Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Déclaration de guerre américaine au Venezuela : Trump annonce la capture du couple présidentiel

Déclaration de guerre américaine au Venezuela : Trump annonce la capture du couple présidentiel

Les États-Unis lancent une offensive au Venezuela

Trump : « Le président Maduro a été capturé et exfiltré »

Déclaration de guerre américaine

Le Venezuela, allié proche de l'Iran en Amérique du Sud, a été ces dernières semaines au centre de pressions et de menaces américaines.

Ce samedi matin, l'offensive a débuté avec de puissantes explosions à Caracas, accompagnées de bruits d'avions dans le ciel de la capitale. Le président Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés puis exfiltrés du pays à bord d'hélicoptères vers un navire de la marine américaine, en route pour New York où il doit être jugé.

Les États-Unis ont ouvert ce matin une opération militaire contre le Venezuela. Selon le président Donald Trump, Nicolás Maduro a été appréhendé par les forces américaines aux côtés de son épouse Cilia Flores, avant d'être évacué.

« L'armée américaine a conduit une opération d'envergure conforme au droit des États-Unis », a déclaré Trump. L'arrestation a été menée par une unité Delta Force, sans pertes américaines. La vice-présidente Delcy Rodríguez a affirmé : « Nous ignorons où il se trouve et exigeons un signe de vie. »

Dans une interview accordée quelques heures après l'attaque, Trump a ajouté : « Nous avions prévu l'opération il y a quatre jours, mais les conditions météorologiques n'étaient pas favorables. Nous devions agir car nous sommes en guerre », en référence à la lutte contre le trafic de drogue. Il a révélé que Maduro avait tenté de fuir :
« Il se trouvait dans une résidence fortifiée avec des portes en acier et une pièce sécurisée, mais il n'a pas pu y accéder lorsque nos forces ont fait irruption. Il voulait négocier ces derniers jours, mais j'ai refusé. »

Le vice-président J.D. Vance a réagi : « Le président Trump a proposé plusieurs voies de sortie de la crise, mais il a été clair tout au long du processus : le trafic de drogue doit cesser et le pétrole volé doit être rendu aux États-Unis. »

La procureure générale Pam Bondi a annoncé : « Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ont été mis en accusation devant le tribunal du district sud de New York. Maduro est accusé de financement du narco-terrorisme, d'importation et de possession de drogue, de mitrailleuses et de dispositifs destructeurs. Ils feront bientôt face à la justice sur le sol américain. »

Selon CNN, la CIA a localisé Maduro et Trump a donné son feu vert à l'opération il y a plusieurs jours, dans le but de le traduire en justice aux États-Unis. Un source au sein du gouvernement vénézuélien aurait aidé les Américains.

Explosions au Venezuela

 Des témoins ont décrit une intense activité aérienne, tandis que de vastes quartiers ont été plongés dans le noir après des coupures d'électricité.

Sur place, les forces loyales à Maduro ont lancé une vague d'arrestations. L'une des cibles était la résidence du ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, qui a condamné l'attaque américaine dans une allocution à la nation – sa première apparition publique depuis le début des frappes.
Plus haut gradé de l'armée vénézuélienne, López demeure une figure centrale de la coalition au pouvoir. Le président colombien Gustavo Petro a exprimé sa solidarité : « Caracas est actuellement sous le feu ; alertez le monde – le Venezuela est attaqué ! » Bogotá a renforcé la sécurité à la frontière pour prévenir un afflux massif de réfugiés.

Cette offensive fait suite à un mois de survols provocateurs par des bombardiers américains le long des côtes vénézuéliennes. Ces vols, délibérément visibles, ont activé et cartographié les radars et défenses antiaériennes du pays.

À l'instar des tactiques israéliennes contre l'Iran, cette stratégie a habitué les forces vénézuéliennes à ces incursions, émoussant leur vigilance et affaiblissant leur capacité à distinguer une routine d'une attaque surprise – comme celle survenue cette nuit.

La présence de nombreux hélicoptères d'assaut suggère que l'opération ne se limitera pas à une phase aérienne et pourrait déboucher sur une intervention terrestre d'ampleur encore indéterminée.

Selon CBS, Trump avait autorisé l'attaque il y a plusieurs jours. Initialement prévue autour de Noël, elle avait été reportée au profit d'une opération au Nigeria. Des fenêtres ultérieures ont été annulées en raison de conditions météorologiques défavorables.

Il y a deux semaines, Trump avait désigné le régime Maduro comme organisation terroriste et annoncé le déploiement du plus important dispositif naval jamais engagé en Amérique du Sud. « L'Amérique n'acceptera pas que des criminels et terroristes pillent, menacent ou portent atteinte à notre nation », avait-il déclaré.

Au cours du mois écoulé, Washington a multiplié les mesures : fermeture de l'espace aérien vénézuélien, déploiement de forces dans les Caraïbes, frappes contre les narco-trafiquants. Divers scénarios pour renverser le pouvoir ont été étudiés, sans exclure une invasion terrestre. Trump avait directement menacé Maduro : ses jours au pouvoir étaient comptés.

Le Venezuela entretient des liens étroits avec l'Iran, la Russie et, selon des rapports récents, abrite une base du Hezbollah.

Les mots peuvent vraiment tuer : ni accusations de trahison, ni écrasement autoritaire

Les mots peuvent vraiment tuer : ni accusations de trahison, ni écrasement autoritaire

Les mots peuvent vraiment tuer : ni accusations de trahison, ni écrasement autoritaire

Lorsque le Premier ministre est qualifié de traître et la présidente de la Cour suprême décrite comme une mégalomane tyrannique, il est clair que le discours israélien a franchi un nouveau palier d’extrémisme. La paracha de la semaine éclaire le pouvoir des mots, en bien comme en mal.

Le débat public israélien a encore monté d’un cran cette semaine dans l’escalade verbale : d’un côté, le chef du gouvernement est accusé de trahison pure et simple ; de l’autre, la présidente de la plus haute instance judiciaire est dépeinte comme une personnalité autoritaire et écrasante.

Ces propos ne proviennent pas des marges de la société israélienne, mais de figures dirigeantes, anciennes ou actuelles, peut-être même futures. Une fois de plus, le pays retient son souffle quelques heures, avant la prochaine tempête.

