Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Helmut Newton et ses princesses

Artiste juif : Helmut Newton et ses princesses

Les princesses d'Helmut Newton

Helmut Newton, "Muses", Galerie Andrea Caratsch AG, St. Moritz, du 6 décembre 2021 au 22 avril 2022

 

Dans l'oeuvre d'Helmut Newton le glamour et l'érotisme deviennent le moteur de l'œuvre comme de l’existence. Le corps se sent soumis aux délices et un plaisir qui rampe et émerge subtilement. Ni le possible, ni l'impossible ne sont encore des garde-fous. Tout est instauré en ébullition. Surgit le lieu où tout commence en une clarté qui égare mais où l'ombre réduit les mots au silence.

Les femmes sont transformées en présences énigmatiques et dans un érotisme larvé. La lumière comme l’ombre joue sur les corps en provoquant des visions énigmatique afin de traduite la levée de certains tabous selon une théâtralité programmée dans les jeux de l'amour et du hasard.

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Artiste juif : Arthur Elgort et l'art du portrait

Arthur Elgort et l'art du portrait

Arthur Elgort et l'art du portrait

Arthur Elgort, Camera Work, Berlin, Jusqu’au 29 janvier, 2022

Arthur Elgort après ses études  secondaire dans un lycée prestigieux de New York a étudié la peinture au Hunter College. Mais avide de liberté il décide de se lancer dans la photographie.  D'abord en tant que photographe au Ballet. Mais ne pouvant en vivre il se tourne  vers la photographie de mode. Il fait ses débuts dans le « Vogue » anglais et devient progressivement un des artistes majeurs dans ce domaine jusqu'à aujourd'hui et depuis cinquante ans.

Il a considérablement influencé le genre en sachant toujours saisir la bonne seconde où la magie opère. Ses portraits le prouvent. Et il a cassé les mises en scène compassées du début des années 1970. Il laisse ses modèles se déplacer librement et invente "une esthétique instantanée" en sortant des studios. Tous les modèles stars comme un grand nombre d'icônes pop ont aimé travailler avec lui pour tous les magazines les plus connus.

 

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Artiste juif : Frans Krajcberg de l'homme brûlé à l'homme révolté

Artiste juif : Frans Krajcberg de l'homme brûlé à l'homme révolté

Frans Krajcberg de l'homme brûlé à l'homme révolté

L’artiste juif, Frans Krajcberg (1929 - 2017) est né en Pologne. Il est devenu l’un des sculpteurs les plus célèbres du Brésil. Sa famille a été exterminée pendant la Shoah. Si bien qu'il se définissait comme "un homme brûlé". Et l'artiste de préciser : "Le feu, c'est la mort, l'abîme. Le feu est avec moi depuis toujours."

D'où l'aspect tragique de son oeuvre. Elle se rapproche de l'oeuvre picturale de la peinture juive argentine : Ana Negro. Comme elle son but est de scénariser le crime et manière la plus violente pour soulever un sentiment de révolte.

Dans ce but il a travaillé entre autres les écorces et les bois brûlés, récupérés sur les lieux de la déforestation. Le feu durcit le bois et lui donne une certaine résistance. Il est ensuite recouvert de noir ou de rouge tirés du charbon végétal ou des pigments naturels.

Frans Krajcberg crée de la sorte des stèles et totems qui se veulent des éléments tragiques d'appel à la résistance afin que la vie renaisse. C'est un défi métaphorique dont le sens demeure toujours prégnant.

Artiste juif : Histoires de l'Histoire de Patrick Zachmann -vidéo-

Artiste juif : Histoires de l'Histoire de Patrick Zachmann

Histoires de l'Histoire : Patrick Zachmann,

Patrick Zachmann, « Voyages de mémoire » au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme.

« Voyages de mémoire » présente près de 300 œuvres de Patrick Zachmann, des années 1970 aux années 2015, dont de très nombreux inédits. S'y retrouve regard nourri par l’expérience juive et donc habité par les questions universelles de l’exil, de la disparition et de l’oubli.

