Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste : L'imaginaire de Ruth Thorne-Thomsen

Artiste : L'imaginaire de Ruth Thorne-Thomsen

L'imaginaire de Ruth Thorne-Thomsen

Ruth Thorne-Thomsen, Gitterman Gallery, New York, jusqu'au  juin 2026.

Ruth Thorne-Thomsen est décédée le 27 octobre 2025, à l’âge de 82 ans. Elle était mariée au photographe Ray Metzker  rencontré alors qu’elle enseignait à Chicago à la fin des années 1970, ils vivaient à Philadelphie. Bien que son travail figure dans des collections muséales,  son œuvre mérite une plus grande reconnaissance. Gitterman Gallery  représente ses archives dont  les images suscitent un sentiment d’émerveillement et de réflexion.

Thorne-Thomsen mettait en scène des images photographiques dans le paysage, puis les rephotographiait pour créer des scènes surréelles parfaitement homogènes, souvent traversées d’allusions à la mythologie et à l’histoire. Elles semblent apporter la preuve des rêves et offrir une compréhension plus profonde de notre psychologie.

"Je crée des métaphores visuelles d’états expérientiels à partir d’images provenant de multiples sources, en utilisant la photographie pour créer l’unité d’un champ visuel qui est l’illusion de la réalité" évrovit la phptographe. Et ce avec un  effet une contradiction avec la capacité du médium à produire un sentiment d’actualité.

Elle expotre  les états d’esprit intérieurs et méditatifs issus de la trame de son expérience personnelle. à travers une ouverture sténopé. Cette approche parfois ludique lui permet de créer des royaumes imaginaires qui suggèrent, plutôt qu’ils ne décrivent, des états paradoxaux. Ses images naissent de choix personnels mais  visent à évoquer des expériences universelles.

Thorne-Thomsen était cultivée et s’intéressait très jeune à la mythologie et aux rêves sous l’influence de sa grand-mère. Son usage constant de la tête comme métaphore visuelle suggère une exploration de la psyché individuelle. En recourant à une iconographie, des motifs et des symboles familiers, elle laisse entendre qu’il existe des vérités inscrites dans l’humanité depuis les temps les plus anciens, et que nous faisons ainsi partie d’une existence collective.

Jean-Paul Gavard-Perret

ALLAN RUBINSTEIN COLLECTIONNEUR DE GENIE

ALLAN RUBINSTEIN COLLECTIONNEUR DE GENIE

ALLAN RUBINSTEIN COLLECTIONNEUR DE GENIE

 Allan Rubinstein, "Sélection", avril 2026N, au salon de la photographie organisée par l’AIPAD (Association of International Photography Art Dealers, association internationale des marchands d’œuvres d’art photographiques).

La Klotz Gallery est le dépositaire exclusif de la collection des photographies Allan Rubenstein.  Ce dernier et Alan Klotz furent amis proches et associés pendant vingt ans, jusqu’à la mort d’Allan RubInstein, fauché par un chauffard en 1992.

il était devenu le directeur de production chez GQ Magazine, Mais son véritable moteur, c’était la collection d’œuvres photographiques, auquel s’ajoutait une aventure grisante :  gérer la galerie de Klotz et consolider leur amitié.

Allan Rubinstein faisait de nombreuses acquisitions à la galerie et par son intermédiaire. Toujours à l’affût de nouveaux trésors, ils illustrent son savoir-faire de collectionneur.

Sa collection recoupait trois siècles de travaux, dont des calotypes. Il se concentrait cependant en majeure partie sur les vingt dernières années du XIXe siècle et les deux premières décennies du XXe .

Jean Paull Gavard-Perret

http://www.klotzgallery.com

Auteur juif : Nathan Devers, « Aimer Jérusalem »

Auteur juif : Nathan Devers, « Aimer Jérusalem »

Nathan Devers : tenir

Nathan Devers, « Aimer Jérusalem », Collection Blanche, Gallimard, 2026, 432 p., 23 E..

«Eh bien moi, j’accepterais la proposition de ton diable. Je resterais seul et j’écrirais un livre. Pas vraiment un roman, ni un bouquin d’histoire. Plutôt une nécrologie collective. Un tombeau de papier, dans le genre ‘Vie et mort de mon peuple » écrit Nathan Devers.