Les mots peuvent-ils réellement tuer, comme le dit l’expression consacrée, ou faut-il relativiser les discours virulents qui s’évaporent avec le vent ? Le fait que les tons montent sans entraîner de violence physique immédiate prouve-t-il qu’il ne faut pas accorder trop d’importance à ces paroles ?

Arc et flèche. Il existe un discours venimeux qui s’infiltre à long terme

La paracha « Vaye’hi », qui clôt le livre de la Genèse, offre un éclairage particulier sur la force du verbe. Jacob, sur son lit de mort, tient une série d’entretiens d’adieu avec ses fils.

La conversation la plus chargée émotionnellement est celle avec Joseph, à qui il souhaite compenser les souffrances endurées au fil des ans. Il lui fournit des explications sur son comportement passé, bénit ses enfants, puis prononce ces mots : « Et moi, je te donne une part de plus que tes frères, celle que j’ai prise à l’Amoréen avec mon épée et mon arc. »

Jacob promet à Joseph une portion supplémentaire dans la Terre promise, en l’occurrence la ville de Sichem, qu’il affirme avoir conquise de sa propre main, par l’épée et l’arc.

Pourtant, le lecteur biblique peine à identifier cet épisode : ce sont les fils de Jacob, Simeon et Lévi en tête, qui ont pris Sichem par la force – un acte que Jacob condamne précisément pour sa violence.

Certains sages ont suggéré qu’après cette conquête, une grande guerre aurait éclaté contre la famille de Jacob, l’obligeant à combattre personnellement. Mais le texte biblique n’en fait nulle mention. L’interprétation la plus classique et répandue voit dans « mon épée et mon arc » une métaphore : « par ma prière et ma supplication ». Jacob revendique ainsi avoir contribué à la victoire par ses prières.

Pourquoi nos maîtres s’écartent-ils si radicalement du sens littéral ? Sans doute pour nous enseigner que la guerre ne se gagne pas seulement par les canons et les chars, mais aussi par les mots – prières, supplications. Jacob combat par la parole ; il prie, il implore, rechargeant ainsi les forces combattantes d’une énergie nouvelle.

Épée lors du couronnement du roi Charles, archives. Elle ne fait que paraître plus menaçante

Jacob nous révèle la puissance des mots prononcés, qu’ils soient prière et intercession pour sa famille ou paroles destructrices. Les symboles guerriers qu’il emploie sont éloquents : l’épée et l’arc, armes emblématiques de l’Antiquité, dont les modes d’action diffèrent profondément. L’épée implique un combat au corps à corps ; l’arc, en revanche, projette ses flèches à distance, sans contact direct avec la cible, et sans révélation immédiate des effets.

Quelle arme est la plus dangereuse, dans la guerre comme dans la société ? L’épée paraît plus menaçante, immédiate. L’arc semble fragile, presque imperceptible – et c’est là son péril : difficile à anticiper, car dissimulé.

Il en va de même pour les mots. Certains, insultants et humiliants, provoquent une réaction instantanée : l’offense est ressentie, la riposte s’emballe, parfois jusqu’à la violence physique. D’autres, toxiques, fonctionnent comme l’arc : leur impact met du temps à se manifester. Au premier abord, leur force semble négligeable ; la polémique passagère s’éteint sur les réseaux comme elle y est née. Mais à long terme, elle infiltre les esprits, normalise l’inacceptable.

Il faudra peut-être de multiples flèches pour atteindre la cible, mais elles finiront par toucher. Tout discours venimeux diffusé dans l’espace public, même s’il paraît anodin, fissure progressivement la qualité du débat, abaisse le niveau de la parole et devient une arme plus insidieuse que l’épée, visible et donc plus facile à parer.

Jacob nous enseigne la même leçon pour les paroles positives. Face aux actes de Simeon et Lévi – « instruments de violence que leurs armes » –, il oppose la force de la prière et de la supplication : le pouvoir des mots bienveillants à élever l’individu et la collectivité, à court comme à long terme.

Auteur Rav.David Stav

Israël a exigé du Qatar une augmentation des fonds au Hamas juste avant le 7 octobre

Israël a exigé du Qatar une augmentation des fonds au Hamas juste avant le 7 octobre

Réunion secrète à Jérusalem : Israël presse le Qatar d'augmenter les fonds au Hamas

En septembre 2023, une réunion discrète s'est tenue dans un hôtel de Jérusalem réunissant des responsables israéliens et un haut émissaire qatari. Les représentants de l'État hébreu y ont explicitement demandé une augmentation des transferts financiers qataris vers la bande de Gaza, sachant que ces fonds profiteraient directement au régime du Hamas et non à la population civile.

Au-delà de la tolérance : une demande d'amplification

Jusqu'alors, des enquêtes, notamment celle du New York Times en décembre 2023, avaient révélé qu'Israël autorisait le Qatar à maintenir ces versements. Des documents et témoignages récents montrent cependant que Jérusalem est allée plus loin : face aux menaces d'escalade du Hamas, elle a activement plaidé pour une hausse de ces transferts.

L'émissaire qatari au centre du dispositif

L'invité principal était Mohammed Al-Emadi, responsable qatari chargé depuis des années de transférer des centaines de millions de dollars au Hamas avec l'accord des gouvernements israéliens successifs. La rencontre intervenait dans un contexte de tensions accrues à la frontière, alimentées par des rumeurs de reprise des « Marches du retour ».

Signaux d'alerte avant la réunion

Fin août 2023, les services de sécurité israéliens avaient reçu des informations, relayées par l'Autorité palestinienne et la presse locale, indiquant que le Hamas réinstallait des « camps du retour » au nord-est de Gaza et les équipait de matériel lourd.

Composition de la délégation israélienne

Côté israélien, étaient présents le chef de la région sud du Shin Bet (surnommé Oscar), le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Rassan Alian, ainsi que des représentants d'autres organismes sécuritaires. L'objectif affiché : apaiser les revendications du Hamas pour préserver le calme.

Contexte stratégique : une évaluation unanime

Les services de sécurité israéliens estimaient à l'unanimité que le Hamas évitait une confrontation ouverte, utilisant les tensions frontalières comme levier pour obtenir des allègements économiques.

Préparation qatarie sur le terrain

Un mois plus tôt, un autre émissaire qatari avait rencontré Yahya Sinwar et Rawhi Mushtaha à Gaza. À l'issue de ces discussions, Doha avait transmis à Israël le message suivant : le Hamas souhaite la stabilité, mais Sinwar exige une augmentation des livraisons de carburant pour la centrale électrique durant la canicule, ainsi qu'un doublement des achats de fuel égyptien financés par le Qatar (de trois à sept millions de dollars mensuels). Les Qataris avaient initialement refusé.

Mécanisme financier détourné

Depuis fin 2021, un système circulaire avait été mis en place avec l'accord d'Israël, du Qatar et de Sinwar : Doha achète du carburant en Égypte, livré gratuitement aux autorités du Hamas, qui le revendent ensuite aux stations-service de Gaza. Ces transactions, apparemment modestes (entre trois et dix millions de dollars), génèrent en réalité des profits substantiels pour le Hamas, utilisés pour payer ses fonctionnaires plutôt que pour soulager la pauvreté.

Interprétation israélienne des manœuvres du Hamas

Les services de renseignement – Shin Bet, Aman et renseignement militaire – voyaient dans la reprise des Marches du retour une tactique de pression destinée à obtenir plus d'argent. Tous les rapports convergeaient vers la visite imminente d'Al-Emadi.

Demande explicite lors de la réunion

Lors de la rencontre de septembre, les responsables israéliens ont pressé Al-Emadi d'accroître les achats de fuel égyptien au bénéfice du Hamas afin de maintenir le calme frontalier. L'émissaire qatari n'a pas pu donner son accord immédiat.

Intervention du chef du Mossad

Peu après, le directeur du Mossad, Dadi Barnea, s'est rendu à Doha pour valider la poursuite et l'augmentation des transferts. Comme l'avait révélé le New York Times, les Qataris ont demandé confirmation écrite. Sur instruction directe du Premier ministre Benyamin Netanyahou, Barnea a acquiescé – malgré l'opposition farouche de l'appareil sécuritaire, y compris de son prédécesseur et de l'actuel chef du Shin Bet.

Une stratégie de l'apaisement à tout prix

Cette politique reposait sur l'évaluation erronée que le Hamas recherchait réellement la quiétude tout en pratiquant l'extorsion. En définitive, le gouvernement israélien n'a pas seulement toléré les flux qataris vers le Hamas : il a œuvré à leur renforcement, cédant aux exigences de Sinwar dans l'espoir d'acheter une paix illusoire.

Aucune réaction n'a été obtenue du bureau du Premier ministre, du Shin Bet ni du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires.

Ces révélations, notamment la demande israélienne d'augmentation des fonds en septembre 2023, ont été corroborées par des enquêtes indépendantes, dont celles du Times of Israel et d'autres médias internationaux.

Alerte Rouge au Nord d'Israël : Première Sirène depuis des Mois après une Menace Venue du Liban

Alerte Rouge au Nord d'Israël : Première Sirène depuis des Mois après une Menace Venue du Liban

Première Alerte en Plusieurs Mois à la Frontière Nord : Un Intercepteur Lancé depuis Safed vers une Cible Suspecte

Une sirène retentit à 10 heures du matin au kibboutz Bir'am en Haute-Galilée. Des images provenant de Safed montrent la traînée d'un intercepteur lancé vers une cible suspecte, tandis que l'on vérifie s'il s'agit d'un drone infiltré depuis le Liban

Pour la première fois depuis des mois, une sirène d'alerte a retenti à la frontière nord d'Israël : l'alarme a sonné à 10 heures précises au kibboutz Bir'am, niché en Haute-Galilée.

Selon les Forces de Défense d'Israël (FDI), les détails font l'objet d'une enquête approfondie. Des images capturées à Safed révèlent la traînée d'un intercepteur dans le ciel, indiquant une tentative d'interception d'une cible suspecte.

À ce stade, les investigations portent sur la possibilité qu'il s'agisse d'un drone ayant pénétré l'espace aérien depuis le Liban.

Cette sirène en Galilée survient dans un contexte de tensions croissantes, alors que plane la menace d'une reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah – un an et un mois après la déclaration d'un cessez-le-feu dans le nord du pays.

Tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'entretenait cette semaine en Floride avec le président américain Donald Trump, le Liban a exprimé ses craintes que le dirigeant américain ait donné à Netanyahu un feu vert pour une attaque contre le Liban.

Israël : Un Palestinien en séjour illégal arrêté à Bat Yam avec un livre arborant le portrait d'Hitler !

Israël : Un Palestinien en séjour illégal arrêté à Bat Yam avec un livre arborant le portrait d'Hitler !

Un Palestinien en séjour illégal arrêté sur un chantier à Bat Yam : un ouvrage arborant le portrait d'Hitler découvert en sa possession

Dans le cadre d'une opération ciblée de répression contre les infractions liées à l'emploi de résidents illégaux, les forces de l'ordre du district de Tel Aviv ont procédé à une perquisition sur un site de construction à Bat Yam. Cette intervention a conduit à l'arrestation d'un Palestinien en situation irrégulière, tandis qu'un livre en arabe illustré d'une photographie d'Adolf Hitler était retrouvé sur lui. Le commandant du district a ordonné la fermeture administrative du chantier pour une durée de 30 jours.

Une opération de contrôle minutieuse sur le terrain

Mardi dernier, les agents de la station de police de Bat Yam ont investi un chantier situé rue HaOrgim, dans le cadre d'une initiative renforcée visant à lutter contre l'emploi, le transport et l'hébergement de résidents illégaux. Au cours de cette action, ils ont identifié un Palestinien originaire des territoires, dépourvu de tout permis de séjour, qui y était employé et logé.

L'individu a été appréhendé sur-le-champ. Les policiers ont également saisi sur lui un livre en langue arabe orné d'une image d'Adolf Hitler, un détail qui ajoute une dimension particulièrement troublante à cette affaire. Par ailleurs, l'employeur du résident illégal a été interpellé et auditionné sous le régime de la garde à vue.

Des mesures administratives fermes pour sanctionner les infractions

Dans la foulée de cette opération, le commandant du district de Tel Aviv, le superintendant Haim Sargarov, a signé un décret de fermeture administrative du site pour une période de 30 jours, effective jusqu'au 29 janvier. Cette décision illustre l'engagement résolu des autorités à faire respecter la législation en matière d'immigration et d'emploi, tout en soulignant les risques encourus par les contrevenants.