C'est à la fin des années 70 que celui qui ignorait tout de sa religion et de sa culture a entamé - pour recouvrer son identité la plus profonde - un travail documentariste  sur les juifs de France, à la recherche de sa propre identité. De  la rue des Rosiers aux Buttes-Chaumont, des plus orthodoxes aux plus laïques, de la communauté des loubavitch aux grossistes du Sentier.

Sachant que va disparaître le temps des témoins de la Shoah, il photographia à Jérusalem en 1981  le premier rassemblement des survivants. Depuis il a parcouru le monde :  Afrique du Sud pour la libération de Mandela,  Chili pour retrouver des traces des camps de prisonniers politiques, Rwanda après le génocide des Tutsis, Auschwitz-Birkenau, où furent exterminés ses grands-parents paternels, Pologne et Ukraine.


Ses photos sont parfois terribles parfois plus joyeuses -  lorsqu'il arpente l’Oranie et l’Est marocain pour retrouver les vestiges du  judaïsme immémorial d’Afrique du Nord. Son  oeuvre reste une frasque majeure pour l'histoire du temps.

Avec le film-vidéo "La Mémoire de mon père, comme dans "Mare Mater" surgissent aussi des enquêtes aussi intimes que générales sur la mémoire et les souvenirs enfouis. Le photographe cherche à combler silence et absences. Il reste un révélateur de mémoire, juive ou non, bref celle de tous dans un monde parfois incompréhensible en ses horreurs et affres.

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Artiste juif : Bob Wolfenson, perte de repères

Artiste juif : Bob Wolfenson, perte de repères

Bob Wolfenson : perte de repères

Bob Wolfenson est né en 1954 à São Paulo. Ses parents étaient des réfugiés juifs d’Europe occidentale. Il a commencé sa carrière de photographe dès l'âge de 16 ans.

Assistant de Bill King dans les années 1980, il a appris la photographie auprès du pionnier de la photographie publicitaire brésilienne Chico Albuquerque et  a pratiqué tous les genres dont principalement le portrait - entre autres de nu ou de mode mais aussi le paysage.

Il a publié de nombreux livres et est le créateur et rédacteur en chef du magazine d’art et de mode S/N".  Le livre "Desnorte" illustre ses  50 ans de carrière.  Ses compositions sont toujours fractales et souvent audacieuse tant dans les sujets que la forme. Le tout entre esthétisme et attention aux problèmes sociaux de son pays et sa dégradation progressive.

En une centaine d’images de tous genres,  délibérément compilées sans ordre (d'où le titre du livre - "perte de nord") le photographe montre le vertige qui le saisit face au monde et dont il sauvegarde la beauté sous le soleil ou les spotlights.

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Artiste juif : Sam Borenstein , vies québécoises

Artiste juif : Sam Borenstein , vies québécoises

Sam Borenstein : vies québécoises

Issus de trois générations différentes, les Peintres juifs de Montréal ont profondément marqué l'histoire de l’art pictural canadien. L’expression "Peintres juifs de Montréal" a été utilisée pour la première fois en 1987 par l’historienne et conservatrice d’art québécois Esther Trépanier.

Les membres du groupe étaient soit de nouveaux immigrants provenant des shtetls (bourgades juives) est européen, soit des enfants de ces mêmes immigrants. Ainsi, la production culturelle de ces artistes reflète une sensibilité juive internationale jamais observée auparavant sur la scène artistique canadienne.

Parmi les artistes les plus connus de la deuxième génération Sam Borenstein (1908-1969) reste le plus important. Après une enfance déchirée par la guerre en Pologne, il s´installe à Montréal avec son père et une de ses soeurs en 1921. Il passe deux ans à Ottawa en tant qu´apprenti chez un fourreur, puis revient à Montréal où il travaille comme coupeur dans une usine de vêtements. Il suit des cours du soir en arts et étudie la sculpture et fréquente les artistes montréalais, notamment Alexandre Bercovitch, Fritz Brandter, Herman Heimlich.

