Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

antisémitisme :meeting réunissant une belle brochette d'antisémites à Bruxelles.

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La belle brochette d' antisémites à Bruxelles le 4 mai 14

Si vous souhaitez réserver voici le mail :

 

A l’initiative de Debout les Belges, le parti de l’inénarrable Laurent Louis, un meeting réunissant une belle brochette d’antisémites sera organisé à Bruxelles le dimanche 4 mai 2014. Afin d’éviter une interdiction de l’événement, les organisateurs n’ont pas indiqué dans quelle salle ce « congrès » se tiendra. 

 

On peut lire sur le site du député Laurent Louis que le 1er Congrès européen de la Dissidence sera organisé à Bruxelles en présence « des meilleurs dissidents francophones ! » et qu’il s’agit « d’une première à ne surtout pas manquer ! Le gratin de la dissidence réuni à Bruxelles ! ». En fait de dissidents, il s’agit d’antisémites notoires hyperactifs sur internet. 

 

Parmi les intervenants programmés, on retrouve Kemi Seba, le militant suprématiste noir ayant réalisé des descentes dans le quartier juif de la rue des Rosiers à Paris et condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine. S’il a abandonné son discours ouvertement anti-blanc depuis sa conversion à l’islam, il n’en demeure pas moins lié au New Black Panther Party, une organisation américaine connue pour ses dérapages antisémites. 

 

Laurent Louis peut également compter sur l’idéologue attitré de cette nébuleuse antisémite : le très bavard Alain Soral, dont les vidéos interminables nourrissent les interventions grotesques de Laurent Louis à la Chambre des députés. A côté de ces deux figures médiatiques seront également présents des anonymes qui le seraient restés s’ils n’avaient posté de vidéos sur Youtube ou Dailymotion : Hervé Ryssen, très présent sur internet, n’hésite pas à expliquer très fièrement pourquoi il est raciste et antisémite : « Ce sont les Juifs qui appellent au métissage et à la société multiculturelle qui détruisent nos pays », ou encore : « A chaque fois que vous voyez dans un film une blonde avec un noir, vous pouvez être certain que le film a été réalisé ou produit par un Juif ».

 

 Le dessinateur Joe le Corbeau pourra aussi montrer ses « œuvres », dont certaines sont des détournements antisémites et négationnistes d’albums de Tintin : Le Secret de la Shoah (Licorne), l’Affaire Faurisson (Tournesol), Les Diamants de Tel-Aviv (La Castafiore) ou Objectif 6 millions (lune). Il y a encore d’autres participants inconnus du grand public, mais tous obsédés par les Juifs et leur "conspiration mondialiste". 

 

Cette inflation d’anonymes sera évidemment compensée par la présence de la vedette de cette galaxie antisémite : Dieudonné. Il participera aux côtés de son ami belge Laurent Louis au point d’orgue de cette journée : une conférence sur la liberté d’expression en France et en Belgique. Ces deux abonnés des prétoires ont bien pris soin de ne pas indiquer sur l’annonce le lieu exact où se tiendra ce rassemblement. 

 

Ce n’est pas par coquetterie que cette information pratique n’est pas mentionnée, mais tout simplement pour éviter une interdiction éventuelle de cet événement. « L’adresse de la salle ne sera communiquée que le jour de l’événement afin d’éviter des pressions politiques inutiles sur les organisateurs et le propriétaire de la salle », précise Laurent Louis sur son site internet. Dans ce contexte, comment faire en sorte que ce sinistre meeting d’antisémites soit interdit ? D’un point de vue juridique, la question est sûrement complexe, mais pas insoluble. 

 

Les nombreuses vidéos des intervenants doivent déjà contenir un nombre considérable d’infractions à la loi sur le racisme et l’antisémitisme pour que des condamnations pénales puissent être prononcées. Si la société veut se protéger contre ces diffuseurs de haine, elle doit prendre les mesures qui s’imposent et, à cet égard, l’arsenal juridique et administratif le permet. Vendredi 18 avril 2014 Nicolas Zomersztajn.

Film Juif: 24 jours. Il suffisait d'un coup de fil . Interviews d'Alexandre Arcardy et de Pascal Elbé .

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Alexandre Arcady et Pascal Elbé

Alors que le film 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi sort prochainement sur les écrans, son réalisateur Alexandre Arcady et son comédien Pascal Elbé qui interprète le père d’Ilan ont répondu présents à l’interview d’Alliance.

 

L.B : Le film s’ouvre sur Zabou Breitman, interprétant le rôle de Ruth Halimi, déclarant « Qui aurait pu croire qu’une chose pareille pouvait arriver (à Paris) en 2006… ?  Alors, comment expliquer les mécanismes d’un tel acte ?

A. Arcady : Une dérive terrible ; des esprits mal formés ; l’ignorance ; voire, l’influence des médias. Tout ceci ont permis de montrer que nous sommes tombés dans l’ignoble. Au préalable, cette bande de barbares voulait de l’argent, et comme ils avaient dans l’esprit que tout juif possédait de l’argent, il fallait en kidnapper un. Ce fut Ilan : un petit vendeur de téléphones qui ne touchait pas plus que 1200€ par mois. Les ravisseurs ont demandé 450.000€. Ils l’ont traité comme un animal, parce que pour eux, être juif, voulait dire être mieux que rien. C’est une plaie qui a produit cette chose terrible !

P. Elbe : Ce sont des mécanismes multiples. Des mécanismes que l’on connait bien dans ce pays. Des mécanismes qui dorment et soudain se réveillent. Jamais morts malheureusement. Ce qu’il s’est passé avec Ilan Halimi, c’est la définition de ce racisme ordinaire, cet antisémitisme de base, où des jeunes du même âge kidnappent, séquestrent et immédiatement, sans questionnement aucun, parce qu’il est juif, le déshumanise, le bâillonne et ni ne le nourrisse, ni l’hydrate. Quand on arrive à cela, on est loin de la conscience.

L.B : Comment penser qu’un juif soit assassiné en 2006, en France, le premier depuis la seconde guerre mondiale?

A.A : Incompréhensible ! Cela n’était pas après un coup de colère, une bagarre,…Non, 24 jours de châtiments parce que juif : brulé, rasé les cheveux, désinfecté à l’eau de javel, le laisser mourir de faim,… Bref, tout ce que l’on peut entrevoir, lorsque l’on pense à la Shoah. Je ne veux pas dire qu’ils l’ont fait sciemment, mais ce sont des choses qu’ils ont réalisé ! Du coup, nous nous interrogeons.

L.B : L’équipe d’Alliance a interviewé récemment l’équipe du film à succès « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? ». Elle nous expliquait que le « vivre ensemble entre plusieurs communautés pouvait être possible et que leur film était comme pédagogique. Quel impact pourrait apporter votre film ? Intensifier la mémoire collective ?

P.E : Ruth Halimi a écrit ce livre pour que la mort de son fils puisse donner l’alerte. Afin que « le plus jamais ça » persiste. C’est un film, prise de conscience, pas politique du tout. N’oublions pas que mon film reste un polar. En sortant du film, on se dit que cela n’est pas possible que ce soit arrivé « en bas de chez nous ». Et pourtant… Sans doute la chose la plus frappante vis-à-vis du public.

L.B : Alain Finkielkraut avait déclaré lors de de cette affaire en 2006, qu’il s’agissait d’un crime contre l’Humanité dans le droit, non dans les faits. Qu’en pensez-vous ?  

A.A : Contre l’humanité surement puisque tuer un Homme, c’est tuer l’Humanité. De même que, sauver un Homme, c’est sauver l’Humanité. Il a raison de donner un caractère universel. De ne pas classer cette affaire dans les faits divers, mais plutôt comme un acte fondateur. Une rupture dans notre société.

L.B : En 2006, l’affaire Ilan, 2012, l’affaire Ozar Hatorah de Toulouse, aujourd’hui en plein Paris, on scande « Juif, ta place n’est pas ici », quelles interrogations peut-on se faire ?

A.A : … Et l’extrême gauche qui rejoint l’extrême droite en intervenant manu militari au sein de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme à Toulouse justement, auprès de la présidente du CRIF et du responsable de la communauté de la ville, en les traitant de sionistes et qu’ils n’avaient rien à faire dans ce cortège, on est en droit de se poser des questions.

 

Je dis que l’amalgame juif = sioniste est insupportable. Tout comme le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie. Il faut combattre tous ces fléaux. Mais en ce qui concerne notre communauté, il est vrai que nous sommes en droit de nous poser certaines questions sur la responsabilité ou non de l’Etat.

 

Sur le fait que, par exemple nous n’ayons pas pris les dispositions nécessaires pour que les choses s’arrêtent. Je viens tout juste d’apprendre par un directeur départemental de l’Education Nationale du 9-3, qu’il n’y a plus au sein de toute l’école publique Républicaine primaire et secondaire, plus aucun élève de confession juive ! Cela fait partie des alertes les plus graves de notre système. Les politiques devraient en prendre compte de cet état d’urgence.

L.B : Votre film (et l’histoire) a pour particularité de traiter du silence : silence de la Police française, mais aussi celui des parents d’Ilan. Comment l’expliquer ?

A.A : C’est une belle remarque. Ilan a été séquestré durant 24 jours. On a arrêté 19 membres de ce gang (dont j’en suis convaincu qu’il y en avait davantage), plus de 500 familles qui habitaient cette cité, qui ont dû voir, ne serait-ce qu’apercevoir ce qu’il s’y passait.

 

Les ravisseurs ont transporté Ilan de l’appartement où il l’avait séquestré, à la cave. Traverser toute cette cité en parcourant plusieurs centaines de mètres. Personne n’a rien entendu. Personne n’a rien vu.

 

 Il ne suffisait que d’UN coup de fil pour mettre fin au calvaire du jeune garçon. Un témoin, un anonyme. Ce qui prouve bien que notre société est belle et bien renfermée sur elle-même. C’est une société, où dans certains quartiers la peur règne, et où l’indifférence est de mise. Mais cette dernière n’est que problème d’éducation. 

 

Quant à la police, elle a choisi de ne pas suffisamment prendre en compte tous ces points antisémites. C’était tellement « énorme », que l’acte antisémite, n’était que couverture. Nous avions à faire à une bande de petits malfrats où la tête se trouvait en Côte d’Ivoire et les bras en France. 

 

Tant que la rançon n’avait pas encore était effectuée, l ’ « otage » était sans crainte. Erreur monumentale puisqu’ils avaient à faire à des bras cassés qui n’avaient aucune conscience et surtout antisémites dans l’âme !

L.B : Qu’est- ce qui fait que des gamins de la République sont arrivés à un point de non-retour ?

P.E : Très peu d’entre eux se sont excusés. Seul le gardien de l’immeuble, par la voix de son avocat -seulement- a demandé pardon. Alors que tous les autres, sans exception aucune, n’ont réellement pas (encore) pris conscience de leur acte ! 

 

Quand la conscience fait défaut, l’heure est grave. Je n’arrive même pas- encore à ce jour- à comprendre ou à expliquer les motivations qui ont poussé ces gens à faire cet acte horrible.

 

D’ailleurs, je ne cherche plus à comprendre, mais à condamner sans cesse. Je rends ainsi hommage au film d’Arcady pour avoir mis en lumière les victimes plutôt que les bourreaux. L’idée primaire (qu’on rencontre depuis un siècle) était qu’Ilan était juif, donc avait de l’argent. 

 

J’ai pour habitude de rappeler à ces gens-là, qui associent les juifs à une communauté de nantis, qu’il existe malheureusement des chiffres consternant démontrant la pauvreté chez certains (Il a été à plusieurs reprises parrain de la Tsédaka, NDLR).

L.B : Pourquoi avoir mis longtemps à reconnaitre l’acte antisémite ?

P.E : Tout simplement et malheureusement parce qu’il y avait eu l’affaire dit de « la Fille du RER », parce que l’Autorité avait été induite en erreur ! Et puis, qu’il existe ce mal français qui consiste à se voiler la face et de ne pas aller au-devant des choses frontalement. 

 

On a un problème avec notre Histoire : le devoir de Pardon avec la Guerre d’Algérie, la période de la Seconde Guerre Mondiale,… On a du mal à faire face à ses responsabilités en France. A contrario, au premier message« ON A CAPTURE UN JUIF », Ruth, la maman d’Ilan a immédiatement compris la nature du rapt. Juif est un mot fort. Postez-le sur la toile et soyez attentif à ce déferlement de haine, notamment sur le film d’Arcady. Mais, je ne m’en inquiète pas trop, car, bien qu’ils soient une poignée et qu’ils polluent l’espace, ce film marquera d'une pierre blanche encore une fois notre histoire en France. Il n'est pas dit d'ailleurs qu'il ne puisse provoquer également d'autres actes.

La différence c'est que maintenant on sait.  

Laurent Bartoleschi pour Alliance    

 

C'est unDruze israélien qui aurait aidé à la libération des 4 otages en Syrie .

D'après BFMTV ce serait un israèlien qui aurait aidé à lever les fonds pour payer les rançons pour la libération des 4 journalistes français 50 000 euros pour chacun des prisonniers avec une surtaxe de 20 000 euros pour retard de paiement. On peut être criminels mais être très pointus sur les délais !

Libération des otages français en Syrie: la piste israélienne.

Mendi Safadi, druze israélien, homme politique à ses heures, au sein de la droite israélienne prétend y avoir œuvré.

Et si un officiel israélien avait aidé à la libération de nos quatre confrères?

 On ne pourra jamais tout à fait prouver ce que les services secrets ont fait dans le cas d'une négociation pour la libération d'otages. 

Mais une personne au moins prétend avoir aidé à la libération. Il s'agit de Mendi Safadi, druze israélien, homme politique à ses heures, au sein de la droite israélienne.

 

Il est depuis le début de la révolte syrienne l' "homme-contact" entre l'État israélien et les forces d'opposition démocratiques et modérées syriennes dont l'Armée syrienne libre fait partie. On peut le voir deviser avec des Syriens de l'ASL en Turquie, dans un reportage de INews24, chaîne israélienne multilingue

Voici en résumé son récit, que nous n'avons pas encore pu vérifier, à part ceci: un spécialiste du renseignement au Moyen-Orient avait effectivement entendu parlé de la démarche Safadi.

Résumons: la branche modérée de la rébellion syrienne, et particulièrement sa branche armée l'Armée syrienne libre (ASL), a appris que les quatre Français étaient détenus.

 Apparemment, les geoliers étaient des ravisseurs criminels ordinaires. Autrement dit des bandits. La demande de ces derniers, transmise à l'ASL, était simple: 50.000 dollars pour la restitution des Français.

Entre-aide druze

 

Mendi Safadi nous dit avoir informé, à chaque nouvel élément, l'ambassade de France à Tel Aviv, et un ami israélien à Paris qui faisait le relais en direction du Quai d'Orsay

 

L'ambassade de France déclina de payer les 50.000, entre temps les ravisseurs demandèrent 20.000 de plus. Safadi se mit alors en branle pour lever la somme dans sa poche et auprès d'amis en Israël et au Liban. 

 

J'ai eu l'impression qu'il s'agissait en grande partie d'un effort d'entre-aide druze, ces derniers étant implantés depuis toujours à cheval sur les États actuels d'Israël, du Liban, de Syrie.

 

Le 22 mars Safadi se rendit à la frontière syro-turque pour recueillir les quatre, mais son intermédiaire fut submergé par la crainte d'une embuscade des services secrets français et annula tout au dernier moment. J'interjette ici que le ministre des Affaires étrangères françaises Laurent Fabius dit qu'à cette date-là on avait cru que c'était bon. Au moins une convergence entre les deux récits!

 

 

Enfin le matin du 19 avril Safadi reçut un appel de l'opposition laïque syrienne: les quatre sont entrés en Turquie. En écoutant ce récit non encore répandu ici en France, je suis étonné qu'avec 70.000 dollars entre les bonnes mains, tout pouvait se débloquer. Maintenant, il faudra attendre que cette version des faits soit comparé aux autres: celle du gouvernement français, et d'éventuelles tierces versions qui ne manqueront de filtrer, sans oublier la version des ex-otages eux-mêmes. Au moins la version de Mendi Safadi, qu'il faudrait peut-être un jour vérifier, valait la peine de mentionner pour sa simplicité.

 

Stéphane Freiss :Le parrain du Festival du Cinéma Israèlien au micro de Laurent Bartoleschi

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C’était hier soir au Cinéma des Cinéastes à Paris que s’est tenu l’Ouverture de la 14ème Édition du Festival du Cinéma israélien. 

Un rendez-vous incontournable pour tous les inconditionnés de ce cinéma. Pour ouvrir les festivités, le second film d’Emmanuel Nakacche, Kidon, a été projeté en avant-première. Une comédie d’espionnage pas comme les autres sur le Mossad.  


Le metteur en scène n’était pas présent, car il avait comme mot d’excuse, tout simplement, la préparation de son mariage en Israël, dans les prochains jours. (Mazel tov, souhaitons lui !). Le film possède un sacré casting : Tomer Sisley, Hippolyte Girardot, Elodie Hesme, Sasson Gabay, pour sa première fois au cinéma, Bar Rafaeli (!) et Lionel Abelanski.  



« Il était bon de tourner à Tel Aviv et de se sentir israélien durant deux mois. Faire une comédie sur la théorie du complot fut très passionnant » dira-t-il. Le film sortira en France le 14 mai.   


fepavot.JPG« Ce festival demeure ô combien important aujourd’hui, où le boycott envers Israël grandit. Il permet de maintenir une visibilité sur la force de la culture de ce pays », conclura Charles Zrihen, fondateur du Festival. Au programme, 15 longs métrages des documentaires, des courts-métrages issus de l’Université de Tel Aviv, et une rétrospective de la filmographie d’Avi Nesher seront présentés d’aujourd’hui, au mardi 8 avril au Cinéma des Cinéastes, 7, avenue de Clichy Paris 17ème. Plus de renseignements www.isratim.co.il



Spectateur assidu de ce cinéma, de par sa qualité, que par sa diversité. « Il reste le premier à s’autocritiquer », nous dit son parrain Stéphane Freiss. Il a accepté de répondre à quelques questions pour Alliance. Interview.

L.B: Vous avez été le Parrain du Festival Israélien de Marseille, il y a deux ans, parrain pour la 14ème Édition à Paris, que représente pour vous ce cinéma ?


Stéphane Freiss : Pour moi le cinéma israélien a beaucoup de sens. J’ai tout d’abord un attachement un peu particulier avec ce pays, autant affectif que de fascinant. Il y a quelque chose de « sanguin ». Puis, il existe très peu de cinémas à travers le monde qui racontent mieux leur pays. Il se trouve que lorsque je vais voir un film israélien, le metteur en scène m’emporte, que la trame soit réaliste, soit surréaliste (ce qui est souvent le cas).


 

Mais, le point commun entre ces deux écritures réside dans le fait que je reconnais automatiquement les gens de là-bas. La force de ce cinéma prouve qu’il n’a besoin de personne pour être « psychanalyser ». Il s’autocritique. Et ces réalisateurs le font très bien. Finalement, je me disais, on le remarque à travers tous ces films, aussi bien dans les comédies que dans les drames. Que ce soit récemment Bethléem (de Yuval Adler), un thriller, Ajami (de Scandar Copti et Yaron Shani), un drame ou même Ushpizin (de Giddi Dar), un film « religieux », la dérision reste permanente.  


L.B: Pourquoi ?


S.F : Tout simplement parce que ce pays est sans cesse dans l’exigence. Israël se lance constamment des défis. Malgré tout, maintenant, la qualité d’écriture me touche, voire me bouleverse profondément.


L.B: Y aurait-il des titres qui vous aurez marqué davantage que d’autres ?


S.F : Étrangement, j’ai du mal à en dissocier. Pour rester sur les titres cités plus haut, Ajaami, par exemple possède une puissance scénographique proche de Robert Altman (!) ; Ushpizin reste un film qui m’a marqué pour des raisons personnelles car autour de moi, j’ai des gens qui appartiennent à des milieux religieux orthodoxes, donc de par ce fait, j’ai réussi à décoder certaines choses dîtes dans le film. Le directeur des Ressources Humaines, Tu marcheras sur l’eau



Une Jeunesse pas comme les Autres, les Citronniers. Ceux-là font preuve d'une étonnante finesse. A travers les évènements qui vivent au jour le jour, les réalisateurs parviennent à décrire un pays, une société, un système démocratique, avec ses qualités, mais aussi ses failles et ses défaillances absurdes.


L.B: Recherchez-vous quelque chose de précis dans chacun des films ?

S.F : Entre chacun des films que je vois, je me retrouve en chacun d’eux. Et même parmi les fictions les plus décevantes, ce qui est rare il faut l’admettre, me donnent quand même à rêver. C’est la force du cinéma israélien. Lorsque l’on sort d’une quelconque projection d’un film, on en prend une claque ! Et j’aime ça !


L.B: Un dernier mot pour conclure avant d’ouvrir le 14ème Festival ?


S.F : Ce que j’aime, lorsque je vois un film israélien, je me dis « il va se passer quelque chose ». En tout cas, si j’ai accepté d’être le parrain de cette 14ème Édition, c’était pour avoir une bonne place dans la salle pour la Cérémonie d’ouverture (Rires) !  .



En tout cas, j’y vais presque chaque année et j’y fais de très belles rencontres. Je lui souhaite un succès. Le fondateur passionné en la personne de Charles Zrihen y est pour beaucoup ! 

Charlie représente l’âme de ce festival. Il est « israélien ».

Tout se résume à cet adjectif ! Je pense que les internautes d’Alliance pourront comprendre ce dont je veux parler, si je le définie ainsi.



 

Laurent Bartoleschi

Culture et Judaisme: ARTDE LA RENAISSANCE ET JUIFS DE FLORENCE Par Shoshana Saskia Cohen Tanugi

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ART  DE LA RENAISSANCE ET JUIFS DE FLORENCE Par Shoshana Saskia Cohen Tanugi

 

A partir du premier siècle de notre ère, la présence d'une communauté Juive est attestée en Italie. Les chercheurs soutiennent que cette communauté n'appartient ni à la branche sépharade ni à celle des ashkénazes1. Malgré des périodes de répressions et des conditions instables, cette communauté est sous la protection de différents Papes qui tout en n'accordant aucune liberté aux Juifs en dehors de celles octroyées par la loi, interdirent toute atteinte contre leurs biens et leurs personnes. Différentes bulles le confirment. Comme celle d'Innocent III qui stipule : " Que nul chrétien ne les traînent contre leur gré au baptême, que nul chrétien ne prenne l'initiative de les blesser, de les tuer, de les dépouiller de leurs biens… Quand ils célèbrent leurs fêtes que nul ne les perturbe au moyen de bâtons ou de pierres. Si quelqu'un ayant pris connaissance de ce décret ose si opposer que cela soit au dépend de son honneur et de sa charge ou qu'il soit soumis à la peine d'excommunication. "2 

 

 

Si la période de la renaissance florentine développe une culture humaniste, elle découvre par l'arrivée des érudits l'importance de la langue hébraïque pour comprendre les vertus spirituelles et morales maintenues à travers les âges par le Peuple d'Israël. L'érudition de praticiens influencés par Averroès et Maïmonide comme Salomon Aviçori, Mosé di Mosé, Leone di Abramo, Aleuccio di Salome, était réconnue, ces médecins juifs, comme d'autres figuraient sur les listes de la corporation.

 

 

Un philosophe comme Eliya Del Medigo, (1458/93) auteur de traités de philosophie Juive aurait traduit pendant plusieurs années les textes anciens de l'hébreu au latin et selon les chercheurs il aurait même enseigné l'hébreu, l'araméen et les rudiments de la cabale à Pic de la Mirandole 3. Quand Marsil Ficin (1433/99) dirigea à Florence son Académie Platonicienne, fondée par Cosme de Médicis en 1959 il y accueillit Eliya del Medigo. Des banquiers- rabbins participent également à la prospérité financière de la ville.4  Florence est une république. Néanmoins elle confie son gouvernement aux banquiers et mécènes - de Cosimo Médicis (1434/64) à Laurent le Magnifique (1469/1492).5 Dès 1437 Cosimo de Médicis démontre qu'une ville qui possède une supériorité morale, intellectuelle et artistique acquiert également la proéminence politique et économique.

 

 

Les Médicis ouvrent la ville aux membres de la communauté Juive issus des différentes villes d'Italie. Dans un des quartiers adjacents au Ponte Vecchio, le Borgo San Jacopo, la présence d'une communauté Juive serait attestée depuis le XIII e siècle. Dès 1439 certaines familles se sont établies Chiasso dei Giudei (actuelle via Ramaglianti) au sud de l'Arno dans le quartier de l'Oltrarno.  Dans la même rue près de ce qui deviendra le palais Pitti une ancienne synagogue aurait réunie les membres de la communauté dès cette période selon les documents publiés par Salvatori6. Les documents publiés par Salvatori, par Bonfil, par Ciardini mettent en évidence des Rabbins, des mathématiciens, des docteurs, des traducteurs de l'Hébreu et de l'Arabe qui participent à la vie intellectuelle de Florence : Un rabbin-banquier comme Guglielmo di Dattilo di Montalcino composait des poèmes, étudiait le Talmud et la Kabbale. Son fils Abramo était mathématicien. Un membre de la famille juive da Voltera, Lazzaro, composait et publiait des piyutim. Un autre rabbin du nom de Dattilo transmit aux florentins un commentaire personnel de la torah, L'arbre de vie, influencé par Aristote et Maïmonide.7 Manuele di Bonaïuto da Camerino ou Servadio da Bertinoro étaient commentateurs de la Michna et du Talmud.

 

 

Ainsi qu'un dénommé Cassuto. Certains banquiers employaient comme percepteur pour leurs enfants un philosophe Juif,  Johanan Alemanno, né en 1435 et auteur d'un commentaire sur le Cantique des Cantiques  (L'Amore di Salomone). Le fils de Johanan Alemanno, Isaac aurait enseigné l'hébreu à Giovanni Gian Fransco, neveu de Pic de la Mirandole.8 Un autre banquier comme Manuel da Voltera entreprit un voyage à Jérusalem. En effet, Cosme de Médicis, entouré de traducteurs et grand collectionneur de livres rares envoie à Jérusalem des florentins pour retrouver d'anciens manuscrits. Certains ont été conservés dans les trois bibliothèques qu'il a édifiées. Sa bibliothèque personnelle, celle de San Marco et celle de Bodia à Fiesole.9 Selon les Médicis l'érudition devait permettre de rehausser la qualité de vie des citoyens. Les érudits juifs fréquentaient les bains de Vignone comme Lorenzo de Médicis.

