Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Maurice Bismuth et la vie juive tunisienne

Artiste juif : Maurice Bismuth et la vie juive tunisienne

Maurice Bismuth et la vie juive tunisienne

Le talent de Maurice Bismuth, artiste juif tunisien, est remarqué très tôt par son professeur de dessin. Il commence à exposer au Salon tunisien dès 1912, et ce jusqu'en 1930 . Lors d'un voyage en Égypte il est émerveillé par l'art égyptien et, à son retour, organise une exposition au Salon tunisien de 1922 en mobilisant des souvenirs de ce voyage.

En 1924, il se rend à Venise pour y faire des études artistiques, puis se rend à Paris où il rejoint l'atelier de Jules Adler et de Léon Bellemont, qui deviennent ses maîtres.

Membre de l'École de Tunis, il est spécialisé dans la peinture de scènes de la vie juive tunisoise à travers les synagogues et les portraits de rabbins. Il a su préserver des franges du temps un monde un esprit juif et en devient le testament.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Patty Carroll et les bricoleuses

Artiste juive : Patty Carroll et les bricoleuses

Patty Carroll et les bricoleuses

Patty Carroll, "Anonymous Women: Domestic Demise",  Aint-Bad Books, N-Y, 2021.
Patty Carroll démontre les excès de la modernité jusqu’à l’absurde. Dans ces photographies les pièces domestiques sont surchargés d'objets et les femmes d'intérieur en perdent leur identité, leur liberté et toute ouverture sur le monde extérieur.
La farce tourne au tragique dans palettes de couleurs sursaturées et les poses humoristiques où l'intimité prend un aspect inattendu.
Les femmes deviennent souvent des bricoleuses soumises à un travail de titan comme si elles avaient été happées par la publicité qui a fait d'elle les dindons d'une farce individuelle et sociale. 
Parfois sans visages ces expertes dépassées sont de facto prises dans une certaine violence d'un genre particulier. Le voyeur se fait le complice de cette brutalité joyeuse qui lui est présentée.  Ce qui ne l'empêche pas d'éprouver de l'empathie pour celles qui d'une certaine manière vivent des situations désespérées.

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Artiste juive : Susan May Tell et Auschwitz

Artiste juive : Susan May Tell et Auschwitz

Susan May Tell et Auschwitz

Susan May Tell, "A Requiem: Tribute to the Spiritual Space at Auschwitz", The Schumacher Gallery, Columbus (Ohio), jusqu’au 11 décembre 2021

Obsédante, cette exposition de Susan May Tell  est constituée de 17  grands  tirages argentiques qui excluent mots, titres et cadres. Elles témoignent de l'horrible scène d'Auschwitz.

La photographe précise son projet ; « comme d’autres lieux sacrés qui se dégradent, Auschwitz aujourd’hui est en train de disparaître et soulève des questions quant à savoir si des lieux de ce type doivent être restaurés et l’importance de la mémoire et de la commémoration." Son engagement envers Auschwitz  devient une méditation sur la décadence et la mémoire.

À Auschwitz, la photographe a éprouvé la présence de ses propres fantômes. Ils guidèrent pour cette série son émotion et ce dans la volonté de partager la tragédie du lieu.

Arrivée presque par hasard à Auschwitz elle a travers le lieu en silence, en méditation. Elle a capturé l’énergie qui vit dans cet espace en espérant qu'en offrant une idée réelle de l’ampleur du camp de la mort les visiteurs ressentent la présence d’une horreur indicible et le pathétique de la désolation.

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Artiste israélienne : Gal Gadot, une Wonder Woman d'exception

Artiste israélienne : Gal Gadot, une Wonder Woman d'exception

Gal Gadot  : Wonder Woman d'exception

A la différence de Natalie Portman, qui a quitté  Jérusalem natale pour les USA à l’âge de 3 ans, Gal Gadot a passé l’essentiel de sa vie en Israël près de Tel-Aviv, là où de nombreux immigrants yéménites avaient été installés, juste après la fondation d’Israël.

Mais son père descend d’une lignée de pionniers sionistes implantés en Palestine depuis cinq générations.

Du côté maternel, sa grand-mère avait gagné la Palestine juste avant la Seconde guerre mondiale, à l’issue de laquelle son grand-père, seul survivant d’une famille tchèque exterminée à Auschwitz.

Après une expérience adolescente dans le mannequinat Gal Gadot est élue Miss Israël en 2004 puis participe au concours de Miss Univers. Elle accomplit ensuite ses deux années de service militaire. Sa pratique des armes de combat facilitent son embauche par la franchise « Fast and Furious ». Elle y joue le rôle d’une agente du Mossad.  Brisant la routine de ces seconds rôles féminins  elle devient en 2017 la plus iconique des Wonder Women tandis qu'en  Israël elle ne cesse de dialoguer pour la paix et l’égalité.

Son premier succès dans "Wonder Woman" précède de peu la vague MeToo, etr l'artiste se tient aux côtés de toutes ces femmes courageuses qui affrontent leurs peurs et témoignent à découvert. Et définit le féminisme ainsi : "Il s’agit simplement de l’EGALITE entre les hommes et les femmes. Egalité de salaires, égalité de chances ».

