Paracha de la semaine par Claude Layani :HAYESARAH La grotte de la réconciliation ?

Paracha de la semaine - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

HAYE  SARAH :La grotte de la réconciliation ?

Notre Sidra débute par l'annonce du décès de Sarah. "Sarah mourut à Kiryat Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan...(chap.23,2).

Pendant toute son existence, Abraham ne s'est jamais préoccupé d'acquérir un endroit déterminé au pays de Canaan. Cette terre ne lui a-t-elle pas été promise par D.ieu ? Ne lui appartient-elle pas déjà ?Or, le lieu qu'il a choisi pour enterrer Sarah, la caverne de la Ma'hpélah, il tient à l'acquérir. Le chapitre 23 tout entier est consacré à cet achat. Il tenait absolument à le payer contre espèces sonnantes et trébuchantes, bien que le terrain lui était gracieusement offert par les enfants de Heth. La suite du récit biblique expose d'autre part comment le patriarche souhaite et réalise son voeu de choisir une épouse pour son fils.

 

Au soir de sa vie Abraham charge son fidèle serviteur Eliézer d’une mission de confiance: aller dans son pays natal à ‘Haran chercher une épouse à son fils Isaac. Abraham fait deux recommandations solennelles à Eliézer: d’abord il l’adjure de ne pas choisir une épouse à son fils parmi les filles des Cananéens avec lesquelles il demeure. En deuxième lieu, il lui interdit de ramener son fils dans le pays qu’il a quitté, en Chaldée. Pourquoi ces deux exigences ? 

 

Pour nos Sages la principale vertu de l'élue c’est  d’appartenir à la famille d’Abraham. Vraisemblablement, et tous les maîtres de la synagogue semblent s'accorder sur ce point, afin qu'elle soit soustraite à l'influence, aux coutumes des habitants du pays. 

 

C'est au travers de cette dialectique, attachement au sol de Canaan dans l'espace, mais recherche du conjoint donc de la descendance, continuité dans le temps, que se poursuivra l'histoire de Jacob, puis de Joseph, autant de préfiguration de ce que sera le destin d'Israël.

 

Pour certains commentateurs, ce passage de notre sidra marque le premier lien du peuple juif avec la Terre Sainte, le début de son implantation sur son sol par l'acquisition d'un terrain. Pour d'autres l'obtention du caveau par Abraham est le commencement de la réalisation des promesses de D.ieu si souvent répétées à Abraham, depuis le début de la paracha Le'h le'ha, où D.ieu annonce à Abraham qu'il donnera le pays d'Israël à sa descendance. 

 

Ce n'est pas par la force qu'Abraham devient propriétaire du terrain qu'il désire, mais par un contrat entre parties librement consentantes. Au moment de l'acquisition, Abraham s'entoure de toutes les précautions pour éviter toutes contestations futures quant à son droit de propriété. C'est ainsi qu'il conclut l'acquisition devant tous les habitants de la ville et qu'il  insiste pour payer le prix de 400 sicles d'argent à Efron.Le lieu géographique qui est au centre de notre lecture, la grotte de la Ma'hpéla, servira de sépulture aux trois couples des grands patriarches. 

 

Suivant une antique tradition qui a des sources juives autant qu'arabes, elle était en quelque sorte prédestinée à ce rôle puisque déjà Adam et Eve y étaient enterrés. Les événements qui se déroulent actuellement entre Israéliens et Palestiniens dans des négociations très difficiles  ont mis ce lieu de recueillement au premier plan de l'actualité Avec les accords d’Oslo, la ville d’Hébron est sous souveraineté palestinienne mais la caverne de la Ma’hpélah reste ouverte pour les juifs qui désirent s’y recueillir.

Il est important de rappeler quelques faits historiques. Lors de la période ottomane, le « Wagf », ou Conseil religieux de Palestine , disposait des pleins pouvoirs sur la grotte, obligeant les Juifs de Hébron de rester à distance de celle-ci. 

 

L’entrée y était interdite à tous les Juifs, lesquels n’avaient le droit de prier qu’à la septième marche conduisant à l’entrée de la grotte, et jamais plus près. Aujourd’hui, l’accès est complet des Juifs à toutes les parties de la grotte est limité à certains jours de l’année afin d’éviter tout conflit avec les fidèles arabes.

Dans la grotte de la Ma'hpéla, l'émotion religieuse est d'une qualité extrême, le temps et l'espace juifs y trouvent leur point de rencontre et, pourquoi ne pas l'espérer, celle de communion en un ancêtre unique avec nos frères d'Islam.Hébron aujourd’hui pomme de discorde sera-t-elle demain le lieu de la réconciliation? 

 

CLAUDE LAYANI

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi