24 jours un film déchirant, effroyable et frissonnant, car bien réel. Par Laurent Bartoleschi

Chronique Cinéma - le - par .
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24jours_2.jpgPour son 17ème film, 24 jours, Alexandre Arcady a choisi de porter à l’écran (d’après l’ouvrage éponyme de Ruth Halimi et d’Emilie Frèche), l’un des épisodes les plus sombres de la communauté juive en France d’aujourd’hui. 

Celui de l’enlèvement et de la torture, qui se termine  par l’assassinat, d’Ilan Halimi.  

En guise d'exorde, la comédienne Zabou Breitman,remplace au pied levé, la regrettée Valérie  Benguigui qui devait interpréter  le rôle de la maman d'Ilan déclare  :

« Qui aurait pu croire qu’une chose pareille pouvait arriver à Paris en 2006 ? Pourtant, tout y est vrai, bien trop vrai… » 

Puis le film démarre, montrant son quotidien, la préparation de son shabbat en compagnie de sa fille et de son fils. 

Le kiddouch récité et un dîner plutôt bref, puisqu’Ilan n’a qu’une idée en tête : sortir ce soir. Consulte ses  mails, téléphone à droite, à gauche, pas trop de volontaires visiblement. 

Jusqu'àce coup de fil fatidique, celui d’une fille qui lui aurait tapé à l’œil à son travail 48 heures plus tôt, et qui lui donne justement rendez-vous ce soir. 

On a envie de lui dire, de lui crier de ne pas y aller, mais l’Histoire prendra évidemment le dessus. Ce sera le dernier échange physique avec les siens. 

On connait malheureusement la suite. 

Le calvaire du jeune garçon de 24 ans étant peu montré, Alexandre Arcady privilégie comme angle, le parallélisme, où l’angoisse de la famille se juxtapose à l’enquête. 

Malgré une mise en scène choc, et une démonstration convaincante, le rythme en pâtit un peu.

Il faut dire que le metteur en scène s’est montré ultra fidèle au livre : d’une image d’un père (interprété par Pascal Elbé) « solide », comme il est dit dans le film, d’une mère meurtrie, au(x) dérapage(s) de la Police Française (mené par le comédien Jacques Gamblin). 

Durant 110 minutes, chaque spectateur se posera des questions au commencement suivant « et si », « et si », « et si ». 

Oui , tant d'hypothèses pour quoi faire aujourd’hui ? 

24 jours, reste un film déchirant, effroyable et frissonnant, car bien réel. Un film qui doit et faire prendre conscience aux uns et aux autres!

Et si la mort d’Ilan n’était qu’une alerte, en 2006 ?  Pourtant, en 2012, la tragédie de Toulouse ainsi qu’il y a deux mois, où dans les rues de Paris : le « Mort aux juifs ! » a été scandé, prouve bel et bien qu’un malaise existe.

Bien plus qu'un malaise car si nous ne sommes pas sous un gouvernement antisémite nous vivons bel et bien dans un état antisémite où la mort du juif est considéré comme un trophé à remporter.

La mort du juif, une forme de désacrilasation du bien au service du mal.

Tout comme l'idéologie nazie. La mort du juif une forme de combat entre Dieu et l'homme, ainsi si le juif représente le peuple élu, le combattre , le tuer veut dire être forcément plus fort que DIeu lui-même.

Tuer le juif c'est quelque part tuer Dieu.

Le film sortira le 30 avril

Laurent Bartoleschi 

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