La livre crée de la sorte à la fois une fresque poétique afin d’évoquer la grandeur et les failles de ses compatriotes. Mais – et de plus – il invente et propose sa fable. C’est pour lui le moyen de retracer et surligner la généalogie d’un tel pays magique mais qui demeure sous la peur de disparaître «  car son âme est guettée depuis les origines par la menace de l’anéantissement.” ajoute-t-il

"Et ce même si un futur lecteur lui rappelle que, et pour la cause d’Israël, ce livre a déjà été écrit. Avant même que nous n’existions. Il s’appelle la Bible.”

Toutefois son livre reste une méditation ailée, certes et bien sûr habitée sur ces textes sacrés. Ils travaillent Nathan Devers en profondeur sa propre histoire et celles des hommes là où il ne cesse de reposer sans cesse le questionnement capital : comment répondre au mal ?

Reste dessus l’abîme possible. L’auteur refuse de s’y précipiter par sa magie verbale. Ici le mouvement de l’écriture, des faits d’ombres voit le jour à partir des abysses de l’histoire de son peuple. Se découvre un creusement pour tenir face à aux manigances de ceux qui veulent éventrer Israël. En ce sens un tel livre reste un acte majeur de résistance.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juive : Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos » - La juive errante

Artiste juive : Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos » - La juive errante

Pudeur et souffrance

Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos », Galleria Nazli  Kalayci Art Dealer,  Buenos-Aires, 2026.

Ana Negro est une peintre d’exception. « Juive errante » comme elle le dit, elle est devenue Argentine quand sa famille a pu s’échapper du mal des forces nazies brunes.

Sauvée de la shoah elle écrit « je ne me sens pas victime, puisque j'ai survécu et j'ai les ressources nécessaires pour construire des êtres sur une toile. C'est plus que ce que la plupart des êtres ont. Le mal fait partie du passé, juste du passé. Ce que je peux en faire est mon défi et ma responsabilité. »

Dans les oeuvres d’Ana la douleur est toujours là. Pas de sourire possible. Pas de plaisir. Des corps ne reste qu'une chaleur humaine pour se sauver de la solitude. Mais les êtres sont déjà "hors sol" au-delà de tout principe d'éros ou de de plaisir.
Toutefois un tel art fait des hommes des corps parfois sublimes comme le furent dans la peinture religieuse les corps de Christ. Mais ici corps humains souffrant ne sont pas du ciel mais de la terre où chaque visage devient le portait sublimé d’Ana.

Au milieu de l'année 2025, tombant sur les images de Jonathan Martineau  quelque chose s'est déclenché chez l’artiste. Ces images ont pris corps avec un énorme écho personnel qui aboutit à cette exposition remarquable.. « Ce n'était pas dans mes plans, mais je n'ai jamais pu baisser les bras ». dit-elle. Et comme Sisyphe elle n’a  jamais pu m'empêcher de continuer à pousser le rocher.

Au cours de ces années, elle s’est souvent interrogée sur le sens de poursuivre une existence marquée par une souffrance aussi intense et prolongée. Mais en rien suicidaire, pour elle la condition de l’art et de la vie est absolument  liée à l'autonomie physique et psychique et à la dignité.

Depuis la Shoah l’artiste glisse de plus en plus vers la fin de la planète. En ce sens et ici pas de « disdascalies » visuelles pour signifier le corps. Il est là tel quel, nu sans la moindre ostentation obscène, toujours sur un plateau mental. Son œuvre, unique dans le genre, est la plus éclatante douloureusement sublime.

 

Fred Stein : archives des destins : « Fred Stein, Im Augenblick », Jüdisches Museum Berlin, Berlin

Fred Stein : archives des destins : « Fred Stein, Im Augenblick », Jüdisches Museum Berlin, Berlin

Fred Stein : archives des destins

« Fred Stein, Im Augenblick », Jüdisches Museum Berlin, Berlin

Fred Stein (Dresde, 1909 – New York, 1967) reste un photographe méconnu meme s'il réalisa des très nombreuses photographies dans les villes de son exil - Paris et New-York.

Fred Stein était fils de rabbin, militant socialiste et antifasciste. Il terminait ses études de droit en Allemagne quand qu’Adolf Hitler accédait au pouvoir en 1933.

Sa thèse de doctorat fut alors rejetée et il fut interdit d’exercer son métier pour des raisons raciales et politiques.
Prétextant une lune de miel, il quitte alors l’Allemagne nazie pour Paris avec sa jeune épouse et un appareil Leica.