Cette intervention met en lumière les défis persistants liés à la main-d'œuvre illégale dans le secteur de la construction en Israël, un domaine souvent exposé à de telles pratiques. Elle rappelle également l'importance d'une vigilance accrue face à des éléments potentiellement idéologiques extrêmes, même dans des contextes apparemment anodins.

Dollars en chute libre, shekels surpuissants : ce que le marché ne vous dit pas

Dollars en chute libre, shekels surpuissants : ce que le marché ne vous dit pas

Chaque semaine, le même scénario se répète : le dollar recule, les titres s’emballent, les certitudes fleurissent. Pourtant, derrière cette baisse qui semble inexorable, se cache une mécanique beaucoup plus froide et brutale, faite d’anticipations, de flux massifs et de décisions techniques. Comprendre pourquoi le dollar plonge aujourd’hui, et pourquoi rien ne garantit qu’il continuera demain, est devenu indispensable pour ne pas confondre bruit médiatique et réalité économique

Préparez-vous aux titres : « Le dollar plonge cette semaine » (et puis encore une fois)

Il y a des moments où le couple shekel-dollar ressemble à une série Netflix. Chaque semaine son rebondissement, chaque jour son nouvel épisode, et à la fin tout le monde est persuadé d’avoir compris l’intrigue… jusqu’à la scène suivante.
Ces dernières semaines en sont l’illustration parfaite : une baisse hebdomadaire, des manchettes alarmistes, des « plus bas historiques » annoncés à la chaîne, et des groupes WhatsApp familiaux où un oncle affirme, sûr de lui, que « ça va arriver les 3,00, fais-moi confiance ».

La règle qui agace mais protège

Commençons par la règle qui irrite tout le monde mais sauve souvent un portefeuille : si vous avez besoin de dollars maintenant, achetez-en maintenant. Non pas parce que le dollar ne peut pas encore baisser, mais parce que personne ne sait chronométrer un marché de façon cohérente. Encore moins quand il s’agit d’une devise capable de bouger sur un tweet, un titre anxiogène ou le simple caprice d’une institution cherchant où placer ses liquidités excédentaires.

Pourquoi le dollar chute-t-il maintenant ?

Si la vraie question est « pourquoi maintenant ? » et pourquoi l’odeur de nouvelles baisses persiste, alors le spectacle commence réellement.

La version courte est simple : il y a plus de dollars qui cherchent des acheteurs, et moins d’acheteurs qui cherchent des dollars. Quand cela arrive, le prix – c’est-à-dire le taux de change – baisse. Mais cette situation n’a pas une cause unique. Elle résulte d’un faisceau de forces qui agissent simultanément.

Première force : la fin d’année et le “window dressing”

La première raison est la plus ennuyeuse, donc la plus sous-estimée. En finance, on appelle cela le « window dressing ». En Israël, cela se traduit par : « on ferme l’année proprement pour que les rapports soient beaux ». Les entreprises, les exportateurs et les grandes entités ajustent leurs comptes, convertissent leurs devises et préfèrent afficher des bilans nets en shekels. Résultat direct : davantage de ventes de devises étrangères. Autrement dit, une inondation de dollars précisément au moment où tout le monde range les étagères.

Deuxième force : les exportateurs israéliens

C’est un mécanisme typiquement local. Une grande partie des revenus des exportateurs est libellée en dollars, tandis que les salaires, les impôts et les fournisseurs sont payés en shekels. Quand il faut régler les factures ici, on convertit là-bas. Lorsque ce phénomène se produit à grande échelle et simultanément, c’est comme ouvrir un robinet central de dollars. L’offre devient excédentaire. Et quand l’offre dépasse la demande, le taux baisse.

Troisième force : les institutions financières

S’y ajoutent les entités institutionnelles – fonds de pension, fonds mutuels, compagnies d’assurance – avec un mouvement qui paraît technique mais se ressent dans toutes les poches. Quand les marchés étrangers montent fortement, leur exposition à l’étranger gonfle mécaniquement. Elles rééquilibrent alors leurs portefeuilles. Concrètement, cela signifie souvent vendre une partie des devises et les convertir en shekels. Encore des dollars sur le marché, sans garantie qu’il y ait assez d’acheteurs en face.

Quatrième force : l’anticipation des entrées de capitaux

Ici, ce n’est pas ce qui se passe qui compte, mais ce qui est attendu. Accords gaziers, contrats sécuritaires, investissements colossaux : peu importe le titre exact, le message envoyé au marché est le même. Des dollars sont censés arriver en masse en Israël. Or le marché des changes vit davantage d’anticipations que de bilans réels. Il n’attend pas que l’argent arrive réellement. Il l’intègre avant. Dès que les grands acteurs croient que des dollars sont en route, ils vendent dès maintenant pour ne pas rester coincés avec une devise qui pourrait bientôt valoir moins.

Cinquième force : l’argent étranger et l’effet shekel

Vient ensuite le « rêve israélien » version monétaire : l’afflux de capitaux étrangers. Quand les investisseurs internationaux estiment qu’Israël est géopolitiquement plus stable, ou simplement moins inquiétant que les manchettes, quand la Bourse locale sourit et que les histoires de high-tech séduisent, l’argent entre. Cet argent arrive en devises et est majoritairement converti en shekels. Résultat mécanique : le shekel se renforce, le dollar s’affaiblit.

Sixième force : la faiblesse mondiale du dollar

Enfin, il y a ce qu’on oublie trop vite quand on préfère accuser « les traders de Tel-Aviv » : le dollar est faible ailleurs aussi. Lorsqu’il existe une faiblesse globale de la devise américaine face à un panier de monnaies, ou même simplement un sentiment de faiblesse, cela se répercute en Israël. Parfois l’explication tient aux taux d’intérêt, parfois au déficit américain, parfois à la politique, parfois simplement à l’humeur des marchés. Mais la logique est claire : quand le dollar éternue dans le monde, en Israël il est déjà cloué au lit avec un thermomètre.

Et maintenant, jusqu’où peut-il tomber ?

Le dollar peut-il continuer à baisser ? Oui, c’est plausible, tant que toutes ces forces continuent d’agir dans le même sens : surplus de dollars sur le marché, flux d’exportations, ajustements institutionnels, capitaux étrangers entrants et faiblesse mondiale de la devise américaine.

