Artiste juif : Gilbert Zitoun, le double et l'un

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Artiste juif : Gilbert Zitoun, le double et l'un

Gilbert Zitoun : le double et l'un

Toute la peinture de Gilbert Zitoun  "joue" entre figuration et abstraction,  maîtrise et abandon d'où émerge un foyer de douceur et de plaisir mais aussi parfois de tristesse, de colère et de  désespérance.

L’artiste approcha ainsi divers types de radiances d’où émerge une profondeur cachée. Surgit une expérience spirituelle et sensorielle de la vie. Soudain l’âme devient tangible et pèse d’un poids : celui de la caresse du regard. .

Né à Tunis en 1921, dès l'âge de 12 ans il peint et reproduit les grands peintres classiques.

Très vite le trait domine et il poursuit son apprentissage à l’école nationale des Beaux Art de Tunis. Pendant la deuxième guerre mondiale il effectue des portraits des soldats Américains débarqués sur les côtes tunisiennes. Le succès est immédiat. Et il part en France, fréquente l’école Nationale de Paris, où il découvre et pratique de la gravure, la sculpture et le décor de théâtre.

En pleine reconstitution progressive du surréalisme et  d'émergence de l'École de Paris, il découvre Pollock et Twombly. Il entame de nombreux voyages à l’étranger, étudie dans de nombreux musées et s’engage dans l'abstraction.

Professeur de Dessin et Peinture il enseigne  aux lycées de Sousse, de Carthage et de Tunis après avoir épousé la femme de sa vie et il  collabore comme critique d’Art à divers journaux. Membre de l’école de Tunis, il participe également à de nombreuses expositions de groupe eu Europe, New York et bien sûr à Tunis.

Dans ses grandes toiles abstraites, la composition rigoureuse, l’utilisation de formes géométriques, des masses colorées sont parfaite et il ose y insérer divers éléments hétérogènes aux harmonies raffinées qu'il maîtrise parfaitement (caoutchouc, plâtre, sable pour créer relief et divers effets.

Mais en 1964 l'exode le pousse à rejoindre la France : avant de partir et de rage il brûle toutes ses toiles pour ne rien laisser. 

En France il quitte un temps l'abstraction, peint, sans doute, ses toiles les plus fortes aux grandes densités de noir en une sorte de combat de survie.

Il se rapproche alors d'un néo-expressionniste et néo fauviste où il déforme le réel en utilisant des couleurs pures et vives dans ce qui tient d'une lutte et d'une recherche de paix intérieure.

S'en suit un retour à l’abstraction puis l'introduction d'une toute nouvelle méthode de travail à partir du pliage.  La toile froissée de bord en bord, les parties visibles sont peintes avant d'être dépliées, puis tendues, créant un espace étrange là où la couleur se fragmente dans un écho  au travail de Rothko. Et ce avant un retour à la figuration : d'abord de femmes nues puis de paysages et scènes dominés par la nostalgie de son pays natal avant un dernier retour à l'abstraction et au monochrome.

L’art devient chez lui  non un simple médium mais une méditation - ce qui n'exclut pas l'impulsion créatrice productrice d'émotions. Tout s’organise dans l’œuvre selon d’étranges mariages et passages de la figuration à l'abstraction. Ce sont deux pôles d'une oeuvre en ce sens double, partagée, paradoxale, extatique mais aussi à la mélancolie tenace. Gilbert Zitoun reste un artiste qui développe un art aussi élégant que généreux. Il doit donner sens au monde.  Sur ce point il n’a jamais varié, guidé en cela par ses fondamentaux et ses valeurs humaines.

Son site : https://www.gilbert-zitoun.fr/

JPGP

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