A Paris, Fred Stein décide de transformer son hobby pour la photographie en profession Il évolue dans le milieu des réfugiés politiques européens et se rapprochent de nombreux intellectuels et artistes .
Au détour de discussions politiques, Fred Stein tire le portrait d’amis ou de personnalités qu’il avait la chance de rencontrer (parmi eux Robert Capa, Gerda Taro, Willy Brandt, André Malraux.

Il ouvrit son premier studio en 1934 et participa à partir de 1935 à des expositions de groupe dans des galeries parisiennes aux côtés de Man Ray, André Kertész, Ilse Bing et Dora Maar.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, le photographe fut considéré comme un « étranger ennemi » et a eu  la possibilité de s’enfuir au sud vers la France libre  puis s’embarqua avec sa famille à Marseille  vers les Etats-Unis.

Installé à New-York, il continua à photographier activement avec un Rolleiflex en plus de son Leica. Il obtint la nationalité américaine en 1952 et ne revint que très épisodiquement dans son pays natal à partir de 1958.

Son fils, Peter Stein, a travaillé au classement et à la valorisation de ses archives depuis quinze ans pour sa rétrospective au Musée juif de Berlin. Fred Stein réalisa 1 200 portraits entre les années 1930 et 1960. Ses photographies ne sont pas mises en scène.

Il utilise généralement la lumière naturelle et cherche avant tout l’authenticité en voulant « rencontrer » ses modèles. Les personnages ont souvent le regard ailleurs, ne fixant pas frontalement le photographe, n’attendant pas le déclencheur.

Le portrait le plus connu est certainement celui d’Albert Einstein pris en 1946 à Princeton, mais c’est un catalogue impressionnant de personnalités que photographia Fred Stein dans sa carrière.

Jean-Paul Gavard-Perret

ENTRETIEN AVEC SYLVIE TAQUE-BAUER : AU NOM DES SIENS

ENTRETIEN AVEC SYLVIE TAQUE-BAUER : AU NOM DES SIENS

Une femme de la mémoire et de la chair

Sylvie Taque-Bauer est une femme de l’ombre et de la profondeur. Ni figure médiatique ni auteure de posture, elle écrit depuis un lieu rare : celui de l’expérience vécue, de la transmission silencieuse et d’une mémoire incarnée. Ancienne éducatrice de l’administration pénitentiaire, philosophe de formation, elle porte une parole grave, fragmentaire, tendue entre l’histoire, la chair et la fidélité aux siens. Son écriture ne cherche pas à séduire : elle insiste, elle persiste, elle veille.

Qui est-elle ?

Une écrivaine du réel intérieur, marquée par les tragédies du XXᵉ siècle, par la détention, par l’héritage familial et par une exigence morale absolue.

Sylvie Taque-Bauer – Parcours et ancrage

Née à Moulins-sur-Allier, Sylvie Taque-Bauer vit à Lyon depuis 1979. Elle étudie la philosophie à l’université de Clermont-Ferrand, avant de devenir éducatrice à l’Administration pénitentiaire, métier qu’elle exercera de 1976 à 2016. Une vie entière confrontée à l’enfermement, aux silences, aux failles humaines.

Elle publie des textes dans l’ouvrage collectif Dans la rupture des silences (ENAP, 2010) et sur la revue Sitaudis, notamment Blessures et Enfermement. Son écriture procède par fragments, par éclats, refusant toute narration lisse. Chez elle, les mots ne décrivent pas : ils incarnent.

Une écriture de la variation et de la transmission

Sa pensée est mouvement. Elle ne se fixe jamais. Elle travaille la matière humaine comme une poussière chargée d’histoire. Les textes de Sylvie Taque-Bauer portent cette idée : rien n’est clos, tout circule, tout se transforme. L’héritage n’est pas un legs confortable, mais une responsabilité.

Par pudeur, elle a longtemps évité de dire frontalement ce qui fonde son écriture : la mort blessant l’enfance,

le silence comme seconde peau, l’âme de sa grand-mère marquée par une jeunesse fracassée par la Première Guerre mondiale puis par deux années de camp de concentration,

un héritage tragique qu’elle refuse de dilapider.

À cela s’ajoutent les présences tutélaires : Marguerite Duras, lue pendant une année de maladie après L’Amant, Patrick Modiano, Stefan Zweig, Nikos Kazantzakis, et ceux qui écrivent pour conjurer le retour du pire. La littérature, chez elle, est un rempart fragile mais nécessaire.

Entretien

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

La lumière du jour.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?

