bleu au premier. Les équipes étaient mixtes, le travail était professionnel, structuré. »

Parmi tous les policiers, un homme se distinguait nettement : Malkiel Arami. « Notre première rencontre a eu lieu lors d’une réunion avant la prise de service. Il était concentré, sûr de lui, toujours alerte. Un excellent commandant, capable de parler de tout, même de sujets personnels », se souvient-elle.

Très vite, les échanges quittent le strict cadre professionnel. Arami se confie, évoque un divorce difficile, une relation conjugale compliquée. « Il m’a dit qu’il avait peur d’être séparé de sa femme, qu’il était resté pour elle. C’était très émouvant. »

L’installation d’un lien exclusif

À 19 ans, Bengayev est une jeune soldate. Arami devient son principal soutien. « Quand je me suis disputée avec mon supérieur direct, il m’a défendue. Il m’a dit que ce n’était pas normal. Il m’a protégée. »

Peu à peu, il s’impose comme la figure centrale de son quotidien professionnel. « Il a été promu responsable des équipes. Il me tenait près de lui dans la voiture. Nous étions toujours ensemble. Aucun autre policier ne l’accompagnait. »

Comment cette proximité a-t-elle évolué ?

« C’était agréable. Il m’écoutait, me donnait l’impression d’avoir de l’influence. Il me cherchait sans cesse, voulait qu’on s’assoie après le travail pour parler, boire un café, une bière. »

L’invitation à un feu organisé chez ses parents marque un tournant. « En plein milieu de la soirée, il m’a écrit pour me proposer de sortir. Il m’a dit qu’il était amoureux, qu’il ne pensait qu’à moi. Il savait que c’était mal. Il a rappelé que j’avais 19 ans, qu’il en avait 30, que j’étais une simple soldate et lui le commandant. Mais il disait qu’il ne pouvait pas lutter. »

Comment avez-vous réagi ?

« J’étais choquée. J’ai immédiatement senti que ce n’était pas normal. »

Et pourtant, vous avez continué.

« Oui. Il a su combler ce qui me manquait. Il a vu la petite fille en moi. »

Une relation cachée, dans l’uniforme et hors de l’uniforme

« Pendant les briefings, on ne se parlait pas. Mais une fois dans la voiture, tout changeait. On s’embrassait, on se prenait dans les bras. Comme un couple. Il y avait aussi des contacts physiques intimes au bureau et sur la route. »

Avez-vous eu des relations sexuelles pendant le service ?

« Oui. Et après, il retournait sur le terrain comme si de rien n’était. »

Avec le temps, le discours change. « Il m’a dit qu’il fallait que ça reste entre nous. Que s’ils l’apprenaient, il serait muté. Que moi, on m’enverrait à Jérusalem, où je ne voulais pas aller. Il disait vouloir me protéger. »

Mais une autre réalité se dessine. Arami est muté à Givatayim. Là, une nouvelle policière témoigne, elle aussi anonymement. « Je suis arrivée en 2019. Six mois avant la fin de mon service, Malkiel a remplacé mon commandant. J’étais ravie. Il m’a soutenue immédiatement. »

La même mécanique s’installe. Travail en binôme, appels personnels, confidences. « Une amitié est née, puis une relation. Il m’a expliqué que si cela se savait, il irait en prison et que je ne pourrais jamais m’engager dans l’armée. Alors j’ai menti à tout le monde. »

Où vous voyiez-vous ?

« En voiture, au commissariat, dans les bureaux. »

Chez lui ?

« Il disait louer un appartement à Holon avec une cousine. Il y avait des affaires de femme. C’était étrange, mais il m’a convaincue. »

Les mensonges en cascade

À la même période, une civile entre dans sa vie. Rencontre fortuite, soirée « incroyable », relation amoureuse immédiate. Il l’introduit clandestinement au commissariat. « On est entrés par l’arrière, avec un code. On a eu des rapports sexuels dans une voiture de police et dans les bureaux. »

Qui était-il pour vous ?

« Mon meilleur ami. »

Pourquoi ne vous êtes-vous pas mariés ?

