Les articles de Jean-Paul Gavard-Perret

Artiste juif : Bert Stern maître absolu de la photographie

Artiste juif : Bert Stern maître absolu de la photographie

Bert Stern maître absolu de la photographie

Bert Stern : Marilyn Monroe, The Last Sitting 1962, Staley-Wise Gallery, New York,  du 27 janvier au 26 mars, 2022.

La légendaire série “La Dernière Séance”, est le sujet de cette exposition à la Staley-Wise Gallery. C'est en 1962 pour Vogue que le photographe saisit en une séance mythique Marylin Monroe au Bel Air Hotel de Los Angeles.

L'actrice allait mourir peu de temps après. C'est pourquoi ces photographies furent reconnues sous le titre de « The Last Sitting ». Elles ont contribuées à forger le mythe de la star hollywoodienne (ce qui est un pléonasme...).

Celui qui commença sa carrière comme manutentionnaire à Look Magazine et ouvrit sa carrière pour sa campagne célèbre de la Vodka Smirnoff en 1955, devint lui-même une star dans le monde de la publicité avant de représenter grâce à Marylin le prototype du photographe de mode en tant qu’incarnation du glamour.

 

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The Lonka Project : les numérotés de la Shoah

The Lonka Project : les numérotés de la Shoah

The Lonka Project : les numérotés de la Shoah

Cette exposition  en l’honneur de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste présente  plus de 60 photographies de survivants de la Shoah.

Ce projet remonte à 2018. Eleonora (Lonka) Nass,  survivante de l’Holocauste, a été élevée dans "une maison de silence". Rina Castelnuovo, sa fille et après la mort de sa mère, et avec son mari Jim Hollander, tous deux photo journalistes, ont lancé cette  initiative pour préserver les histoires des survivants.

Ils ont demandé à leurs collègues photographes de réaliser les portraits de survivants de la Shoah.
La communauté internationale de la photo a répondu :   plus de 300 photographes de 30 pays ont participé au projet..

Chacun d’entre eux a réussi à trouver une approche personnelle pour transmettre la fragilité et la force des survivants. Que se soit et par exemple d'Anita Lasker-Wallfisch, violoncelliste et ancienne membre de l’Orchestre des femmes d’Auschwitz ; la photographe de rue britannique Dorothy Bohm ; Liliana Segre, sénatrice italienne , etc.

Anna-Patricia Kahn, directrice de la galerie CLAIRbyKahn à Zurich et membre du projet Lonka, Nina Gomiashvili et Liya Chechik, conservatrice du Musée juif et du Centre de la tolérance sont les commissaires de l’exposition au Musée juif. Ils ont choisi les photos les plus marquantes en un dialogue émotionnel entre les photographes et les survivants

The Lonka Project," Numbered", The Jewish Museum and Tolerance Center, Moscou,  du 17 février au 15 mai 2022

Artiste juif : Ted Allan le perfectionniste

Artiste juif : Ted Allan le perfectionniste
Ted Allan le perfectionniste

Adolescent, Ted Allan ouvre une concession photographique dans une grande surface d’Hollywood Boulevard. Il y photographia beaucoup d’acteurs confirmés ou aspirants. Et il devient le photographe pour des studios - principalement la MGM.

Il s'y voit surnommé était "Rembrandt"  et devient le portraitiste majeur du studio. Et c'est auprès des acteurs masculins qu'il se fait une belle réputation.  Il  travaille ensuite pour la Fox avant d’ouvrir son "Ted Allan Film Studio"  et se consacre à la réalisation de documentaires et de films petits budgets.

Il reste néanmoins photographe - entre autres  pour les films de Sinatra dont il fut un ami proche et il devint un des premiers à travailler pour la télévision - CBS en particulier.  Il fut aussi un imprimeur réputé et réalisa les impressions de ses travaux et ceux d’autres photographes qui firent aussi sa notoriété.

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Artiste juif : La théâtralité du monde selon Sabine Weiss

Artiste juif : La théâtralité du monde selon Sabine Weiss

La théâtralité du monde selon Sabine Weiss

Sabine Weiss : The Poetry of the Instant", Casa dei Tre Oci, Venise, du  11 mars au 23 octobre 2022.

Dans la lignée de la photographie humaniste française, Sabine Weiss ne cessa d'évoquer la condition humaine et de faire ressentir l’émotion quel que soit le propos visuel qu'elle suivait : photos de mode ou de rue, photos de voyages ou portraits.

La native de Saint-Gingolph, en Suisse aborda très tôt la photographie chez les Boissonnas, photographes genevois. En 1950, elle entreprend une carrière de photographe indépendante.