Elle obtient que le producteur Brett Ratner, accusé de harcèlement sexuel, soit exclu de "Wonder Woman 1984". Elle en devient elle-même productrice  de même que d'autres films. Elle incarne Irena Sandler, une Polonaise catholique qui a sauvé 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie, ou bien Hedy Lamarr, la scandaleuse star d’Hollywood qui inventa aussi un système de cryptage durant la Seconde guerre mondiale.

Désormais la réalisatrice des deux « Wonder Woman » veut diriger Gal Gadot en nouvelle Cléopâtre. Ce projet a récemment suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux, où Gadot fut accusée de  blanchiment et d’appropriation culturelle sous prétexte que Cléopâtre avait les origines gréco-macédoniennes. L’actrice a  préféré gardé le silence. Nul besoin de certifier qu'elle est comme la princesse de jadis moyen-orientale.

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Artiste juif : David Drebin et les madones des sleepings

Artiste juif : David Drebin et les madones des sleepings

David Drebin et les madones des sleepings

Diplômé de la Parsons School for Design, David Drebin s’est rapidement fait un nom dans la photographie commerciale. Sa vision unique en des images remplies de tension fournissent une surface infinie à l’imagination qui s'en nourrit. Les photographies du New Yorkais sont souvent épiques, spectaculaires, dramatiques. Elles sont sources de sexisme, de rêve, d'élégance et de drôleries.

Il n'a cessé de travailler avec des particuliers, des célébrités et des marques mondiales ( de Davidoff, Mercedes, American Express, à MTV, Nike, Sony etc.) et a publié dans toutes publications de premier plan (Vanity Fair, Rolling Stone, GQ,  Elle). Ses photos sont désormais représentées et collectionnées dans le monde entier.

Il a compris depuis toujours que pout plaire en images il faut  raconter des histoires. Et si possible avec, des femmes fatales  et des paysages oniriques, qui évoquent des émotions, des perspectives psychologiques et des réflexions perspicaces sur les fantasmes, l’imagination et les expériences des spectateurs. Tous ses ingrédients Drebin ne cesse de les agiter.

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David Bredin, "Sea Gazing", Saint Barth Photo Festival, du 25 novembre au 2 décembre 2021

Artiste juive : Dina Goldstein le Punk n'est pas mort

Artiste juive : Dina Goldstein le Punk n'est pas mort

Punks not dead : Dina Goldstein

Documentariste, portraitiste et  paysagiste la photographe de Vancouver Dina Goldstein conserve toujours une dimension sociale à ses travaux.

Ici elle évoque les stigmates et l’héritage du mouvement punk. Il fut en son temps le témoignage absolu de la contre-culture anarchiste d'une jeunesse sans grand espoir. Le punk toucha surtout la côte Est américaine et l'Angleterre.

La côte ouest californienne fut peu réceptive à cette implosion. Toutefois  à mesure que l'on remontait vers le nord de Seattle à Vancouver la scène musicale punk hardcore fut particulièrement dynamique.

Dina Goldstein a décidé de partir en 2020 à la recherche  des figures clés de la légendaire scène punk rock des années 1980 et 1990  pour les photographier en des portraits sur fond vierge​ afin de neutraliser tout effet diégétique.

Mais elle demande à chacun de ses modèles de faire son cinéma comme il l'entend en exhibant coiffure iroquoise, blouson clouté, tatouages, etc..  Certains, comme l'on dit, "se la joue" encore. D'autres plus réservés ou nostalgiques prouvent néanmoins leur fidélité à une dissidence et une transgression..

Tous sont restés résolument punk dans leur tête comme dans leurs vêtements.  Même si parfois la distinction entre costume et parure quotidienne est moins nette. Aucun des ces héros ne renient son identité anti-sociale de naguère.

Artiste juif : Saul Steinberg et la puissance satirique

Artiste juif : Saul Steinberg et la puissance satirique

Saul Steinberg et la puissance satirique

Saul Steinberg, Galerie Maeght Paris, jusqu'au 4 décembre 2021

Pendant près de soixante ans, Saul Steinberg a illustré les pages et les couvertures du magazine "The New Yorker".

L’exposition rassemble une vingtaine de ses œuvres (aquarelles, encres sur papier, collages) de 1953 à 1977. Elles permettent de retrouver l'impertinence graphique d'un tel créateur dont les dessins furent aussi un miroir de la société.

Celui qui se présentait comme « écrivain qui dessine »,  a créé un art aux multiples facettes. C'est un langage en constante évolution et qui sut toujours se dégager de la caricature traditionnelle par étapes.

Et ce dès ses premiers travaux satiriques sous formes de  comptes-rendus satiriques dans la revue italienne Bertoldo quand il étudiait l’architecture à Milan.

Son premier dessin fut publié dans The New Yorker en 1941. Et très vite il devint un des artistes les plus appréciés aux Etats-Unis avant d'obtenir une reconnaissance mondiale.