 

 

Des groupes d'étude du chant, de la grammaire musicale et de la danse réunissaient les Juifs et les chrétiens. L'idéal florentin mit paradoxalement dans certaines œuvres les valeurs platoniciennes et humanistes côte à côte avec la transmission de la Torah, de l'hébreu et de l'Ancien Testament. Les liens entre les deux communautés sont également économiques. De Cosme de Medicis jusqu'à la période de Laurent le Magnifique des banques et des comptoirs ont été ouverts dans différentes villes d'Europe et du Levant. Même si dans la période de déclin sur les 33 banques internationales attestées en 1463, il n'en resta plus que 6 en 1492.10 Ce n'est qu'en 1571 que fut construit le ghetto de Florence. Il fut construit sur le modèle du ghetto de Venise établit en 1516 et sur celui de Rome datant de 1555.11 En1583 les rapports entretenus entre les deux communautés sont plus complexes. La séparation est marquée. M. V. Médicis publie son : "omelia fatte alli Ebrei di Firenze."12 

 

 

L'art florentin témoigne d'une influence certaine de la communauté des érudits et Juifs de la ville jusqu'en 1494. Malgré l'interdiction biblique de toute représentation iconographique, l'intégrité du peuple Juif n'est pas écartée de l'esthétique florentine. Elle est intégrée au langage spécifique de la renaissance : La représentation des héros d'Israël sert à exprimer la révolte contre une forme oppression (Donatello), la force de la Loi Juive (Ghiberti) sert à exprimer l'éthique morale, la pérennité du peuple d'Israël peut se retrouver dans certains éléments des œuvres de Botticelli ou de Michel Ange.  Loin d'étouffer l'histoire Juive, un certain nombre de florentins l'exalte :

 

 

C'est par concourt organisé pour un projet de portes en bronze, examiné par plus d'une vingtaine d'experts, que Ghiberti triompha. La porte du Paradis en bronze composée par Lorenzo Ghiberti de 1425 à 1452 offre 10 panneaux comme 10 commandements partagés entre les deux portes qui s'ouvrent comme les tables de la loi et illustrent exclusivement des chapitres de la Torah. Des érudits et des humanistes ont été consultés pour le sujet, la controverse fut forte.

 

 

Néanmoins ce sont les chapitres de la Torah qui ont été sélectionnés. Le projet de Ghiberti laisse la place à la représentation de minces bas-reliefs représentant au moyen d'arabesques les différentes étapes de l'histoire Juive jusqu'à l'époque du premier Temple. : La création d'Adam et Eve, le combat de Cain et Abel, l'Arche de Noé et le sacrifice de Noé, Abraham recevant les trois anges et Abraham et Isaac sur le mont Moriah, Esav et Jacob, l'histoire de Joseph, Moïse, les guerres de Joshua, les combats de David, et enfin le roi Salomon recevant à Jérusalem, la reine de Saba. 

 

 

Elève de l'atelier de Ghiberti de 1404 à 1407, Donatello fait découvrir aux florentins la grandeur d'un fils de Cohen : Son prophète Jérémie (1423/26) tenant un rouleau dans la main gauche présente un visage concentré et inquiet pour le peuple d'Israël, les yeux fixés sur la vérité de la Thora. Donatello sculpte également la force calme du prophète Isaïe (Dôme). Il exprime la puissance du prophète Habacuc élevé à un degré supérieur de la connaissance de Dieu dans un marbre conservé au musée de l'Oeuvre. Cosme de Médicis lui commande la représentation de la victoire du roi David contre Goliath. 

 

Un autre de ses chefs- d'œuvre de bronze immortalise la victoire d'une fille d'Israël sur les ennemis des Hébreux. Judith contre Holopherne.  Cette œuvre deviendra le symbole de la cité et fut placée place de la Seigneurie à la chute des Médicis. Signés de ce maître de la sculpture florentine subsistent plusieurs œuvres symbolisant des prophètes ou des rois : Jérémie, Isaie, Habacuc, Judith et David. Le Roi d'Israël est sculpté également par Duccio.

 

 

André del Verrocchio le représente en jeune homme intrépide dont l'humilité après la victoire est signe de royauté. Goliath est terrassé à ses pieds. David, célèbre marbre de Michel-Ange daté de 1501, fut considéré par la ville comme un chef-d'œuvre équivalent à la Judith de Donatello.13 "la statue à laquelle Michel-Ange travaillait depuis trois ans fut exposée à l'entrée principal du Palazzo Vecchio. "Ce David n'est pas montré contrairement à la tradition comme le vainqueur du géant Goliath dont la tête git à ses pieds, mais comme le champion d'une juste cause qui affronte sans crainte un adversaire plus fort que lui."14 Florence s'est donc identifiée par deux fois à deux héros de l'histoire Juive. 

 

 

Un jeune homme non encore entraîné au combat, une jeune femme seule victorieuse des ennemis du Peuple: Héros considérés comme défendant "la juste cause". Michel Ange conçoit également une autre des grandes figures d'Israël : Moïse. Il le commence en 1515. Il sera placé entre Rachel et Léa sculptées entre 1542 et 1544. Moïse est représenté par Michel Ange au moment du verset : " …les deux tables du Témoignage étaient dans sa main et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, Dieu lui ayant parlé" (Ki-Tissa, xxxiv : 29) Michel Ange présente Moïse à l'instant où, sa main droite est posée sur les tables de la loi, et recevant au-dessus du front, les rayons de la gloire. Le Zohar les attribue à la nuée divine enveloppant Moïse durant son séjour au sommet du Sinaï. 

 

 

Maimonide explique : "la face rayonnante est le symbole de la lumière qui entoure constamment et sans discontinuer Moïse" (Introd. au Guide). Michel Ange place les spectateurs de son Moïse aux côtés d'Aaron et des enfants d'Israël "regardant Moïse, et voici que la peau de son visage rayonne et ils ont peur de s'approcher."(Ki-Tissa XXXIX : 30) .

 

 

 

La force expressive du Moïse de Michel Ange provient de la puissante concentration du visage, de l'intelligence du regard, de la maîtrise de l'intégrité, de la vigueur du flot lourd de la barbe retenue par sa main gauche, du jaillissement en deux faisceaux de lumière divine au-dessus de son front, rendus dans la blancheur lumineuse du marbre. Michel-Ange continue à prouver son admiration pour les prophètes du Peuple Juif.  Il travaille entre 1508 et 1509 aux cartons de la voute de la Chapelle Sixtine qu'il achève en Octobre 1512. De l'ancien fond bleu nuit parsemé d'étoiles il fait Isaïe, Daniel, Joël, Ezéchiel, Jérémie Jonas et Zacharie.  Son David et Goliath font face aux deux adversaires : Judith et Holopherne.  David comme Judith magnifient le combat d'Israël, la "juste cause " selon Michel-Ange. La victoire d'un seul des enfants d'Israël contre le représentant de toute une armée. Jacob et Joseph sont disposés en parallèle au groupe .