Sa carrière prit un tournant décisif lorsqu’elle rejoint l’agence Rapho, sur une recommandation de Robert Doisneau. À partir de là, ses photographies sont publiées dans de grands journaux internationaux. Elle travaille entre autres pour Vogue aux côtés de William Klein, Henry Clarke et Guy Bourdin, réalisant des séances de photos de mode mémorables.

Une partie de l’exposition est consacrée à ses portraits de peintres, sculpteurs, acteurs et musiciens dont Niki de Saint Phalle, Giacometti, Robert Rauschenberg, Françoise Sagan, Romy Schneider, Ella Fitzgerald, Simone Signoret et Brigitte Bardot.

L’exposition consacre également une large place aux œuvres réalisées lors de ses voyages au Portugal, en Inde, en Birmanie, en Bulgarie et en Égypte. L’intensité, la curiosité, la joie du regard que Weiss porte sur le monde reste constante. Et cette exposition permet de saluer celle qui reste un modèle pour toutes les femmes photographes. Mais pour les hommes aussi.

 

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Livre juif : photographier contre l'oubli de Patrick Zachmann

Patrick Zachmann :

 

Patrick Zachmann, "Voyages de Mémoire", Atelier EXB, 2022, 224 pages

39,00 €

"Voyages de Mémoire" est à ce jour la monographie majeure du photographe français, Patrick Zachmann. Né d’une mère juive originaire d’Algérie et d’un père juif ashkénaze il appartient à une génération quasiment déjudaïsée. Il grandit dans le silence des traumatismes passés, son père est dans le rejet de la déportation et de l’assassinat de ses parents.

Dès lors il est devenu photographe pour retrouver la mémoire. Il explore ses racines à travers ceux et celles qu’il photographie - des plus orthodoxes aux plus laïques. Il va finalement retrouver sa propre histoire et reconstruire son identité. Ce livre permet de suivre son parcours non seulement dans la communauté juive mais chez d'autres victimes de l’exil et de la disparition.

 

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Artiste juive : Barbara Lewin, une certaine solitude

Artiste juive : Barbara Lewin, une certaine solitude

Barbara Lewin : une certaine solitude

Barbara Lewin, "Finding Grace", 2022.  www.barbaralewinphotography.com

Basée à New York la photographe Barbara Lewin s’intéresse à la lumière, à l’espace. Elle capte  la beauté cachée dans des endroits calmes en explorant le pouvoir du lieu.

C'est le cas de sa nouvelle série "Finding Grace" où elle le cherche à travers la ville de Yonker et ses alentours en y cherchant des espaces publics ou privés pour créer des prises plus ou moins élégiaque sur l'aspect éphémère de la nature et de l'humain.

"Je vois chaque image comme un poème, documentant un moment qui ne reviendra plus" écrit-elle, C'est dans un  long chagrin qu'elle à compris ce que signifie mourir  : "Il n’y a pas d’abandon du chagrin, nous ne pouvons qu’espérer marcher avec lui." fit-elle.

Dans ses images, elle capte le calme et la mélancolie d'une certaine solitude là où la nature reste régénératrice des vies et de la beauté contre le mal de vivre.

 

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Artiste juif : l'amour au temps de la Shoah de Max Hirshfeld

Max Hirshfeld : l'amour au temps de la Shoah
Max Hirshfeld : l'amour au temps de la Shoah

"Sweet Noise : Love During the Holocaust".  https://curatorial.com/insights/artist-conversation-max-hirshfeld-sweet-noise

Max Hirshfeld est reconnu comme un maître des moments décisifs propre à révéler l’humanité. Il est né en Caroline du Nord en 1951 et a grandi en Alabama. Ses parents se sont rencontrés et tombés amoureux dans un ghetto polonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Survivants de la Shoah, ils sont séparés suite aux divisions politiques après-guerre.

Les photographies du couple sont accompagnées de sept cents lettres  écrites lors de leur éloignement. Le photographe offre ainsi une histoire d’amour d'exception. Les images retracent le parcours de sa mère : de son enfance  à son retour  en Pologne plus de quarante ans après sa libération d’Auschwitz.

Cette exposition témoigne de moments charnières d'une histoire simple et compliquée au sein de l'Histoire. Elle montre la force de l'amour et illustre entre autres les relations européennes et américaines avant et après la Seconde Guerre mondiale de même que les questions de classe et de privilège.

