Prix en hausse, sécurité en chute, milliards détournés : l’État face à son propre échec

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Prix en hausse, sécurité en chute, milliards détournés : l’État face à son propre échec

La raison pour laquelle Netanyahu ne veut pas que vous regardiez en arrière

Une année que le pouvoir préférerait effacer

« Personne ne s’intéresse aux bilans de fin d’année », nous a averti notre rédacteur en chef senior. Et pourtant, 2025 est précisément l’année que le gouvernement préférerait ne pas voir résumée. Une année de records, mais de ceux que l’on cache.

452 morts sur les routes, un pic inégalé depuis vingt ans.

251 assassinats dans la société arabe, un sommet historique.

Une explosion sans précédent des fonds de coalition.

Ces chiffres ne couvrent pas une décennie. Ils concernent une seule année : 2025, la troisième année du sixième gouvernement de Benjamin Netanyahu. Un gouvernement élu sur deux promesses centrales : renforcer la sécurité personnelle et freiner le coût de la vie.

Trois ans condensés en un constat accablant

Vraiment, qui se soucie des bilans annuels ? Autant regarder l’ensemble. Le Dr Miki Feld, chercheur à la Fondation Berl Katznelson, a publié cette semaine une analyse exhaustive des données couvrant les trois années de ce gouvernement.

Ces chiffres excluent volontairement la catastrophe du 7 octobre :

1 163 personnes assassinées lors du massacre,

251 otages,

561 soldats tombés dans l’opération Épées de Fer.

Même sans cela, le tableau reste sombre, presque suffocant.

Le coût de la vie : la spirale incontrôlée

Les prix alimentaires ont explosé :

les bananes ont augmenté de 46 %,

les avocats de 54 %,

le café de 25 %,

les tomates de 23 %.

L’indice des prix alimentaires a bondi de 14 %, celui des fruits et légumes de 17 %.

Un trajet en bus, facturé 5,5 shekels en 2022, coûte désormais 8 shekels, soit une hausse de 45 %.

Le volume des retards de remboursement hypothécaire supérieurs à 90 jours a grimpé de 90 %. De plus en plus de familles israéliennes ne parviennent plus à joindre les deux bouts.

Sécurité personnelle : l’échec chiffré

Le gouvernement avait pourtant été élu pour restaurer la sécurité. Les chiffres racontent l’inverse.

Les meurtres sur fond criminel sont passés de 148 en 2022 à 303 en 2025.

Sur les deux dernières années, 582 personnes ont été tuées dans des affaires criminelles, soit une hausse de 94 % par rapport aux deux années précédentes.

Le taux de cambriolages a plus que doublé, passant de 2,4 % à 5,5 %.

Près de 40 % des Israéliens déclarent une dégradation de leur sentiment de sécurité personnelle, malgré une augmentation de 2,5 milliards de shekels du budget du ministre de la Sécurité nationale.

Un gouvernement qui n’a même pas essayé

« Si, au final, il y avait ici des gens qui se réveillent chaque matin en se demandant ce que je fais pour honorer mes promesses électorales, ce bilan n’aurait pas vu le jour », confie Feld dans un entretien accordé à mako.

« Mais cela n’a pas eu lieu. Non seulement le gouvernement n’a pas agi, il n’a même pas essayé. Il y avait un comité ministériel sur le coût de la vie présidé par le Premier ministre ; il s’est à peine réuni. »

Fonds de coalition : l’explosion silencieuse

Pendant ce temps, les fonds de coalition ont littéralement explosé.

Ils sont passés de 700 millions de shekels par an sous le gouvernement du Changement à près de 5,8 milliards par an sous l’actuel. Huit fois plus.

Mais ce chiffre n’est qu’un trompe-l’œil.

La mécanique du camouflage budgétaire

Pour 2026, le gouvernement annonce un cadre de 5,2 milliards de shekels de fonds de coalition. En examinant les tableaux budgétaires, Feld identifie 302 millions supplémentaires qui ne sont pas officiellement qualifiés comme tels, bien qu’ils soient intégralement sectoriels.

À cela s’ajoute le plan quinquennal du ministre des Finances Bezalel Smotrich pour la Judée et la Samarie : environ 1,1 milliard de shekels l’an prochain, plus 400 millions d’avantages fiscaux pour les résidents de la zone.

« Cela représente en réalité près de 8 milliards de shekels », tranche Feld.

« Même si on ne qualifie pas un plan quinquennal de fonds de coalition, il est évident qu’il s’agit de fonds de coalition, puisqu’ils profitent à un secteur très spécifique, qui se trouve être celui du ministre des Finances. »

À qui profite l’argent public ?

La répartition est sans ambiguïté :

58 % des fonds vont au secteur ultra-orthodoxe,

16 % au sionisme religieux,

26 % seulement à l’ensemble de la population.

Dans le même temps, la TVA n’a pas été abaissée, les tranches de l’impôt sur le revenu et des assurances nationales n’ont pas été indexées sur l’inflation, et 2026 s’ouvre sur des hausses annoncées de l’électricité, de l’eau et de la taxe foncière.

Des solutions possibles, mais écartées

« Ils pourraient ramener la TVA à son niveau précédent, annuler le gel des tranches d’impôt sur le revenu et des points de crédit. Waouh, beaucoup d’argent », observe Feld.

Mais cet argent est dirigé ailleurs.

Promesses, citations, verdict

En août 2022, avant les élections, Netanyahu affirmait : « C’est mon engagement, nous baisserons les prix. »

En janvier 2023, un mois après la formation du gouvernement et après une vague d’attentats, Smotrich déclarait : « Nous nous sommes engagés à restaurer la sécurité, et c’est sur cela que nous serons jugés. »

Trois ans plus tard, le jugement est rendu.

La note est sans appel.

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