« Il disait toujours qu’il fallait attendre. »

Une autre femme, Yael, raconte une histoire presque identique. « Il parlait de son divorce. Puis il est devenu jaloux. Un jour, il m’a invitée à sortir. »

Quand elle exige que leur relation devienne publique, il invente un nouveau mensonge. « Il m’a dit qu’il allait se marier, mais que ce serait un mariage fictif. »

Cette version est répétée à plusieurs femmes, avec des variantes. À l’une, il explique vouloir obtenir la garde exclusive de sa fille. « Il disait qu’il devait prouver au tribunal qu’il pouvait l’élever sans sa femme. C’était absurde. »

Le jour du mariage arrive. Les femmes découvrent les photos sur les réseaux sociaux. « Des vidéos en direct. Mon homme en costume de marié. Une hallucination », raconte Yael. « Pendant la cérémonie, il m’envoyait des messages : “Ne t’inquiète pas, je vais divorcer.” »

Les images, le contrôle, la peur

L’enquête révèle un autre pan de l’affaire. « Il filmait nos relations intimes. J’entendais parfois le début de l’enregistrement. Il disait qu’il stockait tout sur un disque dur sécurisé. Je lui faisais confiance. »

Au commissariat, les femmes comprennent l’ampleur de la tromperie. Elles créent un groupe WhatsApp. « L’une d’elles m’a dit avoir vu des dossiers classés par noms, visages, dates. Elle m’a reconnue sur des photos. »

La vérité tombe. Arami n’était ni divorcé ni célibataire. Il était marié, et père. « J’étais avec lui à l’hôpital. Il disait que son père était malade. Il revenait de la maternité. Nous avons fait l’amour, puis il est reparti. Sa femme était en train d’accoucher. »

« J’avais 19 ans. Je lui faisais confiance. Il a abusé de son pouvoir. »

Une affaire classée, une sanction disciplinaire

La police a recueilli les témoignages de cinq femmes. L’enquête portait sur des relations avec des subordonnées et sur des enregistrements intimes. L’affaire pénale a été classée sans suite faute de preuves matérielles. « Il savait quoi faire. Il m’a ordonné de détruire nos conversations », affirme Yael.

Sur le plan disciplinaire, la police a reconnu un comportement « offensant, immoral et contraire aux valeurs de l’organisation ». Arami a été suspendu, puis licencié en juillet 2024. Il a été condamné par un tribunal disciplinaire à un blâme sévère et à une amende.

« Je veux qu’ils sachent qui il est, pour qu’il ne recommence pas », dit Shiral.

La version d’Arami et les réponses officielles

Confronté par l’équipe de l’émission, Arami se présente comme un policier « humain », « proche des gens ». Il affirme avoir été victime de mensonges et de vengeance. « Il n’y avait aucune relation abusive », dit-il. « J’ai peut-être mal agi parfois, mais je regrette. »

Son avocat dénonce « une campagne de diffamation » et annonce une action judiciaire.

Le service des enquêtes de police confirme l’absence d’infraction pénale, tout en soulignant la gravité disciplinaire des faits.

La police précise que l’agent a été suspendu, licencié et sanctionné conformément à la loi.

Les femmes, elles, restent avec leurs récits, leurs preuves disparues, et la certitude d’avoir été prises dans un engrenage où l’autorité s’est transformée en emprise.

États-Unis : un seul homme derrière la fusillade de Brown et le meurtre du MIT -VIDEO-

États-Unis : un seul homme derrière la fusillade de Brown et le meurtre du MIT -VIDEO-

L’auteur de la fusillade de l’université Brown retrouvé mort

Les autorités américaines confirment qu’il est aussi le meurtrier du scientifique nucléaire du MIT

Après cinq jours de traque, les autorités américaines ont annoncé que Claudio Manuel Navas Valenita, auteur de la fusillade survenue à l’université Brown en début de semaine, a été retrouvé mort dans un entrepôt du New Hampshire.
Le suspect, un Portugais de 48 ans, a été découvert sans vie avec deux armes à feu à ses côtés. Les enquêteurs affirment désormais qu’il est également le meurtrier de Nuno Livorio, physicien nucléaire travaillant au MIT, assassiné à son domicile dans le Massachusetts.

Les autorités américaines ont précisé ce soir jeudi-vendredi que Valenita, diplômé de l’université Brown, était recherché depuis la fusillade perpétrée sur le campus de Rhode Island, attaque qui a coûté la vie à deux étudiants et fait neuf blessés. Sa mort met un terme à plusieurs jours de recherches intensives menées dans plusieurs États.

Le meurtre du scientifique du MIT désormais attribué au même homme

Selon les forces de l’ordre, Claudio Manuel Navas Valenita est également l’auteur du meurtre de Nuno Livorio, chercheur au MIT, abattu à son domicile de Brookline, dans le Massachusetts, deux jours après la fusillade de l’université Brown. Le scientifique, âgé de 47 ans, a été tué chez lui, dans un quartier décrit comme particulièrement calme et sûr, à proximité de Boston.