Artiste juif : Elliott Erwitt, regard introspectif expose à Genève

Artiste juif : Elliott Erwitt, regard introspectif

Elliott Erwitt : regard introspectif

Elliott Erwitt", Found Not Lost", Galerie Esther Woerdehoff, Genève, du 13 janvier au 5 mars 2022
De parents émigrés juifs russes Elliott Erwitt est né à Paris et a grandi à Milan. En 1939, face au national-socialisme, sa famille retourne à Paris pour immigrer à New York un an plus tard, puis à Los Angeles en 1941.
À quinze ans il  trouve son premier emploi dans un studio photo commercial où il développe les planches contact de stars et starlettes de l’industrie cinématographique. En 1946, il retourne à New York. Il y rencontre Robert Capa, Edward Steichen et Roy Stryker et en 1953, il rejoint l'agence Magnum   dont il deviendra le directeur.
Dans les années 1970, il se tourne de plus en plus vers l’image en mouvement et produit plusieurs documentaires et une série de comédies pour la chaîne de télévision américaine HBO. Son travail est représenté dans des collections renommées à travers le monde. Il est devenu célèbre pour ses portraits de onze présidents des États-Unis, ou de stars du cinéma.  Mais écrit-il "À 90 ans, mon travail me parait différent de ce que j’avais vu auparavant… Il y a un temps pour les photos qui disent bonjour, et il y a un temps pour écoute".
L’exposition "Found Not Lost" propose en conséquence la rencontre des deux regards que l’artiste a su porter sur le monde. Celui du reporter de génie de l’Agence Magnum, dont les photographies audacieuses soulignent avec humour l’absurdité de la condition humaine. Et celui d’un homme qui décide, à partir de 2018, de réexaminer les photographies prises au début de sa carrière, loin du tumulte des commandes. En se retrouvant face à ses planches-contacts, il réexamine sa vision du monde. Hier comme aujourd'hui son regard s’intéresse à la manière dont les vivants habitent le monde, avec gravité et humour. Et l'absurde demeure toujours sous-jacente.

Jean-Paul Gavard-Perret

L'artiste juif Dove Allouche expose à News-York

L'artiste juif Dove Allouche expose à News-York

Dove Allouche de l'infiniment grand à l'infiniment petit

Dove Allouche, "Primordial Soup", Peter Freeman, Inc;, New York,  du 13 janvier au 26 février 2022

Depuis une vingtaine d’années Dove Allouche explore les mondes inter et intra sidéraux par divers moyens et échelles. Il fait jaillir de nouveaux signes perceptifs. Il découvre par exemple dans l'univers minéral des analogies avec ce qui nous agite.

Ses œuvres circulent entre l'infini du dehors et du dedans à travers trois séries "Absorption Line",  Repein, "I.R". Les tirages, dans la première, décomposent des signaux lumineux.  Dans la seconde il agrandit des prélèvements tirés de l’épaisseur des peintures des primitifs italiens du Louvre. Dans la troisième il réalise des dessins à partir des 153 négatifs sur plaque de verre d'Isaac Roberts qui furent la première tentative de fixer photographiquement la surface des astres.

Les photographies d’objets microscopiques se rapprochent de celles d’objets immenses réduits au même format que les premières. Dans les deux cas il rend visible l'invisible non dans un souci métaphysique mais physique. Que ce soit dans des sites d'exploration cosmique, au Louvre,  ou dans des laboratoires de particules se découvrent par ses alchimies optiques des visions inédites de l’espace et du temps.

 

Au lieu d’un objet discernable Allouche montre une parcelle d’atmosphère ramassée en nuances. Si bien que par de telles images tout se recrée et tout se transforme en une déconstruction et reconductions de nos perceptions et représentations.

 

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Le photographe juif David Butow et l'ère Trump

Le photographe juif David Butow et l'ère Trump

David Butow et l'ère Trump

David Butow, "Brink", UC Berkeley Graduate School of Journalism du 31 janvier 2022 au 31 mars 2022 et RIT City Art Space à Rochester, New York du 4 février 2022 au 20 février 2022. David Butow : Brink, Punctum Press, 2022.

David Butow est photo journaliste professionnel depuis les années 1980. Ses photos sont apparues dans de nombreuses publications à travers le monde.  "Brink" illustre la dynamique de l’élection présidentielle de Trump jusqu'à l’insurrection au Capitole. Le photographe a quitté San Francisco  pour Washington afin de suivre et documenter cette période qu'il prévoyait chaotique.

 

Le récit visuel se déroule en trois moments ; celui d'avant l’élection présidentielle en montrant des Américains ordinaires dans des états du Midwest américain. Le deuxième illustre la machine politique de Trump à la Maison Blanche. Le troisième montre surtout la tentative de renverser l’élection présidentielle lors de l’assaut du Capitole.

 

De telles images définissent clairement les espoirs et  peurs d’un pays soumis à une profonde crise existentielle et qui ne peut se targuer de penser que la démocratie, reste chose acquise. Le photographe offre ainsi des archives importantes et parfois choquante d'un tel gouffre.