 

Sa première exposition solo a lieu en 1934 au Coffee House de Montréal. Au cours d´un voyage axé sur la peinture qu´il effectue en 1939 en Bretagne, Borenstein a l´occasion de voir les œuvres des artistes qu´il admire depuis longtemps et son œuvre sera plus déterminée par la suite. À compter de 1940, il commence à peindre le paysage laurentien et son travail exubérant et expressif retient rapidement l´attention. Sam Borenstein emploie un style exubérant pour représenter les taudis de Montréal et les villages des Laurentides, et pour faire le portrait de sa famille et de ses amis. Ses couleurs vives, sa perspective tordue et son sens du mouvement rappellent les œuvres des maîtres européens qu´il admire, en particulier Vlaminck, Soutine.

 

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Le photographe Judah Passow, illustre l'existence de la communauté juive d'Ecosse

Artiste juif : Judah Passow et les juifs d'Ecosse

Judah Passow et les juifs d'Ecosse

 

Le photographe Judah Passow, illustre l'existence de la communauté juive d'Ecosse :  “Mon impression, c’est que tous ceux qui pensent que la communauté juive écossaise est sur le déclin ne savent pas de quoi ils parlent,” affirme-t-il. Et il a passé deux années à voyager à travers les villes et villages écossais et les îles reculées du pays pour connaître cette communauté juive bien particulière.

 

Les Juifs sont présents en Ecosse depuis le début du 18e siècle et  peuvent s’enorgueillir de la manière dont ils ont épousé la fabrique de la société écossaise, tout en sachant maintenir leurs traditions.  Le tout dans un "reportage"  festif et parfois surprenant et  les photos laissent le spectateur curieux d'en savoir plus encore

 

Passow, né en Israël et après avoir étudié aux USA, a a travaillé sur des reportages pour des magazines américains et européens pendant plus de 35 ans. Il habite Londres et admet qu’il ne connaissait que peu l’Ecosse avant un tel projet. Sa  curiosité l’a amené à rechercher la vie juive dans des endroits inattendus. Et il a su trouver ce qu'il nomme des 'clés visuelles." Elles sont aussi superbes qu'inattendu tant il a été touché par ce qu’il y a vu.

 

Son exposition  “les Juifs écossais” traverse le monde et les photos s'y répondent  au niveau photographique ou graphique. Un livre en anglais réunissant tous les clichés, intitulé “Scots Jews: Identity, Belonging and the Future” a également été publié.

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Livre juif : Ferderman et son double 

Livre juif : Ferderman et son double 

Ferderman et son double 

Quitte ou double est un roman clef de l'oeuvre de Raymond Federman, souvent appelé « le roman des nouilles » car le narrateur est un homme joueur, irresponsable, célibataire, paranoïaque et écrivain potentiel.

 

Modèle de la « surfiction » federmanienne, "Quitte ou double" met en place deux postures narratives. Le narrateur veut relater les faits et gestes d'un individu. Pour cela il a décidé à s'enfermer 365 jours pour écrire une année de la vie de ce jeune garçon juif arrivé en Amérique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il a quitté la France pour l'Amérique "the land of opportunities" grâce aux finances de son oncle, qui lui-même était parti pour l'Amérique face aux nazis.

 

Raymond Federman compose un texte tour à tour amusant et désespérant, où nouilles, papier toilette, pâte dentifrice, métro et chaussette pleine de dollars deviennent les pierres de touche de la découverte de nouveaux continents : l'Amérique, et la littérature. D'où ce roman multiforme entre le "je" et le "tu" en feignant que l'un est chantre et l'autre lutrin ou lutin sorti de divers affres et qui contemple le présent empêtré dans la glu du passé.

