Découverte en Israël : ce nourrisson néandertalien avait le corps d'un enfant deux fois plus âgé

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Découverte en Israël : ce nourrisson néandertalien avait le corps d'un enfant deux fois plus âgé

Amud 7, l'enfant néandertalien qui réécrit l'histoire de l'enfance préhistorique

Il repose depuis plus de cinquante millénaires au fond d'une grotte du nord d'Israël, à quelques kilomètres seulement des rives occidentales de la mer de Galilée.
Et pourtant, ce nourrisson néandertalien mort en bas âge continue, encore aujourd'hui, de bouleverser notre compréhension de l'évolution humaine.
Une étude publiée dans la revue Current Biology révèle que les chercheurs ont examiné Amud 7, un squelette quasi complet d'un bébé néandertalien découvert dans la grotte d'Amud, dans le nord d'Israël, et datant d'environ 51 000 à 56 000 ans.
Ce que ces ossements ont à raconter dépasse largement ce que quiconque avait anticipé.

Une découverte israélienne au cœur de la préhistoire humaine

Le squelette fut mis au jour en 1992 dans la grotte d'Amud, située à environ quatre kilomètres du rivage occidental de la mer de Galilée, en Israël.

Le site, fouillé une première fois dans les années 1960 par une expédition de l'Université de Tokyo, puis de nouveau dans les années 1990 par une équipe israélo-américaine, livre depuis des décennies des restes humains d'une valeur archéologique exceptionnelle.

Ella Been, chercheuse principale à l'Ono Academic College en Israël, a précisé qu'Amud 7 constitue le squelette de nourrisson néandertalien le plus complet jamais découvert dans cette tranche d'âge.
Pas moins de 111 fragments osseux ont été récupérés sur le sol de la grotte, permettant aux chercheurs de réaliser une reconstruction numérique tridimensionnelle de l'enfant afin d'estimer sa taille, son poids et le volume de son cerveau. 

Le paradoxe de l'âge : quand les dents contredisent les os

C'est là que commence l'énigme. Les scientifiques ont déterminé l'âge du nourrisson principalement par l'analyse dentaire : les lignes de croissance microscopiques dans l'émail et le stade d'éruption des dents indiquent un âge d'environ 5,5 à 6 mois.
Seules les deux premières dents de lait inférieures avaient commencé à percer. Mais le reste du corps raconte une tout autre histoire. Les os longs du nourrisson correspondent à ceux d'un enfant humain moderne d'environ 12 à 14 mois, et son volume cérébral, autour de 880 centimètres cubes, s'inscrit dans la même fourchette.

Les chercheurs qualifient cette discordance de « paradoxe de l'âge » : jamais les indicateurs dentaires et squelettiques n'auraient dû diverger à ce point chez un être humain moderne.

Une morphologie néandertalienne inscrite dans les gènes dès la naissance

Ce décalage n'est pas un accident de croissance individuel. Il reflète quelque chose de bien plus profond : une stratégie développementale entièrement distincte, inscrite dans la biologie même de l'espèce. Ella Been explique : « Il existe des différences notables  des os robustes, un grand endocrâne, l'absence de menton, une clavicule très courbée, une inclinaison supérieure de l'épine scapulaire, une orientation inférieure de la cavité glénoïde, et un tibia relativement court. »
Et d'ajouter que le fait que ces différences apparaissent aussi tôt dans la vie indique que la morphologie néandertalienne est profondément ancrée dans leur biologie, et non façonnée par l'environnement ou le comportement.

L'analyse a révélé que le crâne aussi grandissait rapidement, suggérant que le cerveau se développait à un rythme accéléré parallèlement au corps.
C'est précisément ce point qui intrigue le plus les paléoanthropologues : non seulement le corps grandissait plus vite, mais le cerveau suivait ce rythme effréné, laissant entrevoir une trajectoire neurologique propre à l'espèce.

Une stratégie évolutive forgée par la rigueur de l'âge glaciaire

Pourquoi les néandertaliens auraient-ils évolué vers une croissance aussi rapide ?
La réponse se trouve probablement dans le monde impitoyable qu'ils habitaient.
Le paysage paléolithique était sans merci. Les néandertaliens enduraient des climats glaciaires brutaux et fluctuants à travers toute l'Eurasie.
Grandir plus vite, avec un corps plus grand et plus robuste, signifiait conserver la chaleur corporelle plus efficacement et atteindre l'autonomie physique plus tôt.
Dans un environnement où chaque saison pouvait se révéler mortelle, accélérer la maturation corporelle constituait un avantage de survie considérable.

Les chercheurs ont comparé Amud 7 avec deux autres nourrissons néandertaliens, Dederiyeh 1 de Syrie, âgé d'environ deux ans, et un enfant de trois ans découvert en France à Roc de Marsal, et ont observé les mêmes signes de croissance précoce accélérée.

Ce schéma répété sur plusieurs individus, dans des zones géographiques différentes, confirme qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé mais d'une caractéristique systémique de l'espèce.

Un héritage génétique qui nous habite encore

Si la trajectoire de croissance des néandertaliens les distinguait radicalement de nous, leur histoire n'en reste pas moins intimement mêlée à la nôtre.
Les données génétiques attestent de multiples épisodes d'hybridation entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens, dont le plus ancien jamais documenté remonte à 140 000 ans, révélé par des restes découverts dans la grotte de Skhul, également en Israël.

Ces rencontres répétées ont laissé des traces durables : une proportion significative du génome des humains non africains d'aujourd'hui est d'origine néandertalienne, influençant notamment certaines réponses immunitaires et des traits physiologiques hérités de ces cousins disparus.

Amud 7, ce tout petit être mort il y a plus de cinquante mille ans dans une grotte du nord d'Israël, nous rappelle avec une force singulière que l'humanité n'est pas une ligne droite, mais un entrelacement de trajectoires évolutives différentes, parfois divergentes, souvent complémentaires. Les néandertaliens n'étaient pas simplement des cousins lointains que l'histoire aurait effacés : ils furent des architectes à part entière de ce que nous sommes devenus.

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