Mais voici le « mais » qui casse les rêves de certitude. Aucune tendance n’est garantie. Un seul événement peut tout renverser : une chute brutale à Wall Street provoquant une fuite vers le dollar, une détérioration sécuritaire, un changement soudain dans les anticipations de taux d’intérêt, ou même une simple correction technique. Et dans ce cas, le dollar, que beaucoup annonçaient condamné, peut se redresser aussi vite qu’il est tombé.

Prix en hausse, sécurité en chute, milliards détournés : l’État face à son propre échec

Prix en hausse, sécurité en chute, milliards détournés : l’État face à son propre échec

La raison pour laquelle Netanyahu ne veut pas que vous regardiez en arrière

Une année que le pouvoir préférerait effacer

« Personne ne s’intéresse aux bilans de fin d’année », nous a averti notre rédacteur en chef senior. Et pourtant, 2025 est précisément l’année que le gouvernement préférerait ne pas voir résumée. Une année de records, mais de ceux que l’on cache.

452 morts sur les routes, un pic inégalé depuis vingt ans.

251 assassinats dans la société arabe, un sommet historique.

Une explosion sans précédent des fonds de coalition.

Ces chiffres ne couvrent pas une décennie. Ils concernent une seule année : 2025, la troisième année du sixième gouvernement de Benjamin Netanyahu. Un gouvernement élu sur deux promesses centrales : renforcer la sécurité personnelle et freiner le coût de la vie.

Trois ans condensés en un constat accablant

Vraiment, qui se soucie des bilans annuels ? Autant regarder l’ensemble. Le Dr Miki Feld, chercheur à la Fondation Berl Katznelson, a publié cette semaine une analyse exhaustive des données couvrant les trois années de ce gouvernement.

Ces chiffres excluent volontairement la catastrophe du 7 octobre :

1 163 personnes assassinées lors du massacre,

251 otages,

561 soldats tombés dans l’opération Épées de Fer.

Même sans cela, le tableau reste sombre, presque suffocant.

Le coût de la vie : la spirale incontrôlée

Les prix alimentaires ont explosé :

les bananes ont augmenté de 46 %,

les avocats de 54 %,

le café de 25 %,

les tomates de 23 %.

L’indice des prix alimentaires a bondi de 14 %, celui des fruits et légumes de 17 %.

Un trajet en bus, facturé 5,5 shekels en 2022, coûte désormais 8 shekels, soit une hausse de 45 %.

Le volume des retards de remboursement hypothécaire supérieurs à 90 jours a grimpé de 90 %. De plus en plus de familles israéliennes ne parviennent plus à joindre les deux bouts.

Sécurité personnelle : l’échec chiffré

Le gouvernement avait pourtant été élu pour restaurer la sécurité. Les chiffres racontent l’inverse.

Les meurtres sur fond criminel sont passés de 148 en 2022 à 303 en 2025.

Sur les deux dernières années, 582 personnes ont été tuées dans des affaires criminelles, soit une hausse de 94 % par rapport aux deux années précédentes.

Le taux de cambriolages a plus que doublé, passant de 2,4 % à 5,5 %.

Près de 40 % des Israéliens déclarent une dégradation de leur sentiment de sécurité personnelle, malgré une augmentation de 2,5 milliards de shekels du budget du ministre de la Sécurité nationale.

Un gouvernement qui n’a même pas essayé

« Si, au final, il y avait ici des gens qui se réveillent chaque matin en se demandant ce que je fais pour honorer mes promesses électorales, ce bilan n’aurait pas vu le jour », confie Feld dans un entretien accordé à mako.

« Mais cela n’a pas eu lieu. Non seulement le gouvernement n’a pas agi, il n’a même pas essayé. Il y avait un comité ministériel sur le coût de la vie présidé par le Premier ministre ; il s’est à peine réuni. »

Fonds de coalition : l’explosion silencieuse

Pendant ce temps, les fonds de coalition ont littéralement explosé.

Ils sont passés de 700 millions de shekels par an sous le gouvernement du Changement à près de 5,8 milliards par an sous l’actuel. Huit fois plus.

Mais ce chiffre n’est qu’un trompe-l’œil.

La mécanique du camouflage budgétaire

Pour 2026, le gouvernement annonce un cadre de 5,2 milliards de shekels de fonds de coalition. En examinant les tableaux budgétaires, Feld identifie 302 millions supplémentaires qui ne sont pas officiellement qualifiés comme tels, bien qu’ils soient intégralement sectoriels.

À cela s’ajoute le plan quinquennal du ministre des Finances Bezalel Smotrich pour la Judée et la Samarie : environ 1,1 milliard de shekels l’an prochain, plus 400 millions d’avantages fiscaux pour les résidents de la zone.

« Cela représente en réalité près de 8 milliards de shekels », tranche Feld.

« Même si on ne qualifie pas un plan quinquennal de fonds de coalition, il est évident qu’il s’agit de fonds de coalition, puisqu’ils profitent à un secteur très spécifique, qui se trouve être celui du ministre des Finances. »

À qui profite l’argent public ?

La répartition est sans ambiguïté :

58 % des fonds vont au secteur ultra-orthodoxe,

16 % au sionisme religieux,

26 % seulement à l’ensemble de la population.

Dans le même temps, la TVA n’a pas été abaissée, les tranches de l’impôt sur le revenu et des assurances nationales n’ont pas été indexées sur l’inflation, et 2026 s’ouvre sur des hausses annoncées de l’électricité, de l’eau et de la taxe foncière.

Des solutions possibles, mais écartées

« Ils pourraient ramener la TVA à son niveau précédent, annuler le gel des tranches d’impôt sur le revenu et des points de crédit. Waouh, beaucoup d’argent », observe Feld.

Mais cet argent est dirigé ailleurs.

Promesses, citations, verdict

En août 2022, avant les élections, Netanyahu affirmait : « C’est mon engagement, nous baisserons les prix. »

En janvier 2023, un mois après la formation du gouvernement et après une vague d’attentats, Smotrich déclarait : « Nous nous sommes engagés à restaurer la sécurité, et c’est sur cela que nous serons jugés. »

Trois ans plus tard, le jugement est rendu.

La note est sans appel.

