Israël : Une soldate a dû se battre pour faire reconnaître une discrimination de genre après un cancer

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Israël : Une soldate a dû se battre pour faire reconnaître une discrimination de genre après un cancer

Pendant des mois, elle a alerté. Personne ne l’a écoutée.

Douleurs intenses, fièvre, perte d’appétit, éruptions cutanées : cette soldate a multiplié les consultations au sein du service médical militaire sans qu’aucune prise de sang ni le moindre examen ne soient prescrits.

Le diagnostic d’un lymphome de Hodgkin n’est tombé qu’après huit mois, hors du cadre militaire, à un stade avancé de la maladie, imposant une chimiothérapie lourde aux effets connus sur la fertilité féminine.

Malgré une grossesse survenue contre toute attente, l’administration a refusé de reconnaître cette atteinte comme une incapacité distincte — tout en l’accordant aux hommes dans des situations comparables. Une double faute, médicale puis institutionnelle, que la justice a finalement tranchée.Un diagnostic tardif, des traitements agressifs et une bataille juridique inédite

Pendant des mois, Noa, soldate dans l’armée israélienne, a alerté le médecin de son unité sur des douleurs intenses au dos, une fièvre, une perte d’appétit et une éruption cutanée persistante. Aucune prise en charge sérieuse n’a été proposée. Aucune analyse sanguine ni imagerie n’ont été prescrites. Ce n’est qu’après huit mois de souffrance, grâce à une consultation hors du système militaire financée par une assurance privée, qu’elle découvre souffrir d’un lymphome de Hodgkin au stade 4, la forme la plus avancée de ce cancer. 

Le diagnostic tardif a contraint Noa à subir une chimio intensive (Escalated BEACOPP) dont l’un des effets secondaires avérés est la perte de fertilité. Elle a toutefois pu, sur conseil médical, faire congeler ses ovocytes avant le traitement. 

Une reconnaissance de handicap partielle et une discrimination de genre mise en lumière

Après guérison, Noa a entrepris les démarches pour obtenir la reconnaissance d’un handicap auprès du ministère de la Défense. La commission médicale a reconnu une incapacité de 25 % en raison de sa maladie, mais sans considérer la perte de fertilité comme une incapacité distincte. 

Dans sa décision, le tribunal de district de Tel-Aviv a annulé cette approche et jugé que la perte de fertilité devait être reconnue comme une incapacité séparée, en particulier parce que le même type de reconnaissance existe déjà pour les hommes souffrant d’une atteinte de la spermatogenèse dans des cas similaires. La juge a fustigé la commission, estimant que les médecins doivent examiner les demandes de handicap avec générosité et équité, sans ménager les personnes concernées. 

Le récit de Noa : entre souffrance, découverte et rémission

Noa se souvient : pendant plus de six mois, « j’ai alerté la clinique de mon unité, on ne m’a jamais envoyée faire une prise de sang ou des radiographies ».Lorsqu’elle a obtenu une IRM via son assurance privée, ce n’est qu’à ce moment que la maladie a été identifiée. Elle confie ressentir une profonde trahison par le système de soins militaires, estimant que ses plaintes avaient été minimisées. 

Malgré la sévérité du traitement, elle a pu mener à terme une grossesse à 25 ans, un événement qu’elle décrit comme un miracle. Elle continue toutefois des examens tous les trois mois et porte un regard lucide sur les conséquences durables de sa maladie et de la chimiothérapie : « Les effets sur ma fertilité et sur mon équilibre psychologique m’accompagneront toute ma vie. » 

Une inégalité structurelle reconnue par la justice

L’avocat de Noa a souligné que la commission médicale avait fait preuve de discrimination de genre : alors qu’elle reconnaît couramment les atteintes à la fertilité masculine comme incapacité distincte, elle avait refusé de faire de même pour la fertilité féminine en l’absence d’une clause explicite dans les règlements. Le tribunal a estimé que cela constitue une inégalité injustifiable sur la base d’un critère purement biologique et a ordonné à la commission de réévaluer le cas de Noa en tenant compte de la perte de fertilité comme incapacité propre. 

Réactions et portée de la décision

Selon l’avocate de Noa, cette décision est préliminaire mais significative, car elle impose aux commissions médicales de traiter la perte de fertilité chez les femmes avec la même considération qu’elle est accordée aux hommes lorsqu’elle résulte de traitements contre la maladie. Elle appelle aussi à une meilleure vigilance des médecins militaires face aux symptômes signalés par les soldats. 

Le ministère de la Défense a indiqué qu’il examinerait la décision du tribunal. Aucune déclaration officielle n’a encore été fournie par l’armée israélienne. 

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