La Paracha de la semaine par Claude LayaniVAYIGACHLeçon de prière

Paracha de la semaine - le - par .
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VAYIGACH 

 

Leçon sur la prière

 

 

Lorsque  n’en pouvant plus de cacher son identité à ses frères venus de Canaan en Egypte, Joseph décide finalement de se faire connaître à eux. La sidra de cette semaine nous rapporte toute l’émotion de cette rencontre après tant d’années de séparation. 

 

C’est au cours des effusions qui suivent ces retrouvailles qu’un verset nous dit: « leur voix fut entendue dans la maison de Pharon. » C’est l’orthographe défectueuse du mot « Kol », la voix, qui a attiré l’attention des auteurs du Zohar, et leur commentaire est très intéressant: « Rabbi Abba rappelle à ce sujet le verset des Psaumes (84,3) « Mon âme languit jusqu’à s’en consumer, après les parvis de l’Eternel. Mon coeur et ma chair chantent vers le D.ieu vivant ». 

Vois, dit-il, tout homme qui adresse sa prière à D.ieu doit dire des bénédictions quotidiennes et l’invoquer au moment voulu... mais lorsqu’il énonce sa prière personnelle, il ne doit pas élever la voix, et s’il le fait, sa voix n’est pas entendue. Pourquoi ? Parce que la prière ne réside pas dans la voix qu’on entend ; cette voix que chacun peut entendre n’est pas la prière. Qu’est-ce alors que la prière ? Une autre voix qui dépend de la voix entendue.

La voix qu’on entend s’écrit « KOL » avec la lettre vav. L’autre voix s’écrit KOL sans vav. C’est pourquoi l’homme n’a pas besoin de faire entendre sa voix lorsqu’il prie. Au contraire, il doit prier dans un murmure de façon à ce qu’on ne l’entende pas. C’est cette prière qui est immédiatement agréée. La preuve en est (le verset est appliqué à Joseph) « la voix fut entendue » écrit sans vav. De même pour Hanna, il est écrit « Hanna: « sa voix n’était pas perceptible ». C’est là la prière qu’agrée le Saint- béni- Soit-Il, celle qui est dite avec ferveur, intensité et d’un accent sincère ».

Ce commentaire du Zohar, en citant le verset des Psaumes relatif au culte rendu à D.ieu par la chair et le coeur humains, en mettant l’accent sur le caractère intime et silencieux de la véritable prière nous invite à une réflexion sur la forme de la prière, l’attitude de l’homme à ce moment, et aussi la nature même de la prière.

L’essentiel de la prière réside davantage dans notre coeur, dans notre conscience que dans les paroles que nous pourrions prononcer. D.ieu exige de nous beaucoup plus de spontanéité, d’intériorité que d’apprêt et d’emphase.

Par extension, on peut dire que ce qui est vrai de la prière l’est de toute forme de culte. Qu’il s’agisse de pratiques courantes du judaïsme, qu’il s’agisse des fêtes, qu’il s’agisse même de l’étude, ce n’est pas celui qui s’adonnera à tout cela avec le maximum de publicité qui aura le plus de mérite. De même que c’est la « voix qu’on entend pas » que D.ieu écoute, de même ce sont les pratiques dont on ne se vante pas, qu’on applique dans le secret de sa vie quotidienne qui ont le plus de chance de nous être imputées à mérite par D.ieu et qui, également, nous épanouissent à l’extrême.

Finalement, le judaïsme, en affirmant cela, ne nous interdit nullement un culte public, au contraire, puisqu’en matière de liturgie, il ne prévoit pour ainsi dire pas de place pour une prière individuelle, personnelle. Il nous met seulement en garde contre la suffisance et l’artificiel.

Ce petit mot de « KOL » nous a donné l’occasion d’aborder un sujet fondamental du judaïsme.

Quelle leçon admirable se trouve dans ce mot KOL! Ecoutons cette voix et suivons la voie que nous enseignent nos Sages dans notre manière de prière.

 

Claude Layani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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