Pourquoi Cette Fois, Nous Sommes Presque Certains Que l’Iran S’Effondre

Pourquoi l’Iran n’est plus en crise mais en voie d’effondrement total

Pourquoi Cette Fois, Nous Sommes Presque Certains Que l’Iran S’Effondre

Dans les rues animées de Téhéran, un vent de panique économique souffle, transformant les marchés en théâtres d’une crise palpable. Tandis que le rial dégringole et que les étals des supermarchés deviennent des symboles de précarité, l’Iran semble au bord d’un précipice financier. Mais est-ce vraiment le début de la fin ? Plongeons dans les signes qui, cette fois, nous font pencher pour l’affirmative.

Que Quelqu’un Dise Enfin Si l’Iran S’Effondre ou Non

Il arrive un moment où une économie cesse d’être un domaine réservé aux experts pour se muer en simple météo quotidienne. Inutile de consulter des rapports complexes : il suffit de sortir dans la rue pour sentir l’air ambiant. En Iran, à la fin de 2025 et au seuil de 2026, ce tournant est déjà palpable. Non pas à cause d’une grande théorie abstraite, mais grâce à trois indices simples que nous saisissons tous instinctivement : le taux de change du dollar, les prix des denrées alimentaires et cette sensation que le salaire n’est plus qu’une mauvaise blague. Lorsque un pays en arrive au point où les citoyens ne se demandent plus si les choses vont devenir plus chères, mais à quelle vitesse, il ne gère plus une économie – il gère une panique généralisée.

Le Dollar Comme Thermomètre de la Peur

Commençons par la monnaie. Celle-ci n’est pas seulement un moyen de paiement ; elle est un baromètre de la confiance. Et quand cette confiance s’effrite, les chiffres à l’écran ne reflètent plus un « marché » rationnel, mais une peur viscérale.

Lorsque le dollar sur le marché officieux grimpe à des niveaux qui changent de chiffre comme un flux TikTok, le message adressé au public est limpide : le rial apparaît comme une valeur à fuir, et les citoyens tentent simplement de se sauver. Ils achètent des dollars non par ambition spéculative, mais pour dormir sur leurs deux oreilles, sans craindre que leur argent ne fonde comme neige au soleil dès le lendemain.

La Nourriture, Déclencheur Politique

Vient ensuite l’élément qui mine les économies de l’intérieur avec une efficacité redoutable : la nourriture. L’inflation générale reste une statistique abstraite ; celle des aliments est une réalité tangible. C’est le moment où la politique s’invite dans les cuisines. Quand les prix des produits de base s’envolent à un rythme que les salaires ne peuvent suivre, les protestations ne sont plus l’apanage des militants. Elles touchent une génération entière qui aspire simplement à boucler son mois. Dans des régimes comme celui-ci, lorsque la rue perçoit qu’on la dépouille insidieusement via les rayons des supermarchés, la télévision ne calme plus les esprits – elle les exaspère davantage.

Une Économie de Survie

L’Iran importe une part massive de ce que consomment ses citoyens, directement ou via des composants pudiquement étiquetés « Amérique ». Quand le dollar s’envole, toute la chaîne d’approvisionnement suit, et le commerçant n’a guère besoin d’arguments pour augmenter ses tarifs – il suffit de ne pas vendre à perte. Cela engendre des marchés qui ne fonctionnent plus comme tels, mais comme des zones de survie. Les magasins ferment parce qu’on ne peut plus fixer de prix stables. Les gens thésaurisent, anticipant des hausses demain. Chacun devient, contre son gré, un économiste – mais du genre le plus triste, un économiste de l’angoisse.

Croissance Négative, Point de Rupture

Et pour couronner le tout, l’élément qui fait basculer les nations : la croissance négative. Une inflation élevée avec une croissance positive est une maladie grave. Avec une croissance négative, c’est un état où le corps économique ne peut plus se régénérer. Les usines réduisent la voilure, les chantiers s’arrêtent, les emplois se tarissent, et un gouvernement qui tente de « rééquilibrer le budget » via plus d’impôts et de coupes sur une population déjà asphyxiée découvre le paradoxe le plus cruel de l’économie. Plus on presse pour remplir les caisses de l’État, plus on risque de briser l’activité même qui génère ces impôts. Pendant ce temps, le public ressent que l’État exige des sacrifices alors que les prix filent comme un train sans freins.

Le Basculement Psychologique

Si l’on cherche le moment précis qui rend cette crise différente, ce n’est ni le dollar seul ni l’inflation isolée, mais le basculement psychologique. Quand le public passe de la question « quand cela va-t-il s’apaiser ? » à « comment survivre en attendant ? », l’économie entre en état d’urgence permanent. Dans un tel contexte, chaque étincelle devient un brasier. Chaque rumeur se mue en action. Chaque jour sans stabilité érode un peu plus la confiance.

Un Régime Face à l’Impuissance

C’est là que commence le vrai problème pour le régime. Car un régime peut réprimer des manifestations, mais il est bien plus ardu de réprimer un taux de change. Il peut disperser une foule sur une place, mais pas effacer le sentiment que l’argent des citoyens fond inexorablement. Il peut annoncer des plans, des coupes, des réformes, mais si les gens se réveillent un matin pour constater que les supermarchés ont encore augmenté, ces déclarations deviennent un bruit de fond insignifiant.

Quand l’Économie Devient une Expérience Hasardeuse

Ainsi, s’il y a une chose à dire avec prudence mais clarté, c’est que l’effondrement ne commence pas par un char d’assaut ou un titre sécuritaire. Il débute à la caisse du supermarché et au guichet de change. Il progresse via ce qui terrifie le plus tout gouvernement : le sentiment d’impuissance des citoyens. Car dès lors que des millions réalisent que le système ne peut leur rendre la stabilité, ils cessent d’attendre. Ils commencent à agir. Et la grande question n’est plus de savoir si l’Iran est en colère – il l’est. La question est de savoir combien de temps on peut diriger un pays quand chacun a l’impression de ne plus vivre dans une économie, mais au cœur d’une expérience hasardeuse.