Toujours là, ils se sont adaptés aux années qui passent.

À quoi avez-vous renoncé ?

À rien de ce à quoi je crois. Je persiste.

D’où venez-vous ?

De celles et ceux qui m’ont permis de devenir ce que je suis.

Qu’avez-vous reçu en héritage ?

Cette foi inébranlable dans la vie. Malgré tout.

Un petit plaisir ?

En début d’après-midi, lire près de la fenêtre.

Votre vision de la littérature ?

C’est une maïeutique. Elle donne à penser. Elle coupe le souffle pour donner du sens.

Noir et blanc ou couleur ?

Noir et blanc. Photographie argentique.

Première image fondatrice ?

Au cinéma, le petit garçon au ballon rouge.

Première lecture ?

Contes et Légendes.

Musique ?

Johann Sebastian Bach, entre tous.

Livre à relire ?

De Duras à Camus, en passant par Zweig et Kazantzaki. Si j’avais le temps.

Film qui vous fait pleurer ?

Hier soir, Les Choses de la vie. Pleurer intérieurement.

Dans le miroir ?

Un peu de ce que j’ai été, de ce que je suis et de ce que je tente de devenir.

À qui avez-vous osé écrire ?

À Marguerite Duras. Deux lettres. En 1984 et 1985.

Lieu mythique ?

Moulins pour l’enfance. Athènes, ville première. Et entre les deux, Baalbek, Noël 68.

Artistes proches ?

Impossible de choisir. Ils m’ont façonnée autant que les êtres aimés.

Cadeau idéal ?

Ce qui se donne en silence.

Que défendez-vous ?

L’humanité. La tolérance.

Lacan : “L’amour, c’est donner quelque chose qu’on n’a pas…”

La complexité humaine, dans toute sa splendeur.

Woody Allen : “La réponse est oui…”

L’essentiel est dans la question.

Question oubliée ?

Ce sera pour une prochaine fois.

Présentation et entretien réalisés par Jean-Paul Gavard-Perret, le 6 janvier 2026.

Hotels du nord et d’ailleurs : Danielle L. Goldstein 

Hotels du nord et d’ailleurs : Danielle L. Goldstein 

Hotels du nord et d’ailleurs : Danielle L. Goldstein

 Danielle L. Goldstein, « Transience", Schilt Publishing », 2025,  & Gallery 112 p., 50 €

Dans ce  livre Danielle L. Goldstein  explore l’impermanence à travers les paysages changeants de lieux et d’identités. Réalisé pendant quatorze ans dans des chambres d’hôtel du monde entier, ce livre contient 62 autoportraits qui relatent le parcours de l’artiste vers la cinquantaine, à travers la séparation, le divorce, les bouleversements émotionnels et sa renaissance.

Le projet a débuté dans un ancien hôtel espagnol, où Goldstein a commencé à réfléchir aux nombreuses âmes qui avaient autrefois habité la vieille chambre – elle semblait hantée. Elle a braqué l’objectif sur elle-même pour documenter l’espace à la fois physique et métaphorique, utilisant son propre corps comme espace de référence.

Ce qui a commencé comme un autoportrait fantomatique d’une femme ordinaire s’est progressivement transformé en un journal photographique complet, parcourant des centaines de chambres d’hôtel et capturant le terrain émotionnel changeant d’une vie éphémère.

Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Richard Tuschman Israël et Gaza

Artiste juif : Richard Tuschman,
Richard Tuschman, « Archives », https://www.richardtuschman.com

A l’origine Richard Tuschman n’avait pas prévu de publier quoi que ce soit sur la tragédie en cours en Israël et à Gaza, même si cela l’obnubilait complètement affligé et navré par toutes ces souffrances et toutes ces morts, et complètement découragé par toute cette haine.

En tant que juif, il ressent  un lien indissoluble avec l’État d’Israël et « avec mes frères et sœurs juifs. Ils sont mon peuple » « écrit-il.
La brutalité indescriptible par le Hamas contre des Israéliens innocents est pour lui un pur mal, point final.
Cela ne signifie pas qu’il soutient l’occupation israélienne, nombre de ses politiques gouvernementales, ses actions passées ou toutes ses tactiques actuelles. Il a été aussi tourneboulé par les grandes souffrances des Palestiniens et les pertes de vies innocentes à Gaza et ailleurs.