 

 

d'Eléazar et Mathan. Les personnages qu'il illustre et entrecroise de par et d'autre de la nef centrale sont Zadek, Josias, Jonathan, Ezékias, Manassé, Josaphat, Joram, Jesse, David, Salomon, Nahshon (naason) et le serpent d'airain qui font face à l'ennemi d'Esther: Aman supplicié et Assuérus demandant la lecture des annales. Le serpent d'airain évoque la révolte du Peuple dans le désert. Aman supplicié rappelle que lorsqu'Israël perd la foi, il perd la force et là seulement les Amalécites peuvent l'attaquer. Mais Michel-Ange choisit de montrer Israël victorieux et l'ennemi vaincu.

 

 

Là encore la victoire ne nécessita pas une armée, mais la prière et la parole d'une femme. Esther que Michel-Ange conserve cachée dans un angle des fresques. Aminadav, Boaz, Oved, Salomon, Achaz Zorobabel et Eliakim sont également tous issus de l'histoire d'Israël et du Peuple Juif, et tous dominent magistralement les côtés de la voute de l'édifice. Entre ces personnages en hauteur sur les latéraux et dominant l'assemblée, les scènes représentées au centre de la nef sont toutes sans exceptions tirées de la Torah et plus particulièrement de la Genèse : De la séparation de la lumière et des ténèbres, à la création de la lune et du soleil, de la séparation des eaux dans haut à celles d'en-bas, de la création d'Adam, celle d'Eve, à l'expulsion du Paradis, au déluge, au sacrifice de Noé, et à l'ivresse de Noé.

 

 

La plus grande part des fresques monumentales de Michel-Ange présentent des détails qui s'inspirent des récits et des commentaires rabbiniques. Son programme laisse une place magistrale au Peuple Juif, à sa représentation. Il magnifie les prophètes juifs, leur offre une puissance morale et psychique remarquable. Il ne décrit ni un peuple soumis, ni un peuple en exil. Il décrit la force, la foi, l'éthique et la morale. Son talent de sculpteur magnifie les êtres, il a offert en pleine Renaissance, une gloire à l'image d'Israël.

 

 

Son élève Matéo Peretz d'Aleccio (1547/1616) participe également au programme du mur de l'Edifice. Il réalise une fresque incomparable de bravoure dont le sujet est la dispute de l'héritage représenté par le corps de Moïse. Puis Peretz quittera l'Italie après un bref séjour à Naples et travaillera en Espagne. L'un des murs de l'édifice est dédié exclusivement à l'histoire de Moïse. Ce mur fait partie d'une commande : Un document daté d'octobre 1481 engage Botticelli, Pérugino, et Ghirlandaio, stipulant que les artistes et leurs ateliers ont le devoir d'achever leurs travaux avant 1482.15 Dix ans avant l'expulsion d'Espagne. Ce sont différents chapitres du livre de l'Exode que signent les différents ateliers (Le retour de Moïse en Egypte après son premier départ du Sinaï.) ouvre le cycle des parois par une Brit Mila : la circoncision du fils de Moïse par Zippora dans le désert.

 

 

Sandro Botticelli signe trois fresques : la première à comme sujet la Parasha Korah. La seconde fresque se lit de droite à gauche comme l'écriture hébraïque et raconte différentes étapes dans la vie de Moïse, ses épreuves. La troisième fresque présente un Cohen Gadol en habit, portant Urim et Tumim devant l'autel des offrandes où arrivent plusieurs personnages bibliques dont une jeune femme au panier placé sur sa tête et chargé de poules comme pour Yom Kippour. Cosimo Roselli signe deux fresques, l'une est la traversée de la mer rouge et l'autre la remise des tables de la loi. La dernière fresque représente la transmission de la loi Juive de Moise à Joshua Ben Nun. 

 

 

 

Le sujet de l'influence sur le monde des arts et de la pensée, de la communauté Juive Italienne à l'époque de la Renaissance est un sujet extrêmement important. Différentes publications ont commencées à éclaircir le champ d'investigation. Il est évident qu'un nombre infini de détails dans la narration des extraits de la Torah présentés par différents artistes, sculpteurs ou peintres prouve un intérêt à l'époque de la renaissance italienne pour la représentation du Peuple Juif dans sa force. Cette perspective est extrêmement éloignée de celle suggérée par le premier moyen âge et le monde Gothique. Certains artistes Florentins, mais aussi les différents ateliers qui ont participé au programme pictural de la chapelle Sixtine prouvent une connaissance de l'histoire Juive et une sensibilité pour le peuple, indéniables.

 

 

NOTES FIN D ARTICLE SCT

 

 Guetta A. Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme, éd. du Cerf 1993 p.1348

2 Dahan G. Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme, éd. du Cerf 1993 p. 1286    

3 Salvatori R.G. The Jew of Florence from the origine of the community up to the present  ed. La Giuntina 2001 p.  28

4 Andres The Art of Florence éd. Artabras  1988 Tome II, p. 714

5  Châtelet A. Histoire de l' Art éd. Larousse 1995 p. 470

6 Salvatori R.G. p. 36

7 Salvatori R.G. The Jew of Florence from the origine of the community up to the present éd. La Giuntina 2001, p. 28

8 Bonfil R. Gli Ebrei in Italia nell'epoca del Rinascimento Firenze Sansoni 1991

9  Andres The Art of Florence  éd. Artabras Tome I p. 496

10 Ibid. Tome II p. 715

11 Salvatori R.G. p. 36

12Omelie fatte alli Ebrei di Firenze nella chiesa di Santa Croce del Magnifico e eccelente M.Vital Medici Firenze 1585 ed. nella Samperia de Giunti La lecture dans la seconde partie mêlée à des textes hébreux : " Io sono nato ebreo e osservo quanto posso la legge mosaica se questa osservazione ti é ingrazia come di già tanto te ne compiacessi fammi signior restar fermo et constante in essa…" (p.16) 

13Châtelet  A.  Histoire de l'Art, éd. Larousse  p. 515

14Pemerle Didier   Histoire Mondiale de l'Art Bordas 1984 p. 362

15Arnold Nesselrath Le quatrocento Vatican Chapelle Sixtine éd. FMR 2001

 

Par Shoshana Saskia Cohen Tanugi

24 jours un film déchirant, effroyable et frissonnant, car bien réel. Par Laurent Bartoleschi

24jours_2.jpgPour son 17ème film, 24 jours, Alexandre Arcady a choisi de porter à l’écran (d’après l’ouvrage éponyme de Ruth Halimi et d’Emilie Frèche), l’un des épisodes les plus sombres de la communauté juive en France d’aujourd’hui. 

Celui de l’enlèvement et de la torture, qui se termine  par l’assassinat, d’Ilan Halimi.  

En guise d'exorde, la comédienne Zabou Breitman,remplace au pied levé, la regrettée Valérie  Benguigui qui devait interpréter  le rôle de la maman d'Ilan déclare  :

« Qui aurait pu croire qu’une chose pareille pouvait arriver à Paris en 2006 ? Pourtant, tout y est vrai, bien trop vrai… » 

Puis le film démarre, montrant son quotidien, la préparation de son shabbat en compagnie de sa fille et de son fils. 