Des jeunes femmes haredim impliquées dans un réseau de contrebande de khat vers l'Europe

Des jeunes femmes haredim impliquées dans un réseau de contrebande de khat vers l'Europe

Des dizaines de jeunes femmes haredim impliquées dans un réseau de contrebande de khat vers l'Europe

L'arrestation de deux jeunes femmes haredim à l'aéroport de Prague, avec 96 kilos de khat dissimulés dans leurs valises, met une nouvelle fois en lumière un phénomène en pleine expansion : des réseaux organisés de contrebande qui recrutent de jeunes Israéliennes comme mules pour des vols vers l'Europe. La demande croissante de khat, les profits colossaux, les méthodes sophistiquées pour déjouer les contrôles à l'aéroport Ben Gourion et dans les aéroports européens, ainsi que le traitement clément des autorités : plongée au cœur du réseau des trafiquants d'« or vert ».

Contrebandiers de khat

Dimanche après-midi, deux jeunes femmes haredim, âgées de 22 et 24 ans, ont atterri à l'aéroport de Prague, capitale de la Tchéquie. Elles avaient voyagé de Tel-Aviv à Francfort, avant de poursuivre par un vol en correspondance vers Prague – un itinéraire choisi, selon les soupçons, pour brouiller les pistes et éviter d'éveiller les soupçons des forces de l'ordre et des autorités de surveillance.

À la descente de l'avion, les deux jeunes femmes se sont dirigées vers le tapis à bagages, où les attendaient deux grandes valises. La taille inhabituelle de ces bagages, alliée au comportement tendu et agité des voyageuses, a éveillé les soupçons de la police aéroportuaire, qui a demandé à procéder à une fouille. Les deux femmes paraissaient nerveuses et affligées ; lors de la perquisition des valises, pas moins de 96 kilos de khat ont été découverts, pour une valeur estimée à des dizaines de milliers d'euros. Elles ont été arrêtées sur-le-champ et ont nié tout lien avec cette substance interdite.

La police pragoise, qui a déjà acquis une expérience solide dans l'arrestation de citoyens israéliens impliqués dans la contrebande de khat, a accueilli leur version avec un scepticisme total.
Prague est considérée comme un hub central dans l'industrie de la contrebande de khat en Europe, destiné principalement aux citoyens originaires de pays africains résidant en Tchéquie, une partie de la marchandise étant ensuite acheminée par véhicules privés et taxis vers Vienne et Budapest, distantes d'à peine deux heures de route.

« Le chef du réseau m'avait assuré qu'il n'y avait rien à craindre, que même en cas d'arrestation, je serais libérée après quelques heures », a confié l'une des contrebandières à ses proches. « Je ne savais pas qu'il y avait du khat dans la valise ; elle m'avait demandé de l'accompagner pour le vol. »

Contrebandiers de khat

La contrebande de khat depuis Israël vers les capitales européennes – notamment Londres, Prague, Lisbonne, Bruxelles et Paris – par des femmes issues du secteur haredi est devenue une industrie florissante ces dernières années.

« Les autorités chargées de l'application de la loi traitent les jeunes femmes haredim avec une certaine clémence, contrairement aux hommes qui se font prendre », observe une source bien informée sur le phénomène de la contrebande.

« Habituellement, après deux jours de détention, elles sont libérées sous caution avec un tampon noir sur leur passeport, sans qu'une inculpation ne soit prononcée. »

Cette approche, selon lui, ne fait qu'encourager le phénomène.
Il ajoute : « Nous parlons de dizaines de jeunes femmes haredim engagées dans la contrebande de khat – certaines sont diplômées de séminaires, d'autres agissent par détresse économique, et il y en a aussi pour qui c'est une montée d'adrénaline, une expérience, ou l'occasion d'un voyage à l'étranger entièrement financé, en échange d'une rémunération comprise entre 1 000 et 2 000 euros par opération de contrebande. »

Récemment, plusieurs jeunes femmes haredim ont été appréhendées à Londres et à Francfort, placées en détention, puis expulsées vers Israël. Il y a environ cinq ans, quatre jeunes femmes haredim ont été arrêtées à leur atterrissage à l'aéroport de Varna, en Bulgarie, avec environ 90 kilos de khat en leur possession. Après une bataille judiciaire de plusieurs semaines, elles ont été libérées de leur détention et expulsées vers Israël.

« Il y a une demande énorme pour le khat à Londres. Chaque semaine, entre huit et dix opérations de contrebande impliquant des centaines de kilos partent d'Israël. La plupart des mules sont des jeunes femmes haredim célibataires, intégrées à un réseau très sophistiqué », raconte une jeune femme haredim du centre du pays, dans la vingtaine.

« Il y a un dealer de khat – le chef du réseau – qui prépare les valises, nous envoie des taxis à domicile, et de là, les chauffeurs nous conduisent à l'aéroport Ben Gourion. À l'arrivée à l'étranger, un chauffeur attend pour récupérer les valises, et après deux jours, nous rentrons en Israël. »

Le khat, surnommé dans le milieu « or vert », connaît une demande en croissance constante d'année en année. Selon les estimations, les revenus des chefs de réseaux ont bondi de centaines de pourcents, atteignant un chiffre d'affaires annuel d'environ 25 millions d'euros.

Une autre contrebandière haredim a affirmé que « dans chaque opération de contrebande, le chef du réseau empoche environ 50 000 euros, ce qui signifie des profits de millions d'euros par an pour chaque réseau ».

Au cours des trois dernières années, environ 15 jeunes femmes haredim ont été arrêtées à travers l'Europe pour contrebande de khat. Bien que dans certains pays le khat soit classé comme une drogue dangereuse au même titre que la cocaïne, de nombreuses mules ont été libérées rapidement par le passé.

Cependant, un changement de tendance s'amorce récemment, et en Tchéquie, au Royaume-Uni et en France, il a été décidé d'imposer des peines plus sévères et d'éviter les libérations rapides, afin de créer une dissuasion et d'empêcher la récidive de ces activités criminelles.

L'avocat Mordechai Tzibin, expert en droit international qui représente de nombreux Israéliens arrêtés à travers le monde, y compris des contrebandiers de khat, pose une question cruciale :

« Aujourd'hui, les autorités chargées de l'application de la loi en Europe imposent des peines plus sévères tant aux contrebandières haredim qu'aux contrebandiers masculins. Mais la vraie question est de savoir comment les mules parviennent à quitter l'aéroport Ben Gourion avec des valises remplies de khat, sans qu'aucune autorité ne les arrête, malgré le fait que le khat soit légal en Israël *? » Selon lui, « Un contrôle plus strict sur ces mules pourrait contrecarrer les opérations de contrebande et éradiquer le phénomène. »

Le khat, une plante légale en Israël mais interdite en Europe

Le khat (Catha edulis), surnommé « gat » en hébreu, est une plante stimulante dont les feuilles fraîches sont mâchées pour leurs effets euphorisants, similaires à ceux d'une forte dose de caféine ou d'amphétamines légères.

