La paracha de la semaine par Claude Layani . VAYIKRA,Premier livre de lecture de la jeunesse

Paracha de la semaine - le - par .
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VAYIKRA,Premier livre de lecture de la jeunesse


Déjà dans la deuxième partie du livre de l'Exode, nous avons été témoins de l'édification du Tabernacle. Nous avons tenté de montrer qu'il symbolisait la présence de D.ieu au sein de la communauté des enfants d'Israël. Le nouveau livre dont nous entreprenons la lecture ce chabbat, le Lévitique, est précisément le texte qui codifie le comportement des prêtres dans le service  du Sanctuaire. Il expose en particulier le déroulement des sacrifices.Vayikra se distingue des autres livres de la Thora en ce sens qu'il n'est pratiquement pas narratif. Il nous dicte surtout des lois concernant les sacrifices, la pureté, les prêtres et l'alimentation. Ces mitzvoth sont le plus souvent ardues: leurs tenants et leurs aboutissants sont difficiles à saisir.

 

Et cependant, affirment nos Sages "l'étude de la Thora doit commencer par Vayikra car D.ieu a dit: Que viennent à moi les purs (les jeunes enfants) s'occuper de choses pures et je vous l'imputerai comme si vous m'offriez un sacrifice". C'est une constatation importante sur le plan pédagogique car elle ne craint pas de lancer le jeune enfant dans l'étude de textes ardus, contenant peu de notions en rapport avec son univers habituel..Dans la tradition d'Israël, ce livre a servi donc de première lecture aux enfants de toutes les générations de notre peuple. Non par goût du paradoxe ou par la volonté dévoyée d'un corps enseignant insuffisant de s'imposer à l'enfant qui ne peut lui résister, mais parce que le Lévitique est surtout une compilation d'ordonnances dans lesquelles l'anecdote historique a moins de place que dans les autres livres de la Thora. Suivant Maïmonide, 247 commandements y figurent, soit près de la moitié de toutes les lois révélées dans l'Ecriture. L'enseignement juif, qui s'attache avant tout à traduire dans les actes une tradition vivante, a choisi pour cette raison ce "premier livre de lecture".

 

L'enseignement a toujours été un des thèmes favoris de nos Maîtres et Rachi fait une déclaration importante à ce sujet dès la première page de Vayikra: "Ce chapitre, dit-il, contient de nombreuses interruptions précédant les subdivisions. A quoi servent ces interruptions? A donner à Moïse le temps de réfléchir entre un passage et un autre, et entre un sujet et un autre. Cette précaution est donc encore plus nécessaire pour un simple être humain qui apprend d'un autre être humain".

 

C'est ainsi que s'esquisse un système d'enseignement typiquement juif: la difficulté est facteur de progrès réel  et personnalisé, car il ne s'agit pas uniquement d'acquérir les connaissances pré-élaborées du maître: la réflexion de l'enfant est aussi importante que l'enseignement proprement dit. Cette notion de réflexion et de connaissance constitue le premier volet du triptyque de l'enseignement de la Thora, les deux suivants étant les actes et la participation du coeur. Triptyque particulièrement efficace dans la législation des sacrifices énumérés dans la sidra Vayikra.

 

Pour justifier la place centrale du Lévitique dans l'ordre de l'étude, il convient d'invoquer un autre motif encore. Ce livre est au coeur de l'étude en Israël, et constitue sans doute son domaine le plus spécifique, parce qu'il consacre le principe d'indissociabilité de la loi écrite et de la loi orale. Le livre de Vayikra sans l'apport de la tradition orale, est un livre qui reste "fermé".

 

Tandis que les autres livres de la Thora se prêtent éventuellement à une lecture "naïve", jusqu'à se constituer assez aisément comme héritage universel, le livre de Vayikra "appelle" la tradition orale pour pouvoir être compris. Et ceci non seulement par rapport à la recherche d'une signification des rites et des lois, mais aussi dans la perspective d'une pratique.

 

Ainsi ce texte requiert le commentaire de la tradition orale qui s'avère ici, plus qu'ailleurs, indispensable.

 

C'est en ce sens là que le Midrach Rabba 3,5 nous dit que le verset de la Genèse "Et D.ieu vit que la lumière était bonne" fait référence, et nous indique la fonction même du livre du Lévitique. Car ce livre qui "tout plein de lois nombreuses" est à la source même de la tradition orale et en même temps projette sur elle une lumière vive, qui constitue tout son sens.

 

C'est à partir de là, forts de cette conviction que nous pourrons aborder l'étude du livre de Vayikra qui d'une certaine manière pour la tradition juive est plus "bons" tov que les autres

 

CLAUDE LAYANI

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