 

Ce roman permet dans ce double "je" et jeu de penser par des réponses non arrachées à des questions, le monde au moyen des mots et au risque de se retrouver devant la réalité crue, au terme d'une exploration de la langue là où tout se déplace  dans ce tour de force espiègle et étincelant. Il compose un texte drôle et désespérant dans les marges de divers temps.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Raymond Federman, "Quitte ou double", Leo Scheer, Paris

Artiste juive : Sarah Walzer, exercices de vulnérabilité 

Artiste juive : Sarah Walzer, exercices de vulnérabilité 

Sarah Walzer : exercices de vulnérabilité 

Sarah Walzer, "Junge Siegerin", Jork Brogmann, Genève, du 6 novembre au 22 décembre 2021

Pour la série Junge Siegerin, Sarah Walzer a rencontré à Berlin, des jeunes filles âgées de six à dix-neuf ans. Pour réaliser leur portrait, elle leur a demandé de se rendre dans un parc ou un espace vert proche. Les arrière-plans naturels tels que des buissons, un arbre ou une prairie étaient importants pour elle.

"Je cherchais des personnes qui se montrent et expriment leur vulnérabilité et leur ambivalence" écrit celle qui ne cherche pas comme valeurs la perfection ou la performance qui font des jeunes filles des gagnantes.

 

C’est donc cette énergie que l'artiste porte et transmet dans ses photos en noir et blanc. "Être vulnérable pour moi signifie être en contact avec mes sentiments. C’est ce qui nous rend vraiment visibles et nous connecte au monde qui nous entoure" " écrit-elle encore.

 

Les éléments sociologiques n’ont joué aucun rôle crucial dans le choix des modèles. La série est activée uniquement par des aspects émotionnels. Dès lors l'authenticité nomme une condition dans laquelle l’expérience intérieure et l’apparence extérieure correspondent. Chaque photo est habitée. C’est pourquoi elle propose un partage. L’art devient donc non un simple médium mais une méditation sur le devenir.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Couper le ciel avec des ciseaux de Ulrich Vogl

Artiste juif : Couper le ciel avec des ciseaux de Ulrich Vogl

Ulrich Vogl : Couper le ciel avec des ciseaux

Ulrich Vogl est un artiste contemporain berlinois, traitant des objets trouvés et de leurs histoires derrière eux, de la lumière et du mouvement. L'artiste apprécie le caractère expérimental et ouvert du dessin. Mais il expérimente aussi différents concepts du temps, la nature changeante des objets, l’utilisation des matériaux quotidiens et l’interaction physique avec les gens et avec l’espace.

Cette publication donne un aperçu complet de la pratique artistique actuelle d’Ulrich Vogl. Le point de départ de son travail est sa fascination pour les objets et les lieux du quotidien, leurs histoires et leurs tonalités.  Vogl les intègre inchangées, les remodèle ou ne les laisse que comme références. Depuis trois ans, il travaille avec des miroirs, leurs reflets et des dessins sur verre. À d’autres occasions, il dessine directement sur un mur, un escalator, des boîtes trouvées, etc. Certains sont dramatiques et bruyants, intentionnellement parce que c’est ce que les gens attendent le moins du dessin. D’autres sont très simples et calmes et peuvent avoir une nuance solennelle.

Beaucoup sont joueurs afin, d'attirer les regardeurs et  leur donner la possibilité d’interagir avec l’œuvre et, par conséquent, de créer un niveau de plaisir pour Vogl. Certaines pièces sont mobiles, d’autres fonctionnent avec des ombres, du son et des projections, souvent cinématographiques ou temporelles, low-tech, révélant leur mode de production. Ils s’inscrivent toujours dans un processus ludique, expérimental et conceptuel, au terme duquel se trouve une œuvre réduite à l’essentiel. Le livre présente une grande quantité de ce que Vogl appelle des "catalyseurs cognitifs".

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Ulrich Vogl,  "Cutting the Sky with Scissors'; Hatje Cantz, 2021 | 224 p.,  38,00 €..