Introduite en Israël par les immigrants juifs yéménites, sa consommation traditionnelle est profondément ancrée dans cette communauté. Contrairement à la plupart des pays européens, aux États-Unis ou au Canada, où il est classé comme stupéfiant interdit depuis des années (notamment par l'Union européenne en 2014), le khat reste légal en Israël sous sa forme naturelle. Seuls les extraits concentrés, les boissons dérivées ou les substances synthétiques comme la cathinone pure sont prohibés, en raison d'abus passés.

Cette légalité explique en grande partie pourquoi les trafiquants peuvent préparer et charger des valises remplies de khat à l'aéroport Ben Gourion sans entrave immédiate : les autorités israéliennes n'ont pas de base légale pour intercepter ces envois à la sortie du territoire, tant que la plante n'est pas transformée.

À l'arrivée en Europe, en revanche, les mules s'exposent à des peines lourdes, le khat y étant considéré comme une drogue dangereuse. Ce contraste juridique alimente un trafic lucratif, tout en posant la question d'un renforcement des contrôles au départ, comme le souligne l'avocat Mordechai Tzibin.

Dans le froid de New York, une main tendue rallume la loi juive la plus ancienne

Dans le froid de New York, une main tendue rallume la loi juive la plus ancienne

Une traversée d’hiver, ou la naissance d’un lien

Jack descend la Cinquième Avenue par un matin glacé. Au feu piéton, il se retrouve à hauteur d’un homme frêle, chauve, la barbe et les cheveux d’un blanc presque irréel. L’inconnu avance péniblement, appuyé sur une canne, tirant un sac de courses. Pas de bonnet, pas d’écharpe, pas de gants. Son pantalon de survêtement est relevé sur une botte orthopédique qui enserre une jambe gauche visiblement enflée.

L’homme sourit et lâche, presque en s’excusant : « Ce n’est pas facile d’avoir 70 ans. »

Jack répond sans réfléchir : « Dites-moi ça ! Je viens d’avoir 73 ans. » Puis, dans un geste simple et naturel, il lui tend le bras. Ensemble, ils s’engagent sur le passage piéton, avançant lentement, avec précaution, la glace rendant chaque pas incertain. Arrivés de l’autre côté, l’homme s’agrippe à la grille en fer forgé d’un immeuble pour reprendre son souffle.

« Je m’appelle Michael », dit-il enfin.

Il explique qu’il est venu en bus depuis l’East Village pour déjeuner dans un centre pour seniors, mais que les livraisons prévues n’ont finalement pas eu lieu. Puis, comme une pensée qui lui échappe : « Je me demande quel temps il fait en Israël. »

La conversation est lancée. Un bras tendu a suffi pour ouvrir un espace de parole.

Michael, une vie traversée par la foi et l’épreuve

Leur marche se poursuit, lente. Il leur faudra près d’une demi-heure pour parcourir un seul bloc, entrecoupée de pauses régulières. Michael raconte. Deux de ses frères sont rabbins, l’un à Jérusalem, l’autre à Tel-Aviv. Il a grandi à Far Rockaway, parle couramment l’hébreu. Plus jeune, il a été conférencier en histoire juive dans des camps d’été des Catskills, puis directeur d’activités dans une résidence pour seniors en Californie.

Il a aussi passé une année entière en Europe et en Israël pour préparer un travail de recherche sur la Shoah, publié en 1975. Une vie dense, engagée, intellectuellement riche. Puis, plus récemment, la chute brutale : agressé durant la pandémie de Covid, il est resté handicapé. Depuis, chaque déplacement est une épreuve.

Pourtant, rien d’amer dans sa voix. Son regard est vif, son sourire intact. Il a visité Israël dix fois. Jack aussi.

Jack n’est pas juif. Mais Israël occupe une place centrale dans sa vie. Il s’y est rendu dix fois depuis 2002. Cette géographie partagée, cette terre aimée, crée entre eux un lien immédiat, presque silencieux.

Un repas casher et une parole qui éclaire

Le centre pour seniors est fermé. Jack propose un taxi. Michael refuse. Ils se réfugient alors dans un booth étroit du B&H Dairy, institution casher de Second Avenue. Une lasagne aux légumes, un gâteau au chocolat à emporter. Rien d’extraordinaire, et pourtant.

À table, Jack lance soudain : « Vous êtes un magnétiseur de mitzvot. »

Il explique. En 2003, sa femme Franny l’avait surnommé ainsi alors qu’il se remettait à l’hôpital Ichilov de Tel-Aviv, après l’attentat suicide du Mike’s Place. Chaque jour, des rabbins, des bénévoles, des groupes de soutien aux victimes du terrorisme entraient dans sa chambre. Ils apportaient des gâteaux, des biscuits, de petits cadeaux. Une bonté continue, presque organisée par la vie elle-même.

Michael écoute, puis rectifie doucement : « Mitzvah, mitzvot, ce n’est pas seulement faire une bonne action. C’est observer les 613 commandements de la Torah. Lévitique ordonne d’aimer ton prochain comme toi-même. Jésus n’a rien inventé ; il enseignait la Torah. »

La phrase tombe sans provocation, comme une évidence. La mitzva n’est pas un geste isolé. C’est une manière d’habiter le monde.

Quand une rencontre réchauffe plus que le froid n’atteint

Après une nouvelle demi-heure de marche, ils arrivent devant l’immeuble de Michael, près de First Avenue. La nuit est tombée. Le froid est mordant. Michael sort un papier, note ses coordonnées et signe avec un sourire : « Mike Mitzvah Magnet ».

Jack repart le cœur étrangement léger.

Cette rencontre n’a rien de spectaculaire. Aucun miracle, aucune mise en scène. Juste une traversée de rue, un bras tendu, un repas partagé. Et pourtant, elle rappelle une vérité essentielle : la bonté attire la bonté. La mitzva appelle la mitzva.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18). Le verset est ancien, mais il se rejoue chaque jour, à hauteur d’homme. À chacun de rester attentif aux Michael qui croisent sa route. Un geste minuscule peut transformer une journée. Parfois, une vie.