Pour lui Palestiniens et Israéliens sont profondément traumatisés et tous deux ont ét é trahis par leurs dirigeants. Beaucoup désignent le tribalisme (ou sa manifestation religieuse) comme le coupable, comme si se débarrasser de cet instinct préhistorique intrusif pouvait résoudre les problèmes du monde.

Richard Tuschman reconnait l’attrait simple et convaincant de cet argument.
Mais outre le fait que cela soit totalement irréaliste, il n’est pas entièrement d’accord avec le principe tel qu’il le comprends. Selon lui et malgré les progrès que la civilisation a apportés à l’humanité, en tant qu’êtres sociaux nous avons tous encore un besoin et un désir profonds de faire partie et de nous identifier à des groupes plus grands que nous, mais pas trop grands.

Il estime que tout le monde est d’accord sur la nécessité et les avantages de la communauté, mais n’est-ce pas là simplement le revers positif du tribalisme ?
Peut-on avoir l’un sans l’autre ? Et l’auteur de souligner les mots du rabbin Jonathan Sacks :

« il y a de la dignité dans la différence ». Mais selon le premier la question est de comment résister à l’idée de confondre « différence » avec supériorité ou infériorité, ou pire et aussi comment  éviter ou surmonter le narcissisme de croire que notre groupe a le monopole de la vérité.

Et il poursuit : Est-il naïf de vouloir, en même temps, se protéger tout en ressentant de l’empathie envers les personnes qui veulent nous faire du mal ?  Bref le créateur a plus de questions que de réponses, même si pour lui cela me semble une arme à double tranchant.

Jean-Paul Gavard-Perret

Photographe Juif : Le Miami de Goodis

Photographe Juif : Le Miami de Goodis

Le Miami de Goodis

David Goodis, « Godlis Miami », Réel-Art, Press réédition 2025,  128p, 40 €

David Goodis est connu pour ses photographies de la scène punk de New York des années 1970,. Prises à la lumière naturelle avec de longues expositions ses photographies en noir et blanc granuleuses devinrent emblématiques de groupes punk dans son premier livre, « History Is Made At Night ».
Pendant près de 50 ans il reste un des photographes de rue les plus célèbres  en cadrant le quotidiens avec un  humour et parfois le sens du  pathétique.

Les photos de ce livre sont le résultat d’un voyage de dix jours à Miami Beach, en Floride puis lors d’un retour en voulant photographie (disait-il) « un Disneyland juif. Adieu neige. Bonjour les noix de coco ». Il photographia les retraités juifs sur les vastes plages qui  passaient leurs journées sur des transats et des fauteuils sous les palmiers .
Les photographies sont remplies d’humour lors de moments ensoleillés et d’instants surréalistes..
La zone qu’il a photographiée en 1974 est maintenant la tristement célèbre mais il avait découvrit là sa voie photographique et son style.

Jean-Paul Gavard-Perret

Photographe juif : Saul Leiter -de la couleur au noir et blanc

Photographe juif : Saul Leiter -de la couleur au noir et blanc

Saul Leiter : de la couleur au noir et blanc

Saul Leiter, « Centennial », Galerie Howard Greenberg, New York, décembre 2025 - février 2026.

L’exposition « Centenial » célébré le 100e anniversaire de  la naissance de  Saul. Ce lieu présente la diversité de son travail à travers plus de 40 photographies et peintures, photographies-peintes rarement exposées aux États-Unis. L’exposition, créée en collaboration avec la Fondation Saul Leiter, coïncidera avec un nouveau livre, « Saul Leiter : The Centennial Retrospective ».

Saul Leiter a photographié et peint pendant plus de 60 ans et  a apporté une contribution énorme et unique à la photographie en tant que pionnier de la couleur. Ses formes abstraites et ses compositions radicalement innovantes ont une qualité picturale qui se démarque du travail de ses contemporains.

Recherchant la beauté de l’ordinaire  il a capturé des moments intimes à l’intérieur comme dans la rue.

De par la dimension transdisciplinaire de son travail, Leiter garde toijours une place particulière dans l’histoire de l’art  par fragments infimes du monde qui l’entoure, dans son œuvre d’une densité extraordinaire.

 à Pittsburgh, fils d’un rabbin qui était un éminent érudit talmudique,  il s’installa  à New York pour poursuivre sa peinture et expérimente la photographie et  son intérêt croissant pour lui.

Le travail de Leiter a été largement présenté dans des expositions solos de musées et de galeries aux États-Unis et en Europe.

Jean-Paul Gavard-Perret