Il sut découper et assembler personnages et paysages selon une calligraphie particulière. Parodie et satire font basculer les postures comme les impostures afin de secouer les préjugés tout en ouvrant chaque proposition graphique à diverses interprétations. D'où la force de telles œuvres.

 

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Artiste juive : Janette Beckman  et les rebelles

Artiste juive : Janette Beckman  et les rebelles

Janette Beckman  et les rebelles

Janette Beckman,  « Rebels : From Punk to Dior », Drago Publishing, 2021, New Yoerk, 75 $.

« Rebels : From Punk to Dior » est la première monographie de la photographe new-yorkaise d’origine britannique. Le livre couvre quatre décennies de photographies et illustre le rôle de la créatrice dans  le domaine de l’art, du photojournalisme, de la musique, de la mode et de la culture populaire.

Attirée par la documentation de diverses cultures et intéressée par les créateurs qui suivent leur propre route, elle a suivi elle aussi une voie libre en débutant sa carrière à l'arrivée du punk à Londres et en travaillant pour des magazines comme The Face & Melody Maker. Elle a photographié tous les groupes de l'époque des Clash à Boy George  et tout ceux qui décidèrent de suivre une telle culture radicale.

S’installant à New York en 1983, Beckman elle a été attirée par une autre scène dissidente : le hip-hop qui démarra avec les pionniers du mouvement qu'elle photographie (Salt-N-Pepa, Run DMC, Grand Master Flash, etc.)

Janette Beckman s'intéresse aujourd'hui encore aux rebelles. Qu’il s’agisse de photographier les manifestations émouvantes du BLM en 2020 ou de célébrer le subversif même à travers des collaborations avec des marques comme Levi’s, Dior et Gucci.

Son travail exposé dans les galeries du monde entier trouve dans ce livre un écrin de qualité avec des contributions entre autres de Cey Adams, Sting, Run DMC, Paul Weller, Belinda Carlisle et Slick Rick.

 

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Emergence de la nouvelle judéité allemande

Emergence de la nouvelle judéité allemande

Emergence de la nouvelle judéité allemande

Frédéric Brenner, "Zerkheit : Healed To Pieces", Exposition de photos, Musée Juif de Berlin du 3 septembre 2021 au 13 mars 2022.

Depuis plus de quatre décennies, le photographe de renommée internationale Frédéric Brenner interroge à travers son objectif les multiples apparitions et représentations de la vie juive en diaspora, comme étude de cas de la condition humaine.

Son nouvel essai photographique, "Zerkheit : Healed To Pieces", a été créé entre 2016 et 2019, lorsqu’il a exploré Berlin comme scène pour un vaste éventail d’expressions et de performances de la judéité. Se découvrent par exemple .une personne devant le chevalet dans une salle de sous-sol,n une autre seule dans l’auditorium d’un théâtre vide ou encore deux autres sur des tables dans une pièce avec stuc et lustre

Dépeignant des paysages et des individus - nouveaux arrivants, anciens, convertis, immigrants et autres qui ont fait de Berlin leur maison ou qui étaient juste de passage - il choisit les idées et les conceptions dominantes afin d’explorer de nouvelles perspectives et offre une nouvelle vision des problèmes et des personnes dans et autour de l’histoire judéo-allemande.

 

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Artiste juive : Yaël Bartana au Musée Juif de Berlin

Artiste juive : Yaël Bartana au Musée Juif de Berlin

Yael Bartana, l'art et la société.

Yael Bartana, "Redemption Now", Musée Juif de Berlin, 4 juin au 21 nov 2021

Yael Bartana est née en Israël en 1970 et vit actuellement à Amsterdam et Berlin.   "Rédemption maintenant" est une exposition  personnelle à grande échelle de l’artiste contemporaine? Celle-ci explore le pouvoir d*e l’imagination et le potentiel rédempteur de l’art.

Les oeuvres de Yael Bartana ont été exposées dans le monde entier et font partie de collections internationales. Elle est connue pour explorer les langages visuels de la politique identitaire et de la mémoire, des nations et des mouvements sociaux.

Depuis plus de vingt ans, Yael Bartana s’intéresse aux grands récits historiques qui aident à constituer des identités nationales et d’autres identités collectives.

Nous les retrouvons à travers  plus d’une cinquantaine d’œuvres anciennes et plus récentes, dont des installations vidéo, des photographies et des œuvres au néon.

L’exposition suit un topos eschatologique –- à savoir l’idée récurrente qu’un leader peut apporter le salut - et sa déconstruction. Au cœur de l’exposition se trouve l’œuvre vidéo "Malka Germania" (« Reine Germania »), que Bartana a conçue pour le Musée juif et produite dans des lieux historiquement chargés à travers Berlin.

 

Une figure de sauveur androgyne arrive dans la capitale allemande. Son voyage inonde la ville de scènes d’un inconscient collectif imaginaire . Le passé et le futur fusionnent dans un présent alternatif. Le thème de la rédemption collective de l’installation aborde les traumatismes, les espoirs de salut et le désir de changement. Un tel art provoque un visionnement activiste : il demande aux visiteurs de s’engager dans l’acte politique de réfléchir sur leur responsabilité dans la société.

 

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