La chaîne CNN a rapporté que, sur la base d’informations recueillies au cours des dernières vingt-quatre heures, la police enquêtait sur un lien direct entre la fusillade de Brown et l’assassinat du physicien nucléaire. Jusqu’à récemment, les médias américains indiquaient que les éléments disponibles étaient insuffisants pour établir ce lien. Les enquêteurs ont toutefois confirmé que de nouveaux éléments de preuve ont permis d’attribuer les deux crimes au même individu.

Profil des victimes et circonstances du meurtre

Le MIT a indiqué dans un communiqué que Nuno Livorio était professeur aux départements de génie nucléaire et de physique et qu’il dirigeait également le Centre des sciences du plasma et de la fusion. Ses collègues l’ont décrit comme « une personne brillante et bienveillante », unanimement respectée dans le milieu universitaire.

Une voisine de Livorio a déclaré aux médias qu’elle avait entendu des coups de feu alors qu’elle allumait une bougie de Hanoukka. En ouvrant la porte de son appartement, elle a vu le chercheur allongé sur le dos dans l’entrée de l’immeuble. Avec une autre voisine et l’épouse de Livorio, elle a immédiatement appelé les secours.

Rumeurs autour d’un mobile antisémite non confirmées

Ces derniers jours, des organisations juives non officielles ont diffusé en ligne des affirmations selon lesquelles le meurtre de Nuno Livorio pourrait être lié à son identité ou à des positions pro-israéliennes qui lui étaient attribuées. Les autorités américaines ont toutefois indiqué ne pas confirmer ces affirmations. Des membres de la communauté locale ont déclaré ignorer s’il était juif et ont souligné qu’il n’avait exprimé aucune position sur Israël.

Les forces de l’ordre affirment poursuivre l’enquête afin d’établir avec précision la chronologie complète des faits et les motivations de Claudio Manuel Navas Valenita, désormais identifié comme l’auteur unique des deux crimes.

Tentative d'Assassinat Antisémite : Un homme juif poignardé à Brooklyn

Assassinat antisémite : Un homme juif poignardé à Brooklyn

Un homme juif poignardé à Brooklyn : possible crime haineux antisémite lors de Hanoucca

Un résident juif de 35 ans a été poignardé mardi après-midi dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn, à New York, dans ce que les autorités enquêtent comme un possible acte antisémite. 

L’incident s’est produit vers 16 h, au coin de Kingston Avenue et Lincoln Place, à quelques pas du siège mondial de Chabad-Lubavitch, où de nombreux membres de la communauté s’étaient rassemblés pour les festivités de Hanoucca. 

Selon les déclarations officielles du NYPD, une altercation verbale a débuté entre le suspect et la victime. Le conflit, d’abord apparemment banal, a rapidement dégénéré lorsque l’agresseur a sorti un couteau et poignardé l’homme à plusieurs reprises dans la poitrine. 

Des témoins et des premières informations indiquent que, au moment de l’attaque, le suspect a proféré des propos antisémites, notamment des insultes ciblées envers les Juifs. Certaines sources rapportent même que l’agresseur aurait dit qu’« il serait acceptable que l’Holocauste se reproduise aujourd’hui » avant de passer à l’acte. 

La victime, malgré ses blessures, a continué à suivre l’assaillant sur plusieurs mètres avant que celui-ci ne prenne la fuite. Transporté au centre hospitalier de Kings County, il a été soigné pour des blessures jugées non-menacantes pour sa vie. 

La police de New York a déployé des effectifs supplémentaires à Crown Heights et diffusé des photos du suspect recherché, précisant qu’il portait une veste de type « varsity » noire au moment des faits. La section des crimes haineux du NYPD est saisie de l’enquête. 

Ce agressio intervient dans un contexte de flambée d’actes antisémites à New York, notamment durant la même période : des agressions verbales sur la ligne de métro ciblant des Juifs orthodoxes ont été filmées puis rapportées aux autorités. 

Des représentants communautaires, dont des dirigeants locaux de Chabad, ont exprimé leur préoccupation face à la montée de ces violences pendant les fêtes juives, appelant à une renforcement de la sécurité autour des quartiers juifs et à l’engagement des autorités pour protéger les citoyens juifs dans l’espace public.