Le kiddouch récité et un dîner plutôt bref, puisqu’Ilan n’a qu’une idée en tête : sortir ce soir. Consulte ses  mails, téléphone à droite, à gauche, pas trop de volontaires visiblement. 

Jusqu'àce coup de fil fatidique, celui d’une fille qui lui aurait tapé à l’œil à son travail 48 heures plus tôt, et qui lui donne justement rendez-vous ce soir. 

On a envie de lui dire, de lui crier de ne pas y aller, mais l’Histoire prendra évidemment le dessus. Ce sera le dernier échange physique avec les siens. 

On connait malheureusement la suite. 

Le calvaire du jeune garçon de 24 ans étant peu montré, Alexandre Arcady privilégie comme angle, le parallélisme, où l’angoisse de la famille se juxtapose à l’enquête. 

Malgré une mise en scène choc, et une démonstration convaincante, le rythme en pâtit un peu.

Il faut dire que le metteur en scène s’est montré ultra fidèle au livre : d’une image d’un père (interprété par Pascal Elbé) « solide », comme il est dit dans le film, d’une mère meurtrie, au(x) dérapage(s) de la Police Française (mené par le comédien Jacques Gamblin). 

Durant 110 minutes, chaque spectateur se posera des questions au commencement suivant « et si », « et si », « et si ». 

Oui , tant d'hypothèses pour quoi faire aujourd’hui ? 

24 jours, reste un film déchirant, effroyable et frissonnant, car bien réel. Un film qui doit et faire prendre conscience aux uns et aux autres!

Et si la mort d’Ilan n’était qu’une alerte, en 2006 ?  Pourtant, en 2012, la tragédie de Toulouse ainsi qu’il y a deux mois, où dans les rues de Paris : le « Mort aux juifs ! » a été scandé, prouve bel et bien qu’un malaise existe.

Bien plus qu'un malaise car si nous ne sommes pas sous un gouvernement antisémite nous vivons bel et bien dans un état antisémite où la mort du juif est considéré comme un trophé à remporter.

La mort du juif, une forme de désacrilasation du bien au service du mal.

Tout comme l'idéologie nazie. La mort du juif une forme de combat entre Dieu et l'homme, ainsi si le juif représente le peuple élu, le combattre , le tuer veut dire être forcément plus fort que DIeu lui-même.

Tuer le juif c'est quelque part tuer Dieu.

Le film sortira le 30 avril

Laurent Bartoleschi 

Le Printemps du cinéma : du 16 au 18 mars, c'est 3,50 € la séance !

printemps2014.jpgLe record de fréquentation des salles en 2013 pourra-t-il être battu, malgré le soleil?

Pour la 15e année consécutive, les cinéphiles bénéficieront d'un tarif avantageux durant trois jours. Le président de la Fédération nationale des cinémas français Richard Patry se dit optimiste, en dépit de l'arrivée des beaux jours.

L'opération Printemps du cinéma n'aura jamais aussi bien porté son nom. Alors que l'an dernier, les salles obscures faisaient grise mine face à une fréquentation en panne, le début d'année 2014 explose les compteurs. Finalement, c'est le beau temps, proverbial ennemi juré des exploitants de cinéma, qui pourrait peut-être empêcher l'événement de battre le record de 2013, établi à 2,6 millions d'entrées.

Du dimanche 16 au mardi 18 mars inclus, les spectateurs pourront donc encore bénéficier d'un tarif réduit à 3,50 euros pour n'importe quelle séance. «Beaucoup de salles ont battu leur record de fréquentation historique la semaine dernière», déclare le président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), Richard Patry.

Un effet d'entraînement est donc espéré pour le Printemps du cinéma après le bond de 23% des entrées en janvier (contre un repli de 10,6% en janvier 2013) et de 20% en février contre - 21% précédemment. La raison? Des films français, qui attirent des spectateurs à commencer «par la locomotive Supercondriaque de Dany Boon, suivie d'autres wagons à succès Les Trois Frères le retour, Yves Saint Laurent, Minuscule ou encore La Belle et la Bête», relève le patron des exploitants. Le cinéma populaire «est en pleine forme» grâce notamment à «une reconquête du public en province», ajoute-t-il. Le dernier film de Dany Boon fait ainsi 8,5 fois plus d'entrées qu'à Paris, «un niveau jamais vu!», selon le président de la FNCF qui parle de «très belle embellie du cinéma français». Mais surtout, l'opération 4 euros pour les moins de 14 ans mise en place en début d'année pour compenser la baisse de TVA sur les billets d'entrée a permis de «doubler la fréquentation des moins de 14 ans», dit-il.
«Les familles reviennent»

«Bien sûr il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais moi qui suis dans mes salles, à l'accueil, je vois que les familles reviennent parce que ce n'est pas cher», assure Richard Patry. Donc ce qui marche «ce sont les films populaires familiaux», résume-t-il, pour expliquer a contrario le démarrage décevant de Diplomatie de Volker Schlöndorff, «parce que sa cible n'est pas la famille, alors que c'est un film d'une rare qualité». Même en période euphorique, l'opération Printemps du cinéma est nécessaire selon lui car «la fréquentation des salles est un train qui avance. Il faut toujours entraîner le mouvement. Si cela s'arrête, on a un mal de chien à le faire redémarrer et c'est d'ailleurs ce que l'on a vécu en 2013».

Pour ce 15e Printemps du cinéma, dont la programmation est disponible sur un site Internet dédié, les spectateurs auront un vaste choix, y compris de tenter l'aventure d'un film «où on connaît personne», avance l'actrice Emmanuelle Devos, une des ambassadrices de l'événement cette année, en citant le long métrage britannique How I Live Know. «Il faut en profiter pour voir des films qu'on n'a pas l'habitude de voir en premier», assure la comédienne à l'affiche d‘Arrête ou je continue, de Sophie Fillières. Franck Dubosc et Kev Adams, Manu Payet, Catherine Frot ou Audrey Fleuriot sont également des ambassadeurs de l'opération cette année. Le record de fréquentation de 2013 sera-t-il battu, malgré le soleil? «Paradoxalement, le week-end dernier, premier week-end de barbecue, n'a pas été si catastrophique que cela», note Richard Patry, tout en reconnaissant que «forcément, la folie s'est un peu arrêtée dans les salles».

Sortie DVD : Rock The Casbah de Yariv Horowitz, par Laurent Bartoleschi

casba1.jpgRock The Casbah de Yariv Horowitz sort en Dvd (Shellac Sud).

Ce premier film, étonnant par sa puissance, avait été primé au Festival du cinéma d’Aubagne et souvenez-vous il est celui qui avait même ouvert la 13ème édition du Festival israélien à Paris l’an dernier. Se déroulant au début de la première Intifada, on suit le quotidien de quatre jeunes « hayalim » envoyés à Gaza.

La ville, sorte de huis clos, n’est autre que le carrefour de rapports de forces. Cette agitation, sans cesse renouvelée, rend l’atmosphère étouffante. En effet, pendant 90 minutes, Rock The Casbah nous fait partager l’angoisse de ce quotidien que subiront (comme tant d’autres) Tomer, Aki, Lliya et Isaac. 

L’origine de ce film a pour particularité d’être complètementcasba2.jpg autobiographique (Ce que le metteur en scène nous raconte longuement dans un bonus parfait !). Construit à la manière des grands films américains sur la guerre du Vietnam- Platoon, Full Metal Jacket, Apocalypse Now, pour une première œuvre, fonctionne sans jamais laisser le spectateur sur le banc de touche. Tant la caméra et la mise en scène sont  intimes, nous, spectateurs, avons l’impression d’être auprès d’eux et donc avoir ce sentiment de peur constante.

Ce réalisme certain donne un bon coup de poing à cette raison qui donne envie de vivre. «Il y a un endroit silencieux au fond de notre âme où se trouve la certitude que ce conflit est absurde», annonce le sous-titre du film. Yariv Horowitz rend un véritable hommage à ces hommes, à peine sortis de l’adolescence.

Laurent Bartoleschi

Interview Exclusive d'Amos Gitai pour Alliance par Laurent Bartoleschi

amoslaurent1.gifRéalisateur (ou auteur finalement) d’une filmographie ô combien singulière, controversée pour certains, Amos Gitai porte un regard tantôt sagace, tantôt lyrique sur la société israélienne. L’amitié qui le lie avec Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française, se traduit par un cadeau réciproque aux deux hommes passionnés : en effet, le metteur en scène de Kadosh a offert en 2007 ses archives au Panthéon du cinéma.

Que ce soit au travers de photos autant intimes que rares, des dessins du réalisateur, des scénarios hors normes, des extraits de films déchirants, bienvenue chez Amos. Notons que son dernier film Ana Arabia, avec pour particularité d’être réalisé en un seul plan séquence et qui  trace la vie d’une petite communauté mêlant juifs et arabes, entre Bat Yam et Jaffa, sortira en France, le 4 juin.

Alliance a rencontré le metteur en scène, dit « l’Architecte de la mémoire ».

L.B:« Architecte », certains le savent peut-être, mais avant le cinéma, vous étiez plutôt destiné pour une carrière dans l’architecture. Avec un doctorat en poche, comment bifurque-t-on vers le 7ème Art ?

Amos Gitai: C’était mon père qui m’avait transmis le goût pour l’architecture ; lui qui faisait partie des élèves de Kandisnky,  il enseigna par la suite le Bauhaus aux siens. Mort jeune à 60ans, alors que je venais d’avoir 20ans, il était plutôt normal que je reprenne le flambeau. amosfilm.jpgC’est alors que trois semaines après mon service militaire, j’ai commencé ces études ; je m’y suis beaucoup ennuyé. Plus tard, ma mère m’a offert une caméra Super 8. J’y ai pris goût rapidement ! Mais le déclencheur a été la guerre de Kippour en 1973. Ayant été blessé, je n’avais qu’une hâte réaliser un film, non pas de guerre, mais sur la guerre. C’était le point de départ de ma carrière de cinéaste.

L.B: Jusqu’aujourd’hui, il y a la Amos Gitai’s touch : votre mise en scène est souvent remise en cause, vous êtes, certes, le précurseur du cinéma israélien dans le monde, seulement, votre style ne ressemble à aucun autre de vos compatriotes.

A.G: Pour moi, la caméra est une sorte de stylo. Filmer, c’est prendre une série de décisions qui déterminent non seulement ce qui sera inclus dans le cadre, mais aussi ce qui n’y sera pas. La caméra produit ainsi un document ultra subjectif. A l’heure, d’images à la télévision, d’internet, de Youtube, il importe de rester résolument conscient de l’acte de représentation ; de garder en tête qu’il ne s’agit pas seulement du « quoi » filmer, mais du « comment » filmer.

L.B: Justement, l’une des particularités de cette exposition  réside dans le fait qu’elle est comme découpée : elle n’est pas chronologique, mais plutôt thématique. Décrivez-la-nous en quelques mots.

A.G: Clairement, avec mon cinéma, il est quasi impossible d’arrêter le temps. Il y a en effet comme une déstructuration du temps. J’aime créer des ponts entre différentes époques, souvenez-vous des trilogies «Wadi» et «House ». Respecter une chronologie académique aurait surement perdu tout le charme de cette exposition.

L.B: Ce que l’on aime aussi, c’est de retrouver des photos de votre enfance avec vos parents. Des clichés qui viennent s’entrechoquer avec d’autres issus de vos films. On s’y trompe parfois.

(Matthieu Orléan, le commissaire de l’exposition nous rejoint)

M.O: Il y a une dimension intime dans son cinéma. Ça parle beaucoup de lui ; il se met en scène très souvent. Il est présent afin de poser certaines problématiques. Puis, il a mis aussi en scène ses parents. Cette exposition fait ressortir toute cette émotion indispensable.

A.G:
Mais effectivement, Matthieu a fait un travail remarquable : l’exposition démarre avec Kippour où un son sourd d’hélicoptère vous suivra jusqu’à la fin du parcours, où comme nous en avons parlé plus haut, 1973 fut le déclic. Pour cette première partie, les murs ressemblent à la terre dans laquelle j’avais pu trainer durant cette guerre. Puis en pénétrant dans les pièces voisines, des salons se distinguent, mêlant, photos, dessins, documents, coupures de presse d’époque, scénarios... Enfin, plus on s’enfonce, plus les tableaux s’épurent.

L.B: Et puis, il y a le thème de l’exil, où l’on ressent que les villes détiennent une place à part dans votre filmographie.

M.O: Dans sa trilogie célèbre -Devarim, YomYom, Kadosh-  Amos, met en scène son rapport avec ses propres voyages, de ses propres expériences. La ville demeure très importante à ses yeux. Un peu comme une obsession. Dans son cinéma, il ne choisit jamais les lieux au hasard. Originaire de Haïfa, il aime « sacrifier » ses films pour peindre les microcosmes que couvent les villes : les ashkénazes arrivés dans les années d’après-guerre (Devarim),  les familles de métissage judéo-arabe (Yom Yom), et bien sur les orthodoxes de Jérusalem (Kadosh). 

A.G: j’ai tellement de respect pour les villes et leur architecture, que je refuse catégoriquement de parler de décors, mais d’ «acteur» à part entière.

Amos Gitai, l’Architecte de la mémoire à la Cinémathèque Française, du 26 février jusqu’au 6 juillet. Une rétrospective de l’intégralité de toute sa filmographie, un ouvrage publié à l’occasion de l’exposition Amos Gitai Architecte de la Mémoire aux Éditions Gallimard, ainsi que des rencontres exceptionnelles les vendredis 7, 14, 21 et 28mars à la Cité de l’Architecture.  

Laurent Bartoleschi